00:00Tout public continue, Frédéric Carbone, accueillons à présent une artiste qui met
00:07son talent, son énergie au service de toutes les formes d'expression.
00:10Et oui, parce que si je vous dis seulement que c'est Vim à la ponce que nous recevons,
00:14vous allez vous demander de quoi on va parler ? Théâtre, cirque, performance, musique
00:19même, elle ne rentre dans aucune case et c'est très bien, elle en rigole.
00:22J'ai bon ou j'ai faux, Vim à la ponce, bonjour ?
00:26Vous avez bon.
00:28Aucune case !
00:29Toutes les cases.
00:30Je vais quand même dire pourquoi vous êtes là aujourd'hui, le beau rôle de Victor
00:34Roddenback au cinéma qui sort aujourd'hui, mais oui, il vous emmerveille ce titre, le
00:39beau rôle.
00:40Vous jouez partout, tout le temps, sur toutes les scènes.
00:41Disons que c'est un sentiment de se sentir illégitime partout qui crée un moteur très
00:48agréable en tout cas, que j'aime beaucoup et qui permet, comme on le disait dans les
00:51années 90, d'être une sorte de, de tenter d'être une artiste multimédia.
00:55C'est à ce poil ? Non, vous ne vous sentez pas illégitime partout.
00:59Non, mais c'est un petit peu comme plein de choses qui paraissent négatives, comme
01:03par exemple l'angoisse, c'est de l'exigence, je dirais que l'illégitimité, c'est un moteur
01:08créatif.
01:09Mais vous êtes bien partout aussi.
01:10Je suis bien avec vous.
01:11C'est bien, on en est ravis, Matteo Mastracci dans ce film, on est en tout cas dans le
01:17milieu du cinéma et du théâtre.
01:19Allez, petite bande-annonce.
01:20C'était Noémie, plutôt adorée.
01:21J'étais à le rôle.
01:22Sérieusement ?
01:23Ça va rouler, fais-moi confiance.
01:24Je ne serais pas le premier à faire un film et à répéter une pièce au même moment.
01:29On fait comment sans Ivanov ? On trouve un autre, un meilleur.
01:32Voilà, c'est un couple d'artistes, Henri et Nora, qui s'aiment et partagent tout, fusionnels
01:36et drôles, presque comme des meilleurs amis autant que des amoureux.
01:39Ils partagent aussi le goût du jeu et de la comédie.
01:41Le premier, cité, joue dans les pièces que la deuxième met en scène à Reims, mais
01:45Henri va décrocher un rôle au cinéma à Paris, mettre tout cet équilibre en jeu.
01:49Très joli film à la fois sur les goûts, les codes de certains milieux culturels mais
01:52aussi ce qu'on partage presque par télépathie quand on se connaît et qu'on s'aime depuis
01:57tant d'années.
01:58Film qui explore aussi ce qui est plus rare, ce qui se passe quand on se quitte et qu'on
02:01hésite à revenir ensemble avec un duo d'acteurs, lui aussi, Vi Malaponce et William Lepguil,
02:06vraiment formidables et attachants.
02:08Ça aussi, ça vous va bien ?
02:09Si ça vous bat, moi je suis bien.
02:12Si ça vous bat, ça vous va, bon bref, voilà.
02:16Si ça vous bat, non on ne repasse pas.
02:18On va appeler ça une comédie du remariage.
02:21Vi Malaponce, on a plus l'habitude anglais ou américain, ce genre de duo-là, ce genre
02:27de film-là, c'est un peu dans votre imaginaire aussi ?
02:29Oui, totalement, je trouve que c'est un film surtout qui parle plus que du milieu du théâtre
02:35et du cinéma, c'est un film qui parle du fait que pour rester ensemble, il faut être
02:38créatif et qu'on aime toujours malgré tout et qu'en fait, se séparer, ce n'est pas forcément
02:43se quitter, qu'une histoire d'amour, elle peut avoir plein de phases et que finalement,
02:48do you believe in love, after love, comme dit Cher, qu'est-ce qui reste après que l'état
02:54amoureux soit fini, comment on se construit là-dessus et tout ça, en fait, je trouve
03:00que c'est plutôt ça l'ADN du film et du coup qui en fait, comme on dit maintenant,
03:03une rom-com.
03:04Une rom-com, absolument.
03:05Il a dit fusionnel, Mathéo, pour parler de votre couple, il apparaît évident, en fait,
03:10c'est totalement une évidence, elle et lui.
03:13Oui, c'est vrai qu'il y a quelque chose, encore une fois, dans les duos qui sont artistes
03:20ou en tout cas, même pas que forcément artistes, des gens qui ont la même passion parce que
03:24comme on dit, s'aimer, ce n'est pas se regarder dans le blanc des yeux mais se regarder dans
03:27la même direction.
