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  • il y a 1 an
Éric Zemmour, président du parti "Reconquête!", était l'invité de Benjamin Duhamel dans "Tout le monde veut savoir".

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Transcription
00:00Vous regardez Tout le Monde Veut Savoir et tout de suite, l'invité du jour.
00:05Bonsoir Eric Zemmour.
00:06Bonsoir Benjamin Diaby.
00:07Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le Monde Veut Savoir.
00:09Ancien candidat à l'élection présidentielle, président du parti Reconquête.
00:13Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce soir, bien sûr la situation politique.
00:16Est-ce que ce budget vous convient ?
00:18Vous qui aviez appelé à ne pas censurer Michel Barnier.
00:20On parlera également des chiffres de l'immigration, du droit du sol,
00:23de celui qui semble être votre modèle, Donald Trump.
00:26Mais je voudrais commencer par cette information qui est tombée il y a quelques instants,
00:29le tribunal administratif de Melun qui a donc annulé l'OQTF,
00:33l'obligation de quitter le territoire français qui touchait l'influenceur d'Ouallemes,
00:37cet influenceur algérien que le ministère de l'Intérieur souhaitait expulser.
00:41Place Beauvau, le ministère qui a fait appel,
00:43mais cet appel n'est pas suspensif, ça veut donc dire que cet influenceur d'Ouallemes
00:46peut sortir du centre de rétention administrative.
00:50La procédure d'urgence d'expulsion qui avait été invoquée par le ministère de l'Intérieur
00:54a donc été jugée excessive par la justice.
00:57C'est ça le résultat quand on veut gonfler les muscles
01:00et qu'on considère que la politique est plus forte que le droit ?
01:05Mais la politique n'est jamais très éloignée du droit, cher Benjamin Duhamel.
01:08Vous savez, il est de coutume depuis des dizaines d'années,
01:12j'ai écrit un livre qui s'appelait « Le coup d'état des juges » en 1997.
01:16Donc j'avais enquêté à l'époque déjà sur les pratiques des juges,
01:19qu'ils soient de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif,
01:22et il est très courant que certains magistrats utilisent
01:27toutes les subtilités du droit, et Dieu sait s'il y en a,
01:32vous savez Giraudoux disait « le droit est le royaume de l'imagination »
01:35pour imposer leur vision politique.
01:38Quelle est leur vision politique ?
01:40Leur vision politique est d'abord une espèce de sacralisation des droits de l'individu,
01:45et deuxièmement un internationalisme qui fait que
01:50nous sommes tous citoyens du monde et que la France n'a pas de droit
01:54par rapport à la défense de son territoire, etc.
01:58Éric Zemmour, si je vous écoute, vous c'est ce laïus
02:02sur un gouvernement des juges politisé,
02:04est-ce qu'on peut juste considérer que l'état de droit fonctionne
02:07de telle manière qu'il y a des règles concernant l'expulsion,
02:11y compris d'individus qui n'ont pas vocation à être sur le territoire,
02:14que Bruno Retailleau visiblement a souhaité une expulsion en urgence,
02:18est-ce que cette expulsion en urgence a été jugée contraire aux droits ?
02:21Benjamin Duhamel, vous pouvez faire du juridisme.
02:24Ce n'est pas du juridisme, ce sont les règles de droit.
02:26Moi je pense que la démocratie, c'est d'abord le pouvoir du peuple,
02:32c'est la volonté du peuple.
02:34Pas de garde-fous, pas de possibilités de faire appel devant la justice administrative
02:42quand on est expulsé.
02:44Écoutez, il y a la démocratie, le pouvoir du peuple,
02:49il y a le droit.
02:51Le droit, qu'est-ce que c'est ? C'est le respect de la loi.
02:53Et évidemment que le gouvernement est soumis au respect de la loi.
02:56Maintenant, ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne faut pas
03:00qu'il y ait une conception qui est celle des juges depuis,
03:04je vous le répète, depuis des décennies,
03:06qui est que les droits de l'individu s'imposent en tout et pour tout
03:10aux droits de l'état et de la nation.
03:13Surtout en droit administratif.
03:15La philosophie du droit administratif, normalement,
03:17c'est de concilier la liberté de l'individu, qui naît cher,
03:22et avec les intérêts de l'état et de la nation.
03:25En l'occurrence, j'estime que cette décision ne respecte pas cet équilibre
03:30et qu'elle ne respecte pas les droits de l'état à défendre son intégrité,
03:35sa souveraineté et la volonté du peuple.
03:38Je vous donne cette information par ailleurs,
03:41est sortie du centre de rétention administrative.
03:43Comme des centaines et des milliers d'immigrés clandestins
03:49qui sont libérés pour une pécadille sur un rapport de police.
03:53Vous savez, je vous ai dit, le droit, c'est très bien, c'est sacré,
03:58mais le juridisme, c'est une déviance du droit.
04:02Rentrons dans le détail et on parlera dans un instant
04:04de la question des relations avec l'Algérie,
04:06puisque c'est aussi ce dont il est question,
04:08ce qui nous regarde, que cet influenceur était parti pour Alger,
04:12atterrissage en Algérie et que les autorités algériennes
04:14avaient refusé de le récupérer.
04:16Il avait pourtant un passeport et donc il était revenu en France.
04:19On en parlera dans un instant, mais sur précisément
04:21ce que vous êtes en train de dire sur la justice administrative.
04:23Vous, président, vous au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez différemment
04:28pour, en quelque sorte, contourner, si j'ose dire,
04:31cette décision en droit du juge administratif
04:33qui considère que la procédure utilisée n'était pas la bonne
04:36et qui dit que le problème, c'est la procédure en urgence.
04:38Il peut parfaitement y avoir une procédure normale,
04:41c'est d'ailleurs visiblement la procédure que va choisir
04:43désormais le ministère de l'Intérieur,
04:44mais la procédure en urgence, elle était exorbitante
04:46pour là encore reprendre des termes juridiques.
04:48On peut changer les procédures, on peut changer le droit.
04:52Le droit, ça se change par une loi, par le Parlement.
04:57Tout ça, c'est le produit d'un compromis.
05:00On peut changer le droit, vous comprenez ?
05:03Quand on est au pouvoir, on change le droit
05:06parce qu'aujourd'hui, il y a, pour moi, une priorité majeure
05:10qui est la lutte contre l'immigration
05:13et contre ce que j'appelle l'islamisation du pays.
05:16Et donc, si le peuple en donne le pouvoir,
05:20je prendrai des lois qui limiteraient
05:25cette possibilité des juges
05:28de faire tomber toutes les décisions administratives
05:32pour des pécadilles juridiques.
05:35Mais limiter, ça veut dire quoi ?
05:37Ça veut dire diminuer drastiquement le pouvoir
05:39du juge administratif sur les décisions de mise en rétention ?
05:43Ça veut dire limiter le pouvoir des juges, oui.
05:46Mais vous savez, les juges ne sont pas tout-puissants.
05:49Il n'y a pas une dictature des juges.
05:51Mais est-ce que c'est la fin de l'État de droit ?
05:53Les juges doivent être contre...
05:54C'est quoi, la fin de l'État de droit ?
05:55Non.
05:59Ne n'employez pas des lieux communs
06:01qui sont dérisoires.
06:02Ce ne sont pas des lieux communs,
06:03j'essaie de comprendre ce que vous dites.
06:05Le droit doit, encore une fois,
06:08protéger les individus contre le pouvoir
06:10excessif des gouvernements.
06:13Il ne faut pas que ce soit l'inverse.
06:15Il ne faut pas que le pouvoir
06:17soit désarmé par le droit.
06:20Donc, il nous faut absolument un équilibre
06:23et je sustime que depuis des décennies,
06:25cet équilibre est rompu par un pouvoir
06:27excessif des juges.
06:29C'est-à-dire que le contre-pouvoir
06:30est devenu le pouvoir.
06:31Et que le pouvoir est désarmé.
06:33Et ça, ça se retourne contre le pays
06:36et contre le peuple français.
06:37Pour reprendre l'expression État de droit,
06:39je me souviens de Bruno Retailleau,
06:40ministre de l'Intérieur,
06:41qui disait que l'État de droit
06:42n'était ni intangible, ni sacré.
06:44Il s'était ensuite repris en quelque sorte
06:46en disant je ne voulais pas parler
06:47de l'État de droit, mais de l'État du droit.
06:49Est-ce que vous considérez ce soir
06:50que cette décision de justice,
06:52la conséquence qui est que Doualem est libre,
06:55c'est un échec, c'est une défaite
06:57pour Bruno Retailleau,
06:58le ministre de l'Intérieur ?
06:59C'est évidemment un échec
07:00pour Bruno Retailleau,
07:01mais c'est un échec pour la France.
07:03Parce que nous allons voir,
07:04puisque vous m'avez dit
07:05qu'on allait parler maintenant de l'Algérie,
07:07c'est la France qui est ridicule.
