- il y a 9 mois
Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez était l’invité du Face à face d’Apolline de Malherbe sur BFMTV et RMC ce lundi 2 juin pour évoquer les débordements survenus lors des célébrations de la victoire du Paris-Saint-Germain en Ligue des champions.
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00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Elles sont particulièrement nombreuses ce matin.
00:09Vous êtes le préfet de police de Paris. On va faire avec vous bien sûr le bilan,
00:14non seulement de ce qui s'est passé samedi soir, mais aussi la nuit dernière,
00:18avec des questions aussi simples que qui, comment, pourquoi, jusqu'à quand,
00:22jusqu'à quand est-ce qu'on va devoir subir des violences pareilles dès qu'il y a des événements.
00:26On se sent coupé en deux au fond ce matin, parce qu'il y a bien sûr la fierté,
00:30l'immense exploit d'une équipe et puis il y a ce spectacle écœurant des hordes de casseurs.
00:36Je ne sais même plus par quelle image commencer, ces jeunes qui cassent, qui brûlent, qui piquent,
00:40qui frappent même des pompiers parfois à terre. Et au fond, vous aviez prévu, vous saviez,
00:47et pourtant c'est arrivé. Est-ce qu'on peut se satisfaire de ça aujourd'hui ?
00:51Non, on ne peut pas se satisfaire de ça. D'abord, ce qu'il faut...
00:54Non, on ne peut pas évidemment se satisfaire de ça. D'abord, ce qu'il faut avoir en tête,
00:56c'est qu'après, dans le cadre de la victoire du Paris Saint-Germain,
01:00il y a quand même eu des festivités dans Paris.
01:02Donc, il y avait énormément de monde samedi soir dans la capitale,
01:05que ce soit sur La République, sur Bastille, sur les grands boulevards,
01:07il y avait énormément de monde.
01:09On a eu la parade aussi hier, qui s'est bien passée.
01:13Il fallait organiser une parade avec les joueurs qui exposent leurs trophées.
01:18Bon, ce n'était quand même pas très simple à organiser.
01:20Ça s'est également bien passé.
01:21Ce qu'on déplore, c'est évidemment, comme d'habitude,
01:23quand il y a des grands rassemblements,
01:24quand il y a des festivités liées aux victoires de l'équipe de France de foot
01:28ou des victoires de club, on a des rassemblements.
01:31Il y a souvent des débordements, des exactions.
01:34Pareil, parfois en marge de certaines manifestations.
01:36C'est aussi comme ça.
01:37Ou les soirs du 14 juillet et 31 décembre.
01:39On a effectivement des personnes qui viennent,
01:41que le ministre d'État a qualifié de barbares,
01:43qui se moquent de l'événement,
01:45qui se moquent de la cause quand c'est une manif,
01:48qui se moquent des festivités quand on est dans le cadre
01:50de festivités nationales,
01:51et qui se moquaient manifestement du Paris Saint-Germain,
01:54qui ne festaient pas vraiment des supporters du Paris Saint-Germain.
01:56Ils ne regardaient même pas le match.
01:57Ils étaient venus, notamment sur les Champs-Elysées
01:59et autour du Parc des Princes.
02:00Ce sont les deux endroits où il y a eu le plus d'incidents
02:03qui étaient venus pour commettre des dégradations,
02:05s'en prendre aux forces de sécurité intérieure
02:06et commettre des pillages.
02:08Il y a la question de qui.
02:09Effectivement, vous dites des barbares.
02:11Vous reprenez le mot de Bruno Retailleau,
02:13qui a fait polémique.
02:14On va revenir sur l'aspect politique,
02:15mais je voudrais d'abord sur le bilan.
02:16Il y avait plus de 5000 policiers.
02:20Est-ce que ce matin, vous vous dites que c'était suffisant ?
02:23Mais bien sûr, c'était suffisant.
02:24Mais on a réussi à empêcher...
02:25Bien sûr que c'était suffisant.
02:26Mais on a 5400.
02:27Pardon, il surprend.
02:28Non, mais 5400.
02:29Voilà, 5400.
02:30C'était suffisant.
02:31On a empêché le soir, 5400, le soir des festivités.
02:34Oui, le soir.
02:34Attention, il faut être extrêmement précis.
02:36C'était le soir des festivités.
02:38On a empêché de nombreuses dégradations,
02:39de nombreux incidents.
02:41Ce que certains qualifient de chaos,
02:42de mauvaise image,
02:43ce sont quand même des policiers,
02:44des gendarmes qui interpellent.
02:46Il y a eu 491 interpellations,
02:4879 hier,
02:50qui interpellent des fauteurs de troubles.
02:5279 hier soir ?
02:53Je veux bien que ce soit une faillite sécuritaire.
02:55Mais enfin, on est quand même dans l'action.
02:56On interpelle des gens.
