00:00Alors elle ne repose plus sur ce qu'on appelait autrefois le regroupement familial,
00:03c'est-à-dire le fait pour un travailleur étranger venu en France
00:07de faire venir au bout de deux ou trois ans son épouse et ses enfants.
00:11Elle repose sur un autre phénomène plus complexe,
00:15des ressortissants étrangers qui sont venus en France ou qui sont nés en France,
00:21qui sont devenus français, qui ont acquis la nationalité française
00:25et qui ensuite se marient avec des ressortissants étrangers
00:30originaires du pays qui était le leur ou qui était le pays de leurs parents
00:36et qui font venir au titre du droit au mariage, leur conjoint en France.
00:41Et on voit bien à ce moment-là que cette immigration-là,
00:45le phénomène que je décris, ça représente aujourd'hui la majorité de l'immigration familiale.
00:50Il n'y a plus du tout l'immigration familiale telle qu'on l'a connue.
00:52Non, il y a eu une rupture profonde qui s'est faite progressivement
00:57et on voit bien que cette immigration-là, d'abord elle est plus facile
01:00parce que comme vous le savez, le droit au mariage, c'est un droit qui est constitutionnel,
01:04donc on ne peut pas le remettre en cause.
01:05Ça veut dire que si je vis en France et que je suis originaire par exemple d'Algérie ou du Maroc
01:10et que je retourne dans mon pays épouser une ressortissante soit du Maroc, soit de l'Algérie,
01:17j'ai ensuite un droit qui est quasiment pas contrôlé à faire venir mon conjoint en France
01:22pour vivre en France ma vie privée, ça, personne ne peut le contester.
01:28Donc il y a eu une rupture profonde dans la nature de l'immigration familiale.
01:31Mais surtout, fondamentalement, on voit bien que cette immigration familiale,
01:36au bout d'un moment, elle cherche à venir sur le marché du travail.
01:39C'est normal, c'est normal, les gens cherchent à s'insérer au mieux,
01:42donc ils viennent sur le marché du travail.
01:44Mais simplement, comme ils n'ont pas été sélectionnés pour occuper un emploi,
01:49en fait, ils ont beaucoup de mal à trouver un travail.
01:52Et vous savez que le taux de chômage des étrangers en France est aujourd'hui,
01:55grosso modo, autour de 15 %, le double du taux de chômage des nationaux.
02:01Et donc, au fond, l'intuition de Bruno Retailleau,
02:04c'est qu'il ne s'agit certainement pas d'ouvrir toutes grandes les vannes de l'immigration,
02:10d'ouvrir toutes grandes les vannes de la régularisation.
02:13On a en France des personnes qui seraient parfaitement à même,
02:17et là, je voudrais le dire avec une certaine solennité,
02:20qui seraient parfaitement à même d'occuper des métiers en tension,
02:24des emplois dans des métiers en tension.
02:26Mais il faudrait que les partenaires sociaux, pardonnez-moi l'expression,
02:30soient un peu plus courageux.
02:31C'est-à-dire qu'une personne qui vit en France,
02:35auquel on propose une formation pour accéder à un emploi dans un métier en tension
02:39ou auquel on propose directement un accès à un emploi dans un métier en tension,
02:44il faudrait qu'au bout d'un refus, ou en tout cas de deux refus,
02:48on puisse en tirer des conséquences en termes d'indemnisation.
02:51Vous aviez le courage.
02:52Voyez que l'immigration est à la confluence de plusieurs préoccupations.
02:56Ça n'est pas seulement le rôle de M. Retailleau ou le rôle du ministre de l'Économie,
02:59il y a aussi le ministre du Travail qui a son moine.
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