00:00Il est 7h48, France Inter, le 7-10, Sonia Devilleur, votre invitée à décrocher la
00:07première médaille d'or française en ski de bosse au jeu d'Alverville en 92, il a
00:12été aussi trois fois champion du monde dans sa discipline.
00:14Et le voici, nommé président du comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques
00:19des Alpes pour 2030, après un feuilleton à rebondissement et la démission de Martin
00:24Fourcade, qui a dit au effort ne pas être prêt à sacrifier ses convictions, ça commence
00:29fort.
00:30Bonjour Edgar Gropiron, vous avez toujours été une grande gueule, les journalistes
00:34adoraient vous tendre le micro, vous avez assumé votre franc-parler, est-ce que ça
00:40va continuer ?
00:41Ah, je pense que c'est sans doute une des raisons pour lesquelles on ne m'a pas appelé
00:48tout de suite.
00:49C'est donc totalement incompatible avec la présidence du comité d'organisation.
00:55J'ai sans doute aussi réussi à convaincre que je n'ai pas qu'une grande gueule,
01:00je savais aussi, j'avais des connaissances aussi de ce monde-là, j'en ai appris les
01:07codes et je vais devoir évoluer effectivement à d'autres niveaux de ce mouvement sportif
01:16et olympique.
01:17En vous huissant au sommet du ski mondial, vous avez été, comme Jean-Claude Killy,
01:21comme Luc Alphand, un héros pour toute la montagne française.
01:25Là, il va falloir faire des choix, certains vont forcément s'estimer lésés, j'imagine.
01:31Avec les Jeux, est-ce que vous êtes prêt à vous faire des ennemis ?
01:33Écoutez, je suis prêt à tout, dans la mesure où de toute façon les Jeux vont se faire,
01:40que je sois là ou pas là, les Jeux seront livrés, ils vont se faire dans de très bonnes
01:45conditions.
01:46Je me dis, autant que je sois là, pour pouvoir y participer, j'ai vraiment envie d'apporter
01:50ma contribution.
01:51Et si ma foi, je prends des coups, si on mise des pots de bananes ou s'il y a des mécontents,
01:58il faudra faire avec.
01:59Est-ce que Val d'Isère va faire partie des sites olympiques ?
02:02C'est une question à laquelle on va répondre d'ici trois mois.
02:04Trois mois ? La carte des sites olympiques, c'est dans trois mois qu'elle va arriver ?
02:08J'aimerais que ce soit d'ici trois mois.
02:10Et là, les grandes stations font du lobbying ?
02:14Non, non, non, on se connaît tous.
02:18Donc, on va aller voir les uns les autres, on va aller discuter.
02:23La question, elle va être tranchée par le budget en fait.
02:28On n'a pas un budget extensible.
02:29Non, vous avez deux milliards d'euros.
02:32C'est déjà beaucoup, enfin, je veux dire, ça peut lui faire tomber la tête.
02:35Alors, c'est peu pour organiser des Jeux d'hiver, mais on va trouver des solutions.
02:41On dit que c'est les Jeux d'hiver les moins chers de l'histoire des Jeux d'hiver.
02:44On parle beaucoup de sobriété dans ces Jeux-là.
02:46Sobriété à la fois énergétique et budgétaire, c'est important.
02:49Et donc, effectivement, je pense qu'on va pouvoir trouver des solutions.
02:53Donc, la question de certains sites peut se poser à l'aune de ces budgets.
03:00La question, ça ne sera pas est-ce qu'on y va ? On n'y va pas.
03:02Ça va être combien ça coûte ?
03:04Combien ça coûte ? C'est-à-dire, est-ce qu'il y a des infrastructures à construire, à rénover ?
03:08Et quelle sera la facture ?
03:09Exactement. Et puis, est-ce qu'on prend un risque à tout concentrer ?
03:16Est-ce qu'on n'a pas une opportunité aussi à déconcentrer ?
03:19C'est ça. Mais si vous déconcentrez, si vous étalez géographiquement...
03:23On est déjà bien étalé.
