00:00Pour la première fois dans l'histoire des Jeux olympiques,
00:03les organisateurs se sont fixés un budget maximum d'émissions de carbone.
00:08Autrement dit, ne pas dépasser 1,58 million de tonnes de CO2,
00:13soit l'équivalent des émissions annuelles de 150 000 Français.
00:18Une quantité astronomique de CO2,
00:21mais à l'échelle du climat, les Jeux de Paris
00:23devraient être nettement moins lourds que les éditions précédentes.
00:27Alors comment Paris compte-t-elle respecter cette limite ?
00:30Tout d'abord, en évitant radicalement les nouvelles constructions,
00:34l'une des principales sources de pollution.
00:37Elle s'appuie ainsi sur des sites existants et temporaires,
00:40comme le Stade de France et le Grand Palais Éphémère,
00:44une structure en bois qui sera démantelée après les Jeux.
00:48Dans son tout dernier rapport,
00:50cette stratégie de construction a été qualifiée de robuste par Eclercy,
00:54un collectif d'experts spécialisés dans les enjeux énergie-climat.
00:59Il y a 95% des infrastructures qui sont soit existantes, soit temporaires.
01:04C'est bien plus que pour tous les autres JO d'avant.
01:07Et le temporaire en plus,
01:09ils vont réutiliser l'ensemble des infrastructures et équipements.
01:12Donc ça va réduire d'autant les émissions,
01:14parce que ça n'ira pas à la benne à la fin.
01:15Et sur ce qui a été construit,
01:16en fait, ce qu'ils ont vraiment beaucoup poussé, c'est le bois.
01:18Et ça a permis de réduire entre 30 à 40% les émissions
01:20par rapport à un bâtiment standard construit aujourd'hui.
01:24Côté énergie, la France a pour avantage
01:26d'avoir une production nucléaire dominante dans le pays,
01:29une source à faible teneur en carbone.
01:32Pour alimenter les Jeux,
01:33le comité d'organisation aimerait même aller plus loin
01:35en promettant des sources électriques 100% renouvelables.
01:3880% de la demande énergétique sera couverte par des parcs éoliens et solaires,
01:4320% par du nucléaire.
01:45Pour compenser ce manque,
01:46EDF achètera de l'électricité renouvelable en Europe
01:49pour l'injecter ailleurs dans le réseau.
01:52La majorité des grands événements, matchs de football, concerts,
01:55fonctionnent sur groupe électrogène.
01:58Ainsi, Londres avait consommé 4 millions de litres de diesel
02:01pour ses Jeux en 2012,
02:03un constat qui a poussé les responsables climat de Paris 2024
02:06à miser sur le tout électrique.
02:08C'est vraiment une première de se raccorder au réseau
02:12partout où il va se passer quelque chose pour les Jeux,
02:15c'est-à-dire sur des sites de compétition ou non-compétition.
02:17Donc là, on installe des bornes événementielles.
02:19On a fait ça avec la ville de Paris, par exemple, au Trocadéro,
02:22où la borne événementielle, qui est rétractable,
02:25qui permet de faire des branchements au réseau,
02:28est nouvelle et va rester derrière.
02:31Ça permettra, pour des événements au pied de la Tour Eiffel,
02:34de passer par un réseau électrique décarboné
02:38versus amener des camions remplis de diesel.
02:41Mais avec près de 13 millions de billets vendus
02:44et 15 000 athlètes en compétition,
02:46les transports comptent à eux seuls au moins un tiers des émissions de carbone.
02:50Sur ce point, l'ONG Eclercy estime que davantage aurait pu être fait
02:54pour promouvoir notamment l'utilisation du vaste réseau ferroviaire français.
02:58On peut citer le road-foot en Allemagne,
03:01où les transports en train internationaux
03:05profitent de réductions sur le tarif des billets.
03:08Il y a aussi un pass 36 heures,
03:10c'est-à-dire sur place, si on a un billet pour une épreuve,
03:12pendant 36 ans, on peut utiliser les transports en commun de façon gratuite.
03:15Ce n'est pas fait, ça, à Paris.
03:17Le comité olympique ne publiera le décompte complet des émissions
03:21qu'après la fin des Jeux, en octobre.
03:23Selon les organisateurs, début juin,
03:26un tiers du budget carbone des Jeux avait déjà été dépensé.
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