02:58Donc voilà, les mots ont un sens.
02:59Quand vous dites,
03:00je veux bien que ce soit une faillite sécuritaire,
03:01vous ne dites pas que c'est une faillite.
03:02Je veux bien entendre dire.
03:03Je voudrais bien qu'on comprenne
03:04qu'il y a une forme d'ironie dans votre voix.
03:05Il y a beaucoup d'ironie dans votre voix.
03:07Il n'y a pas pour vous une faillite sécuritaire.
03:08Non, très honnêtement,
03:09comme 5400 policiers et gendarmes
03:12qui interviennent,
03:13qui sont là pour empêcher des dégradations.
03:16Malheureusement, il y en a eu,
03:17mais il y en aurait eu beaucoup plus
03:18et qui sont là pour interpeller des gens.
03:20On a interpellé,
03:20le nombre d'interpellations est totalement inédit.
03:23491 dans la nuit de samedi à dimanche,
03:2679 hier.
03:27Donc c'était complètement inédit.
03:29Mais ils vont devenir quoi ?
03:30En fait, est-ce que la question,
03:32avant même de rentrer dans les chiffres,
03:33est-ce que la question,
03:33ce n'est pas celle-là ?
03:34C'est-à-dire qu'à chaque fois,
03:35on nous dit qu'il y a eu 500 interpellations,
03:37491,
03:39autant de garde à vue.
03:40Mais à la fin de la chaîne,
03:41à la fin du parcours judiciaire,
03:43ils risquent quoi ?
03:44Non, non, mais je vais y venir.
03:45Je vais y venir.
03:46Simplement, que vos téléspectateurs comprennent bien.
03:48Quand on dit 5400 policiers,
03:49ce n'est pas tout le temps.
03:50Ce n'est pas, voilà, cette nuit,
03:52oui, il y a eu des incidents cette nuit.
03:53C'était après la levée du dispositif.
03:55Une fois que les festivités étaient terminées,
03:56ça s'est terminé au Parc des Princes
03:57avec la présentation du Trophée des joueurs.
03:59Il y a eu des incidents,
04:01mais à partir d'une heure et demie du matin,
04:02quand le dispositif était levé,
04:03on a vu des jeunes arriver,
04:04bloquer le périphérique.
04:05Pendant 15 minutes,
04:06il a fallu intervenir.
04:08Dans le même temps,
04:08plusieurs centaines de personnes
04:09sont venues sur les champs,
04:10tirer des fumigènes,
04:11empêcher, couper la circulation,
04:13essayer aussi de commettre des dégradations
04:15et des pillages de commerce.
04:17Et nous sommes intervenus.
04:18On n'est pas 5400.
04:19Il y a eu des courageux policiers
04:20de la préfecture de police
04:21avec deux escadrons de gendarmerie mobile
04:22que nous avions en réserve
04:24qui sont intervenus,
04:25qui ont procédé à de nombreuses interpellations
04:26et qui ont empêché des pillages
04:27et des dégradations.
04:29Donc, les mots ont un sens.
04:30On ne peut pas parler de faillite sécuritaire.
04:32Je ne suis pas content, évidemment.
04:33Je considère que ça n'est pas bien.
04:35Et c'est une forme d'échec
04:36qu'il y ait eu des pillages de commerce,
04:38notamment dans la nuit de samedi à dimanche.
04:40J'avais mon but.
04:42Et à la préfecture de police,
04:43le responsable, c'est le préfet de police.
04:44C'est moi le patron, c'est moi qui décide,
04:46c'est moi qui suis responsable.
04:47On avait dit qu'il ne devait pas y avoir
04:48de pillages de commerce.
04:49Il y en a eu quand même.
04:50Donc, évidemment, il y a une forme d'échec.
04:52Pourquoi vous dites une forme d'échec ?
04:53Pourquoi vous ne dites pas ?
04:54Non, parce que dire que c'est un échec,
04:57ça veut dire qu'on néglige complètement
04:58le fait qu'on a interpellé énormément de personnes
05:00qui sera un effet dissuasif pour l'avenir.
05:03On est là, la réponse de l'État,
05:04elle est là, elle est ferme.
05:05Ça n'aura un effet dissuasif.
05:06Et on a empêché énormément de dégradation.
05:07Laurent Nunez, je recevais tout à l'heure
05:10à 8h10 sur RMC,
05:11le secrétaire général des représentants
05:13des commissaires de police.
05:15Il disait que ça n'aura des faits dissuasifs
05:17que s'il y a sanctions véritablement.
05:20Sinon, ce sera pire.
05:21Ça n'aura vocation qu'à une chose,
05:23c'est à renforcer le sentiment d'impunité.
05:24Pauline Devalère, justement, j'allais y venir.