03:28Il y a quelque chose d'explosif là-dedans qui crée un espèce de double blast, comme
03:32on dit, de double orgasme dans le sens où l'amour, c'est une montée de sérotonine,
03:37la création sous toutes ses formes ou la passion, c'est une montée d'endorphine et du coup,
03:42quand on a ces deux choses-là, ça rend une relation complètement addictive et on
03:46ne peut plus retourner à des relations simplement où on mange des sushis et on regarde un DVD.
03:50C'est bon les sushis en même temps ?
03:51Non.
03:52Tout est bon quand c'est avec vous.
03:53Vous m'avez proposé un bouillon de poule avant d'arriver ici.
03:56Je n'aurais pas dû partir cuisine, je n'aurais pas dû partir cuisine.
04:01Il y a quelque chose que j'ai beaucoup aimé, Vimalapose, justement pour illustrer cette
04:04espèce d'évidence et cette idée que dans un couple comme ça, il n'y a pas forcément
04:08besoin de se parler pour se comprendre, une très belle petite invention dans le film.
04:13On le dit ou on ne le dit pas ? C'est arrivé à traduire qu'on n'a pas besoin de se parler,
04:18on se comprend.
04:19Oui, c'est télépathique.
04:21C'est un moment où Nora et Henri, les deux personnages, se regardent à des moments clés
04:26du film et où en général, il y a une tension et en fait, ils arrivent à lire dans les
04:30sensations de l'autre et c'est sous-titré en dessous.
04:32Effectivement, c'est un très joli moment.
04:36Je pense que l'amour est télépathique.
04:38Mais toutes les formes, même d'amitié et tout.
04:40Sur l'alchimique que vous formez à l'écran, qui est formidable à voir avec William Lepguil,
04:45il se trouve que je l'ai interviewé pour autre chose, pour un film, le film de Diastème,
04:49Joli Joli, qui va sortir le jour de Noël et je lui ai demandé du coup, j'ai dit, on
04:53reçoit Vimalapose avec qui il a tourné avec vous, qu'est-ce que tu as envie de lui dire
04:58comme message ? J'ai dit vous parce qu'on se voit évidemment au micro.
05:01Écoutez.
05:03Bien sûr.
05:06C'est ça ? Elle va comprendre ?
05:08Il faut traduire.
05:09Donc voilà, c'est un private joke, j'imagine, mais est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
05:17Voilà.
05:19Non mais je vous le garde parce que j'attends la suite.
05:21On ne saura pas ce que c'est.
05:23Un complot qui a des chiens.
05:25Ouais, voilà.
05:26Mais après, je pense que c'est aussi ça les comédies romantiques, c'est que la base,
05:30c'est que les deux acteurs, il y a une alchimie forte.
05:32S'il n'y a pas ça, c'est très compliqué.
05:35En fait, entre les prises, il y a quelque chose où il faut renouveler cette espèce
05:38d'étincelle et nous, en faisant, en dialoguant comme des toutous, des fois, ça nous maintenait
05:46en énergie de rire, en humour et en amour puisque finalement, l'un ne va pas sans l'autre.
05:52Donc c'était vos dialogues, ça ? Ce que vous venez de vivre, c'était des dialogues
05:56entre des scènes ? C'était notre échauffement entre des scènes
05:59pour maintenir cette tension animale ? Vous ne parlez pas chat ? Vous parlez que chien ?
06:06Non, que chien, ouais.
06:07Que chien, on est dans le temps, mais il faut avoir ses principes.
06:10Vous disiez, et à juste titre, qu'on était dans le monde du cinéma et du théâtre,
06:15on aurait pu être totalement ailleurs aussi et on voit qu'il y a justement l'idée
06:19dans ce film de ne pas être dans la caricature, loin de là de l'entre-soi, d'un milieu
06:24parisien.
06:25C'est tourné, je crois, Mathéo le disait, à Reims.
06:27Ce ne sont pas ces paysages-là, des paysages parisiens.
06:29Il y avait ce souci-là, évidemment, de l'ancrer quelque part et pas dans la grande ville.
06:34Je pense qu'il y avait ce souci-là parce que la culture en France, qui est absolument
06:38menacée en ce moment, surtout dans les subventions, et qu'il y a une scène très particulièrement
06:46de la performance actuelle, je pense à Gisèle Vienne, Philippe Ken, Castellucci, Vincent
06:50Matte-Keygne, Théo Mercier, Ouna Dehorty, Miette Warlop, il y a tous ces gens-là où
06:55j'étais très heureuse de travailler avec Victor Rodenbach qui connaît bien le théâtre
06:59contemporain et qui voulait aussi, même si ce n'est pas le sujet du film, que cette
07:03espèce de tapisserie derrière qui sert de fond pour raconter cette histoire soit relativement
07:10fidèle à une idée du théâtre qu'on voit souvent plutôt mal représentée au cinéma,
07:15tout comme le cirque d'ailleurs.
07:16Du coup, j'en suis très fière et du coup, il y a toutes les villes de France qui ont
07:20leur grand théâtre.