07:11Et cette décision de justice
07:13sert les intérêts d'un pays
07:15qui nous déteste et qui s'appelle l'Algérie.
07:18Il faut voir ça aussi.
07:19C'est pour ça que je vous parlais d'équilibre.
07:21Allons sur le sujet de l'Algérie,
07:23qui est le sujet essentiel en vérité.
07:25Nous avons ce pays
07:27qui est en principe indépendant depuis 60 ans
07:30et qui en fait se repaie
07:33de sa détestation pour la France.
07:35Tous les échecs de ce pays
07:38sont mis sur le compte de la France,
07:40de la colonisation,
07:42et je pense qu'il y a un rapport très pervers
07:45entre la France et l'Algérie.
07:46Vous savez, il y a quelques mois,
07:47M. Théboune, le président algérien,
07:51a donné une interview à un journal français
07:53et dans lequel il a déclaré,
07:55soi-disant sous forme de boutade,
07:57que la France devrait donner aux Algériens
08:00des visas de 132 ans.
08:02C'est-à-dire que c'est exactement
08:05la durée de la colonisation française en Algérie
08:07de 1830 à 1962.
08:09Qu'est-ce que ce signifie, cette fausse boutade ?
08:11Ça signifie que les Algériens considèrent légitime
08:14de coloniser la France à leur tour.
08:16Et ça explique beaucoup de choses,
08:18ça explique beaucoup de comportements,
08:19ça explique cette haine de la France
08:21qu'on retrouve chez beaucoup d'Algériens
08:23qui vivent ici,
08:24qu'ils aient la société française ou pas.
08:26Et ça explique le comportement du gouvernement algérien
08:28et l'échec absolu d'Emmanuel Macron
08:31dans sa stratégie vaine de réconciliation avec l'Algérie.
08:34Mais Éric Zemmour, là encore,
08:35et je rappelle cette expression
08:36qu'avait notamment utilisé le président de la République
08:38à l'égard de la façon dont le régime algérien
08:41utilisait la mémoire,
08:42il avait parlé de rente mémorielle.
08:43Mais si, encore une fois,
08:44puisque c'est un responsable politique...
08:45C'est bien au-delà de ça, en vérité.
08:46C'est un responsable politique
08:47que j'ai en face de moi ce soir.
08:48Dans le cadre des relations entre Paris et Alger,
08:51vous avez un ministre de l'Intérieur
08:53qui utilise d'ailleurs à peu de chose près
08:54les mots que vous utilisez
08:55puisqu'il dit que l'Algérie a voulu humilier la France
08:57et qui prend cette décision avec un ton martial
08:59et qui décide de renvoyer un influenceur,
09:02dans le cas d'espèce celui dont on parle,
09:04de Wallen,
09:05qui est forcé de revenir
09:06puisque l'Algérie n'accepte pas.
09:07Pourquoi est-ce que vous, vous réussiriez
09:09là où Bruno Retailleau échoue ?
09:10Bruno Retailleau n'est pas un laxiste,
09:12n'est pas quelqu'un qui est dans cette,
09:15comment dire, vision-là
09:18victimaire vis-à-vis de l'Algérie ?
09:21Écoutez, moi c'est très simple,
09:22je vois qu'avec la Colombie,
09:24Donald Trump réussit en deux heures
09:25ce que Bruno Retailleau n'a pas réussi à faire
09:27avec l'Algérie.
09:28Est-ce que les gouvernements français
09:30n'ont pas réussi à faire l'Algérie ?
09:31Les relations entre les Etats-Unis et la Colombie,
09:32c'est la même chose que les relations
09:33entre la France et l'Algérie ?
09:34Écoutez, en tout cas,
09:35les moyens de pression dont nous disposons
09:36sont très importants.
09:37Lesquels ?
09:38Écoutez, c'est très simple.
09:41D'abord, vous savez,
09:42c'est bien au-delà de cette expulsion.
09:44C'est le fait que l'Algérie ne nous reprenne
09:46quasiment pas d'Algériens que nous expulsons,
09:49clandestins.
09:50Ils ne nous les reprennent pas.
09:51C'est bien au-delà de ce boilem.
09:53Écoutez, commençons par le commencement.
09:56Nous pouvons bloquer tous les visas
09:59que demandent les Algériens
10:01pour venir en France.
10:02Et Dieu sait s'il y en a.
10:04C'est un acte de souveraineté,
10:05la France peut tout bloquer.
10:07Deuxièmement, nous pouvons,
10:09évidemment, nous devons,
10:12rompre et supprimer
10:14l'accord de 1968
10:16qui favorise l'immigration algérienne
10:18par rapport aux autres.
10:19Vous savez qu'un certain nombre de spécialistes
10:20considèrent que cet accord a d'ores et déjà
10:21été vidé de sa substance
10:22et que jouer sur l'accord de 68
10:23ne changerait pas grand-chose.
10:24C'est faux.
10:25Il n'a pas été vidé de sa substance.
10:26La preuve, c'est que
10:27les Algériens ont des privilèges
10:29en matière, par exemple,
10:31de regroupement familial.
10:33Nous pouvons aussi
10:34supprimer un accord de 2007
10:36qui est moins connu
10:37qu'a évoqué M. Driancourt,
10:38ancien ambassadeur de France en Algérie,
10:40qui permet à tous les Algériens
10:43qui ont des visas diplomatiques
10:46de se rendre facilement en France.
10:49Et vous savez, en Algérie,
10:50comme dans beaucoup d'états africains,
10:52on distribue assez généreusement
10:53les visas diplomatiques.
10:55Mais nous pouvons continuer.
10:56Nous pouvons, par exemple,
10:58bloquer les demandes d'Algériens
11:02qui viennent se faire soigner en France.
11:04Et il y en a beaucoup.
11:06Et ils laissent une ardoise colossale.
11:08Je vais parler de l'ardoise
11:09qu'ils laissent en général.
11:10Vous savez, hier,
11:11nous avons réuni,
11:12dans le cadre du groupe européen,
11:14l'ENS,
11:15un colloque sur l'Algérie
11:17et sur les rapports entre la France.
11:19Et Sarah Knafo,
11:20la députée européenne en conquête,
11:21a listé tout ce que nous coûte l'Algérie.
11:24Mais Eric Zemmour,
11:25est-ce que vous parlez
11:26d'une interview du président algérien ?
11:28Juste pour faire une incise,
11:29puisque c'est un dialogue.
11:31Moi, j'ai lu, sans doute comme vous,
11:32l'interview du président algérien
11:33dans les colonnes de l'opinion,
11:34qui répondait à toutes ces possibilités
11:36et qui disait, au fond,
11:37sur les transferts d'argent,
11:38il n'y en a pas énormément,
11:39sur les rapports économiques
11:41qu'il y a entre la France et l'Algérie.
11:43L'Algérie est un pays
11:44qui fait du commerce
11:45avec d'autres pays.
11:47Est-ce que vraiment,
11:48toutes ces mesures-là,
11:49ceux qui sont au pouvoir,
11:50pourquoi n'utiliseraient-ils pas
11:52cet arsenal-là et ce dont vous parlez ?
11:54Mais parce qu'ils sont
11:57dans une vision culpabilisée,
11:59je ne dis pas culpabilisatrice,
12:00puisque c'est nous qui sommes culpabilisés,
12:02de l'Algérie.
12:03Et donc, moi, pas.
12:05Donc, je continue.
12:07C'est très bien d'ailleurs,
12:09M. Teboun, j'ai vu,
12:10a dit que les Algériens
12:11ne se feraient plus soignés en France.
12:12C'est très bien,
12:13parce qu'il ferait bien
12:14de payer la note qu'il a laissée,
12:15parce que je vous disais
12:16qu'hier, Sarak Nafo
12:17a fait l'étude
12:19de tout ce que nous coûte l'Algérie.
12:22C'est un total de 9 milliards par an.
12:24Et pour les notes
12:26que les Algériens
12:27et les hauts dignitaires algériens
12:28ne payent pas
12:29dans les hôpitaux de France,
12:31on en a simplement,
12:32pour l'année 2023,
12:3345 millions en Ile-de-France.
12:36Uniquement dans les hôpitaux d'Ile-de-France.
12:38Et je ne vous parle pas
12:39de la fraude sociale,
12:41je ne vous parle pas
12:42de ce que nous coûte
12:43les prisonniers algériens.
12:44Donc, au fond,
12:45c'est rupture absolue
12:46de tout rapport diplomatique
12:47avec l'Algérie.
12:48Oui, rupture avec l'Algérie,
12:49s'ils continuent
12:50à ne pas nous prendre
12:52leurs clandestins
12:53et à même nous envoyer,
12:55et je peux continuer,
12:57il y a aussi
12:58les étudiants algériens
13:00qui viennent en France
13:01et que nous finançons,
13:03à qui nous payons des bourses
13:04pour venir étudier en France.