05:26Évidemment, je partage ce qu'a dit
05:28M. Frédéric Close, le secrétaire général
05:29du syndicat des commissaires de la police nationale.
05:32Nous, on fait un job qui est un job de policier.
05:34Moi, je suis préfet de police,
05:35je suis à la tête de policier.
05:36Sous l'autorité du ministre des États,
05:37ministre de l'Intérieur,
05:38moi, ce qu'il me demande,
05:39c'est d'empêcher les élections,
05:40d'interpeller des auteurs.
05:41Après, il y a un certain nombre
05:43de questions à se poser, évidemment.
05:44C'est-à-dire les sanctions
05:45qui vont suivre ces interpellations.
05:49Moi, quand je vois que nous interpellons
05:5130 personnes dans un magasin
05:53qui vendent des chaussures de sport
05:54sur les champs d'alizés...
05:55Le fameux footlocker dont on a beaucoup parlé,
05:57qui a été non seulement cahassé,
05:58mais ensuite pillé.
05:58On intervient très vite.
05:59Malheureusement, ce magasin a été pillé.
06:01Malheureusement, mais ça a intervenu très vite.
06:03On a interpellé 30 personnes.
06:04Puis neuf après,
06:04qui se baladaient avec des chaussures
06:06de dix magasins.
06:07Au moins sur les 30 qui étaient à l'intérieur.
06:09Moi, j'attends de voir ce que sera
06:10la décision qui sera prise par la justice.
06:12Je pense que nos téléspectateurs,
06:13nos compatriotes comprennent
06:14que quand on interpelle 30 personnes
06:18dans un magasin pillé,
06:19il y a peut-être un problème.
06:20Donc, on attend de voir ce que sera
06:21la sanction.
06:21Ça, c'est pour l'aval.
06:23Pour l'amont.
06:24Pour l'amont.
06:24Quand je vous vois, ça veut dire que...
06:26Enfin, j'entends dans votre voix
06:27un peu un défi.
06:30C'est-à-dire, vous vous dites,
06:31voilà, là, il y en a 30.
06:32Ils sont chopés, pardon,
06:34en flagrant délit.
06:36Qu'est-ce qu'ils vont devenir ?
06:37Vous avez un doute ?
06:38Je n'ai pas de doute.
06:40Moi, je travaille très bien
06:41avec la justice,
06:42avec madame la procureure
06:43de la République de Paris.
06:44On travaille très bien.
06:45La question qu'il faut qu'on se pose,
06:46c'est est-ce que nos textes de loi
06:47sont suffisamment...
06:48permettent de poursuivre ou pas.
06:49C'est ça, la question qu'il faut se poser.
06:51Est-ce qu'on ne va pas nous demander
06:52de justifier que la personne
06:54a bien commis un vol, etc.
06:56Comme d'habitude, vous savez,
06:57moi, j'ai un peu d'expérience maintenant.
06:58Ces jeunes gens,
06:59qu'est-ce qu'ils vont vous dire ?
06:59Ils vont vous expliquer,
07:00parce que ce sont des jeunes,
07:01aucun portée de maillot
07:02de Paris Saint-Germain, d'ailleurs,
07:03en ceci dit.
07:04Ils vont vous dire,
07:04ah oui, mais on a vu la police arriver,
07:06on est ces réfugiés dans le magasin.
07:07C'est ce qu'ils vont dire.
07:08C'est ce qu'ils vont dire.
07:09Voilà.
07:09Il faut qu'on ait aussi des textes
07:10qui permettent d'être répressifs.
07:14Voilà.
07:14Des textes qui permettent d'être répressifs.
07:16Aujourd'hui.
07:16Et en amont.
07:17Ça, c'est l'aval.
07:18Non, mais attendez,
07:18si on s'arrête encore un instant là-dessus,
07:19parce que, Laurent Nunez,
07:20c'est très important ce que vous êtes en train de dire.
07:21Vous dites, au fond,
07:22vous suggérez
07:25que la loi, aujourd'hui,
07:28n'est plus forcément 100% adaptée
07:30à cette forme de violence.
07:31C'est d'ailleurs ce que dit
07:32le secrétaire général
07:33des représentants des commissaires de police.
07:36Il me disait tout à l'heure,
07:37je le dis mot pour mot sur l'AMC,
07:39il me disait, on a un problème,
07:40effectivement,
07:41tant que nous ne faisons pas évoluer la loi,
07:44nous ne pourrons pas véritablement
07:46mettre fin à ce type de violence.
07:47Il parlait en particulier
07:48de deux points qui lui ont été refusés,
07:51qui vous ont été refusés jusqu'à présent,
07:52qui sont, un, la reconnaissance faciale,
07:55deux, ce qu'il appelle le PMC,
07:56c'est-à-dire, typiquement,
07:57vous êtes face à ce magasin pillé,
07:59vous pouvez normalement jeter,
08:01en quelque sorte,
08:02ce n'est pas de la peinture,
08:02c'est du produit quasiment invisible
08:04sur les pilleurs,
08:07qui est indélébile,
08:09et qui permet de les rattraper,
08:10y compris quelques heures,
08:11voire même quelques jours plus tard.