03:25Où est-ce qu'elle va être la cérémonie d'ouverture ?
03:26Je vous rappelle que 92, ça s'est fait dans une vallée, la vallée de la Tarentaise,
03:32entre Albertville et justement Val d'Isère.
03:35Et puis, les sites se dispersaient comme ça au fil des stations.
03:42Méribel, La Plagne, Tignes et Val d'Isère, par exemple, les saisies aussi.
03:48Là, on est sur le nord, les Aravis, la Clusaz-le-Grand-Bornand et puis le sud.
03:54Le sud de Nice.
03:54Le sud de Nice avec le patinage, tous les sports de glace.
03:57Et la cérémonie d'ouverture, elle sera où ?
03:59Ça aussi, je ne peux pas vous le dire, j'en sais rien.
04:02J'aimerais bien vous répondre.
04:03Michel Barnier, qui a été missionné en tant qu'ancien président des JO d'Alberville.
04:07Laurent Wauquiez, président LR de la région Ronalpes.
04:10Renaud Muselier pour la région Provence-Côte-Provence.
04:15Eh ben voilà, ce matin, j'ai du mal.
04:17Ça fait des clients, quand on est chez nous, ça fait des clients.
04:21Ça fait beaucoup de clients.
04:22Ça fait beaucoup de politiques qui s'en mêlent surtout.
04:24Oui, mais c'est normal parce que jusque-là, c'est quand même eux qui ont ramené ces jeux en France.
04:28Il faut quand même leur rendre l'appareil.
04:30Ce n'était pas simple.
04:31Il fallait aller les chercher, les jeux.
04:33On les a maintenant.
04:34On les a, sauf que maintenant, il va falloir vous imposer.
04:37Est-ce que le mouvement sportif va garder le contrôle des JO ?
04:40Est-ce que le mouvement sportif va prendre le contrôle des JO ?
04:43On ne peut pas le prendre ou se dire le garder.
04:48Comment dire ? Le contrôle de ces jeux, il est partagé.
04:50Il y a un bureau exécutif.
04:52Il y a effectivement dans ce bureau exécutif le CNOSF, le comité paralympique français.
04:57Les deux régions participantes, l'État et moi qui préside ça.
05:02Et je ne suis pas là, je l'aurai toujours dit, pour imposer ma vision,
05:06mais pour essayer de convaincre de ce qui va être bon pour le dossier.
05:10Vous n'êtes pas là pour imposer votre vision ?
05:11Ensuite, mettre en œuvre les choses.
05:13Il n'empêche que Martin Fourcade démissionne et dit qu'il y a trop de tensions en coulisses
05:18entre tous les acteurs que vous venez de citer.
05:21Oui, et on en a parlé avec Martin.
05:24Effectivement, sa démission a aussi déminé le terrain.
05:27Il faut quand même se rendre compte qu'aujourd'hui, on rentre dans une autre phase.
05:32On rentre dans une phase très opérationnelle.
05:36Notre enjeu, c'est de savoir comment en cinq ans et avec qui surtout,
05:40en cinq ans et deux milliards d'euros de budget, on va pouvoir délivrer ces jeux.
05:44Mais ça veut dire Renaud Muselier, ça veut dire que Laurent Wauquiez,
05:46ils ont compris le message et que là, ils vont se tenir un petit peu plus à carreau.
05:49C'est ça qu'ils ont compris avec la démission de Martin Fourcade ?
05:51J'ai de superbes relations avec eux.
05:53Je pense qu'on va pouvoir faire du bon travail.
05:56Vous skiez à la Clusaz depuis votre enfance.
05:59Edgar Gropiron, c'est toujours votre base, votre camp de base.
06:01Oui, bien sûr.
06:02D'ailleurs, vous continuez à skier ?
06:03Oui, et puis j'y fais skier mes enfants maintenant.
06:05C'est vrai ? Les deux petits ?
06:06Les deux petits.
06:07D'accord.
