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  • il y a 18 heures
Des combats de Bir-Hakeim à la Libération de Paris, on décrypte plusieurs séquences des deux volets de “La Bataille de Gaulle”, en salles, pour comprendre ce qui relève des faits… et ce qui est romancé.
Transcription
00:00La deuxième partie du biopic consacrée au général de Gaulle vient de sortir au cinéma.
00:04Au total, 5 heures de film et des personnages historiques qui se succèdent à toute vitesse.
00:08Seulement voilà, entre les figures évidentes qui ont réellement existé
00:11et celles qui ont été inventées pour les besoins du scénario, on s'y perd un peu.
00:15Alors on a passé au crible 7 personnages clés pour voir ce qui est vrai et ce qu'il est
00:20beaucoup moins.
00:20Fernand a bien existé. Il s'appelait Fernand Bonnier de la Chapelle
00:23et il n'avait que 20 ans lorsqu'il a été arrêté et fusillé en décembre 1942
00:28pour avoir assassiné l'amiral François d'Arland.
00:30Dès l'arrivée des Allemands, Fernand rejette l'armistice et participe bien au mouvement des étudiants
00:35qui a lieu en novembre 1940 et qui est l'un des premiers actes de résistance de la France occupée.
00:40Mais contrairement à ce qu'on voit dans le film, Fernand n'est pas celui qui organise cette manifestation.
00:44Ce serait l'union des étudiants et lycéens communistes de France qui en serait à l'origine.
00:48Le film donne souvent l'impression qu'il agit seul.
00:50En réalité, une fois arrivé à Alger, Fernand rejoint le corps franc d'Afrique
00:53pour lutter contre l'Allemagne nazie depuis l'Afrique.
00:56Ce groupe paramilitaire s'oppose fermement à la prise de pouvoir de l'amiral d'Arland
00:59et prévoit de l'assassiner.
01:01Fernand vaut une admiration sans faille au chef de ce groupe, Henri Asté de la Vigerie,
01:06et accepte la mission.
01:07A l'aide d'un pistolet, il tue l'amiral au palais d'été à Alger et déclare avoir agi
01:11seul.
01:12Il est arrêté et quelques jours plus tard, il est exécuté.
01:15D'Arland mort, le général Giraud prend sa succession.
01:17Lui accepte de discuter avec de Gaulle, puis de collaborer ensemble à la tête de la France libre
01:21en tant que coprésident.
01:23Giraud, quelques mois plus tard, laissera le champ libre à De Gaulle.
01:26Dans le film, Livia apparaît comme l'une des plus proches collaboratrices de Jean Moulin.
01:30Pourtant, quand on cherche la trace, on ne trouve rien.
01:32Et pour cause, le personnage interprété par Anna Maria Bartolomé a été totalement inventé.
01:37L'actrice dit s'être inspirée de grandes figures de la Résistance,
01:40comme Germaine Tillion, Lucio Braque, Bertie Albrecht, pour préparer son personnage.
01:44Ces femmes ont œuvré pour la Résistance, souvent dans l'ombre des grandes figures masculines de l'histoire.
01:49Et on suppose que l'idée du réalisateur Antonin Baudry est de leur rendre hommage.
01:53Mais jamais Jean Moulin a eu comme bras droit une certaine Livia.
01:57Mais on peut préciser que Jean Moulin travaillait bel et bien avec des femmes résistantes à ses côtés.
02:01Déjà, il y avait sa sœur, Laure Moulin, agent de liaison, et puis Colette Ponce.
02:05Elle lui servait de couverture pour son faux métier de marchand d'art
02:08qui lui permettait de passer la frontière entre Paris et Lyon.
02:11Le 22 juin 1940, les habitants de l'île de Saint écoutent la rediffusion de l'appel du général de
02:16Gaulle sur la BBC.
02:17Encouragés par le maire et l'abbé, les hommes quittent leur terre bretonne pour rejoindre Londres.
02:21Ils sont 128, entre 14 et 54 ans, soit la totalité des hommes valides de cette petite île du Finistère,
02:27puisque beaucoup étaient encore mobilisés.
02:29Quelques semaines plus tard, le 7 juillet, quand de Gaulle passe en revue,
02:33les Français venus le rejoindre volontairement, il se rend compte qu'il y a les habitants de l'île de
02:37Saint.
02:37Sur les 128 sénants partis, 18 ne reviendront pas.
02:40Ils ont surtout combattu dans la marine et les forces navales libres.
02:44L'image a de quoi surprendre.
02:45Qui est cette femme parmi les hommes sur le champ de bataille lors de la bataille de Bir Hakeim ?
02:49Eh bien cette femme n'est pas une invention du scénario, elle a bien existé et elle s'appelait Suzanne
02:53Travert.
02:54Cette Anglaise, installée en France depuis son enfance, se distingue par sa volonté d'émancipation.
02:58Après avoir été championne de tennis, elle rejoint Londres en 1940,
03:02alors qu'elle n'a que 31 ans, pour s'engager auprès de De Gaulle.
03:05Elle rejoint les forces françaises libres, comme infirmières puis ambulancières,
03:09et combat parmi les 3723 Français à Bir Hakeim.
03:13Elle accompagne Kouenig en Syrie et au Liban en 1941 et devient son chauffeur personnel.
03:17Très vite ils deviennent aussi amants et en février 1942,
03:20ils se rendent tous les deux à Bir Hakeim dans le désert libyen.
03:23Seulement 3723 Français font face aux 35 000 soldats italiens et allemands.