08:13Est-ce que c'est à ça que vous pensez,
08:14Laurent Nunez, ce matin ?
08:15Pas forcément.
08:16Je connais effectivement ces deux propositions,
08:17la reconnaissance faciale
08:18et la possibilité,
08:20je n'ai plus le nom.
08:21Du PMC, les productions.
08:22J'ai le nom de la société qui le commercialise.
08:25Non, d'abord, le ministre d'État,
08:27le ministre de l'Intérieur,
08:28le garde des Sceaux, le disent aussi.
08:31Il y a aussi un problème législatif
08:32qui fait que ces mineurs,
08:34pour une partie d'entre eux,
08:36je suppose, ont déjà un pédigré.
08:37Quand ils commettent des exactions,
08:39quand ils commettent des vols violents,
08:41des cambriolages,
08:41ils vont pouvoir avoir une sanction immédiate
08:43pour qu'ils sachent ce qu'est une sanction.
08:45Ce n'est pas toujours le cas.
08:46Et donc, ce qui fait qu'on recommence
08:47et on continue à aller piller des commerces.
08:49Voilà, c'est à ça auquel je pensais.
08:51Il faut qu'on ait une sanction immédiate.
08:52Il faut qu'on puisse sanctionner immédiatement
08:54les comparutions immédiates pour des mineurs.
08:56On aura, je suppose, beaucoup de jeunes.
08:57Je n'ai pas encore regardé, évidemment.
08:58Je n'ai pas le droit de le faire.
09:00Le pédigré de l'ensemble de nos interpellés.
09:02Mais je suppose qu'on a aussi des jeunes mineurs.
09:04Il faut aussi qu'il puisse y avoir
09:05des comparutions immédiates.
09:06Mais ça, c'est l'aval en amont.
09:08Est-ce que vous pensez,
09:09Pauline de Malherbe,
09:10que le fait que des jeunes viennent
09:12commettre des prédations, des dégradations
09:14qui sont des casseurs, des pilleurs,
09:16qui se foutent complètement du match,
09:18est-ce que vous pensez
09:19que c'est la seule responsabilité
09:20en amont du ministre d'État,
09:22ministre de l'Intérieur,
09:22du préfet de police et de la police nationale ?
09:24Non.
09:24Ça veut dire quoi ?
09:25Ça veut dire qu'il y a peut-être
09:26un problème de responsabilité parentale,
09:27un problème d'éducateurs,
09:29des associations,
09:30l'éducation nationale aussi
09:31qui doit s'impliquer,
09:32les élus.
09:33En amont, il faut que tout le monde
09:34se saisisse.
09:35Il faut qu'on crée un choc d'autorité,
09:37bien sûr, évidemment.
09:39Mais il doit y avoir aussi
09:39un continuum dans ce choc d'autorité.
09:41Ce continuum, c'est l'ensemble des acteurs.
09:43Au fond, vous estimez
09:44que chacun doit se saisir
09:45de cette question
09:46que ce qui s'est passé
09:47pendant 24 heures
09:49autour du match du PSG,
09:52au fond, c'est un problème de société.
09:54C'est un problème de société,
09:56oui, bien sûr.
09:57Le ministre des États l'a dit.
09:59On ne parle plus maintenant
10:00de faits divers,
10:00ce sont des faits de société.
10:01Comment on en arrive là ?
10:04Alors nous, on fait le job,
10:05on interpelle ces personnes.
10:06Encore une fois,
10:07je ne suis pas en train
10:08de glorifier l'action.
10:09Je le dis avec ironie
10:11qui s'est passée
10:12dans la nuit samedi et dimanche.
10:13Moi, je suis préfet de police,
10:14je suis responsable
10:14de ce qui s'est passé.
10:15Je ne souhaitais pas
10:16qu'il y ait de dégradation
10:17et de pillage.
10:17Il y a eu des pillages,
10:18il y a eu des dégradations.
10:19Mais ce que je vous dis
10:19en même temps,
10:20évidemment,
10:21ce n'est pas une réussite.
10:23On ne peut pas non plus
10:23parler d'échec.
10:24Donc, le problème n'est pas
10:25du point de vue de la sécurité.
10:26Vous avez fait tout ce que vous pouviez
10:27en quelque sorte.
10:28Le problème n'est plus
10:29un problème de sécurité uniquement.
10:31Ça n'est pas seulement.
10:32Je ne dis pas que ça n'est plus,
10:34je ne dis pas que ça n'est pas
10:34seulement un problème de sécurité.
