00:00Devenu à leur manière une sorte d'emblème sinistre de l'infinie dégradation de la qualité
00:14de vie dans nos espaces urbains, de par leur prolifération des nuisances sonores, leur
00:19occupation anarchique des chaussées, leur conduite perpétuellement dangereuse et leur
00:24comportement en sauvager, le secteur d'activité que représentent les mototaxis est aussi à
00:29bien des égards, particulièrement symbolique de la difficulté voire de l'incapacité
00:34de l'état du Cameroun à appliquer des mesures fiscales équitables vis-à-vis de
00:38ses citoyens.
00:39On parle en effet d'un nombre global d'actifs à l'échelle nationale dépassant probablement
00:44les 3 millions.
00:45Dans la seule ville de Douala, les estimations en donnent le vertige.
00:59Vous avez aujourd'hui à Douala presque 1 400 000 Benskineurs, motos dans la rue.
01:18Vous n'avez pas 500 000 Camerounais dedans.
01:21Les autres c'est les Tchadiens, les Maliens, les Burkinabés, les Centrafricains, toute
01:30l'Afrique de l'Ouest qui arrivent sans papier, sans carte d'identité, sans rien.
01:34Dit ainsi, aujourd'hui le problème qu'il soulève est devenu à ce point aigu que,
01:39au comble de la confusion institutionnelle, toutes les administrations publiques qui mettent
01:43les pieds sont pour autant qu'aucune d'entre elles ne possède de clé quant à leur mise
01:48en discipline.
01:49Il y va ainsi des mairies, du ministère des Transports, du Commerce et plus récemment
01:55de l'inévitable administration territoriale.
01:57L'identification est désormais obligatoire pour les conducteurs de mototaxi et dès le
02:0630 octobre 2023, force restera à la loi.
02:10Mais en retrait de toute cette bataille, le ministère des Finances qui devrait pourtant
02:17être le premier à s'y intéresser, de par les revenus importants que brasse et hors
02:22la loi qui captent en moyenne 10 000 francs CFA par jour pour chacun d'entre eux, soit
02:2730 millions quotidiennement pour l'ensemble qu'ils sont.
02:30À cette échelle, près d'un milliard par mois, soit 12 milliards par an, le tout non
02:34prélevé par quelqu'un pour.
02:36Il y a donc lieu de se demander pour qui et dans quel but le ministre des Finances parle
02:41régulièrement d'élargissement de l'assiette fiscale, lorsque pendent à son nez de telles
02:46béances dans la collecte de ressources publiques.
02:48Impossible de ne pas lire dans ce redoncement l'évidente faiblesse de cet État désorganisé,
02:53sans cap et excessivement soucieux de préserver cette rente politique et électorale que l'on
02:58mobilise à tous les vents, mais qui possède aussi, et tout le monde le sait, un potentiel
03:03de retournement et d'insurrection particulièrement élevé.
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