00:00Ayant hérité d'un ministère des forêts en pleine stagnation administrative, institutionnelle
00:13et stratégique, du fait, entre autres, de la confluence des intérêts et acteurs contradictoires
00:18sur la gestion forestière, il n'est pas difficile de reconnaître le peu d'impact
00:23qu'a jusqu'ici obtenu le ministre Jules Dorendongo dans la structuration de ce secteur.
00:28Premier et plus retentissant échec, son incapacité de faire aboutir enfin une loi
00:34sur les forêts, attendue de tous depuis son entrée en préparation en 1997.
00:39Point central de cette inertie, l'impossibilité qui s'affiche à faire dialoguer les centres
00:45de profit qui ont appris à se faire concurrence et souvent la guerre.
00:49Au cœur de ce jeu à somme nulle, un ministre épuisé, dont la crédibilité auprès des
00:54acteurs du secteur, malgré les discours de convenance, n'a eu de cesse de s'étioler.
00:59Le sigifre 2 place le BOUFOF à la pointe de la gouvernance et de la transparence.
01:06Il constitue l'une des plus importantes réformes de dématérialisation des procédures
01:12de gestion forestière jamais entreprises ces 20 dernières années dans le sous-secteur.
01:19La ligne directrice de cette loi, depuis son entrée en préparation, avait pourtant été
01:23portée sur l'industrialisation de la filière.
01:26Sur la période des 7 dernières années, allant de 2017 à 2024, le gouvernement a procédé
01:32à une augmentation progressive du droit de sortie des grumes, passant d'un taux de
01:3717% à 75% aujourd'hui.
01:39Ce qui correspond, calculait en main, à une hausse globale de la taxation des exportations
01:45des grumes de l'ordre de 428% en valeur relative, de la fureur compréhensible des
01:51acteurs de la filière.
01:53Aujourd'hui en Europe, vous ne pouvez pas vendre les bois en grumes.
01:57Le marché des grumes reste uniquement en Asie, rien qu'en Asie.
02:03Et aujourd'hui, l'Asie-même est en crise.
02:06Il y a une crise immobilière là-bas qui a baissé les commandes, non seulement les
02:11commandes ont baissé, mais les prix également ont chuté.
02:13Mais au Cameroun, nous sommes toujours en proie à une augmentation des taxes qui augmentent
02:19par ricochet le coût de production parce qu'en dehors des taxes, nous avons cette
02:25inflation qui a touché tous les produits et quand on mélange, on fait un mélange
02:30de tout ça, nous n'en sortons pas.
02:33Par ailleurs, dans les circulaires relatives à la préparation des lois de finances 2023
02:39et 2024, le chef de l'État, Paul Biya, prescrit expressément au gouvernement la priorisation
02:45des meubles fabriqués localement dans la commande publique, en lieu et place des meubles
02:49importés.
02:50La loi de finances 2024 instaure ainsi un droit d'assise de 25% sur les importations
02:55des ouvrages en bois, des meubles en métal utilisés dans les bureaux, les meubles en
03:00bois utilisés dans les cuisines et les meubles en matière plastique.
03:03Tout ceci vise à renchérir les importations pour davantage orienter la commande vers les
03:09meubles en bois fabriqués localement.
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