10:35Laurent Nunez,
10:36je voudrais que vous écoutiez
10:37les propos de la maire
10:38du 8e,
10:39Jeanne d'Audecer.
10:41Le 8e arrondissement de Paris,
10:42c'est le quartier
10:43dans lequel il se trouve
10:44les Champs-Élysées,
10:45il se trouve la place
10:46de l'Arc de Triomphe,
10:47la place de l'Étoile.
10:49Elle était l'invité
10:49de Charles Magnin
10:51ce matin sur RMC.
10:52Écoutez.
10:52C'est pratiquement toujours
10:54la même population
10:55qui se déplace
10:56et qui vient pour en découdre
10:58avec les forces de l'ordre
10:59parce qu'ils ne risquent rien.
11:00Vous le savez,
11:01ils ont entre 15 et 20 ans.
11:03Tout le monde en a ras-le-bol
11:04de voir cette population débarquer
11:06et cassée, vandalisée, pillée.
11:09Beaucoup de commerçants
11:09qui étaient fermés depuis samedi
11:10vont constater ce matin
11:12ce qui s'est passé
11:13dans leur magasin.
11:15Certaines boutiques
11:16ne reverront pas
11:17parce qu'il n'y a plus de façade.
11:19Un grand exploitant
11:20sur l'avenue Champs-Élysées,
11:22la terrasse est complètement saccagée.
11:24Je crois qu'il en a pour 400 000 euros
11:25de travaux à refaire.
11:27On en a tous ras-le-bol.
11:28Voilà ce qu'elle dit.
11:30Je la cite.
11:31Cette population qui arrive,
11:33c'est qui ?
11:33C'est des jeunes,
11:34c'est des mineurs,
11:35c'est des gens
11:35qui ont un sentiment d'impunité,
11:37c'est des gens qui viennent
11:37d'un certain quartier.
11:38Est-ce que ce sont
11:39même presque les mêmes
11:41que lors des émeutes
11:42de juillet 2023 ?
11:45Est-ce qu'à un moment,
11:46vous vous dites
11:46que ça n'a plus rien à voir
11:48avec le foot,
11:48c'est une partie de la jeunesse
11:50qui désormais veut
11:51en découdre quoi qu'il arrive ?
11:53Alors, elle dit deux choses,
11:54Madame la maire du 8e.
11:55Elle dit deux choses.
11:56La première,
11:56elle essaie de qualifier,
11:58de définir ce que sont
12:00ces jeunes
12:01qui viennent commettre
12:02des exactions
12:02et son analyse,
12:03je la partage.
12:04On est beaucoup
12:05sur des profils de jeunes
12:06qui viennent de petites,
12:08de grandes couronnes,
12:09voire aussi de Paris
12:11et qui sont des jeunes
12:14qui viennent pour piller,
12:15dégrader,
12:15toujours les mêmes.
12:16On les retrouve encore une fois
12:17pour les festivités
12:18du 14 juillet.
12:18On les retrouve dans les quartiers
12:21notamment.
12:21On les retrouve pour le 14 juillet,
12:22le 31 décembre,
12:23on les retrouve sur les champs.
12:24Ce sont des jeunes
12:25qui viennent pour commettre
12:26des dégradations,
12:26des pillages.
12:27Ce sont évidemment
12:27parfois les mêmes
12:29qu'on a pu retrouver
12:29dans les émeutes urbaines,
12:31notamment après l'affaire Naël.
12:33Oui, moi je partage
12:34son analyse.
12:35En tout cas,
12:36c'est ce qu'on voit
12:36sur le terrain.
12:36Est-ce que vous diriez
12:37ce mot barbare ?
12:38Vous l'avez dit spontanément
12:39tout à l'heure.
12:40Pour vous,
12:40il ne pose aucun problème
12:41ce mot barbare ?
12:41Moi, j'utilise le mot
12:42de casseur, pilleur.
12:43Le ministre de l'État
12:44utilise le mot barbare.
12:45Quand on voit
12:46ce qui se passe sur le terrain,
12:47moi je le partage évidemment.
12:48Quand vous arrivez
12:50et que votre seul but
12:52c'est de piller en bande,
12:53parce que c'est en bande,
12:54c'est l'effet masse
12:54qui crée leur puissance.
12:57Quand vous arrivez en bande
12:58pour piller,
12:59pour saccager
12:59ou pour s'en prendre
13:00aux forces de l'ordre,
13:01quel autre mot peut-on utiliser ?
13:03Un barbare dans le dictionnaire,
13:04c'est celui qui n'est pas civilisé.
13:05Est-ce que le problème
13:06auquel on est confronté,
13:07c'est un problème de civilisation ?
13:08En tout cas,
13:08ce n'est pas un comportement civilisé
13:11d'attaquer des magasins,
13:13comportement civilisé.
