00:00Allez, on passe à notre focus de ce dimanche soir et on s'intéresse à la République démocratique du Congo.
00:05Avec une figure centrale du camp anti-Sekedi hier, artisan de l'Union sacrée, Jean-Marc Kamoun a rompu avec
00:11le président en 2022
00:13avant d'être condamné puis incarcéré à Makala, libéré en février 2025.
00:17Il dirige aujourd'hui son propre parti, l'Alliance pour le changement et il plaide pour un dialogue inclusif, y
00:23compris avec les groupes armés.
00:25Mais il estime que Félix Tshisekedi fait partie du problème et ne peut pas fixer les règles du jeu politique.
00:31Jean-Marc Kamoun, merci et bienvenue dans le JTA.
00:34Merci beaucoup, madame.
00:35Alors, le président Félix Tshisekedi s'est dit ouvert au dialogue, mais à condition qu'il ne remette pas en
00:40cause les institutions.
00:42Vous refusez qu'il en fixe les cadres, vous dites qu'il fait partie du problème.
00:47Concrètement, que proposez-vous à la place et qui doit organiser cette concertation ?
00:52Non, mais déjà, en disant que Félix Tshisekedi est parti au problème, nous pensons que nous avons totalement raison.
01:02Il y est pour... je crois qu'il y est pour beaucoup.
01:08Prenons les cas de son serment vis-à-vis de la Constitution.
01:12Le fait pour nous de voir l'armée rwandaise occuper la ville de Goma, de Bukavu et ce qu'on
01:23a vu à Ouvira,
01:24pour nous, Félix Tshisekedi a failli à son serment.
01:28Ça voudrait dire qu'il a échoué et on ne peut pas faire la prime, on ne peut pas faire
01:34une prime à l'échec.
01:36Mais qui doit organiser cette concertation alors, si ce n'est pas lui ?
01:39Justement. Mais également, nous avons dit que ce dialogue va traiter des causes internes.
01:46Et ces causes internes sont pour la plupart de la responsabilité de Félix Tshisekedi.
01:52Parce que si nous n'avons pas un État aujourd'hui,
01:54et si les conditions propices d'une gouvernance démocratique n'ont pas été mises en place,
02:00c'est Tshisekedi le problème.
02:02Mais nous disons ceci, un dialogue politique, par essence,
02:06c'est un cadre qui met aux prises des gens qui ne partagent pas la même vision,
02:11des gens qui se combattent,
02:14au fait des gens qui ne sont pas d'accord sur un bon nombre de choses.
02:18Alors, on se demande comment est-ce qu'un camp politique qui est parti au problème
02:23pourrait décider de manière unilatérale les règles de G, fixer les lignes rouges,
02:28et nous disons non.
02:29Pour des raisons que nous venons d'énumérer.
02:32Dites-nous qui ? Qu'est-ce que vous proposez en fait ?
02:33Nous avons demandé, c'est justement, ça c'est le rôle que jouera la médiation.
02:39Une médiation nette, qui pourra, dans son travail de contact,
02:45pourra identifier le parti et recevoir leur cahier de charges,
02:50mettre en commun ce cahier de charges pour établir le point de convergence
02:55et le point de divergence, enfin de lancer finalement le dialogue.
02:59D'accord. Donc pour l'instant, ce qui est clair, c'est qu'il ne faut pas que Tshisekedi fasse
03:02le cadre
03:02parce qu'il fait partie du problème. Ça, on vous a compris.
03:04Justement.
03:05Passons, s'il vous plaît, à l'Est maintenant.
03:07Vous appelez un dialogue inclusif, y compris avec l'AFCM23.
03:12Est-ce qu'on peut dialoguer sans légitimer justement les groupes armés ?
03:16Comment vous faites ça ?
03:17Non, il n'est pas ici question de légitimer les groupes armés.
03:22Ces narratifs, nous l'avons, on les fait gober au peuple congolais.
03:27C'est un narratif manipulateur.
03:31Parce que tout le problème n'est pas de savoir qui va aller au dialogue.
03:35Mais la vraie question, c'est de savoir pourquoi nous allons au dialogue
03:40et quels résultats nous attendons de ces dialogues.
03:42Si la réponse est que c'est pour trouver la paix et la sécurité dans la partie Est,
03:50arrêter les tueries de nos compatriotes,
03:53faire en sorte que ceux qui sont dans des camps, des déplacés,
03:56reviennent dans leur milieu d'origine,
03:58ceux qui sont dans des pays étrangers comme réfugiés,
04:01retournent au pays,
04:03nous disons clairement qu'il faut impliquer,
04:06toutes les parties prenantes,
04:07impliquer ceux qui sont concernés directement dans cette insécurité à l'Est.
