00:00Alors que c'est paradoxal parce que nous avons 80 conflits dans le monde à peu près aujourd'hui de petite, moyenne ou grande intensité
00:06et alors qu'on a toujours dit la guerre plus jamais.
00:09En attendant, la première guerre mondiale évidemment a un bilan humain absolument terrifiant
00:14et Michel Barnier ce matin était en déplacement au musée de la grande guerre de mon écoute.
00:20Comme ceux de 14, vous avez chacun entre vous des ressources,
00:25des idées, de l'énergie, de la créativité, de la combattivité, de la générosité
00:32et ces forces personnelles, il faut qu'elles soient actives.
00:36Je voulais vous dire un mot, engagez-vous !
00:40Engagez-vous pour le climat, engagez-vous contre la pauvreté, la précarité, l'isolement.
00:46Engagez-vous pour la transmission de notre patrimoine, de notre histoire, notre culture, notre patrie.
00:54Pour les plus âgés d'entre vous, engagez-vous dans des mouvements de jeunesse,
00:59des associations pour la défense de notre pays.
01:02Engagez-vous y compris dans des mouvements politiques.
01:07Ce que j'ai appris personnellement mesdames et messieurs très tôt,
01:10c'est que si vous ne vous occupez pas de politique, c'est la politique qui s'occupe de vous.
01:16Voilà les phrases de Michel Barnier pleines de sens, Joseph Messiaen-Scarron.
01:22Joseph Messiaen-Scarron n'est pas d'accord.
01:24Non, il y a un problème, il faut revoir la personne qui a écrit le discours,
01:28parce que je pense qu'il y a un problème, un vrai problème, c'est un problème de...
01:32de... comment dire ?
01:34De continuum ?
01:35Non, c'est-à-dire que...
01:37De contexte ?
01:38Si vous voulez, de contexte comme dit Philippe, de souvenir historique.
01:43Engagez-vous, je comprends très bien, et quand on extrait...
01:47Sachant que vous indignez vous de Gerd Garmand.
01:48Oui, oui, quand on extrait ce discours, évidemment, Michel Barnier a totalement raison.
01:52Mais, vous pouvez l'appliquer sur, à mon sens, sur la seconde guerre mondiale.
01:58Où la raison d'un engagement était réelle.
02:01Parce que ce qui était en jeu, c'était nous, en tant qu'êtres humains, du point de vue presque ontologique.
02:08Il ne fallait pas s'engager en 1914 ?
02:09Mais, c'est pas l'engagement en 1914.
02:13L'engagement, quand vous... attendez, soyons précis.
02:16Quand vous dites, engagez-vous en 1914,
02:19les personnes qui sont parties, elles ne sont pas parties pour lutter contre le totalitarisme.
02:25Elles sont parties, beaucoup d'entre elles, dans une boucherie sans nom.
02:33Dans quelque chose qui a saigné nos campagnes.
02:35Qui a saigné l'Europe.
02:37Qui a cassé les reins de la France.
02:41Et que nous n'avons jamais pu retrouver.
02:43Qui était là aussi pour, comment dirais-je, pour sauver des territoires.
02:47C'est un sacrifice qui a été fait.
02:49Donc, si vous voulez, ce qui me gêne, c'est quand vous parlez d'engagement.
02:53Qu'est-ce que vous voulez qu'ils disent ?
02:55Je vous écoute.
02:56Moi, ce que j'aurais dit, voilà.
02:57Joseph, poursuivez.
02:58Alors, je suis très étonné, pardon, que Michel Barnier n'ait pas fait.
03:01Je ne suis pas un Européen fou.
03:05C'est le moins qu'on puisse dire.
03:06Mais, je ne comprends pas, c'était l'opportunité de parler d'Europe.
03:11Et de l'Europe que nous voulons aujourd'hui.
03:13Après, on n'a pas tout le discours, mais j'imagine qu'il n'y a peut-être qu'un mot là-dessus.
03:17Mais de la part, justement, de quelqu'un qui a une légitimité totale.
03:21Qui parle à tout le monde.
03:23Aussi bien aux Anglais qu'aux Allemands.
03:25Donc, si vous voulez, le engagez-vous pour quelque chose où beaucoup de personnes,
03:31enfin, beaucoup de jeunes Français, bien sûr qu'il y a eu un élan patriotique.
03:35La question n'est pas là.
03:37Mais cet élan patriotique est parti dans le bourbier d'une boucherie sans nom.
03:44Philippe Guybert.
03:45Non, je suis assez d'accord avec Joseph.
03:47On se souvient du début du voyage au bout de la nuit.
03:49Vous vous souvenez ?
03:50Lorsque le Bardamus se laisse engager, entraîner, dans l'élan patriotique dont tu parlais.
03:57Parce qu'il y a eu un vrai élan patriotique.
03:59Et puis, pour noyer ton propos, il y a eu la volonté de sauver la France face à l'Allemagne.
04:04Qui était perçue, à l'époque, on sait qu'historiquement c'est un tout petit peu plus compliqué.
04:08Mais qui était perçue comme l'agresseur.
04:12Qui intégrait l'Alsace et la Lorraine.
04:15Mais ça a été une énorme boucherie.
04:18Mais on sait, nos militaires le savent, quand il y a des situations qui sont difficiles,
04:24il y en a qui savent qu'ils vont mourir.
04:26Qu'est-ce qu'a été le Vietnam ?
04:28Ne parlons pas des militaires.
04:30Il ne faut pas parler des militaires sur cette partie.
04:32Qu'est-ce qu'a été ?
04:33Pardon ?
04:34Oui, c'est vrai que c'est vrai.
04:35Parce qu'il y a eu des chefs militaires, on le sait.
04:38Plus que des faillants.