13:06Et je pourrais,
13:07alors là, si vraiment
13:08il y a un véritable affrontement,
13:10l'arme nucléaire est simple,
13:12c'est la saisie des biens
13:13des dignitaires algériens en France.
13:15Comme nous avons fait
13:16aux oligarques russes.
13:18Vous voyez qu'il y a des moyens.
13:20Oui, mais je vais,
13:21dans un instant,
13:22vous rétorquer un élément
13:23sur les rapports
13:24et le rapport de force
13:25avec l'Algérie.
13:26Je voudrais juste vous montrer
13:27cette image en exclusivité,
13:28celle de l'influenceur d'Ouellem,
13:30qui a donc quitté
13:31le centre de rétention administrative
13:33où il était en rétention
13:35suite à cette décision
13:37du tribunal administratif de Melun
13:39qui a donc annulé l'obligation
13:41de quitter le territoire.
13:42On le voit juste ici,
13:44en train de sortir
13:45de ce centre de rétention administrative.
13:46Vous savez, je vous parlais
13:47du colloque hier
13:48dans le cadre de l'Europe des Nations.
13:49Et il y avait,
13:50on avait invité l'influenceur
13:52qui a justement dénoncé
13:53M. Ouellem, un Algérien,
13:55qui nous a expliqué,
13:57avec une grande franchise
13:58et une grande honnêteté,
13:59comment l'Algérie,
14:01depuis 50 ans,
14:02éduquait sa jeunesse
14:04à haïr la France.
14:06Il nous l'a dit lui-même.
14:07Il nous a dit, même moi,
14:08quand je suis arrivé en France,
14:09j'estimais que c'était
14:11tout à fait normal,
14:12que la France me devait de l'argent.
14:14Avec Éric Zemmour,
14:15une histoire coloniale qui existe.
14:18C'est pour ça,
14:19quand vous utilisez l'exemple
14:20du rapport entre les Etats-Unis
14:21et la Colombie,
14:22que je sache,
14:23les Etats-Unis n'ont pas
14:24colonisé la Colombie.
14:25Et alors ?
14:26Vous savez, pour les pays
14:27d'Amérique du Sud,
14:28les Etats-Unis sont pires
14:29qu'un colonisateur.
14:30C'est un autre sujet.
14:32Et alors, je peux vous dire
14:33que nous avons aussi
14:34colonisé le Vietnam.
14:36Et je ne vois pas
14:37des Asiatiques,
14:38issus de la migration vietnamienne,
14:40qui haïssent la France
14:42de cette façon.
14:43Pardonnez-moi,
14:44ce n'est pas la même chose.
14:45Et pourtant, nous avons aussi
14:46colonisé ces gens.
14:47Et il y a eu des guerres,
14:48il y a eu des affrontements,
14:49et il y a eu des massacres.
14:51Donc, en Algérie, vous savez,
14:55je pense que les Algériens
14:56pourraient nous être reconnaissants.
14:57Nous avons laissé,
14:58nous avons trouvé un pays
14:59qui était un cloaque.
15:00Être reconnaissant ?
15:01Oui, reconnaissant.
15:02C'est quoi ?
15:03C'est le couplet
15:04de la colonisation positive
15:05pour l'Amérique ?
15:06Mais mon cher Benjamin Duhamel,
15:08ne prenez pas avec ironie.
15:09Je sais que dans votre génération,
15:12on ne vous apprend que
15:13ce qu'il y a de mal pour la France.
15:15Mais moi, je vais vous dire
15:16quelque chose.
15:17On peut écouter Benjamin Stora,
15:18des historiens,
15:19et s'interroger sur...
15:20Benjamin Stora est l'historien
15:21du FLN,
15:22donc ce n'est pas la même chose.
15:23D'accord.
15:24Donc, c'est comme vous défendez
15:25ce soir l'apport positif
15:26de la colonisation, c'est ça ?
15:27Mais absolument,
15:28mon cher Benjamin Duhamel.
15:29Et en Algérie,
15:30je peux vous dire,
15:31parce que moi, mes ancêtres,
15:32ils vivaient depuis mille ans,
15:33que ce pays était un pays,
15:35c'était un cloaque,
15:36que la colonisation turque
15:39n'avait absolument rien fait,
15:40qu'il y avait le choléra,
15:42le typhus,
15:43que les terres n'étaient pas cultivées,
15:45que c'était une catastrophe.
15:46C'est la France qui a soigné tout ça.
15:48C'est la France qui a éradiqué
15:49les épidémies.
15:50C'est la France qui a construit
15:51des routes.
15:52C'est la France qui a construit
15:53des villes.
15:54Vous allez à Alger,
15:55vous allez à Constantine,
15:56regardez les immeubles.
15:57Vous verrez.
15:59Et donc,
16:00ça justifie aujourd'hui
16:01de considérer que,
16:02au fond,
16:03cette histoire coloniale,
16:04elle n'existe pas.
16:05Je n'ai jamais dit
16:06qu'elle n'existait pas.
16:07Mais qu'en tout cas,
16:08il n'y a pas...
16:09Dans la façon de tenter
16:10de raccommoder le lien
16:11avec l'Algérie,
16:12il n'y a pas de fait
16:13des choses que la France
16:14doit se faire pardonner.
16:15Absolument.
16:16Nous n'avons rien
16:17à nous faire pardonner.
16:18Rien du tout.
16:19La torture au moment
16:20de la guerre d'Algérie.
16:21Mais mon cher,
16:22vous oubliez que ces gens-là
16:23faisaient sauter des bombes
16:24dans les cinémas
16:25et tuaient les femmes
16:26et les enfants.
16:27Et donc,
16:28il fallait bien
16:29trouver des moyens
16:30d'arrêter.
16:31D'ailleurs,
16:32nous avons arrêté
16:33et la France a gagné
16:34cette guerre d'Algérie.
16:35Jamais l'armée algérienne
16:36n'est rentrée
16:37sur le territoire algérien
16:38et le terrorisme a cessé.
16:39Donc,
16:40c'est uniquement
16:41une décision politique
16:42du général de Gaulle
16:43que d'avoir décidé
16:44de donner l'indépendance
16:45de l'Algérie
16:46parce que, justement,
16:47il ne voulait pas
16:48que son village
16:49devint
16:50Colombey-les-Deux-Mosquées,
16:51je vous le rappelle.
16:52Et toute l'erreur
16:53de nos élites,
16:54après,
16:55c'est d'avoir laissé venir
16:56des millions
16:57d'Algériens
16:58qui, justement,
16:59nous haïssaient
17:00à cause de cette colonisation
17:01française
17:02et qui,
17:03en France,
17:04éduquent leurs enfants
17:05dans la haine de la France.
17:06Il y a quand même un paradoxe,
17:07Éric Zemmour,
17:08dans tout ça,
17:09c'est que je suis allé regarder
17:10depuis 2020
17:11l'évolution
17:12des ressortissants algériens
17:13acceptés par le régime
17:14d'Alger.
17:15Qu'est-ce qu'on constate ?
17:16On constate que
17:17c'est au moment
17:18où Gérald Darmanin,
17:19le ministre de l'Intérieur,
17:20à l'époque,
17:21avait décidé de
17:22tordre le bras d'Alger,
17:23notamment sur la question
17:24de la délivrance de visas,
17:25que la courbe
17:26des ressortissants algériens
17:27acceptés s'effondrait.
17:28Et c'est au moment
17:29de la reprise
17:30des discussions diplomatiques,
17:31notamment entre
17:32le Président de la République
17:33et le Président algérien,
17:34que la courbe remontait.
17:35Donc vous pouvez dire
17:36bras de fer avec l'Algérie,
17:37mais si ça aboutit
17:38à ce que tout simplement
17:39l'Algérie ferme ses frontières
17:40et qu'on ne puisse pas
17:41renvoyer le moindre ressortissant,
17:42je ne suis pas sûr
17:43que ce soit exactement
17:44le projet politique
17:45qui est le vôtre.
17:46Vous voulez dire
17:47que la courbe remontait
17:48de 0 à 20 ?
17:49Non, non,
17:50beaucoup plus que ça avant.
17:51Alors qu'il y avait
17:52des dizaines de milliers
17:53de clandestins algériens
17:54qu'on voulait renvoyer
17:55et qu'on ne pourrait
17:56renvoyer aussi
17:57les milliers
17:58de prisonniers algériens
17:59qui croupissent
18:00dans nos prisons
18:01et qui nous coûtent de l'argent.
18:02Il y a beaucoup
18:03de choses à faire
18:04avec l'Algérie,
18:05je peux vous dire.
18:06Éric Zemmour,
18:07je voudrais qu'on parle
18:08des chiffres de l'immigration,
18:09ceux de l'année 2024
18:10paru la 23e.
18:11Les titres de séjour
18:12accordés sont en hausse,
18:13plus 1,8%,
18:14mais il y a plus d'expulsions
18:16et moins de régularisation.