04:11C'est-à-dire y compris l'AFC M23 ?
04:14Justement, moi je pense qu'il faut à un certain moment évoluer avec les débats.
04:19Le gouvernement veut faire croire à l'opinion
04:22que les seuls problèmes que nous avons à l'Est du pays s'appellent M23.
04:25Mais c'est faux.
04:26C'est faux.
04:27Les ADEF continuent de tuer à l'Est du pays.
04:30Vous avez l'écho d'écho.
04:32Nous avons plus de 250 groupes armés
04:36qui opèrent à l'Est du pays,
04:37qui tuent des Congolais.
04:38On ne peut pas résumer la question de l'insécurité de l'Est du pays
04:44à l'AFC M23
04:46et dire aux gens qu'on ne peut pas négocier avec l'AFC M23
04:50parce qu'ils tuent.
04:51Est-ce qu'il n'y a que l'AFC M23 qui tuent ?
04:53Nous disons non.
04:55Le problème est plus grand que l'AFC M23
04:57et nous voulons cette fois-ci remettre les choses sur les rails,
05:02discuter de manière sérieuse, courageuse et sincère
05:06pour que la partie S de notre pays puisse retrouver la paix.
05:10Alors on vous entend très bien sur cette question-là.
05:12Deux petites questions si vous voulez bien, le temps file.
05:16D'abord sur la partie de l'opposition.
05:18À Kinshasa, l'opposition peine à mobiliser.
05:22Il n'y a que des cavaliers seuls, on a l'impression.
05:25Est-ce que vous pouvez arriver, est-ce que c'est possible
05:28qu'il y ait une entente au sein de l'opposition ?
05:31Déjà, moi je ne suis pas d'accord avec cette façon de voir les choses
05:34parce qu'aujourd'hui, on ne va pas demander à l'opposition
05:38de mobiliser dans un climat de confiscation totale de pouvoir.
05:44Vous avez à Kinshasa l'espace public qui est complètement confisqué.
05:52Les opposants ne peuvent pas organiser des marches,
05:55ils ne peuvent pas organiser des manifestations publiques.
05:58Et de l'autre côté, on fait croire aux gens que l'opposition peine à mobiliser.
06:02Non, il faut laisser l'opposition s'émouvoir,
06:05il faut laisser l'opposition organiser des manifestations
06:07et voir si réellement cela ne va pas marcher.
06:10Mais quant à l'unité de l'opposition, je crois que nous parlons presque le même langage.
06:16L'opposition aujourd'hui exige un dialogue inclusif
06:19pour mettre fin aux tueries à l'est du pays
06:23et baliser la voie à des élections crédibles dans les délais constitutionnels.
06:28Alors, arrivons aux élections justement, les échéances électorales, elles arrivent.
06:32Comment vous envisagez justement d'aller aux élections
06:36sans réelle coalition de l'opposition ?
06:39Est-ce que c'est possible ?
06:40Est-ce que l'opposition peut battre Félix Tshisekedi ou le parti ?
06:46Déjà, Félix Tshisekedi ne sera plus candidat.
06:48Normalement, non.
06:49Il est en train de finir son second et dernier mandat.
06:52Donc ici, il est question de parler de l'alternance politique au Congo.
06:57Chose qui est déjà un acquis du fait que Félix Tshisekedi ne sera plus candidat.
07:01Mais quant à l'unité de l'opposition, nous croyons que cette unité doit être plutôt basée sur
07:07un programme commun, une vision partagée.
07:12Les opposants ne pourront pas quand même s'asseoir parce que ce sont des opposants.
07:16Ils vont se mettre ensemble comme objectif de battre Tshisekedi, de battre le camp Tshisekedi.
07:22Non, le Congo aujourd'hui n'a pas besoin d'une simple alternance au pouvoir.
07:27Le Congo a besoin d'une gouvernance rationnelle.
07:30Des dirigeants qui viendront, qui mettront l'homme congolais au centre des préoccupations
07:36et qui trouveront des solutions à ces problèmes.
07:40Très bien.
07:40On vous entend Jean-Marc Hamoun.
07:42Merci beaucoup d'être venu dans le Journal de l'Afrique.
07:45Merci à vous.
07:45C'est la fin de cette édition.
07:46Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde.
07:49Et ce soir, forcément, de Kinshasa à Lubumbashi en passant par Paris.
07:53Restez avec nous car l'actualité continue sur France 24.
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