00:00Générique
00:00L'invité de Smart Impact c'est Jean-Luc Cacchino, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Bienvenue, vous êtes agriculteur dans le Marais-Poix-de-Vin et cofondateur des casiers fermiers que vous avez créés avec votre épouse.
00:17Régine, comment est née l'idée ? Racontez-moi.
00:20Alors, nous sommes déjà agriculteurs.
00:23Et donc, on a 250 hectares en agriculture biologique, donc on fait des légumes, on fait bien sûr du blé, des autres céréales.
00:34On est aussi éleveur, parce qu'on a 150 hectares de prairies, on est aussi éleveur d'Aberdin Angus, une viande plutôt premium.
00:45Et on est aussi apiculteur.
00:47Et donc, on s'est dit, il y a eu, bon, vous savez, la période du Covid, ça a été l'envolée des produits locaux.
00:57Oui, on s'est tous tournés vers les produits locaux, les circuits courts.
00:59Voilà.
01:00Et puis, nous, on s'est dit, fin 2021, on s'est dit, on va créer, on est parti de nous consommateurs.
01:15C'est-à-dire, on souhaite tous, les uns les autres, acheter des produits locaux.
01:20Seulement, la disponibilité, lorsqu'on est en milieu rural ou périurbain, est plus compliquée, parce que, grosso modo, à 19h30, les magasins sont fermés.
01:31Si vous allez dans des magasins de producteurs, il faut avoir un agenda pour choisir le jour et l'heure.
01:38Oui, c'est compliqué.
01:38Et donc, pour nous qui travaillons beaucoup, on s'est dit, il faut essayer de rendre ça le plus disponible possible.
01:48Et donc, est venue l'idée de créer des magasins, un magasin d'abord, qui s'appelle Les Casiers Fermiers Mangez Vrai.
01:57Mais, je vous expliquerai pourquoi cette signature, pour mettre à disposition des consommateurs de notre environnement.
02:09On a à peu près 12 000 consommateurs qui sont à 10 km à 10 minutes du magasin.
02:20Et puis aussi tous les gens, les touristes, les gens de passage, tout ça.
02:23Mais donc, c'est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et on vient, on ouvre un casier, on prend le produit ? Comment ça marche, en fait ?
02:31Donc, en fait, le premier magasin, il y a 216 casiers.
02:38Et l'objectif, c'est principalement de répondre à chaque besoin.
02:42C'est-à-dire que vous trouvez des fruits et légumes.
02:44On a été voir le maraîcher du coin, et qui a dit, ben, banco, nous, on avait le miel, les légumes secs, la viande.
02:57Et on a été voir un producteur de yaourts, de yaourts bio.
03:06Et après, des producteurs de fromage, de chèvres, de brebis.
03:10Et pour qu'il y ait une réponse à chaque besoin.
03:13D'accord.
03:14Et donc, dans un casier, ben, vous allez trouver, vous allez trouver du, trois sortes de fromage, avec un prix, vous allez à la borne, vous sélectionnez vos casiers, vos nombres de casiers.
03:29Si vous voulez, ben, des tomates, en ce moment, des tomates, des radis, des concombres, on fait aussi des associations, style un radis et un concombres.
03:37On fait aussi des paniers de légumes.
03:40Et puis, les gens sélectionnent sur la borne, et après, ils payent.
03:47Et les casiers sourds.
03:48Les casiers sourds, et on peut prendre le produit.
03:50Voilà.
03:50Superbe, superbe idée.
03:51Depuis, ça a essaimé, hein, depuis le premier magasin.
03:54Vous êtes présent dans d'autres régions ?
03:57Non, non, non.
03:58Parce que ce qu'on a, on a fait un deuxième magasin.
04:03Oui.
04:04Où là, il y a 400 casiers.
04:06D'accord.
04:07Parce que, bon, la réussite fait que, c'est, je dis toujours, c'est automatique à vider, mais pas automatique à remplir.
04:14Il y a un peu de boulot, oui.
04:15Il y a un peu de logistique.
04:16Voilà, de logistique.
04:18Et puis, ça nous a permis aussi de créer deux emplois.
04:21Donc, des gens qui, des collaborateurs qui réceptionnent, qui passent des commandes, qui réceptionnent et qui mettent en casier tout le long de la journée.
04:34Vous faites attention, évidemment, aux emballages.
04:37C'est-à-dire, il y a le moins d'emballages possibles dans ces casiers ?
04:40Alors, c'est vrai que la spécificité, ce qu'on a voulu au travers de ça, c'est pas seulement distribuer des produits.
04:48Parce que je dirais que n'importe qui est capable de le faire.
04:52Mais c'est avoir, c'est toucher à trois volets.
04:57Notamment, le volet sociétal, la réduction des déchets.
05:01C'est-à-dire que lorsque vous allez dans des magasins traditionnels, quand vous allez voir les fruits et légumes en fin de journée, c'est pas toujours beau.
05:08Parce que tout le monde y touche.
05:10Tandis que là, c'est nous qui mettons les salades en casier, les produits.
05:15Et il n'y a personne d'autre qui y touche que nous.
05:18Donc, ça, forcément, ça réduit les invendus.
05:24Il y a ça.
05:25Et puis, je prends toujours l'exemple des yaourts.
05:30Lorsque vous allez au supermarché, avant de mettre les yaourts dans votre frigo, vous enlevez le carton.