18:18Donnez les chiffres
18:19de l'année dernière.
18:20Plus d'expulsions
18:22de 7% des OQTF
18:23à 8% ?
18:24Là, c'est deux choses.
18:25On parle des obligations
18:26de quitter le territoire français
18:27qui sont exécutées
18:28et on parle du nombre
18:29d'expulsions
18:30plus 26,7%.
18:31Mais bien sûr
18:32que dans ce débat,
18:33Éric Zemmour,
18:34chacun retient
18:35les chiffres qu'il souhaite.
18:36Benjamin Duhamel,
18:37quand vous avez fait
18:38du calcul quand même,
18:39quand vous avez fait
18:4026% de 3
18:41et 26% de 1 million,
18:42ce n'est pas
18:43le même nombre.
18:44Voilà, c'est tout
18:45ma réponse.
18:46Donc à aucun moment
18:47vous ne dites,
18:48vous qui ne cessez
18:49d'expliquer que
18:50les pouvoirs publics
18:51sont d'un laxisme fou
18:52qu'il n'y a aucune volonté
18:53de réguler l'immigration.
18:54Là, moi, je regarde
18:55les chiffres
18:56et je vois plus d'expulsions
18:57et moins de régularisation.
18:58Vous ne regardez pas les chiffres.
18:59Vous regardez ce que vous a écrit
19:00le ministère de l'Intérieur.
19:01Moi, je vais vous donner
19:02les chiffres.
19:03Vous avez
19:04une immigration
19:05qui est à 320 000
19:06entrées légales,
19:07330 000 aujourd'hui,
19:08entrées légales,
19:09plus les 180 000
19:10de droits d'asile
19:11qui ne sont jamais expulsés,
19:12qu'ils soient acceptés
19:13ou refusés.
19:14Ça vous fait
19:15500 000 par an.
19:16Vous savez,
19:17d'ailleurs c'est
19:18350 000 de ces gens,
19:19mais vous savez
19:20combien d'étudiants
19:21sur ces 360 000 ?
19:22Absolument.
19:23100 000.
19:24Un peu plus de 100 000.
19:25109 000.
19:26Ces étudiants-là,
19:27ils ont pas vocation
19:28à rester sur le territoire ?
19:29Ces étudiants-là,
19:30pour la plupart,
19:31ne servent pas à la France.
19:32Pour la plupart.
19:33Je veux bien
19:34qu'on prenne
19:35quelques dizaines d'étudiants
19:36vraiment haut de gamme
19:37qui apportent à la France
19:38le reste.
19:39Franchement,
19:40ils ne payent pas
19:41les droits qu'ils coûtent
19:42parce que la France,
19:43les universités françaises
19:44refusent de faire payer
19:45plus cher
19:46alors que la loi
19:47les y autorise.
19:48On arrête.
19:49On arrête
19:50sauf des profils
19:51vraiment haut de gamme.
19:52Ça ne sert à rien
19:53et pour la plupart,
19:54ils restent en France.
19:55À quoi vous voyez
19:56les profils haut de gamme ?
19:57Des profils haut de gamme,
19:58des gens qui ont
19:59des diplômes supérieurs
20:00et qui peuvent vraiment apporter
20:01à la recherche française,
20:02etc.
20:03Pour dire les choses,
20:04quand vous dites
20:05les profils haut de gamme,
20:06c'est selon le pays
20:07d'où ils viennent ?
20:08Pas seulement.
20:09Il y a par exemple
20:10des Marocains
20:11qui sont très forts en maths.
20:12Il y a des Marocains
20:13qui sont à Polytechnique.
20:14Ceux-là, je les respecte
20:15et je serai heureux
20:16de les accueillir.
20:17Combien d'étudiants
20:18en acceptent ?
20:191 000.
20:201 000 ?
20:21Ça ne sert plus à rien.
20:22On passe de 110 000
20:23à 1 000 ?
20:24Absolument.
20:25Il y a aussi
20:26le regroupement familial.
20:27À peu près 90 000, 100 000.
20:29Vous avez le chiffre exact.
20:30Moi, je vous le dis de tête
20:31parce que ça dure
20:32depuis des années.
20:33Ça aussi, on arrête.
20:34On arrête.
20:35Déjà là,
20:36ça fait des grosses masses.
20:37C'est ça,
20:38les vrais enjeux.
20:39C'est ça,
20:40quand vous parlez de nombre.
20:41Après, vous avez aussi
20:42le droit humanitaire,
20:43etc.
20:44C'est ça,
20:45le droit humanitaire,
20:46etc.
20:47Et vous avez
20:48le droit d'asile.
20:49Moi, je pense qu'il faut
20:50le droit d'asile.
20:51Vous savez, le droit d'asile,
20:52est-ce que c'est le droit d'asile
20:53au départ ?
20:54C'est Victor Hugo
20:55qui va agarneuser.
20:56J'avais eu le cas
20:57de vous interroger
20:58pendant l'élection présidentielle.
20:59Vous disiez, c'est Victor Hugo
21:00et son gélatine.
21:01Donc, ça veut dire
21:02que les femmes afghanes
21:03qui sont persécutées
21:04par le régime des talibans…
21:05Elles restent en Afghanistan.
21:06Elles restent en Afghanistan.
21:07Donc, où elles n'ont
21:08le droit de rien faire,
21:09où elles sont persécutées,
21:11pas le droit d'écouter
21:12de la musique,
21:13pas le droit de travailler.
21:14Et alors ?
21:15Attendez, vous savez combien
21:16elles sont ?
21:17Si elle souhaite quitter
21:18l'Afghanistan
21:19pour éviter la persécution,
21:20ce n'est pas la vocation
21:21de la France de les accueillir.
21:22Non.
21:23Vous voulez accueillir
21:24toutes les femmes afghanes,
21:25parce que toutes les femmes afghanes
21:26vivent comme vous le dites.
21:27Donc, ça vous fait
21:2810 millions de personnes,
21:2920 millions de personnes.
21:30Vous allez les accueillir
21:31dans votre salon ?
21:32Non, mais c'est
21:33assez étonnant.
21:34Non, mais moi aussi,
21:35je veux vous montrer
21:36les limites
21:37de votre pseudo-humanisme.
21:38Mais ce n'est pas
21:39du pseudo-humanisme,
21:40Eric Zemmour,
21:41puisque ça finit
21:42par un afghan
21:43qui va tuer
21:44un gamin demain.
21:45Je parlais des femmes afghanes,
21:46Eric Zemmour.
21:47Les femmes afghanes,
21:48elles ont des enfants,
21:49les femmes afghanes.
21:50Et je m'interroge sur,
21:51d'abord,
21:52le fait que
21:53vous ne cessez
21:55de vanter
21:56la spécificité française,
21:58le message que la France
21:59a apporté au monde.
22:00Que vous parlez,
22:01il y a un instant,
22:02du droit d'asile,
22:03en disant que le droit d'asile,
22:04c'est notamment Victor Hugo.
22:05La France de Victor Hugo,
22:06elle n'accueille pas
22:07les femmes afghanes en France ?
22:08Parce que le droit d'asile,
22:09à l'époque de la France
22:10de Victor Hugo,
22:11c'est uniquement
22:12pour des gens
22:13qui sont comme Victor Hugo,
22:14c'est-à-dire des réfugiés
22:15politiques
22:16et des grands intellectuels.
22:17Aujourd'hui,
22:18on a ajouté
22:19des conditions
22:20de droit d'asile,
22:21on a ajouté
22:22pour les femmes persécutées,
22:23pour les homosexuels.
22:24Vous savez,
22:25les homosexuels,
22:26dans tous les pays musulmans,
22:27ils sont persécutés.
22:28Et dans tous les pays africains.
22:29Donc, vous allez tous
22:30les accueillir ?
22:31Vous voyez bien
22:32que c'est délirant.
22:33Vous voyez bien
22:34qu'on est sortis
22:35de la raison.
22:36Donc, il faut arrêter.
22:37Et les chrétiens d'Orient
22:38persécutés, ça on accepte ?
22:39Les chrétiens d'Orient,
22:40vous savez,
22:41ils ne sont pas
22:42en si grand nombre.
22:43Ah, donc ça va.
22:44Mais ce sont des chrétiens.
22:45Mais moi,
22:46j'en fais la différence.
22:47Je fais la différence
22:48parce que nous sommes
22:49un pays de culture chrétienne.
22:50Donc, les femmes afghanes,
22:51c'est bon,
22:52mais les chrétiens d'Orient,
22:53c'est oui.
22:54Les chrétiens d'Orient
22:55ne sont pas des millions
22:56et des millions
22:57comme les femmes afghanes.
