- il y a 1 an
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00:00Pour revenir sur cet acte 15, avec nous en plateau, un gilet jaune, Boudjema et Sergio Coronado, anciens députés Ecologie Les Verts et candidats aux Européennes.
00:11Vous nous avez rejoints sur ce plateau. Merci à vous, messieurs, d'être avec nous.
00:15Alors on l'a vu, là, on est au 15e acte de la mobilisation avec des gilets jaunes toujours aussi motivés.
00:20Une première question pour vous, Boudjema. Aujourd'hui, à Paris, selon le ministère de l'Intérieur, vous étiez 5 800. Est-ce que vous allez toujours continuer à vous mobiliser ?
00:29Ce qui est sûr, c'est qu'on ne s'arrêtera pas. Nous sommes au 15e acte et nous sommes là pour durer jusqu'à temps que nous ayons satisfaction et gain de cause.
00:40Encore une fois, les chiffres du ministère de l'Intérieur sont d'un ridicule.
00:45Pourquoi vous n'y croyez pas, à ces chiffres ?
00:47Comment on peut croire qu'on remplisse à peine sur toute la France le stade de l'Orient ?
00:54À un moment donné, il faut être raisonnable. Il faut que M. Castaner garde ses nerfs et il faut qu'il soit honnête.
01:02On appelle ça la déontologie, qu'il donne les vrais chiffres et ce n'est absolument pas le cas.
01:07Depuis le début, il mente. Le syndicat de policiers en colère indique 200 000 à la mi-journée.
01:13Nous étions encore 300 000 dans les rues de France aujourd'hui, dont un bon 15 000 à Paris.
01:20Bien sûr que oui, le mouvement continue et ne s'arrêtera pas de si tôt.
01:25Selon le ministère de l'Intérieur, on donne 46 600 chiffres mobilisés dans toute la France.
01:32Même eux, ils ne croient pas à leurs chiffres. Il faut qu'ils arrêtent de mentir, qu'ils prennent la mesure de ce qui se passe dans le pays.
01:42Il y a des centaines de milliers de personnes qui sont mobilisées, mais pas simplement le samedi.
01:46Les autres jours de la semaine, sur les ronds-points, dans des barrages, sur des actions coups-points, dans les conférences de presse, dans les entreprises également.
01:56C'est un mouvement massif, c'est un mouvement du peuple, c'est un mouvement par en bas.
02:00Effectivement, c'est difficile de le quantifier parce qu'il n'y a pas des corps intermédiaires comme les syndicats qui peuvent fournir des chiffres.
02:10Mais le mouvement est bien plus massif qu'il ne veut bien le dire aujourd'hui parce que pour eux, c'est difficile à avaler.
02:16Nous sommes toujours là et nous continuerons.
02:18Monsieur Coronado, cette mobilisation continue, elle perdure. Les Gilets jaunes sont toujours aussi mobilisés, ils ne lâchent rien.
02:27En tout cas, c'est ce que disent la plupart d'entre vous. Quelle est l'issue ? Comment sortir de cette crise ?
02:34Peut-être une remarque. Le ministère de l'Intérieur ne donne jamais les vrais chiffres d'un mouvement de contestation de sa politique.
02:40C'est un peu dans l'ordre des choses que le ministère de l'Intérieur donne des chiffres qui minorent toujours les mouvements de contestation.
02:47Il serait peut-être plus les manifestants ?
02:48Il est un peu jugé parti. Je vous rappelle quand même que le mouvement des Gilets jaunes est à sa 15e manifestation hebdomadaire.
02:55Il s'agit d'une profonde manifestation de contestation de la politique gouvernementale, de ce qui est mis en place par ce gouvernement auquel appartient.
03:03Le ministre de l'Intérieur, M. Castaner. Il ne faut pas attendre du ministère de l'Intérieur, ni de l'objectivité, ni de la déontologie.
03:09Ce serait faire preuve de naïveté. Mais même dans ce cadre-là, si vous reprenez les chiffres, il note un regain de mobilisation.
03:16Il donne plus de participation que la semaine dernière. On assiste à un mouvement d'une durée tout à fait inédite.
