00:00♪♪♪
00:15Bonjour à tous, bienvenue.
00:167 minutes chrono, chaque jour sur TLC,
00:18la parole aux personnalités du département de la Loire.
00:20J'ai le plaisir d'accueillir Alexandre Rochatte
00:22en cette fin d'année, monsieur le préfet de la Loire.
00:24Bonjour.
00:25Merci beaucoup de venir nous voir aujourd'hui.
00:27Deux émissions spéciales pour faire le bilan de votre action,
00:30de l'action de l'État dans le département
00:32et terminer l'année ensemble.
00:34De nombreux sujets que j'aimerais aborder avec vous.
00:36Ça fera deux ans que vous avez été nommé préfet de la Loire.
00:39Un décret du Conseil des ministres le 11 janvier 2023.
00:42Donc vous fêterez vos deux années.
00:44Avant de parler des dossiers,
00:45je voudrais que nous fassions un point
00:47sur la situation politique du pays.
00:49Je ne vous demande pas de parler politique
00:50au sens partisan du terme, en tout cas.
00:53On voit que les Premiers ministres
00:54sont renversés par les motions de censure,
00:56que le gouvernement se succède depuis quelques semaines maintenant
00:58et que, malgré tout, l'État fonctionne.
01:00Est-ce que le rôle du préfet, la fonction de préfet,
01:03n'est pas le signe que, finalement, un pays continue à fonctionner ?
01:07Vous êtes le garant de la stabilité des institutions ?
01:11Oui, vous avez raison, je suis.
01:12Les préfets sont un des garants,
01:14puisqu'il y a d'autres institutions qui demeurent, évidemment,
01:17mais les préfets dans les départements et dans les régions
01:20sont la garantie de la continuité de l'action de l'État.
01:24Mais ça, ça ne fonctionne que parce qu'il y a des institutions
01:26qui le prévoient et on compare de temps en temps
01:30l'instabilité au sujet des États-Unis
01:32avec le non-vote du budget américain.
01:35On sait très bien qu'il y a une sanction très forte
01:37puisqu'il n'y a pas ce qui correspond à chez nous,
01:39une loi de finances.
01:40En France, on a des institutions et on a prévu les institutions
01:43et le fonctionnement pour que ça continue à fonctionner.
01:47L'État, dans les départements, sous l'autorité des préfets,
01:50effectivement, continue à fonctionner,
01:52avec un certain nombre de limites, évidemment,
01:53puisque la loi de finances n'est pas votée.
01:55Donc, on a de quoi dépenser.
01:56Il y a un cadre budgétaire un peu particulier.
01:58Il y a un cadre budgétaire qui est particulier
01:59puisqu'il reprend celui de l'année 2024,
02:01divisé en douzième par mois,
02:03pour avoir les autorisations de dépenser.
02:05Et puis, on va avoir la loi spéciale
02:06qui devrait être adoptée au Parlement cet après-midi,
02:10qui permet, elle, de lever l'impôt.
02:12Donc, en fait, on peut continuer à fonctionner,
02:14mais dans un cadre qui est très limité
02:16et qui n'est pas celui d'une loi de finances.
02:17Vous comprenez l'inquiétude que la situation peut susciter ?
02:20Après, on a vu les agriculteurs,
02:21on voit de nombreux corporatismes, comme ça,
02:24qui s'inquiètent de l'instabilité de la situation du pays.
02:26Oui, bien sûr. D'ailleurs, les agriculteurs,
02:28pour ne parler que d'eux,
02:29je suis en contact assez régulier avec eux,
02:31et on connaît très bien leurs inquiétudes,
02:34mais ce ne sont pas les seuls.
02:35J'ai vu également l'affairation du BTP.
02:37Enfin, il y a un certain nombre d'activités économiques,
02:39et puis même, de façon générale, nos concitoyens
02:42veulent, et c'est normal, avoir un gouvernement.
02:45Et donc, le travail est en cours.
02:46Le Premier ministre a été nommé.
02:48Il est en train de consulter et il va former un gouvernement.
02:51Donc, on va avoir un gouvernement très vite,
02:53et donc, on va pouvoir continuer, en fait,
02:55à avoir un fonctionnement de l'État, comme on l'a prévu.
02:58Monsieur le Préfet, je voudrais...
02:59On va, évidemment, passer en revue tout un tas de dossiers.
03:02Je voudrais qu'on parle des inondations
03:04des 17 et 18 octobre derniers,
03:05les ravages que ça a occasionnés dans la vallée du Gier,
03:07dans le Pila, également.
03:08Vous avez souhaité lancer une mission, aujourd'hui,
03:11pour évaluer la manière dont on a communiqué
03:13auprès des populations sinistrées,
03:15puis concernées par ces épisodes climatiques.
03:19Aujourd'hui, il faut faire le point sur ce qui s'est passé
03:22pour anticiper de nouveaux incidents liés à la météo ?
03:26Vous savez, on le fait toujours.
03:27Il y a trois phases dans une crise.
03:30Il y a le moment où la crise est là, et il faut la gérer.
03:32Donc, on gère l'urgence, la sécurité de nos concitoyens.
03:36Ça, c'est vraiment l'urgence.
03:37On le fait en partenariat, évidemment, avec les collectivités.