22:58Et deuxièmement,
22:59les chrétiens d'Orient,
23:00entre les musulmans
23:01et les chrétiens
23:02parce que je pense
23:03qu'il y a une différence
23:04civilisationnelle
23:05et que nous sommes
23:06un pays de culture chrétienne
23:07et que les musulmans,
23:08sauf exception,
23:09évidemment,
23:10par exemple,
23:11les kabiles
23:12qui se détachent
23:13d'un islam rigoriste
23:14et qui veulent
23:15s'assimiler
23:16à la culture française,
23:17à part cela,
23:18ne veulent pas
23:19s'assimiler
23:20à la culture française
23:21et ça donne
23:22l'islamisation du pays.
23:23C'est-à-dire que ce sont
23:24des villes
23:25qui ne sont plus françaises,
23:26qui sont islamisées.
23:27Mais vous m'avez déjà
23:28entendu dire ça.
23:29Quelle ville
23:30est islamisée ?
23:31Vous savez,
23:32vous allez n'importe où
23:33en France,
23:34vous avez des quartiers
23:35entiers,
23:36vous avez des banlieues,
23:37vous avez Marseille.
23:38Mais à quoi vous voyez
23:39que ces villes sont islamisées ?
23:40Vous savez,
23:41quand vous avez
23:42dans les rues
23:43au marché
23:4480% de femmes voilées,
23:45quand vous avez
23:46dans les rues
23:47des boutiques
23:48qui sont
23:49toutes halales,
23:50moi j'appelle ça
23:51un pays
23:52et une ville islamisée.
23:53On peut
23:54aller dans un...
23:55Oui, vous portez
23:56une gelaba
23:57quand vous sortez ?
23:58Non,
23:59c'est pas parce que
24:00moi j'en porte une
24:01que je considère...
24:02Ne faites pas semblant
24:03d'exagérer.
24:04Eric Zemmour,
24:05attendez,
24:06on peut ne pas avoir
24:07un discours irénique
24:08sur l'islam,
24:09voir les dangers
24:10de l'islamisme,
24:11voir effectivement
24:12parfois la façon
24:13dont les Français
24:14peuvent être interrogés
24:15par certains
24:16signes ostentatoires,
24:17le voile intégral ou autre,
24:18sans forcément considérer
24:19qu'il y a des villes françaises
24:20qui comme vous le dites
24:21où tout le monde
24:22porte le voile
24:23et où le simple fait
24:24qu'il y a un commerce halal
24:25signifie que ces villes
24:26sont islamisées.
24:27Benjamin,
24:28est-ce que vous sortez
24:29de temps en temps
24:30de votre studio ?
24:31Oui, ça m'arrive.
24:32Est-ce que vous sortez
24:33de temps en temps
24:34du 6e arrondissement ?
24:35Oui, ça m'arrive.
24:36Alors vous verrez
24:37ce que je dis
24:38et tous les Français le voient.
24:39Et j'ai pas le sentiment
24:40Eric Zemmour
24:41qu'entre vous et moi
24:42il y en ait un
24:43qui sorte davantage
24:44que l'autre ou pas ?
24:45Ben si,
24:46moi je sors bien davantage
24:47que vous.
24:48Ah ben oui,
24:49parce que tout simplement
24:50je vais dans toute la France
24:51pour aller voir
24:52les militants de mon parti
24:53et du coup je me balade
24:54en France partout.
24:55Un mot encore
24:57Vous avez vu ce qui a été
24:58discuté aujourd'hui
24:59à l'occasion de la niche
25:00des Républicains,
25:01le fait de restreindre
25:02le droit du sol à Mayotte.
25:03Il n'y a pas de laxisme là.
25:04Il y a une volonté d'agir
25:05face effectivement
25:06à un phénomène migratoire
25:07à Mayotte hors de contrôle.
25:08Il faut supprimer
25:09le droit du sol
25:10pas seulement à Mayotte.
25:11Dans toute la France.
25:12Oui, Laurent Wauquiez
25:13dit à peu près ça.
25:14Il dit il faudra
25:15se poser la question.
25:16Il ne l'a pas fait
25:17quand il était ministre
25:18et LR ne le fait pas
25:19toujours pas
25:20alors qu'ils sont
25:21dans la majorité.
25:22Donc on se pose la question.
25:23Moi ça fait des années
25:24qu'il y a beaucoup
25:25de choses à faire.
25:26Eric Zemmour,
25:27je voudrais qu'on parle
25:28d'économie
25:29et du budget 2025
25:30adopté.
25:31Les motions de censure
25:32ont été rejetées.
25:33C'est une bonne nouvelle
25:34pour la France ou pas ?
25:35Ecoutez,
25:36ça dépend
25:37sur quel plan
25:38on se place.
25:39Si on veut dire
25:40qu'il faut de la stabilité
25:41que la précédente
25:43motion de censure
25:44avait coûté
25:45de l'argent
25:46à la France
25:47puisque les entreprises
25:48s'affolent,
25:49puisque les investissements
25:50sont retardés,
25:51etc.
25:52Je vous dis
25:53c'est une bonne nouvelle.
25:54Maintenant,
25:55si vous voulez me dire
25:56que c'est un bon budget,
25:58là,
25:59je ne vous dirai pas
26:00la même chose.
26:01C'est un très mauvais budget.
26:03C'est d'ailleurs...
26:04Mais c'est un mauvais budget
26:05qu'il fallait renverser
26:06en votant la motion de censure
26:07ou pas ?
26:08Laissez-moi finir.
26:09C'est un très mauvais budget
26:10qui est le frère jumeau
26:12du budget de Barnier
26:14pour lequel
26:15M. Barnier
26:16a été renversé.
26:17C'est là que je ne comprends
26:18plus, moi,
26:19le comportement
26:20des groupes à l'Assemblée.
26:21Par exemple,
26:22les groupes de l'Assemblée nationale
26:23mais aussi du Parti socialiste.
26:24Ces deux groupes
26:25ont voté la motion de censure
26:26contre le budget
26:27de M. Barnier
26:28en disant que c'était
26:29un mauvais budget.
26:30Ils avaient raison de dire
26:31que c'était un mauvais budget.
26:32Et désormais,
26:33ils ne votent pas
26:34la censure
26:35contre M. Bayrou
26:36alors que c'est quasiment
26:37le même budget.
26:38Et donc, vous auriez voté
26:39la censure, vous ?
26:40Moi, j'aurais pas fait
26:41la même chose.
26:42J'aurais, depuis le début,
26:43si j'avais eu la chance
26:44d'avoir un groupe
26:45aussi important
26:46que le Parti général
26:47ou même le Parti socialiste,
26:48j'aurais demandé des choses
26:50au début
26:51de la discussion budgétaire.
26:52Ça a commencé
26:53en septembre.
26:54Des choses claires,
26:55précises.
26:56Des réductions de dépenses.
26:57Des réductions de dépenses.
26:58J'aurais dit que
26:59je ne veux pas
27:00d'augmentation d'impôts.
27:01Or, on a fait
27:02exactement le contraire.
27:03On a fait
27:04des augmentations d'impôts
27:05et pour les réductions
27:06de dépenses,
27:07on s'est contenté
27:08de passer un rabot,
27:09vous savez,
27:10la fameuse technique
27:11qui ne sert à rien.
27:12Mais on va parler de ça
27:13dans un instant,
27:14mais si vous étiez parlementaire,
27:15parce que, pardon,
27:16responsable politique,
27:17moi, je vous prends au mot,
27:18c'est pour ça que je vous pose
27:20Si vous aviez été député là,
27:21est-ce que vous auriez censuré
27:22ce budget ?
27:23Je vous ai dit
27:24que je n'aurais pas
27:25fait la même chose.
27:26Moi, je ne veux pas
27:27censurer depuis le début
27:28les gouvernements
27:29avec ce budget,
27:30mais je dis
27:31qu'il faut modifier
27:32ce budget.
27:33Si je n'étais pas arrivé
27:34à modifier ce budget,
27:35peut-être que mon comportement
27:36aurait été différent.
27:37Et encore,
27:38ça dépend
27:39de la puissance
27:40de mon groupe.
27:41Mais le Rassemblement National,
27:42c'est quoi au fond ?
27:43Ils regrettent
27:44de perdre leur influence
27:45puisque désormais
27:46que les socialistes
27:47négocient avec le gouvernement,
27:48ils n'en ont plus,
27:49ils manquent de cap.
27:50Je vous l'avais dit
27:51qu'ils perdraient leur influence
27:52puisque évidemment
27:53que M. Bayrou,
27:54maintenant,
27:55s'est rapproché des socialistes
27:56et qu'ils n'ont plus
27:57la possibilité
27:58de renverser le gouvernement.
27:59Mais moi,
28:00je ne comprends pas
28:01ni le Rassemblement National
28:02ni le Parti Socialiste.
28:03Je veux dire,
28:04soit on dit
28:05qu'on ne veut pas
28:06censurer
28:07pour respecter
28:08la stabilité.
28:09Soit on dit
28:10qu'on censure
28:11parce que le budget est mauvais.
