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  • il y a 1 an
Dans son édito du 15/05/2025, Paul Sugy revient sur l'affaire Bétharram et l'audition de plus de cinq heures du Premier ministre François Bayrou.

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Transcription
00:00Plus de cinq heures d'audition, presque six en réalité, qui déjà étaient, il faut le dire, insupportables à regarder pour les curieux ou les journalistes.
00:06Mais j'ai pensé tout au long de cette séquence aux victimes des faits odieux commis par certains prêtres et surveillants de Bétharam.
00:13Ces heures d'audition ont dû être pour elles un supplice, car il n'a tout simplement pas été question d'eux.
00:18À l'institution de Notre-Dame de Bétharam, faut-il le rappeler, des prêtres, des membres de l'établissement catholique à la réputation prestigieuse
00:24ont commis, sur une période parfois de plusieurs années, des faits de violences graves, des agressions sexuelles répétées
00:30et même au moins un viol, selon le témoignage d'une victime dont l'auteur était un ancien directeur de l'école, qui s'est suicidé depuis.
00:38Trahissant donc la confiance des parents, trahissant la mission sacrée de l'enseignement
00:41et puis évidemment l'image du Christ que l'enseignement catholique doit tâcher le plus possible d'imiter.
00:47Mais il n'a pas été question des faits hier soir à l'Assemblée nationale.
00:50Leur reconstitution, leur compréhension même, était impossible pour toute personne qui suivait cette audition.
00:56Les victimes et les atrocités qu'elles ont subies, l'écoute ou non qu'elles auraient reçues
01:00et puis même la douleur du chemin de reconstruction, sachant qu'un certain nombre de faits sont maintenant prescrits
01:05et ne pourront pas être examinés par la justice.
01:07Tout ceci a été balayé au profit d'une seule chose, un interrogatoire politique
01:12dont les victimes n'étaient que le décor imperceptible et secondaire.
01:16Seul comptait l'accusé, François Bayrou évidemment, Premier ministre,
01:19face auxquels notamment le rapporteur Paul Vannier de la France Insoumise,
01:24même la présidente socialiste de la Commission, essayait de régler leur compte.
01:27On lui a même rappelé à l'issue de ce qui ressemblait bien à un procès,
01:31la gifle que François Bayrou avait administré en 2002 à un gamin qui essayait de lui piquer son portefeuille
01:36en insinuant que cela dénotait chez lui d'une conception archaïque des méthodes d'éducation,
01:41qu'en bref, il était probablement complice des faits atroces qui ont pu être commis à Bétaram.
01:46Cette affaire est instrumentalisée uniquement contre François Bayrou ?
01:50Oui, ce qui est surprenant, c'est que François Bayrou est à la fois évidemment le fusible de l'affaire Bétaram,
01:55mais il en est aussi le catalyseur.
01:57Le fait que ses enfants, les enfants du Premier ministre,
01:59aient été scolarisés dans l'institution à la fin des années 90,
02:01au moment où il était lui-même ministre de l'éducation nationale,
02:04a apporté une lumière médiatique particulière sur les faits lorsque de premières plaintes ont été connues,
02:08et puis il semble avoir aussi aidé à se libérer la parole des victimes.
02:12Autrement dit, sans François Bayrou, sans la personnalité et la vie intime familiale du Premier ministre,
02:17eh bien probablement que la gauche médiaparte ne se soucierait pas autant des faits
02:22qui depuis 25 ans n'avaient plus fait la couverture des journaux.
02:25Mais il en est le fusible parce que seul comptait hier soir,
02:28pour Paul Vannier, l'accusateur en chef,
02:30eh bien de justifier a posteriori des déclarations
02:33qu'il faisait d'ici, depuis quelques mois,
02:37de François Bayrou quasiment le protecteur des pédocriminels.
02:40Vous pensez que François Bayrou ne savait rien au sujet des faits
02:43qui se sont déroulés à Bétaram ?
02:44C'est délicat à dire parce qu'évidemment,
02:46il y a des maladresses dans la défense du Premier ministre
02:48qui étaient par moments confus hier,
02:49qui s'en mêlaient dans les dates,
02:50et puis qui surtout ne pouvaient pas réitérer telle quelle
02:53la déclaration qu'il avait faite à l'Assemblée nationale le 11 février
02:55dans laquelle il insinuait qu'il ne savait rien.
02:57Il ne pouvait pas rien savoir,
02:58mais il ne pouvait certainement pas non plus tout savoir.
03:01Et de toute façon, on parle de faits
03:03qui remontent à il y a plus de 25 ans,
03:04qu'évidemment, François Bayrou n'est certainement pas suspecté
03:07d'avoir ni commis, ni d'avoir été le complice d'une quelconque façon.
03:11Et c'est vrai que, de toute façon,
03:12le process stalinien que lui ont fait
03:14les députés de la France insoumise,
03:16membres de la Commission,
03:17en réalité écarte toute la défense du Premier ministre
03:22puisque seul va compter,
03:24et dans le souvenir des gens de bonne foi,
03:26l'idée et l'impression que l'on essaye
03:27d'évincer un chef de gouvernement
03:29sur la base de cette affaire.
03:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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