03:40Il y a la phase où on est juste après la crise,
03:42où là, on va commencer à réparer les choses
03:44et faire que les choses reviennent dans l'ordre.
03:46Et puis, après, il y a le temps long,
03:47qui est celui de la réparation et des constructions.
03:50En général, quand on gère la crise,
03:52juste après, on fait un retour d'expérience,
03:53qui est indispensable, parce que ça nous permet
03:55de nous adapter en fonction des circonstances.
03:57Il n'y a jamais deux crises qui sont complètement identiques.
03:59Sur la façon dont on a fonctionné ensemble
04:01avec les services de l'État, avec les collectivités,
04:04là, on a eu besoin, par exemple, de s'appuyer beaucoup
04:06sur Saint-Étienne-Métropole, on parlait du GIE,
04:08qui a été l'un des endroits où c'était très important,
04:10mais dans le Pila aussi, avec les communes,
04:12avec d'autres instances, avec le SDIS,
04:14c'est les pompiers, les policiers, les gendarmes.
04:16Tout ce travail-là, on le fait, on a l'habitude de le faire,
04:19et on l'a conduit.
04:20Mais en fait, il y a quelque chose qu'on ne fait jamais
04:22et qui me semble important.
04:24Alors, c'est aussi peut-être issu de ma culture
04:26de la gestion des risques outre-mer,
04:28parce qu'il y a une...
04:29Vous avez été préféré en Guadeloupe.
04:30Voilà, et l'actualité montre qu'outre-mer,
04:32on peut avoir des phénomènes plus violents encore qu'en Métropole.
04:35Il faut qu'on s'y prépare, nous aussi,
04:36sur des territoires soi-disant plus épargnés.
04:38Je pense que oui, on a besoin de le faire.
04:40Et pour s'y préparer,
04:41je souhaite que nous puissions interroger
04:44l'ensemble des Ligériens qui ont été touchés par ces événements
04:47et qui ont eu de l'information qui est arrivée
04:49de la part de l'État ou de la part des médias.
04:51Vous nous avez relayé l'information, c'est tout à fait normal,
04:54pour que les gens puissent mesurer si, oui ou non,
04:56ils ont eu la bonne information au bon moment
04:58et qu'ils auraient pu avoir d'autres informations
05:00qui leur auraient été utiles
05:03pour savoir comment se comporter dans ce phénomène.
05:05Et donc, c'est pour ça qu'on a un sondage qui est lancé
05:08depuis la semaine dernière,
05:09avec 600 personnes qui vont être interrogées,
05:11pour qu'on ait ce retour qualitatif
05:12qui va nous permettre d'améliorer notre communication.
05:14Il faut faire des territoires plus résilients aussi,
05:16accélérer les installations, les infrastructures, les travaux, etc.
05:19En fait, il y a deux sujets pour être résilients.
05:21Il y a un premier sujet, effectivement,
05:23c'est de travailler sur les infrastructures,
05:25sur les constructions.
05:26Là, on parle d'inondations, mais de montée des eaux.
05:29Donc, ça veut dire qu'il faut se garantir de la montée des eaux.
05:31Je pense qu'on a un sujet autour du GIE qui est en train d'analyser...
05:35Et c'est l'État qui encourage les collectivités locales,
05:37les gestionnaires des...
05:38On les encourage, on met en place des programmations avec elles,
05:42des plans qui nous permettent de travailler sur plusieurs années,
05:45voire sur des décennies.
05:46Quand on parle du GIE, c'est un travail qui est beaucoup plus important
05:49que la simple année.
05:50Donc, on a des plans prévisionnels de prévention des inondations,
05:54on a des plans de prévention des risques,
05:56et on travaille avec les collectivités pour le faire.
05:58Il y a un autre volet qui est indispensable,
05:59c'est d'améliorer l'alerte,
06:00d'améliorer notre capacité à anticiper les choses.
06:03Parce qu'on sait que l'eau va monter,
06:04on sait qu'on aura des fortes pluies.
06:05Il faut qu'on arrive à modéliser les choses avec Météo France,
06:08avec des capteurs qui sont dans les cours d'eau.
06:10Et puis ensuite, et ça rejoint ce que je disais juste avant,
06:13c'est comment est-ce qu'on informe les gens
06:15sur cette montée des eaux, ce risque potentiel,
06:18ce risque qui peut être un risque très important
06:20et quelles sont les conduites à tenir.
06:21En termes d'urbanisme aussi, ça veut dire revoir peut-être nos schémas ?
06:24C'est indispensable.
06:25On voit bien que...
06:27Vous prenez la vallée du GIE,
06:28qui est une vallée complètement artificialisée.
06:30On voit bien que l'eau,
06:31une fois qu'elle est canalisée à l'intérieur de construction,
06:34elle prend un courant et une force beaucoup plus importante
06:36que si elle avait un vase d'expansion plus large,
06:39comme c'est le cas d'ailleurs
06:40sur la découverte de la friche duuralex maintenant, aujourd'hui.
06:43Donc on voit les résultats en plus.
06:44Donc il y a un effet indispensable.
06:46Monsieur le préfet, je vous propose de nous retrouver demain
06:48pour poursuivre cette discussion.
06:50Nous parlerons de soutien à la vie économique,
06:52de précarité et des élus locaux.
06:54On se retrouve demain dans 7 minutes chrono.
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