00:00Le premier mot qui me vient quand je pense à cette audition, c'est « enfin ».
00:05Pour moi, cette audition est très importante.
00:08Elle est très importante pour les garçons et les filles qui ont été victimes de violences,
00:14et particulièrement de violences sexuelles,
00:18depuis des décennies, que ce soit à Bétaram ou, comme nous le découvrons tous les jours,
00:24en beaucoup d'autres établissements scolaires et en beaucoup d'autres institutions.
00:29Je ne suis jamais entré comme parent d'élève à Bétaram.
00:33J'ai été un parent d'élève moins assidu qu'il n'aurait sans doute fallu.
00:38J'étais ministre de l'Éducation nationale.
00:40J'étais député de cette circonscription.
00:43Je n'ai jamais entendu parler de faits de violences avant de violences, à ce point grave.
00:49On entendait parler, comme vous l'avez dit, de ces gifles
00:56qui en avaient eu, et je vais expliquer pourquoi et dans quel secteur.
01:02Mais jamais je n'ai entendu parler de violences graves,
01:05et jamais je n'avais entendu parler de violences sexuelles.
01:09Jamais.
01:09Et c'est uniquement par la presse, en 1995 et 1997, que j'en ai entendu parler.
01:26Je n'ai pas répondu au questionnaire de Mediapart,
01:29parce que Mediapart n'est pas une autorité de la République,
01:32que je ne suis pas obligé de lire les lettres que Mediapart m'adresse,
01:37que je considère qu'il y a dans Mediapart
01:40beaucoup de déformation de la réalité et beaucoup de diffamation,
01:45et que, si vous permettez, par hygiène mentale,
01:48je ne me plie pas aux ordres de Mediapart,
01:51comme d'ailleurs d'aucun autre journal.
01:53Depuis quatre mois, je suis quotidiennement sali,
01:59je suis quotidiennement diffamé,
02:04avec des affirmations qui reposent en grande partie
02:07sur le témoignage de cette dame.
02:10L'affirmation qu'elle a faite sous serment devant vous
02:13est une affirmation qui ne peut pas tenir,
02:16qui ne peut pas être acceptée.
02:18Et donc, je dis que cette affirmation est une affabulation.
02:23Sous serment.
02:26Sous serment.
02:27Je pense que cette dame a reconstitué,
02:31et fallacieusement, et sous serment,
02:34et c'est d'elle que vous faites la lance d'alerte.
02:37Vous m'avez demandé de vous soumettre à l'avance les documents,
02:41et je n'avais aucune envie de vous soumettre les documents.
02:43Excusez-moi.
02:45Excusez-moi.
02:45Il se trouve que je n'ai pas eu le sentiment
02:51que la commission était totalement objective.
02:54Vous êtes à la tête du ministère de l'Éducation nationale.
02:57Vous paraissez, M. le Premier ministre,
03:00mettre en place une relation directe
03:03avec un chef d'établissement,
03:05c'est-à-dire, au fond, un mécanisme qui paraît entièrement contourner,
03:09court-circuiter les procédures dont dispose l'Éducation nationale
03:13pour traiter notamment la question de la violence dans les établissements scolaires.
03:17Pourquoi procéder ainsi plutôt que de solliciter des services
03:22que vous avez déjà mobilisés en avril 1996
03:26pour garantir la sécurité des élèves de Bétarame ?
03:29M. Vanier, je connais parfaitement votre méthode
03:33qui commence à apparaître de manière absolue.
03:35D'ailleurs, cette méthode, elle est exactement décrite
03:39dans cet excellent livre dans lequel vous êtes analysé et cité.
03:45Excusez-moi.
03:46Et cette méthode, elle est décrite par Jean-Luc Mélenchon,
03:51qui est quelqu'un que je connais, je crois.
03:53Et il dit, vous n'avez pas besoin d'être de bonne foi.
03:59C'est exactement ce que vous faites.
04:02C'est-à-dire que vous ne cherchez pas la vérité,
04:05vous la déformez tout le temps.
04:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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