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  • il y a 1 an
Transcription
00:00Mona Amoudellor, juste avant de questionner votre invité, on a aperçu tout à l'heure des blessés,
00:08certains manifestants, certains pompiers être pris en charge par des strips médics.
00:13Est-ce que vous avez des informations sur des éventuelles blessures aujourd'hui ?
00:21Écoutez Grégory, je n'ai pas les chiffres exacts.
00:23En tout cas, j'ai pu constater, j'ai pu le voir, il y a eu quelques blessés qui ont été pris en charge
00:28soit par des pompiers, soit par des strips médics qui ont été blessés à la jambe ou encore à la tête
00:34également des gilets jaunes qui étaient présents lors de ce rassemblement et dans ce cortège aussi,
00:40qui étaient vraisemblablement des strips médics également et qui ont aidé, qui ont secouru ces gens-là.
00:45Il y a eu plusieurs distributions de liquide pour ceux qui avaient reçu du gaz lacrymogène.
00:50On a été également, on nous a gentiment également donné un peu de ce liquide pour pouvoir ouvrir les yeux
00:55et puis voir un peu plus clair. En tout cas, pour le moment, le calme, c'est un peu plus calme.
01:01Quoique, vous l'entendez juste derrière moi, ça varie, c'est assez inattendu.
01:06Je vais donner, je vais laisser la parole à un sapeur-pompier.
01:09Bonjour à vous, merci d'être avec nous. Vous êtes venu du Vaucluse, est-ce que vous pouvez vous présenter ?
01:14Oui, bonjour, donc Christophe Vaché, je suis sapeur-pompier professionnel dans le Vaucluse à Avignon
01:19et je suis également président du syndicat autonome du 84.
01:22Très bien. Pourquoi c'est important pour vous de vous manifester depuis juin 2019 ?
01:26J'ai pu parler à plusieurs collègues qui nous disaient que c'était extrêmement important de manifester,
01:31surtout qu'aujourd'hui il y a cette réunion avec le gouvernement. Qu'est-ce que vous attendez ?
01:35En fait, on attend enfin que le gouvernement nous comprenne, nous entende et nous comprenne surtout.
01:41On a des revendications qui pour nous sont légitimes.
01:43Nous avons cette prime de feu qui existe depuis 1993, qui n'a toujours pas été réévaluée depuis.
01:49Donc on attend à ce que justement la revalorisation se fasse.
01:53Et après il y a aussi bien d'autres sujets, notamment la réforme sur les retraites où on est également impacté.
02:00Vous voulez un départ à la retraite anticipé, c'est ça ?
02:04Oui, on peut dire ça. On a la possibilité de partir 5 ans avant, mais sous certaines conditions.
02:10C'est-à-dire qu'il faut avoir travaillé au minimum 27 ans et avoir surcotisé.
02:14C'est-à-dire que ce n'est pas un cadeau qu'on nous fait, c'est une surcotisation que l'on paye tous les mois,
02:19qui est de l'ordre de 4% de plus sur la cotisation retraite.
02:23Aujourd'hui, les sapeurs-pompiers jouissent d'une bonne réputation, en tout cas d'une bonne image au sein de la population.
02:30Quelles sont les coulisses du métier ?
02:32J'ai pu parler avec beaucoup de pompiers qui m'expliquaient que c'était un métier extrêmement pénible.
02:36Oui, en fait c'est surtout les rythmes de travail qui sont compliqués.
02:40Nous faisons des gardes de 24 heures, donc il peut nous arriver de prendre des gardes et de ne pas dormir.
02:46Physiologiquement, c'est compliqué.
02:48Nous, on demande aussi au niveau national qu'il soit enfin pris en compte cette pénibilité au travail
02:54et surtout d'organiser notre temps de travail en organisant uniquement des gardes de 12 heures.
03:00C'est-à-dire qu'actuellement, il faut comprendre qu'un sapeur-pompier qui travaille 24 heures
03:04n'est payé en moyenne que 17 ou 18 heures sur ses 24 heures en plus.
03:08On a vu ici la tension monter d'un cran, il y a eu ces frictions.
03:12Est-ce que les pompiers sont à bout finalement ?
