00:00...
00:00L'on ne peut qu'être intrigué de voir de quelle ampleur a pu être le déploiement humain,
00:20matériel et même communicationnel, que la Gendarmerie nationale a mobilisé en ce début du mois de mai.
00:26Dans plusieurs localités de la région du centre, au prétexte d'une lutte contre la criminalité.
00:36Des opérations de bouclage et de ratissage, selon les termes du métier, que l'on a vu débuter ici dans la localité de Batchenga,
00:44où les populations disent se plaindre d'un regain d'actes socialement répréhensible depuis la flambée des prix du cacao.
00:50Nous avions de sérieux problèmes qu'il y a des brigands, des vrais brigands, et qui vraiment passent dans des...
00:58On les connaît.
00:58On les connaît, mais cependant, ces enfants-là, partent faire des pratiques toute la nuit.
01:06Ils coupent, ils cabosent, ils emportent, et partent vendre.
01:10Et ils ont même des... des receleurs.
01:13Cependant, nous souhaitons vraiment que celles-là puissent revenir une fois, parce que ceci a...
01:18Moi, je me dis que ceci a été raté, parce que c'est dont on a mis la main.
01:21Beaucoup sont des innocents, beaucoup sont des élèves, mais les vraies cibles sont parties.
01:26Ils sont casés dans des brouches, ils sont dans des villes où les gens les hébergent.
01:30Pour cela donc, un déploiement massif, dans les cases et y compris les champs, dans le but de se saisir de tous les objets potentiellement suspects, il est passé au peigne fin d'enquête.
01:41Il s'agit d'une zone où des malfrats ont pris le plaisir à venir s'installer et perturber la paix des populations dans la localité de Badjenga et ses environs.
01:55Il était donc question de mener une opération de bourgage dans le cadre des opérations d'Antarie, ordonnée par le commandement,
02:01pour traquer ces malfrats qui perturbe la paix des citoyens honnêtes.
02:06Il y aura été question de fouiller les maisons, d'interpeller les suspects, de saisir les objets suspects également.
02:14On a saisi des carburants freinlatés, on a saisi une tenue militaire détenue par un civil,
02:22on a saisi des bidons de carburants, des motos non immatriculés, sans propriétaires.
02:29Donc, nous espérons que cette opération apporte du fruit, parce que les populations sont contentes de nous voir nous déployer dans leur village.
02:44Ainsi en est-il de la prospérité qui vient avec son lot de malheurs.
02:48Le département de la Léquier-Bastion, reconnu pour la prospère culture du cacao,
02:56extirpé de toutes plantations qui sont également devenues sources de convoitises.
03:02Figurez-vous qu'un planteur, dès que son cacao a commencé à jaunir, ne trouve plus le lit de sa maison.
03:14En fait, ne se couche plus chez lui.
03:15Il commence déjà à veiller dans sa plantation, muni des armes blanches comme il peut.
03:24Dès qu'il a cueilli, il doit veiller, dès qu'il a concassé.
03:28Et même une fois le produit rentré à la maison, je vous assure, tant qu'il ne l'a pas vendu, il ne trouve pas le sommeil.
03:35Donc, ce qui a entraîné la grande criminalité, et qui parle de criminalité,
03:42le banditisme parle de cet excitant.
03:45Selon les narratifs entendus des populations elles-mêmes,
03:50certains de ces voleurs audacieux se rendent directement dans les plantations,
03:54afin de cueillir à la souche même des arbres,
03:57ce qui fera, quelques mois plus tard,
03:59résonner le bruit délicieux des billets de bancs craquants au bout de ses doigts.
04:02Petite criminalité donc, sans grande portée, qui ne change pas tant que cela la structure de vie des populations ici,
04:17et qui ne peut que rendre suspect quant à la théâtralisation de cette lutte.
04:22Car par la suite, c'est Yaoundé qui a fait l'objet d'un investissement de même nature.
04:26D'abord ici au quartier Simbok, comme on peut le voir dans ces images,
04:33mais aussi à Biémassie et d'autres zones semi-périphériques.
04:37À chaque fois, de petites bricoles récupérées ici et là,
04:42et évidemment, largement étalées aux yeux du public,
04:45en même temps que les corps de quelques malheureux capturés dans ces patrouilles
04:48sont exposés là, sous le soleil, quasiment comme du bétail.
04:52L'on en reste donc à ces mises en scène spectaculaires et, pour le moins obscènes,
05:01dans un contexte de surenchère administrative et institutionnelle
05:04où tout semble ne raisonner désormais qu'en fonction de la future présidentielle.
05:09Rendez-vous décisif par devant lequel il est donc utile d'afficher ses gros bras.
05:15On le voit donc, la gendarmerie non plus ne déroge pas à la règle générale
05:19et se donnant, comme on le voit, qu'Aureyam a une évidente recharge d'applaudissements.
05:34Nous avons été plus près de 50 bonhommes,
05:38certains qui faisaient dans la fabrication de whisky et de gonfles lattés.
05:45L'un qui avait volé plusieurs ordinateurs, PB,
05:50qui avait été remis aux étudiants dans des années récentes
05:54et beaucoup d'autres objets suffraient qui sont en cours d'exploitation
05:58dans la compagnie de Yaoundé 2.
06:02Donc, coup de chapeau aux gendarmes qui ont contribué à réussir cette situation.
06:05Coup de chapeau également aux populations qui nous renseignent.
06:08Et je leur dis qu'elles continuent à nous renseigner, nous sommes disponibles,
06:13qu'elles appellent, qu'elles viennent au bureau, qu'elles nous rencontrent partout où c'est possible
06:16pour nous renseigner sur la situation sécuritaire de leur quartier, de leur village
06:20et de tout malfrat qui sillonnent les villes et les quartiers.
06:25Des manœuvres qui peuvent donc également être interprétées
06:31comme une démarche délibérée de production de ces intimidations publiques
06:34et ces vexations quotidiennes et de ces humiliations envers la petite population
06:38afin que, le moment venu, tout le monde se tienne à carreau.
06:42L'usage présumément légitime de la force et donc de ces instruments que le pouvoir positionne
06:54comme un levier d'endiguement de toutes les voies contestataires
06:58pouvant advenir sur les prochains mois.
07:00A partir de ce jour, tous désordres, infectifs, manipulations, propagation de fausses nouvelles
07:13appellent à l'insurrection, message de haine doivent cesser
07:19car ces forfaits seront désormais traités avec la rigueur de la loi.
07:30La loi sera plus sévère pour la simple raison qu'avec les réseaux sociaux.
07:39Le mensonge est aujourd'hui amplifié par 2 000.
07:43La manipulation est amplifiée par 5 000.
07:47L'appel à l'insurrection est amplifié par 10 000.
07:50Toutes choses inacceptables et intolérables dans un état de droit comme le Cameroun.
07:56Ce en quoi l'immense déploiement en courne représente donc une sorte d'échauffement
08:03pour faire passer le seul message qui vaille.
08:06Il vaut mieux se tenir à carreau.
08:07Un endroit plus à l'insurrection.
08:19Sous-titrage Société Radio-Canada
08:20Merci.
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