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  • il y a 11 mois
Le magazine féminin de Reworld Média était devenu exclusivement numérique en 2020. Il publiera deux numéros cette année, dont le premier est en vente au prix de 6,90 euros.

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Transcription
00:00Et votre invité média, Céline Baye d'Harcourt, est l'un des dirigeants du groupe de presse
00:03Reward Media, propriétaire des magazines Closer, Téléstar, Biba ou encore Science
00:08et Vie.
00:09Et il relance un titre qui avait disparu des kiosques, le féminin Grazia qui fait son
00:13retour.
00:14Stéphane Haïtaïan, bonjour.
00:15Grazia s'était arrêté dans sa version papier en 2020 en raison de l'effondrement
00:19du marché publicitaire avec le Covid, le confinement.
00:21Il continuait depuis d'exister sur le numérique et voilà que vous décidez de revenir sur
00:26le marché de la presse papier alors qu'il est en perte de vitesse.
00:29C'est quand même assez étonnant, c'est une marche arrière qui est rarissime dans
00:32le secteur.
00:33À quoi est dû votre revirement ?
00:34Alors, et en plus je rajouterais que ce numéro, ce nouveau numéro de Grazia, c'est une vraie
00:42déclaration d'amour pour le print, pour le papier.
00:45Donc ça paraît assez paradoxal, effectivement, surtout pour un groupe comme le nôtre, Reward
00:49Media, qui est quand même très digitalisé.
00:51Mais par ailleurs donc, on peut avoir 80 millions de followers dans un groupe comme le nôtre,
00:58mais dans le même temps, effectivement, ce qu'on observe, et ça c'est un fait nouveau,
01:03c'est que dans ce monde ultra numérisé, finalement, le papier devient un média d'exception.
01:09Alors ça peut être contre-intuitif.
01:11Complètement.
01:12Vous dites qu'il est en train de revenir à la mode, un petit peu comme on le voit
01:15pour le marché du disque, avec les vinyles, les CD, les cassettes.
01:20Oui, les cassettes, comme on en a discuté, effectivement.
01:22C'est un peu la même idée ?
01:23C'est un peu différent, on lui redonne une valeur, en fait le print reprend une valeur
01:28par rapport à un certain lectorat.
01:29Alors certes, moins nombreux qu'il y a 15 ans.
01:32Il y a 15 ans, c'était 100 000 ventes à peu près, Gradiat.
01:35Plus, on était à 180 000 ventes par semaine, c'est un hebdomadaire.
01:40Donc là, il y en aura moins, vous vous attendez à moins, forcément ?
01:42On est dans une périodicité qui est différente, mais c'est un rôle qui est différent aussi.
01:46Donc le print est à nouveau valorisé par un certain lectorat, plus qualifié, mais
01:50également par des annonceurs qui viennent chercher finalement un nouveau potentiel créatif.
01:56Donc, le fait d'en faire moins, c'est ça aussi qui fait peut-être de ce magazine
01:59un objet que les gens peuvent garder un peu plus longtemps ?
02:02Oui, c'est un écosystème qui est complet.
02:04Chaque média a son rôle.
02:06Donc le magazine, effectivement, c'est une sorte de flagship.
02:09Qu'est-ce que c'est ?
02:10Un flagship, c'est dans des marques, par exemple dans le retail, ce sont des magasins
02:14qui sont là pour incarner le positionnement d'une marque, et là, en l'occurrence,
02:20le print incarne complètement le positionnement de la marque et également la ligne éditoriale.
02:25Mais, en tout cas, nous, à notre sens, on doit garder ce sens et ce caractère un peu
02:30exceptionnel pendant l'année.
02:31Donc pour l'instant, on est sur deux numéros, peut-être qu'on amplifiera, mais pas au-delà
02:36de quatre.
02:37Donc il doit garder ce caractère un peu unique dans l'expérience qu'il peut proposer au lecteur.
02:42C'était une erreur d'abandonner le papier ?
02:43Non, parce que les conditions économiques n'étaient pas réunies au moment du Covid.
02:49Ça ne va pas mieux, le marché publicitaire n'est pas très en forme.
02:52Alors, si on doit parler du print de manière générale, moi, ça fait 25 ans, je pense
02:58que je suis dans les médias, ça fait 25 ans qu'on annonce la mort du print.
03:02Force est de constater que ça prend beaucoup de temps, parce que nous, un groupe comme
03:04Reword, encore une fois, qui est très digitalisé, on voit encore des… enfin, Autoplus, par
03:10exemple, selon vous, ça vend combien par semaine ?
03:13Aucune idée.
03:14200 000 exemplaires, presque 200 000 exemplaires par semaine pour un titre comme Autoplus,
03:18ça fait 2 millions de lecteurs par semaine.
03:20Donc, il y a beaucoup de médias aujourd'hui qui aimeraient avoir ce type d'alliance.
03:24Téléstar, c'est 500 000 exemplaires par semaine.
03:26C'est vrai qu'il est établi que le marché sont décroissants.