03:23C'est un mouvement populaire, c'est un mouvement de masse, c'est un mouvement qui vient des profondeurs de la société française.
03:29Je pense que le gouvernement aurait pu entendre ces revendications qui relèvent de la justice sociale, de la justice fiscale, de l'exigence démocratique.
03:38Les mots d'ordre sont clairs depuis déjà trois mois. La question par exemple de l'ISF, la question des minimas et de l'augmentation des salaires,
03:48la question du RIC, du référendum d'initiative citoyenne. Sur ces trois questions-là, finalement, qui ne font pas débat,
03:55qui sont le cœur des revendications des Gilets jaunes. Il y en a d'autres, mais là, on est vraiment au cœur des revendications.
04:02Le gouvernement a décidé de ne rien entendre, de tenter de tourner la page et de mener en vie une opération de diversion,
04:09comme l'avait qualifiée Chantal Jouannot, la présidente de la commission du débat public, en organisant un grand débat,
04:14qui est une opération de com' en fait, qui ne vise pas à répondre aux revendications de celles et ceux qui se mobilisent,
04:19mais d'occuper l'espace médiatique et préparer sur des fonds publics la campagne des européennes pour la République en marche.
04:26Justement, vous, Boudjima, vous êtes concerné par ce grand débat national, selon vous, après plusieurs semaines,
04:32il va bientôt toucher à sa fin. Est-ce que finalement, on en a appris beaucoup ?
04:36Certains ont participé au débat, d'autres non. L'objectif de la République en marche, c'était effectivement de nous enfumer.
04:45L'objectif d'Emmanuel Macron, c'était de nous enfumer, de gagner du temps. Mais en fait, même ça, ça n'a pas fonctionné, ça n'a pas marché.
04:52Bien sûr que notre grand débat, nous l'aurons lu. Mais il aura lieu dans la rue. Il aura lieu dans la rue le 16 mars,
04:59où il y a une convergence des luttes à une échelle inédite qui s'effectuera dans les rues de Paris.
05:05Le mouvement écologiste, les quartiers populaires, le mouvement des gilets jaunes et une grève générale le 19 mars en prolongation.
05:14En fait, ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que nous étions là et nous étions là pour durer.
05:19Ils pensaient vraiment que le 31, ça allait s'arrêter, en réalité. Mais ça ne s'est pas du tout arrêté.
05:24Et effectivement, comme le disait justement Ludovsky tout à l'heure, eh bien on a eu le temps de prendre contact.
05:34On a eu le temps de se rencontrer. On a eu le temps de s'organiser. On a eu le temps de se projeter dans la lutte sur une durée longue.
05:44Effectivement, c'est le mouvement social. C'est un mouvement social d'une ampleur inédite depuis 68, mais qui est encore plus profond que 68.
05:53Sur la question des revendications, mais sur la durée et sur ce que ça implique concrètement, sur les implications que ça a dans la société française.
06:03Aujourd'hui, concrètement, le mouvement vise quand même à changer radicalement les choses.
06:12Et ce n'est certainement pas avec ce gouvernement et avec M. Macron, qui a une justice aux ordres, une police au bout de la main,
06:21qui va pouvoir être moteur de ce changement aujourd'hui.
06:24Alors vous le dites, il faut prendre les choses en main, il faut aller de l'avant.
06:27Mais concrètement, comment est-ce que ça va se faire ? On a vu que certains gilets jaunes qui ont voulu participer aux européennes,
06:33ça a été très décrié par les gilets jaunes. Concrètement, comment est-ce que vous comptez avancer ?
06:37Eh bien déjà, nous, ce que nous réclamons, c'est le départ de nos bourreaux en réalité.
06:42Le départ de nos bourreaux et le départ de ceux qui mènent une politique qui va à l'encontre des intérêts de l'immense majorité de la population.
06:50Nous souhaitons le départ d'Emmanuel Macron. Nous souhaitons le départ de M. Castaner.
06:55Nous souhaitons éventuellement une dissolution. Nous souhaitons l'instauration du référendum d'initiative citoyenne.
07:01Le RIC, c'est peut-être la sortie de la crise ?