05:39Et ça, moi, personnellement, j'en avais un peu marre.
05:42Oui, c'est un peu absurde, oui.
05:43Voilà.
05:45Et donc, à notre producteur de yaourts, on lui a dit, tu nous donnes des plaques de nature, de fruits.
05:54Et c'est nous qui composons les paniers.
05:57Et à ce moment-là, le client, il ramène le panier.
06:01Et il n'a pas besoin de l'emballage supplémentaire.
06:04Exactement.
06:05Donc, il ne nourrit pas la poubelle jaune.
06:06En tout cas, c'est jaune chez nous.
06:08Chez moi aussi.
06:09Pourquoi manger vrai ?
06:11Manger vrai, c'est dire manger de saison.
06:15Oui.
06:15Voilà.
06:16Déjà, c'est manger de saison.
06:19Et puis, je prends...
06:21On fait aussi de la...
06:23Lorsque c'est la saison, c'est le cas de le dire, la clémentine de Corse.
06:27D'accord.
06:27On ne va pas faire de clémentine d'Espagne, du Maroc.
06:31Aujourd'hui, en ce moment, on vend du pomolos de Corse.
06:36On vend de l'avocat de Corse.
06:38Mais on n'ira pas chercher de l'avocat d'Israël.
06:41Non.
06:42Ça n'a pas de sens.
06:43Notre sens de distribution, c'est de développer une économie de territoire.
06:50C'est de parler aux citoyens.
06:53C'est-à-dire de lui expliquer aussi toutes nos méthodes de production.
06:57démystifier un peu certaines choses qui peuvent être traduites par les uns et par les autres.
07:08Notamment qu'il faut de l'eau pour faire pousser des légumes.
07:10Il faut un peu d'irrigation.
07:11Ça, c'est basique.
07:13Mais bon...
07:14Donc, nous, on a cette légitimité-là.
07:17Et c'est ce qui nous amène aussi une crédibilité.
07:20Il y a aussi l'enjeu de la rémunération des producteurs.
07:22On a bien compris, vous allez chercher des partenaires autour de vous.
07:28Vous éliminez un certain nombre d'intermédiaires.
07:30Donc, ça veut dire qu'ils sont mieux rémunérés par rapport à d'autres circuits de distribution ?
07:36Alors, il y a une règle de base.
07:40C'est-à-dire que lorsqu'on s'est mis à faire ça, pour les produits qui ne sont pas de notre production,
07:47nos produits, les produits qui sont comparables, ne sont pas plus chers que chez M. Leclerc, que chez M. Carrefour ou Auchan.
07:58Ça, c'était la règle de base.
08:00Et dans cette règle de base, c'est de dire, lorsque j'achète au producteur, lorsque j'achète à mon voisin, je lui paye.
08:07Ce n'est pas du dépôt-vente.
08:09C'est-à-dire que c'est nous qui prenons le risque.
08:10D'accord.
08:11Parce qu'aujourd'hui, beaucoup de producteurs qui font de la vente directe et qui transforment...
08:19Bon, produire, transformer, vendre, c'est énormément de travail.
08:23Et donc, nous, le but, c'était deux actions.
08:27C'était lui garantir la rémunération du produit qu'il nous vend.
08:33Ça, c'était une chose.
08:36Et puis aussi, dans le même temps, c'était de faire aussi sa promotion, de faire sa communication.
08:44Parce que c'est un autre aspect.
08:46Et donc, on a développé des réseaux sociaux, que ce soit sur Instagram ou Facebook, que tient mon fils et qui...
08:54Histoire familiale, décidément.
08:55Histoire familiale, voilà.
08:56C'est bien.
08:57Un dernier mot, parce que vous faites du bio.
08:59Oui.
09:00Et on voit que, voilà, ce n'est pas forcément simple.
09:03Il y a des collègues agriculteurs qui ont décidé de revenir en arrière vers l'agriculture traditionnelle.
09:08Vous les comprenez ?
09:09C'est des contraintes supplémentaires, quand même ?
09:12Alors, c'est des contraintes supplémentaires, mais c'est toujours le même débat.
09:20C'est-à-dire, est-ce que celui qui a le pouvoir, c'est le consommateur ?
09:26C'est celui qui a la carte bleue ?
09:27Oui.
09:28Donc, et ce qu'il faut réussir à faire, c'est à produire à ce que le consommateur puisse accepter de payer un peu plus cher,
09:43parce que c'est plus de travail, pour avoir un meilleur impact sur son environnement.
09:50Et sur sa santé.
09:51Et sur sa santé.
09:52Et moi, vous voyez, dans le business qu'on a développé avec, et qu'on développe avec les casiers fermiers,
10:02parce qu'on a dans l'idée d'ouvrir d'autres magasins, c'est de voir des gens qui n'ont pas forcément, on va dire, les moyens,
10:12les CSP Plus ou Plus Plus, qui viennent acheter du bio, parce que lorsqu'il y a une cliente, l'autre jour, il y a une cliente qui me dit,
10:24je viens chez vous parce que je fais des économies.
10:28Parce que tout simplement, dans notre modèle, on répond à un besoin.
10:32Et on n'est pas là pour vendre ce qu'elle n'aurait pas prévu, par exemple.
10:37D'accord. Merci beaucoup, Jean-Luc Aquino. Bon vent à vos casiers fermiers.
10:42On passe à notre débat. On va parler des aides à la rénovation énergétique.
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