04:41Qui ont envoyé la France, qui ont envoyé des gens français dans la boucherie.
04:45Les campagnes françaises ont été durablement meurtries.
04:49Des familles entières ont été numérisées.
04:51Qu'est-ce que vous dites aux soldats israéliens qui se sont engagés dans les tunnels du Hamas à Gaza ?
04:58300 000 morts à Verdun.
05:01Ils savent qu'ils vont courir un risque inouï.
05:03Seulement à Verdun.
05:04300 000 morts.
05:06Combien il y en a-t-il eu au moment du débarquement ?
05:10300 000 morts à Verdun.
05:12Je vais répondre à votre question.
05:14C'est facile de dire ça après.
05:16Juste un point, Joseph.
05:18Qu'est-ce que vous faites en 1914 ?
05:20Vous y allez ou vous n'y allez pas ?
05:21Oui, bien sûr qu'il faut y aller quand même.
05:23Personne ne savait qu'il y aurait eu autant de morts.
05:25Joseph, ce que tu dis sur l'incompétence grave et criminelle...
05:30Vous n'avez pas une boule de cristal ?
05:32Des militaires de l'époque...
05:34Pardonnez-moi, là il ne s'agit pas de la prédiction.
05:37Non, parce que là nous jugeons.
05:39On n'a pas les mêmes outils aujourd'hui d'évaluation.
05:41Oui, mais là nous sommes après.
05:43Après dire, prendre ce modèle sur l'engagement...
05:46Pardonnez-moi, je ne suis pas d'accord.
05:48En tout cas, il y a eu un autre sujet dans ce discours.
05:52C'était le sujet du jour férié.
05:54Puisqu'il en est question aujourd'hui.
05:56M. Copé et M. Barnier ne sont pas forcément d'accord.
05:59On écoute.
06:00On n'a pas besoin d'un jour férié pour commémorer.
06:04Il y a mille manières de commémorer sans pour autant ne pas travailler.
06:08Ou alors ça veut dire que nous avons 65 millions de Français
06:11qui sont au pied des monuments aux morts le 11 novembre.
06:13Ça se saurait.
06:14Donc en réalité, les commémorations c'est une chose.
06:18Le jour férié c'en est un autre.
06:20Que nous conservions pour des moments symboliques le 14 juillet,
06:23tout ça je peux l'entendre.
06:24Mais en réalité, il me semble que le jour férié
06:27c'est une manière de faire des économies.
06:29Honorer la mémoire de ces combattants,
06:32c'est d'abord avoir la mémoire de cette histoire tragique.
06:37C'est pourquoi je suis heureux de vous retrouver en ce 11 novembre.
06:42C'est une journée fériée à laquelle nous sommes attachés.
06:45Voilà.
06:46Là je suis d'accord.
06:47Et là je suis d'accord avec M. Barnier bien sûr.
06:49Je suis d'accord avec M. Barnier.
06:50Parce qu'il s'agit en effet d'un devoir de mémoire
06:53par rapport à ces centaines de milliers de Français qui se sont sacrifiés.
06:57Ce devoir de mémoire, nous le devons.
06:59Mais nous le devons absolument.
07:01J'ajoute que c'est une question absolument essentielle,
07:03parce que c'est une question d'histoire,
07:05comme sont essentielles les questions de géographie.
07:07Si vous n'avez pas l'histoire et la géographie,
07:10vous ne pouvez pas vous mouvoir dans le temps ni dans l'espace.
07:12Et c'est normal si vous êtes désorienté.
07:14Je suis d'accord.
07:15Je peux vous prendre quelques instants pour dire ça à mes deux jeunes garçons,
07:19surtout le plus petit qui a du mal à intégrer les leçons d'histoire
07:24et à comprendre à quoi ça va lui servir plus tard.
07:27Vous avez d'autant plus raison.
07:29Je parle de mon cas personnel, mais c'est un cas universel.
07:32On a du mal aujourd'hui.
07:337 Français sur 10.
07:34Voilà, merci.
07:35J'ai vu passer un sondage où 7 Français sur 10
07:37ne se souviennent plus de l'origine de l'11 Nouveau.
07:40Si tu m'entends, Joseph va venir à la maison te faire réviser tes leçons d'histoire.
07:43Oui, d'accord.
07:44Je suis d'accord.
07:45Je trouve que sur les jours fériés, on pourrait avoir une autre réflexion.
07:48Alors soit on pourrait imaginer de regrouper en un seul jour,
07:52soit le 11 novembre, soit le 8 mai.
07:54Soit on pourrait aussi considérer,
07:56dans un point de vue strictement économique,
07:58que le jour du 15 août, l'assomption de la Gierge,
08:01tout le monde est en vacances, 90% des gens sont en vacances,
08:04et que ce n'est pas le jour férié le plus indispensable de l'année.
08:07Vous savez, les jours fériés les moins indispensables,
08:09à mon essence, c'est ceux qui ont été institués de facto,
08:12un par le télétravail, deux par les 35 heures.
08:15Le télétravail n'est pas un jour férié.
08:17Oh, ça faisait une bonne chute !
08:19On sait que vous n'êtes pas d'accord, Guybert, écoutez !
08:22Non, mais franchement...
08:23Ah bah oui, franchement !
08:25Mais il est là !
08:26Il est là !
08:27Mais vous courez le marathon, il est là pour vous énerver,
08:29vous voyez pas le truc venir ?
08:31Ignorez-le !
08:32Oh là là !
08:33On dirait mes deux garçons !
08:35Vous êtes exactement pareil, classe de CE2 et de 6ème.
08:3819h55, on se retrouve dans un instant pour le journal de 20h,
08:42et à 20h10, Jean-François Colosebo pour parler encore
08:45du devoir de mémoire de cette grande guerre.
08:48A tout de suite !