00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h09, Maxime Liedot.
00:03D'où c'est Mathieu ? Où est-ce qu'on peut voir ces inscriptions à 7h12 ?
00:07C'est la question qu'on va poser à Fabrice Bonneau. Bonjour.
00:11Oui, bonjour.
00:12Merci d'être avec nous. Vous êtes le président des commerçants Charité Bellecourt
00:15et vous voulez nous alerter sur ce qui se passe actuellement à Lyon.
00:19Et j'aimerais que vous nous décriviez un peu l'ambiance parce que c'est vrai que
00:21quand on lit ce qui s'y passe et quand on découvre ce qui s'y passe,
00:25il y a des messages violents qui accusent le maire et le président de la métropole
00:28d'être en train de tuer le commerce, des collages dans des rues qui sont clés,
00:32des scotch oranges sur des parterres.
00:35C'est ce que je disais, on a l'impression d'un cluedo.
00:37Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce qui se passe sur place ?
00:41Oui, la situation en Presqu'Île à Lyon est assez compliquée déjà depuis quelques semaines.
00:48Effectivement, il y a eu d'énormes travaux qui ont été engagés par la métropole et la ville de Lyon.
00:54Une asphyxie totale, une asphyxie de nos rues, de l'accessibilité du centre-ville.
01:00Oui, complètement.
01:02Moi, je vous dis, je suis commerçant et président des commerçants quartier Charité Belle-Cour à Lyon,
01:07l'une des plus grosses associations de la Presqu'Île.
01:10Ça fait 21 ans que j'ai mon restaurant dans cette rue.
01:13C'est inédit ce que je vis aujourd'hui.
01:14En fait, nous avons su nous adapter à dire...
01:17Parce que quand on... Pardonnez-moi de vous couper Fabrice Bonneau,
01:20mais parce que quand on vous écoute, en effet, des travaux permanents, des rues totalement désertes,
01:24on parle de commerce en faillite, c'est-à-dire que quand on vous écoute,
01:26on a la sensation de traverser avec vous une ville totalement fantôme.
01:31C'est exactement ça.
01:33C'est douloureux aujourd'hui en tant que président, je représente les commerçants,
01:37et de voir des commerces fermés.
01:38Parce qu'on connaît la famille derrière, on connaît l'investissement et l'engagement du commerçant
01:43qui a fait du bon travail pendant toutes ces années.
01:47Et aujourd'hui, de voir le commerce du jour au lendemain fermé,
01:50pour moi, c'est difficile de l'accepter.
01:52Mais Fabrice Bonneau, vous êtes depuis des années, ça fait combien de temps que vous travaillez à Lyon ?
01:5621 ans.
01:5721 ans.
01:58Et aujourd'hui, je ne sais pas faire.
02:01En fait, on a su s'adapter à différentes crises.
02:03Le Covid, les gilets jaunes, toutes les manifestations qui se sont organisées, j'ai su faire.
02:07Je disais au maire de Lyon il y a quelques jours,
02:09me mettre des barrières quasiment devant le restaurant, ça je ne sais pas faire.
02:13Je n'ai pas la solution à ce problème.
02:16Est-ce que vous avez d'ores et déjà évalué les dégâts économiques de ce que vous décrivez,
02:21c'est-à-dire en perte de chiffre d'affaires, en commerce fermé,
02:24peut-être de personnes au chômage, même de faillite d'entreprises ?
02:27Est-ce que vous avez déjà des chiffres qui vous remontent ?
02:30Oui, alors j'ai quelques chiffres, parce que bien sûr, je suis en permanence avec mes commerçants
02:35qui sont inquiets. Aujourd'hui, je vous le dis, la restauration est touchée.
02:39Donc depuis janvier, les premiers chiffres que je peux avoir,
02:41on est à moins 40, moins 50% sur le chiffre d'affaires.
02:4450% sur le chiffre d'affaires ?
02:45Oui, vraiment, c'est les premiers chiffres que j'ai pu avoir.
02:49Donc maintenant, il faut attendre.
02:51Mais voilà, la situation est dramatique, je le dis.
