00:00En fait, elle fonctionnerait comme fonctionne la Sécurité sociale, c'est-à-dire qu'elle a pour vocation de nous protéger d'un risque.
00:06Aujourd'hui, beaucoup de gens ne mangent pas, ne mangent pas assez, ne savent pas ce qu'il y a dans leur assiette.
00:10Et donc, ils pourraient recevoir une allocation mensuelle qui leur permettrait d'acheter des produits alimentaires
00:16chez des distributeurs conventionnés et auprès de producteurs conventionnés.
00:19Au passage, ça pourrait améliorer aussi les revenus des agriculteurs.
00:23Et pour financer ce système, ça reposerait sur la socialisation, le partage et donc la cotisation,
00:29qui peut être une cotisation sur le travail, sur le capital.
00:31Il y a plein de voies qui peuvent être explorées, mais ce serait financé comme l'est la Sécurité sociale aujourd'hui.
00:35Avant de parler du financement, d'abord, je reste concret sur ce qu'on pourrait faire avec cette carte.
00:40D'abord, c'est universel pour tout le monde, quel que soit le revenu.
00:42Alors, dans la loi d'expérimentation, on expérimente.
00:45Donc, ce n'est pas encore universel, mais le but à terme, c'est que ça soit universel.
00:48Y compris pour ceux qui n'en ont pas besoin, financièrement parlant, je veux dire.
00:50Y compris pour Bernard Arnault, mais par contre, il cotisera à hauteur de ses revenus,
00:54qui sont évidemment beaucoup plus conséquents, mais il pourra recevoir ses 150 euros.
00:59Il viendrait à l'idée de personnes que Bernard Arnault, ou n'importe qui, n'ait pas accès à la santé,
01:03au médecin, au fait de pouvoir aller chez un médecin et être remboursé pour ça.
01:08Et donc, c'est l'idée.
01:10Parce que sinon, on tombe dans le chèque alimentaire, on tombe dans l'aide dédiée,
01:13et qui pose des tas de sujets de dignité, qui est une réparation, mais qui n'est pas une solution structurelle.
01:18Encore une fois, dans votre idée, avant de laisser aussi la parole à mes camarades,
01:20dans votre idée, on pourrait aller dans n'importe quel magasin ?
01:24Non, en fait, on demande à une caisse locale alimentaire, comme était la Sécurité sociale en 1945,
01:30il y avait des caisses départementales avant qu'on nationalise ces caisses en 1967,
01:35et c'est ces caisses locales composées de citoyens qui décideront des endroits où on peut acheter,
01:39et des producteurs qui pourront être conventionnés.
01:44Et ça, c'est important, c'est une reprise en main par les citoyens aussi de leur alimentation.
01:48Amélie ?
01:48Est-ce que ce n'est pas une façon un peu détournée de subventionner une partie, en tout cas, des producteurs et des agriculteurs,
01:55et que finalement, ce serait peut-être plus simple de le dire clairement et de le faire en guise de subvention ?
01:59Non, je crois que ça répond à trois sujets.
02:01Ça répond d'une part à une précarité alimentaire dans notre pays qui est absolument dingue,
02:05pour laquelle on n'a pas trouvé encore de solution, ça fait des années.
02:08Il y a un Français sur cinq qui ne mange pas à sa faim.
02:11Mais là, c'est sans condition de ressources, c'est ça qui pose question.
02:14Mais en fait, c'est en fonction des besoins et selon ces moyens, comme était la Sécurité sociale.
02:20Et je vous le dis, pour la maladie, pour le grand âge, pour la perte d'emploi,
02:24on a considéré qu'on était tous dans un même système.
02:27Et je pense que c'est une réponse beaucoup plus profonde que la réparation.
02:3119 milliards de coûts de dépenses de santé chaque année pour la malbouffe.
02:36Ça, c'est des dépenses qui sont inutiles et qu'on pourrait réorienter vers ce type de système.
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