07:21Parlons-en justement du cirque, parce que je crois que vous avez choisi de faire le
07:25Centre National du Cirque de Châlons-Champagne plutôt que la Comédie-Française à un moment.
07:31Vos parents ont eu du mal à comprendre, pour vous c'était une évidence de passer par
07:35là et pourquoi ?
07:36Parce que moi je viens du milieu du sport, j'ai d'abord été très sportive, je suis
07:41championne départementale de votre scène de karaté Chautauquan, et j'ai fait du tennis,
07:45j'ai eu un contrat à Babola et à Didas, et donc je pense que…
07:48Elle existe encore Babola ?
07:50Enfin, moi j'avais trois raquettes, mais disons que oui, je pense qu'il y a quelque
07:57chose où l'idée de performance en général qui passe par le filtre du corps et où il
08:03faut transpirer, il faut donner quelque chose, en fait il faut perdre quelque chose pour
08:08donner quelque chose.
08:09Et cette chose-là, elle me paraissait évidente dans les écritures contemporaines, dont le
08:13cirque en France est une exception depuis les années 80, et où les écritures très
08:18contemporaines se situent là.
08:20Et si je peux me permettre, ça se ressent dans votre façon de jouer ce rôle-là, on
08:25ne peut pas dire qu'il a un rôle physique absolument, et j'ai pensé très récemment
08:30à quelqu'un d'autre venu du cirque, Aloïs Sauvage, dans le film de Reda Kateb, il y
08:35avait la même chose, la même utilisation du corps.
08:37Ah oui ? Je n'ai pas vu le film, mais oui, c'est une très grande acrobate Aloïs,
08:41effectivement.
08:42Mais vous sur ce côté physique, dans un rôle qui n'est pas forcément… il y a une espèce
08:47d'intensité physique, est-ce que ça vient de là ? Est-ce que ça vient du cirque et
08:49de l'utilisation du corps particulière ?
08:51Après, moi, je n'ai pas l'impression, en vérité, j'ai l'impression que c'est
08:54vraiment un truc d'acteur, où de toute façon, acteur, ce n'est pas forcément répondre,
08:58c'est réagir, et réagir, c'est instinctif, et instinctif, c'est le corps.
09:02Trois petits chats, trois petits chats, chapeau de paille, voici ma réponse.
09:05Et voilà ma dernière question.
09:07Réfléchissez bien.
09:08J'ai lu dans Libération, qui vous fait un très joli portrait de vous, ces derniers
09:11jours, que vous aviez écrit à 13 ans la suite de Hook.
09:14Oui.
09:15Vous ne l'avez pas encore envoyé à Steven Spielberg ?
09:17Non, j'ai beaucoup de regrets de ça, effectivement, j'avais écrit au cahier du cinéma et à
09:21Première pour avoir l'adresse, il m'avait répondu, Première, pas les cahiers, et effectivement
09:25après je suis allée chez le dentiste et j'ai lu que Spielberg ne voulait plus tourner
09:29avec des enfants, donc j'ai capitulé, et je le regrette amèrement.
09:33Et vous l'avez toujours ?
09:34Je l'ai toujours, mais je peux l'envoyer effectivement, rétroactivement, comme les
09:36droits s'assèment.
09:37Je voulais juste préciser, comme on est dans la période de fin d'année et des bilans
09:40et des recommandations, que pour nos auditeurs qui voudraient voir ce que peut accomplir
09:45Vimalaponse, il y a donc ce film dont on parle, Le beau rôle au cinéma, il y en a d'autres
09:49qui vont arriver, il y a la série en place aussi de Jean-Pascal Zaddi, j'essaie de donner
09:53un champ assez large, il y a vos numéros d'acrobatie et de cirque qu'on peut trouver
09:57aussi sur internet, et il y a aussi la musique avec Compromat, le formidable duo Rebecca
10:03Warrior, Vitalik, vous êtes dans plusieurs morceaux et dans un clip, si je ne dis pas
10:07de bêtises.
10:08Exactement, je suis très fière, et puis je vais faire l'Olympia, je ne suis peut-être
10:12pas le droit de le dire, c'est trop tard, c'est du direct.
10:14Merci pour l'info.
10:16Et on est content que dans ce calendrier à ce point la chargée, vous ayez trouvé quelques
10:20minutes pour passer par ici, par le studio de France Info.
10:23Moi je suis très contente, c'est une première en plus, j'aime bien France Info.
10:26On le garde pour la promo, vous pouvez le redire, à quel point vous êtes bien sur
10:31France Info, ça sera pour la promo après.
10:33J'aime bien France Info, et je voudrais juste du bouillon de poule que vous m'avez promis.
10:36Elle est formidable.
10:37Je ne sais pas si on va la garder.
10:38Allez-le.
10:39Merci, vive à la pause, le beau rôle sur les écrans.
10:42Et tout public, c'est aussi en podcast et à réécouter sur franceinfo.fr.
10:45A demain, Frédéric.
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