00:00Tantôt amis et tantôt sur ses gardes avec les conducteurs des engins à deux roues mises
00:23en exploitation de façon commerciale dans tous les coins et recoins des villes et zones
00:27rurales du pays, il semble apparaître d'évidence que par les actes publics posés au cours
00:32des derniers mois, le gouvernement cherche fébrilement recettes à un phénomène devenu
00:37totalement hors de contrôle, résultat d'un laissifère sans nom dans le continuel affaiblissement
00:43de la force et de l'intelligence d'intervention de l'Etat.
00:57A Douala et à Yaoundé en particulier, la situation est telle, à l'orée de l'extrême
01:04dégradation de la qualité de la vie urbaine, de la liquidation des dispositifs de mobilité
01:09individuelle et collective et de la paupérisation générale, que tout le monde se demande comment
01:14on dit guet à défaut de mettre un terme à l'expansion phénoménale des mototaxis devenus
01:19source considérable d'ennuis sur tous les plans et constitué sans doute malgré eux
01:24Comme un groupe social et donc une force politique avec laquelle il ne viendrait plus
01:27à personne d'afficher la moindre forme de désinvolture, à commencer par Paul Biya lui-même.
01:35Le cas des conducteurs de mototaxis, je sais que cette profession n'a pas toujours bonne
01:42réputation en raison de quelques brebis galeuses qui s'y sont introduites, mais la majorité
01:53de ces jeunes cherchent tout simplement à gagner leur vie. N'étant pas heureux de la
02:00possibilité offerte d'atteindre rapidement et à moins de coût des destinations difficiles d'accès.
02:08Un président obligé de cajoler une clientèle électorale devenue autant encombrante que
02:12nécessaire. Lors de la campagne présidentielle d'octobre 2018, pas un seul meeting de campagne
02:18ici et là sans la mobilisation de ce bétail électoral.
02:49Ainsi en est-il avec Paula Tangadji, amie le matin, ennemi le soir, homme de toutes les
02:56flatteries un jour, ministre de toutes les menaces le lendemain. Dans le déploiement
02:59de sa figure ministérielle à la tête de l'administration territoriale, passées les
03:04mobilisations opportunistes de la campagne présidentielle, tout se résume depuis lors
03:08à des formules empoulées qui masquent cependant mal la terrible impuissance à agir.
03:13Ceux qui exercent ce métier, l'identification commence au niveau de l'achat. Vous devez,
03:22donc vous aurez des carnets que les autorités administratives vont déroulement contrôler.
03:27Ça veut dire qu'on vient chaque semaine, ce que vous avez vendu, on voit déjà à ce niveau-là,
03:32à qui vous avez vendu et leur identité. De quels moyens au juste dispose aujourd'hui
03:38la puissance publique et en particulier le ministère de l'administration territoriale
03:42pour agir sur le terrain de la légalisation, du contrôle, voire de la sanction contre des
03:47hordes de personnes réputées prêtes à tout pour défendre leur corporation et leurs gains ? Dans
03:53la stratégie choisie par le gouvernement, l'approche est de s'appuyer sur un impensé de
03:57nature libérale portant à manier la carotte en présentant de façon aussi affinante que
04:02possible les bénéfices du consentement individuel à tout alignement sur la loi.
04:06Il reste que cette question portant à l'identification et donc de la mise en
04:10norme de cette population, aujourd'hui évaluée à près de deux millions de
04:14personnes sur l'ensemble du pays, est loin d'être acquise.
04:17Vous avez aujourd'hui à Douala presque un million quatre cent mille
04:21Benzkineurs, motos, dans la rue. Vous n'avez pas cinq cent mille Camerounais dedans.
04:29Les autres, c'est les Tchadiens, les Maliens, les Burkinabés, les Centrafricains,
04:35toute l'Afrique du Nord, ce qui arrive sans papier, sans carte d'identité, sans rien.
04:40Que faut-il donc faire? Par où commencer? Comment procéder?
04:44Chacun y va de ses recettes et de ses incantations,
04:47sans certitude sur le résultat qui en sortira à quelques étapes du parcours qui attend.
04:52Maintenant, comme lui dit, pour que la moto sorte de la maison, il faut que ça sorte déjà
04:58étant identifié. Pour nous, ça serait un peu très difficile. Difficile pour nous,
05:02parce que là, ça va ralentir nos ventes.
05:06Quand vous allez au ministère des Transports, ils vous diront qu'ils n'ont pas de matériaux
05:11pour produire la carte d'identité, c'est-à-dire les catégories. Ils n'ont pas de matériaux.
05:18Cela arrive quelques fois ou peut-être quatre fois par an. Et quand il arrive, il pénalise.
05:27Si jamais cette instruction qui vient du tréau n'est pas respectée,
05:32alors ces valeurs importantes seront comptables des forfaits imputés aux conducteurs de taxis malhonnêtes.
05:42Pour le moment, davantage de mots que d'actions. Sur un terrain extrêmement inflammable,
05:49au devant duquel les usages se retrouvent corsetés, pris dans la tourmente entre
05:53l'impérieuse nécessité de se déplacer, mais aussi d'innombrables défis sécuritaires
05:58ou pullulent autant d'accidents graves que d'agressions physiques, signe d'un
06:02ensauvagement de la vie collective où tout se joue désormais hors des normes de la moindre civilité.
06:08Ceux qui viennent des centres africains, c'est des gars qui sortent des maquilles,
06:11qui sont des guerriers. Ils arrivent, ils ont le maniement du couteau,
06:16engorger quelqu'un pour eux, c'est rien. Parce qu'il n'y a aucun Camerounais
06:20qui vous engorge comme ça.
06:24Il faut donc agir, mais agir dans quel sens ?
06:28Aucune certitude claire de la part de Paula Tanganyi. Seule certitude, aucun moyen de
06:33passer en force au risque de créer un embrasement à propos duquel personne ne serait en mesure
06:38de déterminer la forme du début et encore moins celle de la fin.
Commentaires