28:12Vous voyez,
28:13ce n'est pas la même chose.
28:14Si on censure
28:15parce que le budget est mauvais,
28:16il faut censurer les deux
28:17et même,
28:18je vais vous dire,
28:19je vais vous donner un exemple,
28:20il est même peut-être pire
28:21celui de M. Bayrou
28:22que celui de M. Barnier.
28:23Je vous donne un seul exemple
28:24que j'ai vu aujourd'hui.
28:25Le régime de la TVA
28:26pour les micro-entrepreneurs.
28:27Exactement.
28:28Vous l'avez vu quand même.
28:29Dont le seuil est abaissé
28:30à 25 000 euros par an.
28:31Eh bien, très bien.
28:32Vous avez vu,
28:33à 25 000
28:34au lieu de 37 500 euros par an.
28:35Honnêtement,
28:36ça veut dire que
28:37ces petits auto-entrepreneurs,
28:38j'en connais beaucoup,
28:39il y en a dans ma famille.
28:40Dont la moyenne
28:41de chiffre d'affaires annuelle
28:42est 13 ans de ça,
28:43de ce seuil des 25 000.
28:44Pour cadrer le débat.
28:45Oui.
28:46Ça dépend lesquels.
28:47Il y en a qui se débrouillent mieux.
28:48Vous savez,
28:49ce n'est pas des sommes astronomiques.
28:5025 000 euros par an,
28:51ça fait 2 000 euros par mois.
28:52Ce n'est pas non plus la fortune.
28:53Donc ces gens-là,
28:54on va leur demander
28:55de soit augmenter leur prix
28:56de 20 %,
28:5725 %,
28:58soit de réduire leur marge
28:59de 25 %.
29:00Ils n'y arriveront
29:01ni l'un,
29:02ni l'autre.
29:03Donc on va les tuer.
29:04Donc je vais vous donner
29:05un exemple,
29:06je vais vous donner
29:07un exemple,
29:08je vais vous donner
29:09un exemple,
29:10je vais vous donner
29:11un exemple,
29:12je vais vous donner
29:13un exemple,
29:14on va les tuer.
29:15Donc je dis,
29:16moi,
29:17et j'ai même vu
29:18que le Rassemblement national
29:19avait proposé
29:20il y a quelques semaines
29:21la même mesure
29:22avec le ratio
29:23encore plus bas.
29:24Donc c'est vous dire.
29:25Là,
29:26je ne comprends plus.
29:27Je trouve que c'est…
29:28Et vous vous retrouvez
29:29de ce point de vue-là
29:30au diapason également
29:31de la France Insoumise
29:32qui proteste contre
29:33cet abaissement du seuil
29:34et ce ne sont pas
29:35les seuls.
29:36J'aimerais,
29:37Eric Zemmour,
29:38qu'on rentre dans le détail
29:39de votre vision économique
29:40puisque vous venez de dire
29:42Et au fond,
29:43on voit bien
29:44en vous écoutant,
29:45vous,
29:46en écoutant également
29:47Sarah Knafo,
29:48députée européenne,
29:49cette idée qu'il faudrait
29:50repoduire en France,
29:51ce que va faire
29:52Elon Musk dans les jours
29:53et dans les semaines à venir,
29:54ce qu'a fait également
29:55le président argentin
29:56Javier Millei,
29:57l'idée de couper
29:58à la hache,
29:59à la tronçonneuse,
30:00certains diront.
30:01Et là,
30:02moi,
30:03je suis étonné
30:04quand j'ai en face de moi
30:05un nationaliste,
30:06cette façon de vouloir
30:07dupliquer,
30:08calquer des recettes,
30:09etc.
30:10Est-ce qu'au fond,
30:11c'est la France ?
30:12Est-ce que c'est cohérent
30:14avec la culture de l'État
30:17de vouloir appliquer
30:18ce type de recettes ?
30:20Moi,
30:21je suis tout à fait conscient
30:22que c'est l'État
30:23qui a fait la France.
30:25Ça,
30:26vous ne m'entendrez jamais
30:27dire le contraire.
30:28Et pourtant,
30:29vous voulez sabrer
30:30dans cet État.
30:31Laissez-moi finir.
30:32Vous ne m'entendrez jamais
30:33dire le contraire.
30:34Je connais un peu
30:35mon histoire de France
30:36et je sais que c'est l'État
30:37qui a fait ce pays.
30:38Deuxièmement,
30:39là où je ne vous suis pas,
30:41il ne s'agit pas de dupliquer,
30:43copier,
30:44que sais-je encore.
30:45Il ne s'agit pas non plus
30:46de ne pas être nationaliste,
30:48comme vous dites,
30:49ou patriote.
30:50Vous savez,
30:51les plus grands,
30:53peut-être,
30:54nationalistes de l'histoire
30:55de France,
30:56en tout cas les gens
30:57les plus sourcilleux
30:58quant à la souveraineté
30:59de la France,
31:00je pense à Napoléon Bonaparte
31:02ou au général de Gaulle,
31:04sont justement ceux
31:05qui étaient le plus sensible
31:07à la notion
31:08d'équilibre budgétaire.
31:10Général de Gaulle,
31:11avec la création
31:12de la Sécurité sociale,
31:13donc là je...
31:14Attendez, attendez,
31:15ne mélangez pas tout.
31:16Non, je ne mélange pas tout,
31:17mais présenter
31:18le général de Gaulle
31:19comme un héritier
31:20de Millet
31:21ou d'Elon Musk,
31:22je...
31:23Il n'y a aucun rapport.
31:24Vous mélangez tout,
31:25Benjamin Duhamel.
31:26Le général de Gaulle,
31:27quand il revient au pouvoir
31:28en 1958,
31:29il a comme conseiller
31:30le libéral Jacques Rueff
31:31qui lui dit qu'il faut
31:32un équilibre budgétaire.
31:33Et le général de Gaulle
31:34va imposer jusqu'en 1968,
31:371969, de son départ,
31:38un strict équilibre budgétaire.
31:40Et pourquoi ?
31:41Parce que qui dit déficit
31:44dit dette.
31:45Qui dit dette
31:46dit dépendance
31:47par rapport à ses créanciers.
31:48Le général de Gaulle
31:49ne veut pas de dépendance
31:50par rapport à ses créanciers.
31:51Alors vous coupez où,
31:52Eric ?
31:53Le général de Gaulle,
31:54non seulement,
31:55non seulement
31:56a tenu un équilibre budgétaire
31:58strict pendant 10 ans,
31:59mais de plus,
32:00sous le général de Gaulle,
32:02vous savez combien on était
32:03de prélèvements obligatoires,
32:04mon cher Benjamin Duhamel ?
32:05On était très très nettement
32:06intérieur.
32:07On était à 33%
32:08de prélèvements obligatoires
32:09par rapport au PIB.
32:10On est aujourd'hui à 48%.
32:12Et Jacques Chirac m'a raconté
32:14un jour une anecdote.
32:17Il était le secrétaire d'État
32:18au budget,
32:19sous l'autorité de monsieur
32:20Giscard d'Estaing,
32:21ministre de l'Économie et des Finances.
32:22Il voit le général de Gaulle.
32:24C'était, pour tout vous raconter,
32:25en 1968, à Grenoble,
32:27le général de Gaulle allait
32:28inaugurer les Jeux Olympiques
32:29de Grenoble.
32:30Et de Gaulle lui demande,
32:32Chirac,
32:33à combien sommes-nous
32:34de prélèvements obligatoires ?
32:35Chirac dit 33%.
32:37Et de Gaulle lui réplique,
32:38c'est très bien comme ça
32:39et vous y restez.
32:41Voilà la pensée
32:42du général de Gaulle.
32:43Donc, Éric Zemmour...
32:44Alors ne faites pas un socialiste
32:45ou un étatiste.
32:46Donc, Éric Zemmour...
32:47L'État et l'étatisme,
32:48ce n'est pas la même chose.
32:49Où est-ce que vous coupez ?
32:50Où est-ce que je coupe ?
32:51Très bien, bonne question.
32:52Vous voyez, déjà,
32:53on a réglé cette question.
32:54De où je coupe ?
32:56D'abord,
32:58il y a énormément
33:00de gabage.
33:02L'État se
33:05disperse,
33:06se répand partout
33:08des allocations
33:10pour les vélos,
33:11pour les voitures électriques,
33:12pour le pass culture,
33:14pour...
33:15Je vais vous raconter...
33:16Qu'est-ce qu'on des sommes,
33:17Éric Zemmour ?
33:18Dérisoires.
33:19Dérisoires.
33:20Quand on parle d'une dette
33:21qui équivaut à 110%
33:22de ce qu'on produit...
33:23Vous savez,
33:24si vous ne me laissez pas...
33:25Je ne vous laisserai pas.
33:26Je commence exprès
33:27par les petites sommes.
