00:00Il s'en est fallu de peu, à la session de novembre 2023 à l'Assemblée nationale,
00:18pour que le Premier ministre Joseph Diogouté soit empêché de présenter le bilan de son
00:22gouvernement ainsi que les projets majeurs pour l'année suivante.
00:25Proprement chahuté qu'il a été par les députés de l'opposition, avait compté
00:31être le président du Parti Camerounais pour la réconciliation nationale, PCRN,
00:35Cabral-Ubi, en colère contre les normes retard affichées dans le défaut du projet de loi du
00:40finance. L'occupant de l'immeuble Étoile marchait alors sur un fil, lui dont l'image a régulièrement
00:47été affaiblie par les nombreuses incursions d'autres personnalités de l'exécutif dans le
00:52périmètre de son action. Un Premier ministre dont le rôle est d'autant plus mis à l'épreuve
00:57qu'il porte régulièrement à s'interroger sur le sens donné à la coordination de l'action
01:01gouvernementale. C'est des problèmes qui ne devraient pas exister. Vous me voyez, moi,
01:06Premier ministre, je donne des instructions à un ministre, il ne respecte pas. Mais avant de
01:11consulter le président, j'ai un arsenal pour le remettre en ordre, d'abord même le convoquer
01:20pour qu'il exécute, tant que chef du gouvernement. Les ressources mises à sa disposition sont pourtant
01:28conséquentes. Dans la loi de finances 2024, un peu plus de 22 milliards de francs affectés pour
01:34l'essentiel au fonctionnement. Dans le document de référence fourni par ces services, l'on apprend
01:39que tout cet argent doit servir, entre autres, à l'amélioration de la gouvernance administrative,
01:43économique et financière des politiques publiques, en vue de garantir la transformation structurelle
01:50de l'économie. En somme, la colonne vertébrale du passage de cet homme devant les députés lors de
01:56son compte oral. Un point de note a été également mis sur la communication du gouvernement national
02:02afin d'éclairer l'opinion publique sur les actions engagées conformément aux très hautes
02:08prescriptions du chef du Gouvernement national pour répondre aux préoccupations structurelles et
02:13préventives. La question, en fin de ce compte, devient alors tant politique que morale. À savoir,
02:20quel sens donner à la coordination de l'action gouvernementale dans un contexte où le Président
02:26lui-même était le premier à en moquer le fonctionnement et les résultats ? Mais d'où
02:30vient-il donc que l'action de l'État ? Dans certains secteurs de notre économie,
02:37paraissent parfois manquer de cohérence et de lisibilité. Pourquoi, dans bien des cas,
02:46les délais de prise de décision constituent-ils encore des goulots d'étranglement dans la mise
02:53en œuvre des projets ? Comment expliquer qu'aucune région de notre territoire ne puisse afficher un
03:03taux d'exécution du budget d'investissement public supérieur à 50% ? Enfin, il est permis
03:12de s'interroger sur l'utilité de certaines commissions de suivi de projets qui ne débouchent
03:20sur aucune décision. En clair, du temps, de l'énergie et de l'argent une fois encore jetés
03:26par les fenêtres, cette année encore.
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