00:00On va en parler demain plus avant, je voudrais qu'on écoute Antoine Armand, le ministre de l'économie.
00:04Il était l'invité ce matin de la grande interview Europe 1C News avec Sonia Mabrouk.
00:09Il anticipait ce séminaire gouvernemental où forcément toutes les opinions du gouvernement sont là et elles ne sont pas tout à fait pareilles.
00:18Avec d'autres membres du gouvernement, nous avons une sensibilité qui est différente.
00:22C'est la première fois sous la Vème République qu'il y a une coalition,
00:25c'est-à-dire des partis qui ne sont pas ensemble partis aux élections et qui se retrouvent à gouverner ensemble.
00:29C'est nouveau et on apprend. Il y a quelque chose qui est très important et qu'on peut partager quelle que soit notre sensibilité politique,
00:35c'est le besoin d'autorité à l'école, dans la rue, vis-à-vis de nos compatriotes, y compris dans la crédibilité de l'État.
00:43Mais les mots sont importants. Par exemple, Bruno Rotailleau dit « mexicanisation ».
00:46Le ministre Daragon dit « l'étranger qui assassine dehors ». Vous êtes à l'aise avec tout cela ?
00:51Je suis ministre des Finances d'un pays qui a 3 000 milliards de dettes, plus de 6 % de déficit.
00:56Croyez bien que je suis concentré sur cette tâche et je crois que les Français demandent au ministre des Finances de s'occuper des finances du pays d'abord.
01:02Madame Mabrouk, je ne répondrai pas à votre question.
01:05Je crois qu'Antoine Armand a bien pris des notes depuis sa première sortie un ou deux jours après sa nomination sur le RN qui était sorti de l'arc républicain.
01:13Désormais, il veille bien à ne pas sortir de l'arc posé par Michel Barnier dans le cadre de son gouvernement.
01:21D'ailleurs, je pense à Michel Barnier. J'espère qu'il se remet bien de son opération parce que la gestion de ce gouvernement assez disparate et qui a du mal à marcher qu'en un seul homme...
01:31Il a reçu 41 ministres au tour de la table aujourd'hui.
01:34Oui, c'est son autorité. Au titre de Premier ministre, il a l'autorité pour faire cela.
01:40Maintenant, on a le sentiment que des notes ont été prises. On a même l'impression que Didier Migaud et Bruno Retailleau peuvent s'entendre.
01:51Ils vont faire une sortie ensemble à Marseille.
01:54Ça sera très attendu. On observera les gestes et les œillades et on verra si Didier Migaud reprend...
02:04On verra s'ils sont main dans la main comme Helmut Kohl et François Mitterrand à une époque.
02:07Didier Migaud reprend illico presto les propos de Bruno Retailleau sur la mexicanisation à Marseille.
02:14Pour résumer, je dirais que cette homogénéisation du discours du gouvernement a l'air d'être plutôt en bonne voie.
02:23Les ministres ont compris qu'il y avait des erreurs à ne plus commettre, mais ça ne tient pas à grand-chose.
02:31Il faut quand même rappeler que M. Barnier a un seul objectif, c'est de faire passer son budget.
02:36C'est donc d'obtenir que le RN ne vote pas la censure.
02:40Et ça, c'est son seul et unique objectif du moment.
02:43En tout cas, il y a d'autres ministres qui font moins gaffe, entre guillemets.
02:47Ça a été, d'une certaine manière, le cas d'Agnès Pannier-Runacher qui était l'invité du grand rendez-vous Europe 1C News Les Echos.
02:53Et quand, avec Mathieu Bocoté hier, nous lui demandions si elle était d'accord avec la politique des charters
02:59qu'applique Bruno Retailleau sur le même modèle que Nicolas Sarkozy et encore avant lui, Charles Pascua, voilà ce qu'elle répond.
03:06Moi, je ne partage pas cette vision.
03:08Je vous le dis très simplement parce que je souhaite qu'on ne soit pas dans la distraction,
03:13mais qu'on s'intéresse aux causes fondamentales de l'immigration.
03:19Jean-Michel Salvatore.
03:20Une mauvaise choisie, une distraction. On ne l'avait pas vu venir avec Mathieu.
03:24En fait, elle entérine le fait qu'ils ne sont pas d'accord, mais ça a une signification politique.
03:30Ça veut dire que finalement, pour la première fois depuis très longtemps, peut-être depuis Jospin,
03:34on n'a pas un gouvernement monocolore, mais on a un gouvernement pluriel.
03:39Et en fait, on a une coalition avec des gens qui assument qu'ils ne sont pas d'accord.
03:44Une cohabitation, presque.
03:45Parce qu'il y a une cohabitation avec Macron, mais il y a aussi une cohabitation à l'intérieur du gouvernement.
03:49Et chacun assume de ne pas penser exactement la même chose.
03:52Antoine Armand le disait très bien.
03:54Finalement, il ne veut pas répondre, mais on voit bien ce que ça veut dire.
03:58Là, sur un sujet extrêmement important, elle reconnaît qu'elle n'est pas d'accord.
04:04Mais ce que Barnier leur a demandé, en fait,
04:06ce n'est pas forcément de parler d'une seule voix parce que c'est impossible,
04:09mais il leur a demandé plutôt du respect, de l'écoute et de la bonne foi.
04:13Et ça serait déjà pas mal.
04:15Mais M. le Communicant, Jean-Michel Salvator, c'est important.
04:18Adi-Espagne Réunacher, hier, a eu du mal à sortir finalement ce mot de distraction.