13:14Je crois que nos concitoyens
13:15la comprennent assez clairement.
13:16La deuxième chose
13:17que dit Jeanne Dotser,
13:18c'est très important.
13:19Elle dit que les commerçants
13:20étaient inquiets,
13:21que les commerçants
13:21ont protégé leur façade.
13:23Vous parlez du dispositif policier.
13:255400 policiers,
13:26il n'y avait pas que ça.
13:26Il y avait aussi des mesures
13:27de police administrative.
13:28Moi, j'ai fait fermer
13:29tous les commerces
13:29sur le périmètre,
13:30tous les commerces.
13:31On les a fait fermer.
13:32On a coupé la circulation
13:33et on s'est mis en protection
13:34devant la plupart des commerces
13:36des Champs-Elysées
13:37et des perpendiculaires.
13:38Ce qui, croyez-moi,
13:43encore une fois,
13:44je déplore totalement
13:45ce qui s'est passé.
13:48C'est pour ça que je dis...
13:48Des jeunes, dites-vous,
13:50un certain nombre de jeunes,
13:51on aura les chiffres
13:51dans la journée
13:52sur la répartition
13:53entre les mineurs
13:53et les majeurs.
13:55Et que des garçons ?
13:56Où étaient-ils ?
13:56Il n'y a pas de filles ?
13:57Il y a très peu de femmes.
13:59On est d'accord ?
13:59Oui, je vous confirme.
14:00Vous me confirmez ce matin
14:01que c'est un univers
14:03exclusivement masculin.
14:04Voilà, qui est très,
14:05très majoritairement masculin.
14:07Je ne sais pas,
14:07moi je trouve ça très étrange
14:09cet univers non mixte.
14:10Voilà, écoutez,
14:11en tout cas c'est comme ça.
14:11En tout cas, c'est un fait,
14:13vous nous le confirmez,
14:14des jeunes
14:15et majoritairement des garçons.
14:18Concrètement,
14:19on n'avait pas dit
14:19que les mortiers
14:20c'était interdit ?
14:21Moi je me souviens
14:22qu'on avait dit
14:22que les mortiers
14:23c'était interdit.
14:23Pourtant j'en ai vu plein.
14:24On en a saisi énormément.
14:26On a fait énormément de contrôles,
14:28on a fait énormément de fouilles,
14:29mais on ne peut pas
14:29contrôler tout le monde.
14:31Et on a surtout,
14:33on a évidemment interpellé
14:34pour usage de mortiers
14:35énormément de personnes.
14:36Dans nos 491 interpellations,
14:38je n'ai plus le chiffre en tête,
14:40mais il y a énormément,
14:41ou c'est également
14:41de jets de projectiles
14:43ou de jets de mortiers
14:43sur les forces de l'ordre
14:44ou des tensions de mortiers.
14:45Ce n'était pas censé être interdit ?
14:46Oui, mais bien sûr c'est interdit.
14:47Mais enfin,
14:47Pauline de Malher,
14:48il y en a qui transgressent la règle,
14:49ça vous a pas échappé.
14:50Ah bah oui, oui.
14:51Il vous a pas échappé
14:51qu'on les interpelle quand ils le font.
14:53Du coup, je me demande
14:53à quoi ça sert qu'on interdise ?
14:54Mais il faut le faire
14:55parce que vous donnez
14:55un signal fort
14:56et puis ce n'est pas seulement
14:57interdire les mortiers,
14:58c'est aussi interdire à la vente
14:59certaines catégories de mortiers.
15:01Ils se les procurent
15:11avec l'Union Européenne
15:14pour restreindre
15:15la commercialisation
15:15de ces mortiers.
15:16On fait beaucoup de choses
15:16pour éviter qu'il y ait des mortiers
15:17mais ils arrivent quand même
15:19à s'en procurer
15:19et croyez-moi,
15:21quand on les interpelle
15:22et on a saisi
15:22plusieurs dizaines de kilos
15:24samedi dans les mesures préventives
15:26qu'on a mis en place
15:27des kilos de mortiers.
15:28Des kilos de mortiers
15:28saisis samedi,
15:30des interpellations
15:31dans la nuit de samedi à dimanche,
15:32des interpellations à nouveau hier.
15:33Vous venez de nous annoncer
15:34ce chiffre de 79 interpellations.
15:38Quel état de dégradation
15:39également en termes de mobilier urbain,
15:41de voitures brûlées,
15:42il y en a-t-il eu à nouveau hier soir ?
15:43Alors hier soir,
15:45à ma connaissance,
15:46il y en aurait eu deux
15:47mais tout ça,
15:48il faut que je vérifie
15:48du côté de la porte de Saint-Cloud.
15:50Voiture brûlée,
15:51c'est tout.
15:51Et on a une tentative
15:54sur les Champs-Elysées
15:55d'une grande enseigne
15:56qui a été dégradée
15:57pour la deuxième soirée consécutive.