02:55C'est inédit, c'est du jamais vu.
02:58Et aujourd'hui, il faut trouver des solutions pour relancer l'économie,
03:03ce tissu économique qui est vital pour la ville.
03:06Et quand vous dites tout à l'heure, j'ai été voir le maire, je lui ai dit,
03:09je lui ai dit les choses en face.
03:11Qu'est-ce qui est en cause en réalité ?
03:12C'est cette politique-là du maire écologiste Grégory Doucet,
03:16du président de la métropole, c'est ça ?
03:17Vous les accusez de quoi en réalité ?
03:19De mener une politique un peu décroissante, anticommerçante,
03:21trop écolo au point d'ajouter des règles un peu contraignantes partout,
03:26sans penser à la vitalité de la ville ?
03:28Non, pas du tout.
03:29Alors moi, je ne suis pas du tout contre les modifications naturelles
03:33et normales de la presqu'île.
03:35On doit s'adapter au modèle économique d'aujourd'hui,
03:38au nouveau fonctionnement.
03:40Ça, je ne suis pas contre.
03:41À Lyon, on a touché aux canalisations de gaz,
03:44donc des travaux qui n'avaient pas été faits depuis 100 ans.
03:46Donc c'est tout à fait normal aujourd'hui qu'on s'intéresse à ça
03:50et qu'on remette au goût du jour.
03:52Mais à côté, il y a un programme qui a été appliqué,
03:54le programme justement de notre municipalité, de notre métropole.
03:58Donc c'est peut-être un peu beaucoup.
04:00Je pense qu'on aurait peut-être dû se concerter avant,
04:04expliquer aux riverains, expliquer aux commerçants ce qui allait se passer,
04:09et puis surtout expliquer aux consommateurs,
04:11aux gens qui doivent venir au centre de Lyon pour consommer dans nos commerces.
04:15Aujourd'hui, ce que j'ai dit au maire de Lyon,
04:17on ne peut pas sacrifier les commerces qui ont fait Lyon,
04:20qui ont fait la richesse de notre ville.
04:22Ce sont des pépites, ce sont des commerces aujourd'hui qui ont des grands noms.
04:26Et bien aujourd'hui, ces commerces-là sont en souffrance
04:28et il y a des risques justement que la plupart ferment.
04:32Mais ce qui est très frappant quand on vous écoute Fabrice Bonneau,
04:34président des commerçants de Charité Bellecour à Lyon,
04:36vous représentez tous les commerces sur la presqu'île de cette belle ville,
04:40c'est que vous êtes en train de décrire ce qui se passe dans énormément de villes,
04:43énormément de villes en grande partie, pardon, dirigées par des écologistes,
04:47c'est-à-dire des travaux partout,
04:50on va dire des décisions qui ne s'expliquent pas,
04:52une façon d'empêcher les gens de travailler,
04:54d'accéder à leur habitation, à leurs locaux de travail.
04:57C'est ça que vous décrivez en réalité,
04:59une ville qui est capable de se dévitaliser.
05:02Complètement, mais il y a des grandes villes et des grandes métropoles
05:05qui l'ont réussi, donc pourquoi pas nous ?
05:07On est quand même une grande ville,
05:08mais aujourd'hui, je vous dis franchement,
05:11on décourage les gens de venir sur Lyon.
05:14Quand, à l'heure du déjeuner,
05:15vous mettez une heure et demie pour accéder au centre-ville
05:18et que cette heure et demie,
05:19elle est réservée pour consommer dans le centre-ville ou déjeuner,
05:23les gens, ils essayent une fois, pas deux.
05:25Mais le cas de cette prévolte,
05:27oui, allez-y Fabrice Bonneau, allez-y.
05:28Je vais vous dire franchement,
05:30il y a quelques mois,
05:31les gens nous disaient, on ne viendra plus à Lyon.
05:33Le constat aujourd'hui, il est dur
05:36parce que les gens ne viennent plus à Lyon.
05:38Ça y est, c'est acté
05:40et on ne les a plus.
05:41Les gens ne viennent plus, c'est terminé.