03:28L'objectif ? Tenir leur position le plus longtemps possible pour permettre aux forces alliées de se regrouper.
03:33Kouenig espère tenir 8 jours, ils en tiendront 15 sous un déluge de bombes.
03:37À cours d'eau et de munitions, il organise l'évacuation,
03:40les soldats sortent en colonne durant la nuit et traversent les lignes ennemies.
03:44Et comme dans le film, en tête la voiture de Kouenig avec au volant Suzanne Travers.
03:48Elle poursuit le combat jusqu'en mai 1945 en Tunisie, en Provence et en Allemagne.
03:52Et à la fin de la guerre, elle rejoint la Légion étrangère.
03:55Sa trace est effacée des archives pour ne pas nuire à la réputation du général Kouenig.
03:59Elle attendra la mort de son ancien amant et de son mari pour écrire ses mémoires en 2000 à l
04:04'âge de 90 ans.
04:05Il est très probable que sans Winston Churchill,
04:08De Gaulle n'ait jamais réussi à lancer son appel du 18 juin.
04:10Car oui, ce qu'on voit dans le film, ce lien très particulier entre Churchill et De Gaulle était bien
04:14réel.
04:15Déjà, avant la signature de l'armistice,
04:17Winston Churchill a cherché à convaincre le gouvernement français de venir à Londres et s'allier.
04:22Mais la proposition est rejetée et l'un des seuls à aller jusqu'à Londres, c'est le général De
04:26Gaulle.
04:26Churchill sait qu'il est l'un des seuls à vouloir continuer le combat et donc il l'autorise à
04:30parler sur la BBC le 18 juin.
04:33Les deux hommes vont, comme dans le film, développer une relation d'estime et d'agacement.
04:37Churchill admire beaucoup De Gaulle pour son courage,
04:39mais il est aussi très agacé de son entêtement et son nationalisme.
04:43Et puis Churchill négocie ardemment avec Roosevelt pour l'entrée en guerre des États-Unis.
04:48Or, Roosevelt déteste De Gaulle.
04:50Churchill est donc parfois contraint d'écarter De Gaulle,
04:52comme lors du débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942.
04:55Mais Churchill a aussi pris position pour De Gaulle, quitte à s'opposer à Roosevelt,
05:00comme lorsqu'il choisit de soutenir De Gaulle plutôt que Giraud.
05:03Roosevelt détestait De Gaulle.
05:04Ce n'est un secret pour personne.
05:06Mais dans le film, Eisenhower, le bras droit de Roosevelt en charge des armées,
05:10entretient une relation plus nuancée avec les Français libres.
05:13Il respecte profondément l'action menée par Leclerc et ses hommes,
05:16et dans la vraie vie, c'était aussi le cas,
05:18et il a bien laissé Leclerc arriver en premier à Paris.
05:21La libération de Paris est extrêmement stratégique,
05:23d'abord parce que Roosevelt ne reconnaît pas la légitimité de De Gaulle à incarner la France libre.
05:28Il considère donc que la France appartient au camp allemand,
05:31et s'imagine déjà administrer la France avec des préfets américains,
05:34et il a même déjà fait imprimer des billets français, comme dans le film.
05:38Alors De Gaulle va directement voir Eisenhower pour lui demander
05:41de laisser Leclerc arriver à Paris avant ses troupes américaines.
05:44Même s'il est conscient des enjeux et qu'il sait qu'il est contre l'avis de son président,
05:48Eisenhower autorise Leclerc à partir.
05:50L'armée de la France libre arrive à Paris le 24 août,
05:53alors que les Parisiens sont déjà en insurrection depuis le 19 août.
05:56Le 26 août, De Gaulle est accueilli en héros et met très rapidement en place un nouveau gouvernement,
06:01ce qui empêche les projets de Roosevelt.
06:03La Nouébé est la 9e compagnie de la 2e division blindée du général Leclerc.
06:07Elle est composée de républicains, d'anarchistes et de communistes espagnols
06:11qui ont fui l'Espagne-franquiste après le début de la guerre civile.
06:14Et en effet, comme on le voit dans la bataille De Gaulle,
06:16ses combattants sont les premiers à entrer à Paris le soir du 24 août 1944.
06:20Leur véhicule porte les noms des batailles de la guerre d'Espagne,
06:22Teruel, Guadalajara, Belchit.
06:25Le surlendemain, le 26 août, il défile sur les Champs-Elysées,
06:28aux côtés du général De Gaulle.
06:30Ses soldats combattaient le fascisme avec cet espoir.
06:33Une fois Hitler et Mussolini tombés,
06:35les alliés les aideraient à libérer l'Espagne de Franco.
06:37Pendant longtemps, ils ont été oubliés.
06:39Et il fallait, dans l'imaginaire collectif,
06:41que Paris ait été libéré par des Français.
06:48L'armée du général Giraud reprend la main.
06:52Vous ne comprenez rien à la politique.
06:55Giraud est une marionnette des Américains.
06:57Vous ne pouvez pas obstacler la guerre, général De Gaulle.
07:00Il n'y aura jamais aucun accord entre lui et moi.
07:03Je ne peux pas s'enligner avec ce « crazy man ».
07:04Je ne peux pas s'enligner avec ce « madman ».
07:09Pour lui, la France n'existe plus.
07:11Si nous ne nous imposons pas sur le terrain,
07:13il n'y aura pas de France.
07:14L'armée secrète se met en place.
07:16Nous allons pouvoir commencer à frapper fort.
07:17Va, va, va !
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