07:04C'est une composante de la sortie de la crise. Mais aujourd'hui, ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est une crise de régime.
07:10C'est pas simplement une crise économique, une crise sociale. C'est une crise de régime. C'est la crise de la représentativité.
07:18C'est-à-dire qu'on ne peut plus accepter qu'on mette un bulletin de vote tous les 5 ans dans une urne et puis que par la suite,
07:25on n'ait plus notre mot à dire sur la politique qui va être menée dans la société. Aujourd'hui, on doit remettre le citoyen au cœur de la question politique.
07:33Et c'est ça qu'on réclame à M. Macron. Moi, je crois que M. Macron, quand il a ouvert ce grand débat, il ne pensait pas qu'on allait être encore dans la rue.
07:40Il pensait vraiment que ça allait se terminer. Aujourd'hui, il se retrouve lui-même piégé par ce qu'il a mis en place.
07:46Et moi, je mets en garde M. Macron. Je lui dis M. Macron, vous allez dans le mur. Vous n'allez rien proposer.
07:54Et vous allez engager encore plus de tristesse, encore plus de colère. Gare au retour de bâton.
08:02Je pense que s'il n'y a pas des mesures concrètes, fortes, à la fois sur les questions démocratiques, sur les questions sociales,
08:10sur la question de la légitimité du pouvoir, etc., les choses vont aller très très mal pour le gouvernement. Et je pense qu'ils le savent.
08:20— Une dernière question, M. Coronado, concernant les propos de Christophe Castaner. Il y a quelque temps, il a dit aux Gilets jaunes
08:27« Vous n'aurez pas les forces de l'ordre à l'usure ». Qu'est-ce que ça vous inspire ?
08:31— Les déclarations de Christophe Castaner ont été pour le moins depuis le début de ce mouvement d'une très très grande irresponsabilité.
08:37D'abord en jouant la provocation inutile, mais plus grave encore en passant sous silence, en fait, la nature de la répression qui a été extrêmement brutale.
08:48On a parlé de mouvements inédits quant à sa durée, mais on peut parler également de mouvements inédits quant à la répression dont il a été victime.
08:55On n'a pas eu une répression similaire depuis très longtemps dans ce pays. On a à peu près 116 personnes mutilées.
09:05Des gens qui ont perdu une main, d'autres qui ont perdu un œil, qui ont été blessés à la tête, au thorax, aux pieds comme le leader,
09:13le responsable syndical de l'UNL, Place de la République. C'est tout à fait inédit, cette répression.
09:20Et le ministère de l'Intérieur l'a souvent régulièrement niée, en fait, contre toutes les évidences, puisque un de vos confrères, en fait, David Dufresne,
09:27répertorie tous les jours sur le fil Twitter l'ensemble des blessés, en fait. Et je crois qu'il y a un problème politique d'une très grande importance.
09:37La question du maintien de l'ordre se pose. Et je crois que sur cette question-là, M. Castaner devra répondre. Il en est le principal responsable.
09:47Ce ne sont pas des policiers qui prennent l'initiative, finalement, de se servir de grenades de désencerclement ou de lanceurs de balles.
09:55La doctrine d'affrontement, de répression brutale, c'est une décision politique qui a été prise par ce gouvernement et par le ministère de l'Intérieur.
10:03Et je crois que tout indiquerait, en fait, que M. Castaner prenne la décision de partir, car il est responsable de ces violences, de ces mutilations.
10:13— Merci, messieurs, d'avoir répondu à nos questions sur RT France. On manque de temps, mais on aurait pu prolonger cette...
10:19— Je vais faire juste une petite annonce. — Très, très, très rapidement. — Pau commun, en fait, c'est une cagnotte pour Sébastien, du coup, qui a perdu sa main.
10:28Vous pouvez tout à fait donner ce que vous pouvez. C'est donc sur le site Pau commun, une main tendue pour Sébastien.
10:35N'hésitez pas à donner, s'il vous plaît. Il a besoin de votre argent pour pouvoir se réparer.
10:39— Très bien. Merci, Boudjima, d'avoir fait passer ce message.