03:32Pardon, c'est des chiffres qui sont en quelle évolution ? Ils baissent, on imagine quand
03:35même ?
03:36Ils baissent, mais vous avez des tarifs aussi qui augmentent.
03:37Finalement, si vous faites la somme des choses, ce sont des médias encore, et le print est
03:42très loin d'être mort.
03:43Il y a des familles de presse, pas toutes, ça dépend aussi des familles de presse,
03:48qui sont encore extrêmement puissantes et très résilientes.
03:52Justement, dans la famille des féminins, vous pensez qu'il y a vraiment encore de la place ?
03:56Oui, mais encore une fois, c'est une question d'écosystème.
03:59Ça dépend des supports que vous utilisez.
04:03Dans cette sphère-là, dans cet écosystème de la presse haut de gamme, comme je l'ai
04:07dit, le print, c'est le temps long et il est complémentaire par rapport à d'autres
04:11supports que l'on peut aussi développer.
04:13Vous aurez une newsletter qui sera aussi hebdomadaire et qui va lui répondre.
04:17Là, il y a un très fort potentiel.
04:19C'est un nouveau produit qu'on lance sous cette marque Gradia.
04:23Ensuite, bien sûr, vous avez les réseaux sociaux, vous avez le site Internet et vous
04:28avez encore d'autres médias qui viennent dans cette galaxie se compléter.
04:33Donc oui, il y a de la place pour des marques aussi fortes que la nôtre.
04:36Il y a une dimension internationale autour de ça puisque Gradia, c'est 25 pays dans
04:41le monde.
04:42On a une structure aujourd'hui en Italie qui nous permet de développer cette marque
04:46dans le monde entier.
04:47C'est pour ça qu'en France aussi, on a des bons espoirs de développement.
04:50Est-ce que votre cible, ce sont vos lectrices d'avant, de 2009 ou alors vous misez sur
04:56un nouveau public et peut-être plus jeune ?
04:58Tout le monde est la bienvenue, j'imagine.
05:02Exactement.
05:03Effectivement, l'histoire est un peu atypique.
05:06On a lancé en 2009, après il y a eu un arrêt, on le relance.
05:08Aujourd'hui, ce qu'on voit sur le marché, c'est qu'il y a une très forte nostalgie
05:12par rapport à ce qu'on avait lancé en 2009, non seulement auprès de nos lectrices
05:17de l'époque, mais auprès des annonceurs aussi qui avaient connu la marque.
05:20De ce qu'on voit, les premiers retours qualitatifs font que je pense qu'on va avoir à nouveau
05:25les lectrices de 2009 et qu'on va avoir également les nouvelles générations qui vont nous
05:29rejoindre.
05:30Donc ça fait un titre qui est transgénérationnel.
05:31Vous écrivez dans le nouveau numéro de Gradia que c'est un magazine féminin qui a rivalisé
05:36avec les hebdos masculins.
05:38Qu'est-ce que vous voulez dire ?
05:39Dans la définition du titre, dans son ADN à l'origine, c'est un titre qui a apporté
05:48une forme de diversité éditoriale.
05:50Il y a une très grande diversité éditoriale dans Gradia.
05:54Historiquement, les magazines féminins se préoccupaient pas exclusivement, mais beaucoup
05:59de mode, de beauté, de style.
06:01C'est vrai qu'en 2009, on a composé une rédaction avec des journalistes qui venaient
06:06de la presse quotidienne, de la presse des news magazines et on a composé une rédaction
06:10beaucoup plus actue.
06:11Et dans ce sens-là, on est allé même sur les plates-bandes de la presse news magazine
06:20qui, historiquement, est plutôt masculine.
06:23A l'époque, en tout cas, ça a évolué.
06:25On veut dire par là que la grande diversité éditoriale nous permet de traiter des sujets
06:31très multiples.
06:33Avec du publi-reportage assumé, c'est la marque de fabrique de Reworld Media et ça
06:38lui vaut pas mal de critiques.
06:39Non, il n'y a pas de publi-reportage assumé.
06:42Les publis-reportages existent historiquement dans tous les titres féminins et ils sont
06:46clairement identifiés et c'est le cas aussi chez Reworld, mais c'est le cas chez nos
06:51concurrents de la même façon.
06:52Comment ça se fait qu'on parle de Reworld en disant cela ? Comment vous l'expliquez ?
06:58Je ne sais pas.
06:59Je pense qu'à un moment donné, il y a eu un focus qui a été fait sur Reworld, mais
07:03de la même façon, sincèrement, tous les magazines féminins font des publis-reportages
07:08et vous avez toujours une mention, partenariat, publis-reportage.
07:12On a les mêmes chartes que tous les acteurs de la presse féminine.
07:16Merci beaucoup Stéphane Aytagian.
07:17Merci à vous.
07:18Et un mot, ça coûte combien le magazine ?
07:206,90 euros.
07:216,90 euros.
07:22Merci.
07:23Vous êtes directeur exécutif chez Reworld Media qui relance le magazine Gradia en version
07:27papier.
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