33:28Je pourrais vous amuser avec...
33:30Il y a 5 millions
33:32pour la protection
33:33de la précarité menstruelle.
33:35Il y a 1 million
33:36pour
33:37les allocations
33:39aux étrangers migrants
33:40qui rentrent chez eux.
33:41Vous voyez ?
33:42Des sommes dérisoires.
33:43Enfin, les petits russos
33:44font les grandes rivières.
33:46Et il y a des grosses sommes.
33:48Il y a, par exemple,
33:50les subventions aux associations,
33:52beaucoup politisées,
33:53qui se retournent contre l'État.
33:54On l'a vu, là encore,
33:55avec le procès Boilem.
33:57Là, c'est plus des petites sommes.
33:59C'est 11 milliards.
34:00Et avec les subventions
34:02données par la Sécurité sociale
34:04et par les collectivités locales,
34:05ça fait 23 milliards.
34:07Je continue.
34:09Mais chacun sait que
34:10la personne qui veut couper
34:11dans les dépenses publiques
34:12doit s'en prendre
34:13à la sphère sociale.
34:14Non, non, non.
34:15Attendez.
34:16Est-ce que vous baissez
34:17les nombres de fonctionnaires ?
34:18Non, attendez.
34:19C'est parce que là,
34:20vous me parlez de choses
34:21qui sont assez anecdotiques,
34:22Eric Zemmour,
34:23en termes de montant.
34:2423 milliards, c'est anecdotique.
34:25Les 20 milliards
34:26de subventions aux éoliennes,
34:27c'est anecdotique.
34:28Les 110 milliards
34:29de la politique de la Ville
34:30depuis 2010,
34:31c'est anecdotique.
34:32Mais là, on parle
34:33d'économies à faire maintenant.
34:34Est-ce que c'est anecdotique, ça ?
34:35On parle d'économies
34:36à faire maintenant, Eric Zemmour.
34:37Je peux continuer comme ça
34:38pendant toutes les missions.
34:39C'est pas anecdotique.
34:40C'est des dizaines
34:41et des dizaines de milliards.
34:42Les agences administratives
34:45indépendantes,
34:461 200 agences,
34:4880 milliards,
34:49c'est anecdotique,
34:50Benjamin Duhamel ?
34:51Donc on les supprime toutes,
34:52les agences administratives ?
34:53Oui, on supprime beaucoup.
34:54On taille dans le vif.
34:55On taille dans les associations,
34:56dans les subventions
34:57aux associations.
34:58On taille dans la politique
34:59de la Ville.
35:00Oui, tout ça, on supprime.
35:01Ça, c'est les gaspillages.
35:02Après, il y a la bureaucratie.
35:04Je n'élute pas le social,
35:06mais d'abord la bureaucratie,
35:08avant le social.
35:09Il y a la bureaucratie.
35:10La bureaucratie,
35:11qu'est-ce que c'est ?
35:12Ça veut dire qu'il y a
35:13de plus en plus de normes
35:14partout, partout,
35:15à l'hôpital,
35:16dans l'école,
35:17dans l'administration,
35:18etc.,
35:19et qui coûtent de l'argent
35:20et qui, en plus,
35:21créent de la bureaucratie
35:22sans cesse
35:23avec des fonctionnaires
35:24toujours en plus
35:25ou en grand nombre.
35:26Je vous donne
35:27un exemple très vite.
35:30L'hôpital.
35:3330 milliards donnés aux ARS.
35:366 milliards,
35:37dont 6 milliards
35:38pour les services administratifs.
35:40Dans les 100 000 personnels
35:42de l'HPHP,
35:43l'hôpital parisien,
35:45il y a 30 000 administratifs.
35:48De moins en moins de médecins
35:49et de plus en plus
35:50de personnels administratifs.
35:51Donc, on baisse le budget
35:52du ministère de la Santé.
35:53On baisse, on supprime
35:54des postes administratifs.
35:56Est-ce qu'on baisse
35:57le nombre d'enseignants ?
35:58Par exemple,
35:59dans la négociation,
36:00il y avait 4 000 postes d'enseignants
36:01qui étaient en suspens.
36:02Qu'est-ce qu'on fait ?
36:03On fait, on fait.
36:04On ne supprime pas
36:05des postes d'enseignants.
36:06On supprime des postes
36:07d'administratifs
36:08dans l'éducation nationale.
36:09Là aussi,
36:10c'est comme l'hôpital,
36:11il y en a de plus en plus.
36:12Et après,
36:13après seulement,
36:14après avoir fait tout ça,
36:15vous savez,
36:17on est suradministrés en France.
36:20On a 85 fonctionnaires
36:22pour 1 000 habitants,
36:23alors que les Allemands
36:24n'en ont que 56
36:25pour 1 000 habitants.
36:26Est-ce qu'on est
36:27moins administrés qu'eux ?
36:28Est-ce que leurs services publics
36:29marchent moins bien qu'eux,
36:30que nous ?
36:31Non.
36:32Et Donald Trump,
36:33c'est un modèle ou pas ?
36:34Ecoutez, je vous ai dit,
36:36il y a une vague en ce moment.
36:38On voit bien qu'en Europe
36:40et en Occident,
36:41il y a la volonté
36:43des peuples occidentaux
36:44de défendre leur identité,
36:46on a parlé d'immigration tout à l'heure,
36:48et leur liberté,
36:49liberté d'expression,
36:50et leur liberté politique.
36:51Vous diriez que c'est un modèle
36:52ou pas, Donald Trump ?
36:53C'est une vague globale.
36:55Mais dans laquelle vous vous inscrivez,
36:56vous vous étiez à Washington
36:57pour l'investiture,
36:58vous ne vous assumez pas tout à fait
36:59de dire que c'est votre modèle ?
37:01Parce que j'essaye
37:03d'être un peu plus subtil que vous.
37:05Vous n'êtes pas sur tous les sujets,
37:06si je peux me permettre.
37:07Non, j'essaye de vous faire comprendre
37:09qu'il y a une vague occidentale,
37:10que Donald Trump est le sommet
37:12de la vague,
37:13parce que les États-Unis
37:14sont la puissance dominante
37:15en Occident.
37:16Est-ce qu'il faut s'inspirer
37:17de lui ?
37:18Oui, il faut s'inspirer
37:19de cette vague.
37:20Moi, j'en suis de,
37:21je fais partie de cette vague.
37:22Donc évidemment
37:23que je ne vais pas dire
37:24que je ne m'inspire,
37:25que ce n'est pas lui
37:26qui m'inspire
37:27ou moi qui l'inspire.
37:28C'est une vague globale.
37:29Vous savez, en Occident,
37:30dans l'histoire de l'Occident,
37:31c'est toujours comme ça.
37:32Quand il y a
37:33un phénomène politique,
37:34idéologique, économique,
37:36culturel,
37:37qui naît quelque part,
37:40il se répand
37:41dans tout l'Occident.
37:42Éric Zemmour,
37:43puisque vous dites
37:44que c'est un modèle,
37:46en tout cas quelqu'un
37:47qu'on doit regarder,
37:48vous parlez de cette vague,
37:49est-ce que quand Donald Trump
37:50propose que les États-Unis
37:51aient pleine souveraineté sur Gaza
37:52et d'en faire la nouvelle Côte d'Azur,
37:53est-ce que là encore
37:54vous considérez
37:55que c'est un exemple
37:56qu'il faudrait suivre ?
37:57Vous voyez pourquoi
37:58je vous voyais venir ?
37:59Parce que je vous connais un peu,
38:00vous voyez,
38:01Benjamin Duhamel.
38:02Donc je savais que si je disais
38:03« Ah oui, il m'inspire »,
38:04vous alliez me sortir un truc
38:05qui n'a absolument rien à voir
38:06avec le budget,
38:07en me disant « Ah, vous avez vu… »
38:08Ce n'est pas anecdotique
38:09la politique internationale
38:10de Donald Trump, non ?
38:11Vous avez très bien compris.
38:12Vous êtes de mauvaise foi
38:13et je vous connais.
38:14Pourquoi c'est de mauvaise foi ?
38:15En l'occurrence,
38:16Benjamin Duhamel,
38:17je vous parlais d'économie
38:18et de budget.
38:19Maintenant, vous me parlez
38:20Maintenant, on peut parler de Gaza.
38:22On peut parler de cette proposition.
38:23En fait, qu'est-ce que ça veut dire ?
38:25Ça veut dire qu'il faut séparer
38:26les Israéliens des Palestiniens.
38:28Est-ce que ça passe par…
38:30Vous savez, la paix passe parfois
38:32par des mesures de séparation.
38:34Les frontières, ça sert à ça.
38:35Séparation, c'est-à-dire ?
38:36Séparation.
38:37Vous savez…
38:38C'est-à-dire que tous les Palestiniens
38:39de Gaza partent
38:40et quittent la bande de Gaza ?
