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  • il y a 1 an
Le Premier ministre s'explique cet après-midi devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire des violences sexuelles et physiques à Notre-Dame-de-Bétharram. Sous serment, François Bayrou explique ce qu'il savait précisément et son éventuelle intervention auprès de la justice.

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Transcription
00:00Monsieur le Premier ministre, le 11 février dernier, ici même à l'Assemblée nationale, vous avez déclaré, je vous cite,
00:08« Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence, ou de violence a fortiori sexuelle, jamais. »
00:17Monsieur le Premier ministre, maintenez-vous aujourd'hui, sous serment, devant notre commission d'enquête, cette déclaration.
00:24– Monsieur Vannier, celui qui ment ce jour-là, le 11 février, ce n'est pas celui qui répond à la question, c'est celui qui pose la question, c'est-à-dire vous.
00:41Vous avez, votre question dit, vous n'avez pas protégé les élèves des violences pédocriminelles.
00:47– Je veux rappeler ce que se veut dire le mot pédocriminel, il signifie « abus et exploitation sexuelle des enfants ».
00:58Et vous avez fait allusion au fait que j'étais ministre de l'Éducation nationale, vous avez dit que j'étais l'époux d'une professeure, c'est faux,
01:07ma femme n'a jamais été professeure à Bétharam, elle est allée pendant neuf mois, une heure par semaine, faire de ce qu'on appelle l'éveil religieux.
01:18Jamais elle n'a été professeure à Bétharam. C'était le contraire de ce que vous avez annoncé.
01:24Vous dites « vous avez été saisie à de nombreuses reprises », c'est faux, je n'ai pas été saisi.
01:29Il y a eu 25 ans de silence absolu et tout ce que je savais, je l'ai su par la presse, je vais en apporter la démonstration.
01:38Et enfin, vous avez choisi l'OMERTA pendant 30 ans. Ceux qui ont choisi l'OMERTA, c'est ceux qui savaient et n'ont rien dit.
01:45Et donc, je maintiens l'affirmation qui est la mienne. Je n'ai eu pas d'autre information.
01:54Comme ministre de l'Éducation nationale, je vais en parler puisque j'avais demandé un rapport d'inspection.
01:59que par la presse et je n'ai bénéficié d'aucune information privilégiée.
02:09Monsieur le Premier ministre, si un jour j'ai à déposer devant une commission d'enquête, je le ferai.
02:13Je répondrai aux questions qui me sont posées. Vous n'avez pas répondu à ma question. Je la repose donc à nouveau.
02:19Vous avez déclaré « je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou de violence a fortiori sexuelle. Jamais.
02:27Vous l'avez faite devant la représentation nationale. Est-ce que vous maintenez sous serment cette déclaration ? »
02:33Je maintiens que les seules informations que j'ai eues étaient celles qui étaient dans le journal.
02:39Je n'en ai pas eu d'autres.
02:41Et j'ai les dates précises des articles des journaux.
02:44Et je n'ai pas eu d'autres informations, ce que votre question induisait.
02:51Votre question disait que j'avais reçu d'autres informations.
02:55Et pour moi, je n'ai eu aucune autre information que celle-là.
03:00On va y revenir fait par fait, si vous voulez bien.
03:02Au-delà, vous nous dites donc aujourd'hui que vous disposiez des informations qui étaient disponibles dans la presse,
03:11ce qui est une affirmation qui est très différente de celle que vous avez assumée le 11 février dernier.
03:17Je veux dire que ce jour-là, monsieur le Premier ministre, vous êtes catégorique.
03:21Vous avancez deux preuves dans votre réponse pour marquer votre affirmation.
03:28Vous annoncez ce jour-là porter plainte en diffamation.
03:34C'est une réponse très offensive.
03:36Avez-vous, monsieur le Premier ministre, porté cette plainte en diffamation ?
03:39Et si oui, contre qui ?
03:41Non, j'ai hésité.
03:43Mon intention était de porter plainte contre les organes de presse
03:46qui avaient annoncé que j'avais donné un million d'euros à Betaram cette année-là.
03:50C'est un article de Mediapart autant que je me souvienne.
03:54C'était faux, j'avais l'intention de porter plainte.
03:56Puis je me suis dit que chaque fois que dans ces affaires, on porte plainte en diffamation,
04:01on sert ceux qui essaient de porter le scandale.
04:06Donc je ne l'ai pas fait.
04:08Et l'expérience qui est la mienne, c'est que c'est très rare qu'on se félicite d'avoir porté une plainte en diffamation.
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