03:16Oui, bien sûr. C'est justement parce que le mouvement dure depuis juin
03:20que le gouvernement entend pas qu'on arrive à des situations comme ça,
03:24où les liens sont remontés et qu'on a envie qu'on parle d'eux et qu'on les comprenne, comme je vous le disais tout à l'heure.
03:31Selon vous, cette mobilisation va perdurer ?
03:34On attend de voir l'évolution, je demande, de la réunion qu'il y a eu aujourd'hui.
03:37Si les évolutions sont favorables pour notre corporation,
03:41on pourra éventuellement arrêter le mouvement ou tout au moins le diminuer.
03:45Est-ce que vous êtes optimiste finalement ?
03:47Optimiste pour la majorité des revendications, je sais pas,
03:51mais nous on demande surtout à ce qu'il y ait vraiment une compréhension de notre métier,
03:55qu'on crée une filière de sapeurs-pompiers, parce qu'actuellement on est fonctionnaires territoriaux,
04:01mais on n'est pas réellement un métier à part.
04:03C'est pour ça qu'on a des difficultés à faire reconnaître notre métier.
04:06Justement, on avait vu ces frictions qu'il y a eu tout à l'heure,
04:09on les voit souvent dans les manifestations des gilets jaunes ou avec des syndicats.
04:12Est-ce que finalement, ce n'est pas un cri de colère de la part des sapeurs-pompiers ?
04:15Oui, c'est ça, c'est le ras-le-bol qui s'exprime là.
04:19Donc forcément, avec des échauffourés, un petit peu avec les forces de l'ordre.
04:23Le fait qu'il y ait cette confrontation avec la police et les pompiers,
04:26est-ce que ce n'est pas paradoxal ?
04:28Oui, un petit peu paradoxal.
04:30Après là, pour l'instant, la situation reste à distance,
04:33il ne faudrait pas que ça revienne du corps à corps.
04:35Là, ça deviendrait compliqué.
04:37Et pour la police, avec l'image de la police,
04:40et puis nous aussi, on n'est pas venus là non plus pour se battre.
04:43Et donc le mouvement, il reste mobilisé, c'est ça ?
04:45Oui, tout à fait, le mouvement, pour l'instant, on le voit, il est toujours là,
04:49on est toujours mobilisés, on attend justement les retours de cette réunion
04:53pour voir un petit peu si on peut regagner nos maisons.
04:56Très bien, merci beaucoup à vous pour ce témoignage.
04:59Grégory, vous l'avez entendu, on va essayer de se rapprocher un petit peu,
05:03essayer de voir un petit peu ce qui se passe.
05:05Alors, vous le voyez là, il n'y a plus grand monde juste devant cette barricade,
05:10alors qu'il y a quelques minutes, elle était noire de monde.
05:15Et là, vous le voyez, il y a ces tirs de gaz lacrymogènes
05:20qui ont été lancés par les forces de l'ordre pour essayer,
05:23tant bien que mal, de disperser les manifestants, les sapeurs-pompiers.
05:29À l'origine, on l'a vu, il y a eu un point de tension assez intense tout à l'heure
05:34entre les forces de l'ordre et ses pompiers, une confrontation assez impressionnante
05:37puisqu'il y avait cette barricade qui est juste derrière moi.
05:40Et derrière cette barricade, il y a les canons en haut, il y a les forces de l'ordre.
05:44Elle a été bousculée permettant à certains pompiers d'y accéder
05:48et puis elle a été rapidement refermée.
05:50Les forces de l'ordre qui ont rapidement repris le dessus,
05:54vous le voyez ici avec des manifestants, des sapeurs-pompiers
05:57qui continuent d'essayer de s'en approcher un peu plus.
06:00Donc l'ambiance ici, elle varie en fait.
06:03Ça peut aller très bien comme la seconde après, l'ambiance peut se tendre.
06:07En tout cas, ils restent ici.
06:09Pour eux, la dispersion n'a pas encore commencé.
06:11Certains veulent aller à Bastille, d'autres veulent aller sur d'autres endroits
06:14pour continuer à manifester.
06:16En tout cas, les sapeurs-pompiers veulent qu'on entende leur cri de colère.
06:20Merci Mona Hamoudelor, en direct de la Place de la Nation.

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