00:00Trônant avec ses éternelles gandouras blanches dans cette immense maison de centre-ville
00:26de Yaoundé, l'une des plus prestigieuses du système gouvernant cambonais, il n'est
00:31pas inutile de se demander si M. Alamine Ousmane Mehi, ministre en charge de l'économie,
00:36de la planification et de l'aménagement du territoire, ne sera pas tenté au cours
00:40des prochaines semaines de remettre tout bonnement sa démission à son premier ministre, Dioun
00:45Goutei. La raison, l'insoutenable humiliation que
00:50vient une fois encore de lui infliger Paul Bia, en procédant de façon tout à fait incompréhensible
00:55à la baisse du budget d'investissement public pour le prochain exercice 2024. Révélation
01:01ahurissante faite par le ministre des Finances en personne lors d'un récent séminaire tenu
01:06à Yaoundé pour la présentation du budget de l'État.
01:10Le chef de l'État a signé une ordonnance en juin, le mois dernier, qui a revu à la
01:20baisse le budget d'investissement public. Il est clair qu'une orientation, une inflexion
01:27doit être faite dans le budget 2024 pour que le budget d'investissement public reprenne
01:33une courbe ascendante. Une baisse du budget d'investissement public
01:40donc. Dans le principe, ébouriffante pour qui
01:46suit minimalement les grandes tendances, les orientations de fond et les discours d'importance
01:52générés par les personnes pourtant en charge de la politique économique du pays, à commencer
01:56par le président de la République en personne. Une sorte de consensus national est perceptible
02:04sur l'objectif de l'émergence. Je crois que nous devons mobiliser toutes nos énergies
02:14au service de cette cause et jeter toutes nos forces dans le combat pour la croissance.
02:21Ainsi, à chaque fois rappeler l'importance d'une politique d'investissement public soutenue
02:31en vue d'obtenir la transformation profonde du pays sur les prochaines années, comme
02:36aime à le rappeler M. Ousmane Mey lui-même, du haut de sa voix aux accents quelque peu
02:40robotiques et à l'évidence, dépourvus de la moindre conviction.
02:44Aujourd'hui, nous sommes en train de parler de la stratégie nationale de développement
02:54SND30. Cette stratégie couvre la période 2020-2030. Elle est structurée autour de
03:02quatre principaux piliers. L'un des principaux est relatif à la transformation économique
03:09de notre pays. Vous voyez qu'en élaborant une stratégie, en définissant bien entendu
03:16les piliers, la mise en œuvre de ces piliers s'exécute autour des stratégies sectorielles.
03:23Mais alors, que de contradictions entre le discours et les faits.
03:28Entre l'année 2019 et 2023, en effet, le budget d'investissement public a baissé
03:39en part relative dans les dépenses publiques, passant de 28% à seulement 18% en 10 ans,
03:45soit une baisse de 10 points correspondant à 308 milliards de francs CFA, alors que
03:49le budget de l'État dans son ensemble s'est accru sur la même période, 2133 milliards
03:55de francs CFA.
03:56Le problème vient si l'État n'est pas affirmatif, si l'État n'assure pas cette
04:07clarté dans ses choix, si lui-même n'est même pas des enveloppes précises en matière
04:13d'investissement qui soit visible, si lui-même ne montre pas les preuves pour ses propres
04:19entreprises.
04:20Un choix plus qu'assumé, clairement à faveur des dépenses improductives qui alimentent
04:32la généreuse corruption des fonctionnaires. Comment établir dès lors un cap politique
04:37clair entre un ministre des Finances qui exige une nécessaire discipline budgétaire
04:41au plan de la programmation des dépenses publiques, et un président apparemment peu
04:45concerné par tout cela, qui poursuit plutôt impertubablement le cap de l'augmentation
04:50des dépenses de consommation.
04:52C'est un problème d'efficacité, c'est un problème de discipline, et nous avons demandé
05:01à tous les séminaristes et notamment aux représentants des différentes administrations,
05:07de prendre acte du fait que les nouveaux investissements, les nouveaux projets ne devraient être lancés
05:13que un, si les anciens sont terminés, et deux, si on a déjà bien maturé ces nouveaux
05:18projets d'investissement pour qu'ils soient inscrits dans le budget. Sinon, ils ne seront
05:22pas inscrits dans le budget.
05:23Où va donc le Cameroun ? Où va ce Cameroun dont, sans fin, Alamé Nusmanmé continue
05:33de parler d'émergence à travers ces fameux documents totémiques, DSEE et maintenant
05:38SND30, auxquels personne ne croit ?
05:40Si nous parlons aujourd'hui d'électricité, c'est parce que dans le cadre de la stratégie
05:57nationale développement SND30 qui vise la transformation structurelle, vous comprendrez
06:01que la production, le relevement du niveau des activités génératrices de revenus ne
06:11peut se faire que si nous avons de l'électricité disponible.
06:15De quoi se parait du moindre optimisme donc ? La tendance générale est à devoir s'inquiéter
06:29des dérives macroéconomiques et de l'irresponsabilité politique qui accompagne cet ensemble dans
06:35un pays où rien ne semble pouvoir indiquer à court terme un redressement des tendances.
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