05:42Mais une dernière question aussi,
05:44quand on se penche sur ce phénomène,
05:46il y a au cœur de cette révolte sincère qu'on entend chez vous,
05:49la question de la ZLT,
05:50ces fameuses zones à limiter du trafic
05:53qui empêchent en réalité toute une partie de la population
05:56d'entrer dans certaines parties de la ville.
05:58C'est ça, et nous, elle va être mise en place au mois de juin.
06:01Donc, dans le centre de Lyon,
06:02on a une partie de la presqu'île
06:04qui va être complètement impactée
06:06par cette nouvelle zone mise en place.
06:08Et puis, je vous le dis,
06:09on se prive aussi de la vignette critère 3.
06:12Aujourd'hui, ces gens-là n'avaient pas prévu
06:13de changer de véhicule,
06:14ils n'avaient pas forcément le budget
06:15de changer de voiture,
06:17et ces gens-là ne viennent plus à Lyon.
06:18On leur interdit l'accès au centre-ville.
06:20Il n'y a même pas de parking
06:22pour pouvoir les accueillir.
06:23Et que vous dit alors la municipalité
06:25quand vous leur dites
06:26ces faits dévitalisation du commerce de la ville,
06:30sensation d'errer dans un coin fantôme ?
06:32Quelles sont les réponses politiques concrètes
06:34qu'on vous apporte ?
06:35Alors, M. le maire a voulu me voir,
06:37bien évidemment,
06:38parce que j'active souvent
06:39et j'alerte justement
06:41sur cette problématique.
06:42C'est le recul maire un peu d'écouter, oui.
06:44Oui, c'est ça.
06:44Non, mais M. le maire a voulu me voir
06:46et me recevoir,
06:47et on a beaucoup échangé,
06:48comme on le fait aussi assez souvent.
06:51Eh bien, il écoute aussi,
06:54parce que quand on vous dit
06:55que la restauration est touchée,
06:56c'est quand même...
06:58La restauration, c'est quand même particulier.
07:00Je veux dire,
07:01on a passé d'énormes crises,
07:02c'est ce que je vous disais tout à l'heure.
07:03C'est la première fois, moi,
07:05que je vis ça
07:06après 21 ans d'exercice à Lyon.
07:08Mais donc, qu'est-ce qu'il vous dit ?
07:10Est-ce qu'il dit,
07:10bien sûr, je vais prendre tout ça en compte,
07:12ou il est dans un agenda
07:13de remplir avant les municipales
07:15un certain nombre d'objectifs
07:16et donc la restauration ?
07:18Non, il dit qu'il prend tout ça en compte.
07:20Il a pris des notes
07:21parce que je vais donner
07:22plein de solutions,
07:23des solutions immédiates,
07:24par exemple,
07:25gratuité des parkings le week-end,
07:26des transports également,
07:28donner la possibilité au commerce
07:29d'ouvrir le dimanche
07:30pour ceux qui le souhaitent,
07:31sans aucune pénalité,
07:32créer des événements populaires à Lyon.
07:34Et d'ailleurs,
07:35je ne dis pas simplement de le faire,
07:36mais je le fais.
07:36J'ai créé le concours
07:37du meilleur flanc pâtissier
07:38Place Belcourt il y a trois semaines.
07:40Ça a été un succès
07:41avec des milliers de personnes,
07:42avec une résonance nationale.
07:43Donc, je ne demande pas
07:44uniquement de faire les choses,
07:46mais je le fais.
07:47Donc, vous voyez,
07:47il y a des solutions
07:49parce que la ville,
07:50elle est magnifique.
07:51Lyon, c'est une ville incroyable
07:52à vivre et puis à travailler, justement.
07:54Il y a un concours de flanc,
07:55grâce à vous, Fabrice Bonhomme.
07:56Vous imaginez un peu ?
07:58Merci beaucoup d'avoir été avec nous,
08:00de témoigner de la situation
08:01de la ville de Lyon.
08:02Et je sais que vous êtes nombreux
08:03à écouter Sud Radio là-bas
08:04au 105.8.
08:06Merci beaucoup
08:06d'avoir été avec nous.
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