15:59D'ailleurs,
16:00ils ont tenté de casser la vitrine
16:02pour y pénétrer
16:02mais ils en ont été empêchés
16:04par les forces de l'ordre.
16:04Bruno Rentaillot est l'organisateur du chaos.
16:06Voilà ce qu'a notamment tweeté
16:07un député LFI,
16:09Antoine Léaumant,
16:10qui était lui-même présent
16:11sur la place de l'Étoile.
16:13Est-ce que vous avez,
16:14dans votre manière
16:15de tenter de maintenir l'ordre,
16:18mis de l'huile sur le feu ?
16:19Non, mais non,
16:20mais ce que dit
16:21monsieur le député Léaumant,
16:22c'est que je suis préfet de police,
16:24je n'ai pas de commentaire
16:25à faire sur ce qu'il dit.
16:27Encore que quand même,
16:27parce que ce sont mes effectifs.
16:28Donc il dit que c'est le ministre d'État,
16:30moi je suis sous l'autorité
16:31du ministre d'État.
16:32Ce qu'il laisse à entendre,
16:34c'est que nous avons jeté
16:35des grenades lacrymogènes
16:37des foules pacifiques.
16:39Ce que je veux dire ce matin,
16:40vraiment solennellement,
16:40c'est que nous ne jetons
16:42des grenades lacrymogènes,
16:43nous n'intervenons par la force
16:45qu'uniquement quand il y a
16:47des dégradations,
16:48quand il y a des violences,
16:49des prises à partie des fonctionnaires.
16:51Moi j'aimerais qu'on ait
16:52une foule pacifique,
16:53des gens qui se réunissent
16:53sur les Champs-Elysées,
16:54qui fêtent la victoire
16:55du Paris Saint-Germain
16:56sans s'en prendre
16:57à des vitrines de magasins,
16:58sans s'en prendre aux forces de l'ordre,
16:59voire sans agresser
17:00d'autres individus
17:01qui viennent participer aux festivités.
17:03Mais ce n'est pas ce qui se passe.
17:04Et donc quand on utilise la force,
17:06ce n'est pas pour créer le chaos,
17:07c'est pour au contraire
17:08y mettre un terme.
17:10Une question sur le rapport
17:11sur l'antrisme.
17:12Parce que dans ce rapport,
17:13qui a été donc remis il y a dix jours,
17:15il était écrit que les menaces
17:17représentées pour l'État
17:21étaient notamment dues
17:22aux financements étrangers
17:23et en particulier du Qatar.
17:26Ce rapport a été pris suffisamment
17:27au sérieux pour justifier
17:28un conseil de défense.
17:30Le président de la République
17:31a demandé au vu de la gravité,
17:34dit-il, des faits,
17:36à ce qu'il y ait des mesures
17:37qui soient décidées.
17:38Donc on parle d'un problème
17:39de financement qui vient du Qatar
17:41et ce même Qatar
17:43qui est donc évidemment
17:43mis à l'honneur
17:44comme le financier
17:46et le propriétaire désormais
17:48du PSG.
17:49Georges Malbruneau,
17:50qui est un journaliste
17:51auteur de l'enquête
17:52Qatar Papers,
17:53a accordé une interview
17:54à nos confrères de France 24
17:55et j'y ai lu
17:56une phrase qui vous concerne
17:57Laurent Nunez.
17:58Il dit d'abord
17:59le Qatar a toujours été
18:00un peu le parrain
18:01de l'islam politique
18:02incarné par les frères musulmans
18:03et il précise,
18:05il dit le Qatar a joué
18:06un certain rôle
18:06dans cet entrisme.
18:08Moins maintenant
18:08depuis la prise de conscience
18:09étatique
18:10et depuis aussi
18:11les révélations
18:12de Qatar Papers.
18:13Il n'y a plus eu
18:13de financement par exemple
18:14par Qatar Charity
18:15qui était l'un des vecteurs
18:16de financement
18:18de cet entrisme,
18:19dit-il.
18:19Mais il raconte
18:20que lorsqu'il a accompagné
18:21Emmanuel Macron au Qatar
18:22en 2021,
18:23vous étiez présent,
18:24vous Laurent Nunez,
18:25à l'époque,
18:25vous étiez coordinateur national
18:27du renseignement
18:27et de la lutte
18:28contre le terrorisme
18:29et Georges Malbruno précise,
18:31il nous avait alors révélé
18:32que si Qatar Charity
18:34avait cessé de financer
18:35les institutions
18:36islamiques françaises,
18:37il y avait 15 autres ONG
18:39ou organisations
18:40qatariennes qui avaient pris
18:41le relais.