38:41Par exemple,
38:42il n'y a eu de paix en Inde
38:43et au Pakistan
38:44que parce que les musulmans
38:45et les hindous se sont séparés
38:46et ont fait deux États.
38:47Le Pakistan d'un côté
38:48et l'Inde de l'autre.
38:49Et je peux vous dire
38:50que ça n'a pas été tendre.
38:52Donc, c'est une bonne idée
38:53portée par Donald Trump ?
38:54Non, c'est…
38:55Le problème, c'est que
38:56personne ne veut les prendre.
38:57Que l'Égypte ne veut pas les prendre.
38:58Pardonnez-moi.
38:59Le problème, c'est pas
39:00que personne ne veut les prendre.
39:01C'est que…
39:02Comment dire ?
39:03Faire la proposition
39:04d'un nettoyage ethnique
39:05et demander à toute une population
39:06de quitter son territoire
39:07et d'aller soit en Égypte
39:08soit en Jordanie,
39:09c'est totalement contraire
39:10au droit international.
39:11Donc, le sujet n'est pas
39:12de savoir quel pays
39:13accepterait d'accueillir
39:15les Gazaouis.
39:16Mais c'est intéressant.
39:17Je crois que vous êtes
39:18une voix assez isolée
39:19dans la classe politique
39:20pour considérer que
39:21la proposition de Donald Trump
39:22est une proposition intéressante.
39:23Je vais vous dire
39:24pourquoi je vous réponds ça.
39:25Parce que je pense
39:26que la solution des deux États
39:28que défendent la France,
39:30l'Europe
39:32et toute la classe politique
39:34est morte.
39:35Mais on peut considérer
39:36que la solution à deux États…
39:37Donc, je suis bien
39:38chercher autre chose.
39:39Mais encore une fois,
39:40je vous dis…
39:41Frère de Gaza,
39:42à la Côte d'Azur.
39:43Je ne crois pas que Gaza
39:44deviendra la Côte d'Azur.
39:45Mais je vous dis,
39:46ça ne marchera pas.
39:47Mais vous savez,
39:48les Palestiniens,
39:49comme on dit,
39:50il n'y a jamais eu
39:51de nation palestinienne.
39:52Il faut arrêter
39:53avec ce fantasme.
39:54Donc, ce sont des musulmans
39:55et ce sont des Arabes.
39:56Donc, ils peuvent très bien…
39:57En Jordanie,
39:58est-ce que vous savez
39:59qu'il y a 60% de Palestiniens ?
40:00La population jordanienne
40:01qui est composée
40:02de Palestiniens.
40:03Donc, il ne faut pas
40:04d'État palestinien, non ?
40:05Ce n'est pas une façon
40:06d'aller vers la paix.
40:07À l'échelle humaine,
40:08il n'y aura pas
40:10d'État palestinien
40:11et que s'il avait
40:12un État palestinien,
40:13il deviendrait immédiatement
40:14un foyer de guerre
40:15contre Israël,
40:16comme on l'a vu à Gaza
40:17et comme on l'a vu,
40:18comme on le voit
40:19en Cisjordanie.
40:20Je ne crois pas
40:21aux deux États.
40:22Je remarque,
40:23c'est intéressant,
40:24que vous citiez
40:25le général de Gaulle
40:26sur l'équilibre
40:27qui était le sien
40:28sur la politique budgétaire
40:29mais que, bizarrement,
40:30quand on parle
40:31de sujets internationaux,
40:32là, l'héritage
40:33du général de Gaulle,
40:34il vous intéresse moins.
40:35Non, pas du tout.
40:36Je pense que vous avez raison.
40:37Le général de Gaulle
40:38peut-être, d'ailleurs,
40:39il avait largement raison,
40:40c'est-à-dire qu'une occupation
40:41entraîne une résistance
40:42et donc,
40:43une guerre sans fin.
40:44Je pense que Israël
40:47est condamné
40:48à une guerre sans fin.
40:49Vous voyez,
40:50c'est parce que,
40:51tout simplement,
40:52les populations musulmanes
40:54considèrent que les Juifs
40:55ne doivent être jamais
40:56que des dîmis
40:57et qu'ils ne peuvent pas
40:58avoir un État souverain.
40:59Et vous mélangez, là,
41:02les combattants islamistes
41:05et la population palestinienne.
41:07Et la population palestinienne
41:08dont certains, aussi,
41:09et dont même beaucoup,
41:10cherchent la paix.
41:11La paix avec Israël ?
41:12Vous parliez, Éric Zemmour...
41:13Non, excusez-moi.
41:14Vous parliez, Éric Zemmour...
41:15Dites-moi,
41:16les États arabes veulent la paix.
41:18Éric Zemmour, pardonnez-moi,
41:19vous parliez du fait de sortir
41:20de plateaux de télévision.
41:23Il s'avère que,
41:24quand on va en Israël
41:25et qu'on interroge
41:26un certain nombre d'activistes
41:27qui œuvrent pour les rapprochements
41:28entre les peuples,
41:29on voit qu'il y a,
41:30Éric Zemmour,
41:31ne vous en déplaise,
41:32des Palestiniens
41:33qui souhaitent
41:34dessiner ce chemin-là.
41:35Ils sont combien ?
41:36Ils sont trois, là ?
41:37Ils existent.
41:38Et je vous rappelle
41:39que qui a été massacré
41:41le 7 octobre ?
41:42C'est des militants
41:43pour la paix Israël ?
41:44Absolument.
41:45Et je crois que personne ici
41:46n'a minimisé de la moindre façon
41:49ce qui s'est passé le 7 octobre.
41:50Je ne vous ai pas dit ça.
41:51Quelques questions pour terminer,
41:52Éric Zemmour.
41:53Vous êtes président de Reconquête,
41:54un parti qui a,
41:55en tout et pour tout,
41:56une députée européenne,
41:57Sarah Knafo.
41:58Les journées,
41:59elles sont un peu longues ou pas ?
42:00Sarah Knafo montre, justement,
42:01comment peut travailler
42:02une députée Reconquête.
42:03Elle fait plus de travail
42:04que des dizaines de députés.
42:05Et vous,
42:06est-ce que c'est quoi
42:07cette sorte de traversée ?
42:08Ah bah oui,
42:09le temps est un peu long pour vous.
42:10Non, excusez-moi,
42:11pas du tout.
42:12Alors je vais vous dire,
42:13si vous voulez,
42:14je marche sur mes deux jambes.
42:15Si vous me demandez
42:16ce que je fais,
42:17en clair.
42:18D'abord,
42:19j'ai conservé, évidemment,
42:20mon activité d'écrivain.
42:21Donc vous écrivez un livre en ce moment ?
42:22J'écris un livre,
42:23j'écris quelque chose.
42:24C'est quoi ?
42:25C'est un livre pour préparer
42:26l'élection présidentielle ?
42:27Non.
42:28J'adapte mon livre
42:29« Le suicide français »
42:30pour la télévision.
42:31Je vais être publié aux Etats-Unis.
42:34Mon livre « Le suicide français »
42:35va être publié aux Etats-Unis.
42:36Ça demande également
42:37du travail, etc.
42:38Ça, c'est pour mon activité intellectuelle.
42:40Et par ailleurs,
42:41j'ai une activité de chef
42:43de parti politique.
42:44Donc je vais dans toutes les fédérations.
42:46Je vais voir les militants.
42:48Nous en avons, vous savez,
42:49entre 75 000 et 80 000.
42:50Je pense que nous avons
42:52le premier parti militant.
42:54Et vous serez candidat
42:55à l'élection présidentielle ou pas ?
42:56Nous verrons.
42:57C'est pas sur votre plateau
42:58que je vais faire le saut ?
42:59Non mais Eric Zemmour,
43:00quand on voit beaucoup
43:01Sarah Knafo sur tous les plateaux,
43:02on se demande si ce n'est pas elle
43:03qui sera candidate à l'élection présidentielle.
43:04Benjamin Duhamel,
43:05malgré toute votre audace
43:09et la sympathie que j'ai pour vous,
43:11je n'annoncerai pas chez vous
43:12ma candidature présidentielle.
43:14Ça veut dire que vous l'annoncerez
43:15à un moment ?
43:16Nous verrons.
43:17Un tout dernier mot,
43:18si Marine Le Pen est déclarée inéligible
43:20le 31 mars,
43:21est-ce que ça change quelque chose
43:22pour vous ?
43:23Ça change quelque chose
43:25pour l'élection présidentielle
43:26et ça change quelque chose
43:27pour Marine Le Pen.
43:28Ça serait d'ailleurs scandaleux.
43:30Maintenant, moi je m'adapterai
43:33à toutes les situations.
43:34Pour déclarer donc votre candidature
43:36à l'élection présidentielle.
43:37Merci Eric Zemmour,
43:39président de Reconquête,
43:40d'être venu nous voir,
43:41dont tout le monde veut savoir.
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