04:23Avant, quand on l'a questionné, on est allé plusieurs fois la questionner là-dessus.
04:28Elle nous disait que le principe, c'est d'appliquer la loi.
04:32On a déjà tout un panel législatif qui permet d'appliquer la loi.
04:36C'est ce qu'a fait Dupond-Moretti avec les lois qu'il a mises en place, etc.
04:40Et puis, finalement, elle le sort, ce mot de distraction.
04:45Ça veut dire quoi ?
04:46Ça veut dire qu'elle fait elle-même dû en même temps en disant
04:49« Je suis ministre, donc je suis légitime dans ce gouvernement et ce gouvernement travaille. »
04:57Mais en même temps, j'ai un électorat qui m'a allié pour ce que je suis,
05:01c'est-à-dire dans la Macronie, mais à gauche de la Macronie.
05:05Pourquoi est-ce qu'elle finit par s'aider contrairement à Antoine Armand ?
05:09Moi, je pense que sa position n'est pas tenable.
05:12Elle n'est pas tenable parce que, si vous voulez, d'abord...
05:16D'abord, Retailleau est l'homme fort du gouvernement,
05:20quoi qu'on en dise et quoi qu'on en pense.
05:22Il est le premier à avoir nommé un vrai sujet,
05:26qui est le sujet du narcotrafic.
05:29Il a mis des mots sur le phénomène alors que personne ne voulait nommer tout ça.
05:33Il a parlé de mexicanisation, il a parlé de narcomicides,
05:37il a parlé de narco-racailles.
05:39Il a dit que l'immigration n'était pas une chance pour la France.
05:41Il a dit que l'immigration n'était pas une chance,
05:43et il sait très bien qu'il a Barnier pour lui.
05:45Même si Barnier, évidemment, est assez habile,
05:48il sait très bien que Barnier le soutiendra.
05:50Et là, elle met en cause quand même la politique de Retailleau
05:54quand elle dit, finalement, on n'a pas attendu Retailleau
05:57et les instruments législatifs existent et sont suffisants
06:01pour lutter contre le narcotrafic.
06:03Et là, elle va être obligée de manger son chapeau.
06:06Un, parce que Retailleau a un projet et veut faire passer deux lois
06:10et deux, parce que Dupont-Moretti avait également à l'étude
06:14une loi avant la dissolution.
06:18Donc, si vous voulez, il me semble que sa position n'est pas tenable.
06:21On est dans la posture, elle incarne la gauche de la Macronie.
06:24Elle est dans la posture, mais à mon avis,
06:26elle ne va pas pouvoir continuer très longtemps comme ça.
06:30On peut parler de posture, mais je parlerais aussi de troubles cognitifs.
06:32C'est-à-dire qu'on a atteint la limite de ce qui est tolérable intérieurement
06:36en termes de positionnement idéologique.
06:38C'est-à-dire qu'elle appartient à un gouvernement
06:40avec des ministres dont elle ne partage absolument pas les vues
06:43comme on l'a vu avec Bruno Retailleau.
06:45Et pour autant, elle y reste.
06:48Donc, on est dans un grand écart permanent
06:50qui oblige à des circonvolutions intellectuelles
06:54mais tellement poussées que même en plateau,
06:57elle n'a pas réussi à anticiper ce type de questions.
07:02Et elle travaille, parce qu'elle revenait tout juste
07:05de la COP16 Biodiversité à Cali en Colombie
07:08où de nombreux sujets ont été mis sur la table.
07:12Après, il y a eu un vote un peu truqué
07:16où il n'y a pas eu le quorum suffisant
07:19pour faire passer des mesures fondamentales
07:23pour la biodiversité et pour le climat.
07:26Mais elle est au travail, en tout cas dans son périmètre.
07:30Mais elle devrait y rester et savoir répondre
07:32comme le ministre de l'économie, beauté en touche.
07:35Et à la limite, personne n'est dupe.
07:37On le sait bien que c'est un assortiment
07:39de personnes qui ne partagent pas les mêmes vues.
07:41Après, je ne veux pas faire de science exacte ou infuse
07:43mais une interview sur une heure
07:47et une interview sur 15 minutes
07:49comme Antoine Armand ce matin,
07:51ce n'est pas exactement pareil.
07:52C'est-à-dire qu'on a plus de distance
07:54évidemment pour aller la chercher.
07:56Et puis d'autres,
07:58par le passé dans cette maison,
08:00ils sont allés aussi au mortier.
08:02Donc à un moment donné,
08:04on finit par obtenir une réponse.
08:06Jean-Michel Salvatore ?
08:07Elle n'a pas non plus un poids politique considérable
08:09Madame Pannier-Runacher.
08:11C'est la gauche de la Macronie.
08:13Sans doute, mais elle n'a pas un poids politique très important.
08:15L'opinion n'est pas de son côté.
08:17Il n'y a qu'à regarder tous les sondages
08:19qui montrent que finalement les thématiques
08:21développées par Ottaïo sont soutenues
08:23par 70, 75, 80% des Français.
08:25Et souvenez-vous,
08:27quand Mme Pannier-Runacher avait dit
08:29« Si je n'ai pas mon budget, je m'en vais »,
08:31ça n'a pas créé une énorme émotion dans le pays.
08:33Bon, ça c'est fait.
08:35C'est du Jean-Michel Salvatore dans le texte.
08:37Contrairement, vous auriez pu dire,
08:39à M. Migaud qui, tout d'un coup,
08:41a reçu 250 millions,
08:43de plus, même s'il en réclamait 500.
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