18:43Est-ce que si on considère
18:44d'un côté que le Qatar
18:45est derrière l'entrisme
18:47que l'on combat,
18:49y compris via
18:50des conseils de défense,
18:53est-ce qu'on peut accepter
18:54le Qatar de l'autre côté
18:56ou est-ce que ça n'est pas
18:57le même Qatar ?
18:57Qu'est-ce que vous,
18:59coordinateur national
19:00du renseignement,
19:01vous disiez,
19:03préfet de police,
19:04aujourd'hui vous dites ?
19:05Ce que je vous dis,
19:06c'est que je pense
19:06qu'il ne faut pas tout mélanger.
19:07D'abord,
19:08vous faites allusion
19:09à une partie
19:10de ma vie professionnelle
19:10qui est quand même
19:11couverte par le secret
19:12de la défense nationale.
19:14Moi, je cite
19:15Georges Malbruneau
19:16qui s'adresse
19:17à nos confrères de Femme 24.
19:18Il ne faut pas mélanger
19:20les choses.
19:20Il y a le financement
19:21d'un grand club de football,
19:22ça c'est une chose
19:23qui provient en partie
19:25d'intérêts qataris,
19:26tout le monde le sait.
19:27Et puis,
19:27vous avez de l'autre côté,
19:29et c'était l'objet
19:30de ce déplacement de 2021,
19:31vous savez,
19:32la lutte contre le terrorisme.
19:33Voilà, c'est, pardon,
19:34mais c'est quand même
19:34autre chose
19:35et vous savez très bien
19:37qu'il y avait
19:38un certain nombre
19:39de financements,
19:40de structures
19:40qui pouvaient être
19:42dans l'islam radical,
19:45il y avait un certain nombre
19:46de structures
19:46de financements
19:47qui venaient du Qatar,
19:51mais pas seulement,
19:52l'Arabie Saoudite,
19:52les Émirats arabes,
19:53on a engagé des discussions,
19:55on a engagé des discussions
19:56pour expliquer
19:57ce qui se passait,
19:59essayer de mettre
20:00un terme,
20:01effectivement,
20:01à un certain nombre
20:02de financements,
20:02ce qui a majoritairement
20:03été fait.
20:03Voilà, moi,
20:04je n'en dirais pas plus,
20:05mais ce dont je m'occupais
20:08à l'époque,
20:08c'est la lutte contre
20:09le terrorisme,
20:09les organisations radicales
20:11violentes,
20:11et surtout,
20:12la coopération avec ces pays
20:14qui est très importante
20:14en matière de lutte
20:15antiterroriste.
20:16C'est ça le sujet
20:16de ces déplacements.
20:17Après,
20:19ce qu'on vit actuellement
20:20et la lutte contre l'antrisme,
20:22c'est un troisième chapitre
20:23qu'a ouvert le ministre d'État
20:24après la lutte contre le terrorisme,
20:25après la lutte contre le séparatisme,
20:27c'est la lutte contre
20:28cet islam politique
20:29qui,
20:31sans dire son nom,
20:31en revêtant les habits
20:33de la République française,
20:35du respect des institutions,
20:36ne les respecte pas
20:37et veut les mettre à mal.
20:38Et donc,
20:38il y a effectivement
20:39un certain nombre de financements
20:40qui viennent de l'étranger
20:41et nous nous y attaquons,
20:42nous y travaillons,
20:43on va le faire encore plus.
20:44Mais je crois,
20:44voilà,
20:44ce déplacement de 2021,
20:46c'était un déplacement
20:47lutte antiterroriste.
20:49Et ce matin,
20:49vous étiez là
20:50avec votre casquette
20:50de préfet de police,
20:52mais je trouvais ça important aussi.
20:53J'ai l'impression
20:53que c'est comme s'il y avait
20:54un tabou.
20:55Non,
20:56il n'y a pas de tabou
20:57sur le sujet.
20:58Voilà,
20:58il n'y a aucun tabou
21:00sur le sujet.
21:00La lutte contre l'antrisme
21:01et l'islam politique
21:07après le Conseil de défense
21:08dont vous avez parlé,
21:08il y aura probablement
21:09des mesures nouvelles,
21:10nous aurons des outils nouveaux
21:11et puis il y a la lutte
21:12contre le financement
21:13du terrorisme,
21:14c'est autre chose,
21:15la lutte contre le terrorisme,
21:16c'est autre chose,
21:17même si parfois
21:19il y a des connexions,
21:20mais voilà,
21:21c'est autre chose
21:21et voilà,
21:22c'est dans ce cadre-là
21:23que j'avais accompagné
21:25à l'époque
21:25le président de la République
21:26et eu les échanges
21:27dont vous avez parlé.
21:28Merci Laurent Nunez
21:29d'avoir répondu
21:30à mes questions
21:30en tant que préfet de police
21:32de Paris.
21:33Il est 8h54
21:34sur AMC BFM TV.
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