06:08Bon, vous savez très bien donc que la partie basse de la station,
06:11elle manque cruellement de neige avec le réchauffement,
06:14que juste à côté, il y a le Grand Bornand,
06:16qu'il n'y a pas eu un gramme de neige pour le Mondial de Biathlon au mois de décembre,
06:21qu'il a fallu des camions Benne pour aller chercher de la neige.
06:24Cette année ?
06:24Ben là, au mois de décembre.
06:27Les camions Benne, c'est-à-dire il y a deux, trois saisons.
06:30Donc, on a des saisons erratiques, effectivement.
06:33Oui, mais quand même.
06:34Et on n'aime pas ça.
06:36Je vous avouerai qu'on n'aime pas avoir à transporter de la neige.
06:39On n'apprécie pas d'avoir à stocker de la neige.
06:43Mais on fait avec et c'est des solutions qu'on a trouvées il y a des années.
06:46Sauf que le Grand Bornand, ça sera un site olympique.
06:49Oui, bien sûr.
06:50Et le site olympique qui accueillera des épreuves au mois de février,
06:53n'est pas le site olympique qui...
06:55Enfin, le site de Coupe du Monde qui accueille des épreuves au mois de décembre.
06:58On a, voilà...
06:59Parce que c'est un petit peu plus tard dans la saison.
07:01On est plus tard dans la saison, donc on a moins de risques à ce niveau-là.
07:04Sauf que ça sera aussi un petit peu plus tard 2030 que le début des années 2020.
07:11Donc, vous imaginez, vous, des Jeux olympiques avec des camions Benne
07:15qui vont chercher 6000 mètres cubes de neige artificielle.
07:20Vous les imaginez, vous, ces Jeux olympiques avec les canons à neige ?
07:23Si on n'a pas le choix et qu'on doit délivrer des Jeux olympiques,
07:26on en passera par là et on fera attention à ce que ça se fasse dans de bonnes conditions.
07:30De bonnes conditions, c'est-à-dire ?
07:32Vous pensez que, écologiquement, c'est quelque chose qu'on peut assumer en 2030 ?
07:37Les camions Benne, la neige artificielle et les canons à neige ?
07:41Oui, mais comme je vous le dis, au mois de février,
07:44on a un mois de janvier avec du froid.
07:46On aura un mois de décembre avec du froid.
07:48On aura la possibilité de faire de la neige avec des canons
07:50et on n'aura pas à utiliser des camions Benne.
07:54On est à cinq ans de l'échéance.
07:55Je ne peux pas vous dire aujourd'hui quelle température il fera.
07:59Et si on va arriver avec des camions plein de neige pour l'étaler sur la piste.
08:04En tout cas, pour vous, c'est des solutions et c'est des solutions qui s'assument.
08:08Oui, notre enjeu, c'est de livrer des Jeux.
08:11C'est mon enjeu, il est là, pas à tout prix, évidemment.
08:16Mais il y a un souci.
08:18Il faut quand même aussi comprendre que ces Jeux,
08:20ils s'inscrivent dans un tout qui le dépasse,
08:22qui est justement ces transitions écologiques,
08:25ce réchauffement climatique et cette transition que la montagne doit faire,
08:29mais qui s'étale sur non pas cinq ans,
08:32qui s'étale, qui a commencé il y a 20 ans et qui va continuer encore dans 20 ans.
08:36Et vous êtes prêt à assumer la confrontation avec les organisations écologistes,
08:42avec les militants, qui s'opposent fermement à l'organisation de ces Jeux.
08:47On a vu Extraction, Rébellion se mettre en maillot de bain au milieu des pistes de Biathlon.
08:53C'est probablement ce qui vous attend.
08:54Je pense que la concertation sera plus intelligente que la confrontation.
08:58Donc, on va voir un peu comment les choses vont se dérouler à ce niveau-là.
09:03Vous allez mettre tout le monde autour d'une table ?
09:05Je ne sais pas si c'est moi qui le ferai, mais il faudra qu'à un moment donné,
09:09il faudra le faire, il faudra coordonner nos actions.
09:12Merci Edgar Gropiron.
09:13Et merci Sonia De Villers.
09:15Restez avec nous Edgar Gropiron.
Commentaires
1