00:00RTL au cœur de l'actu
00:30spécialiste de la Russie. Vous êtes
00:32surprise par cette décision ?
00:34Non, pas du tout.
00:36Ce n'est pas étonnant.
00:38On sait la stratégie
00:40de Poutine, déjà,
00:42de ne pas être pressé,
00:44de ne pas agir sous la
00:46pression des autres acteurs.
00:48Et aujourd'hui, on voit qu'il y a de plus en plus
00:50de pression sur lui.
00:52Après, la rencontre directe avec
00:53Zelensky, ça ne s'inscrit pas
00:56dans la stratégie de Poutine.
00:57On a vu Poutine depuis quelques mois
01:00jouer un rôle d'un grand
01:02leader, dont l'auteur
01:03c'est que le niveau des Etats-Unis.
01:06Oui, mais c'est lui qui a appelé à des négociations directes
01:08et c'est ce qu'il a dit dimanche, il a appelé
01:10à des négociations directes ce
01:12jeudi à Istanbul.
01:14Mais il n'a jamais dit que ça va être les
01:16négociations entre deux présidents,
01:18entre lui et Zelensky. Il a
01:20accepté le fait que la Russie pouvait
01:22négocier directement avec l'Ukraine
01:23sans passer par les médiateurs
01:25comme les Etats-Unis ou les Européens.
01:27Mais il n'a jamais
01:28confirmé, il n'a jamais promis
01:30qu'il allait lui-même aux négociations.
01:32D'accord, mais pourquoi est-ce qu'il a attendu le dernier
01:34moment pour l'annoncer ? C'est un communiqué qui est
01:36tombé hier soir, vers 23h.
01:39Bon, ça peut être un moment
01:40technique. Ici, je n'ai pas de
01:42réponse vraiment très
01:44exacte. On ne sait pas les détails,
01:46mais ça peut être juste technique
01:48parce que quand même, il y avait très peu de temps
01:50pour constituer la délégation. Après,
01:52peut-être qu'il y avait l'hésitation aussi au Kremlin.
01:54Non, peut-être qu'il pensait
01:56d'envoyer les personnages
01:58de plus haut niveau, comme les ministres
02:00ou
02:01un conseiller
02:04de Poutine, très proche à lui.
02:06Et finalement, on a vu
02:08hier la délégation,
02:10il sera composé
02:12de niveaux plus bas.
02:14On sait que ça va être un conseiller
02:16à Poutine, mais après...
02:18Ce sont des secondes couteaux, sans vouloir leur faire offense.
02:20Il n'y a même pas Lavrov, qui est le ministre des
02:22Affaires étrangères. C'est le
02:24sous-ministre des Affaires étrangères,
02:26un certain,
02:27Mikhail Galouzine.
02:29Oui, voilà,
02:29les inconnus,
02:30même pour les Russes,
02:31c'est non-name,
02:32les Russes ne savent pas ces noms-là.
02:34Donc oui,
02:35peut-être que c'est la décision
02:36que Poutine finalement a prise.
02:37Ça a pris du temps,
02:38on le voit,
02:39mais il a pris
02:39de jouer sur le niveau
02:42des représentants
02:43à ces négociations.
02:45Et comme ça,
02:45montrer aussi son attitude
02:46et ses intentions
02:47dans ces négociations.
02:48Volodymyr Zelensky
02:49savait qu'il ne viendrait pas ?
02:51Il a fait semblant de dire
02:52« moi j'y serai
02:53et j'attends le président russe ».
02:54C'était un jeu ?
02:55À mon avis,
02:56oui,
02:56Zelensky le savait.
02:57Parce que pour les spécialistes,
02:59pour les gens vraiment
02:59qui comprennent la Russie,
03:00le régime de Poutine,
03:01c'était bien évident
03:02que Poutine n'allait pas
03:03se rendre.
03:04Et Zelensky
03:05voulait jouer
03:05sur ces aspects-là
03:07et montrer à Trump
03:08et aux alliés européens
03:09que Poutine
03:10finalement ne voulait pas négocier.
03:12Et que c'est lui
03:13qui est l'obstacle principal
03:14pour la paix en Ukraine.
03:15Bon, la question maintenant,
03:17c'est que peuvent donner
03:18ces négociations
03:19qui s'étaient interrompues ?
03:20Négociations directes
03:21entre la Russie et l'Ukraine,
03:22elles s'étaient interrompues
03:23en mai 2022.
03:25Pourquoi d'ailleurs ?
03:25On peut rappeler
03:26pourquoi ces négociations
03:27qui avaient bien commencé
03:28s'étaient arrêtées brutalement ?
03:30Bon, en mars 2022,
03:32c'est un peu mystérieux
03:34ce qui se passait.
03:35Il y a plusieurs réponses.
03:37Il y a un débat
03:38sur cette question-là.
03:39Du côté ukrainien,
03:41il y a l'explication
03:43qui consiste à dire
03:44qu'en avril 2022,
03:48les Ukrainiens ont découvert
03:49les massacres
03:50qui ont été commis
03:51à Boucha,
03:52donc dans les alentours
03:53de Kiev,
03:54ce qui a rendu
03:55vraiment impossible
03:56de négocier
03:57avec un pays
03:58qui a commis
03:58tant de crimes de guerre.
04:01Donc, on croit
04:02que d'un côté,
04:03l'Ukraine a senti
04:04qu'elle était capable
04:05encore de résister,
04:06qu'en fait,
04:07elle n'avait pas besoin
04:07de ces négociations.
04:08Et d'autre côté,
04:09il y avait tant
04:10de crimes commis
04:11que ça n'était pas possible
04:13de négocier.
04:14Donc là,
04:14elles reprennent
04:15aujourd'hui
04:15ces discussions.
04:16Ça peut déboucher
04:18sur quoi ?
04:20Ça peut déboucher
04:21sur le feu,
04:23sur le gel du front.
04:25C'est ça l'intérêt
04:26des Ukrainiens
04:27d'arrêter la guerre
04:29où il est,
04:30pour ne pas laisser
04:31les Russes avancer.
04:33Après,
04:33on a entendu hier,
04:34Zelensky a mentionné
04:36l'échange des prisonniers
04:37sur une formule
04:39tous contre tous.
04:40Donc,
04:41tous les prisonniers
04:41doivent retourner
04:42dans leur pays.
04:44À mon avis,
04:44ça,
04:44c'est deux premières questions
04:45qui vont être abordées
04:47pendant les négociations.
04:49Que l'on suivra évidemment
04:50sur RTL.
04:51Merci beaucoup,
04:51Vera Grande-Séva,
04:52politologue,
04:53enseignante à Sciences Po Paris
04:55et spécialiste de la Russie.
04:56Merci d'avoir été avec nous
04:57sur RTL.
04:58Merci d'avoir regardé cette vidéo !
04:59Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Commentaires