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00:00Et avec nous, l'invité de A la Une Week-end. Bonjour, Arnold Puech d'Alissac. Merci beaucoup d'être
00:07avec nous.
00:08Vous êtes président de l'OMA, l'Organisation Mondiale des Agriculteurs. En France, vous êtes ce qu'on appelle un
00:14polyculteur éleveur.
00:16Avant d'en venir au salon proprement dit, un mot déjà peut-être de l'état des sols en France
00:22en raison de ces épisodes de crues que nous avons connus, ces inondations.
00:26Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ? Est-ce qu'ils ont un impact ? Quel est
00:30plutôt leur impact sur le secteur agricole ?
00:35Alors, bien sûr, les champs qui sont inondés sont un problème. Et donc, les cultures peuvent sans doute être à
00:44ressemer dans ces cas-là.
00:46Sinon, ailleurs, la saison avait été plutôt très bonne. Les saisons de semis étaient de qualité.
00:53Là, on a beaucoup d'eau qui tombe. On est désolés de ne pas pouvoir la stocker parce que si
00:59là, on en parle d'inondations,
01:00j'ai peur qu'à nouveau, dans le sud-ouest notamment, on ait besoin d'eau cet été et on
01:07n'aura rien mis de côté.
01:08Le salon, donc. Emmanuel Macron arrive tout à l'heure. La Confédération Paysanne, la coordination rurale,
01:15refuse de le rencontrer et de participer à la traditionnelle réunion avec les syndicats.
01:19Est-ce que vous comprenez cette décision ? Est-ce que vous, vous allez rencontrer Emmanuel Macron ?
01:25Nous allons rencontrer Emmanuel Macron car nous travaillons toujours avec les gouvernements, quels qu'ils soient.
01:32Et il est important de continuer à porter les revendications.
01:35Nous avons des demandes très fortes concernant le commerce extérieur.
01:41Sur le dossier Mercosur, la France s'est opposée.
01:44Et même si elle n'a pas eu une majorité au Conseil, elle a fait ce travail.
01:50On a besoin de travailler avec lui, quelles que soient les opinions des uns et des autres.
01:58– Arnold Puech d'Alissac, dans les conditions que l'on connaît, que vous avez rappelées,
02:04quel est l'état d'esprit des agriculteurs aujourd'hui au moment où s'ouvre ce salon d'agriculture ?
02:11– L'état d'esprit est toujours inquiet.
02:15Il y a des secteurs qui vont mal.
02:17C'est beaucoup difficile, autant de grandes crises.
02:20Et on va arracher beaucoup les milliers d'hectares de vins,
02:24car hélas, la consommation baisse plus vite que la production.
02:31Et le commerce mondial perturbé par la politique de Donald Trump aussi
02:35a fait qu'on a perdu un départ de marché à nouveau sur les États-Unis,
02:40qui est un débouché important pour nous.
02:42Mais les grandes cultures aussi sont en difficulté.
02:45Ça fait trois ans que les céréaliers ont un revenu négatif.
02:50Ça ne peut pas durer et il faut à tout coup une envie de ce côté-là.
02:54Dans le secteur de l'élevage, la sortie des restructions liées à l'ADNC depuis hier,
03:02c'est un signe très positif et ça laisse espérer pour tous les éleveurs de bovins.
03:10Malgré tout, le secteur laitier voit une baisse des prix à nouveau liée à une consommation commerciale.
03:19C'est la production et c'est un vrai problème à venir.
03:24La DNC, la dermatose nodulaire contagieuse.
03:29La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, a dit hier que l'épidémie est résorbée
03:34et que le temps et le protocole ont donné raison au gouvernement.
03:38Qu'est-ce que vous en pensez ?
03:42Nous suivons l'avis des vétérinaires et c'est pour ça que nous avons relayé ce message très sérieux
03:49de non-mouvement des animaux et d'élimination des groupes d'animaux touchés par la dermatose.
03:57C'est comme ça qu'on a pu sortir de la maladie et éraditer la maladie comme l'Italie,
04:04comme les Balkans ont pu le faire les années précédentes.
04:09Pour revenir aux difficultés rencontrées par le secteur, Arnold Puège d'Alissac,
04:15qu'est-ce qu'il reste des mouvements de contestation qui remontent à au moins trois ans ?
04:21Quelles avancées, quels progrès ?
04:25Il y a eu des vraies avancées sur certains coûts,
04:31tels que le coût du GNR, le gazoil qu'on utilise pour nos tracteurs, qui a vraiment baissé.
04:38Il y a une meilleure prise en compte de la sensibilité d'aider les agriculteurs
04:46et dans les négociations commerciales qu'il y a actuellement entre les industriels et la grande distribution.
04:53Le fait de ne pas négocier le coût de production des agriculteurs est un point fort.
04:58Néanmoins, et là sur toute la partie qui est soumise au commerce mondial,
05:04on a de très grosses inquiétudes et tout n'est pas gagné.
05:09En ce moment, c'est les accords de commerce qui nous inquiètent bien sûr avec le Mercosur,
05:13mais c'est aussi les taxes européennes sur les engrais
05:16qui ont complètement bridé la rémunération de tous les agriculteurs.
05:22Justement, sur la concurrence, les distorsions de concurrence,
05:28on va parler de vos responsabilités au sein de cette organisation mondiale des agriculteurs.
05:34Quelles sont vos solutions ?
05:35Qu'est-ce que vous proposez ?
05:37Puisque l'agriculture, vous le savez, est dominée par le libre-échange,
05:40dont l'ADN est la libre-concurrence.
05:45Justement, nous avons un papier politique qu'on a refait il y a deux ans,
05:49voté aussi bien par les Sud-Américains et par l'Océanie
05:52comme par l'Amérique du Nord, l'Afrique,
05:55un papier à l'une et l'unité dans lequel on est opposé aux concurrences déloyales.
06:01Et le problème, c'est que dans les négociations qu'on fait,
06:06ce ne sont pas les agriculteurs qui négocient, ce sont les gouvernements.
06:08Et ils ont échangé des voitures ou des services bancaires
06:13contre de la production agricole.
06:15Et c'est comme ça qu'on en devient victime.
06:18Quand les négociations avaient lieu avec le Vietnam, avec la Corée, avec le Japon,
06:23ce ne sont pas des grands pays agricoles, ce n'était pas un problème pour nous.
06:27Quand c'est avec de grands pays exportateurs comme l'Amérique latine,
06:31c'est un vrai problème.
06:33L'Inde, d'ailleurs, dans la négociation qu'elle a faite avec l'Union européenne,
06:36a sorti des produits agricoles de la négociation pour qu'on trouve un accord.
06:41Mais s'il faut les sortir quand ça pose un problème, sortons-les.
06:45L'Inde a seulement accepté qu'on négocie sur le vin,
06:47ce qui n'est pas du tout un problème pour nous.
06:49Au contraire, ça nous ouvre des marchés.
06:51En France, dans le sillage de cet accord Mercosur,
06:54le gouvernement promet une loi agricole qui est au stade embryonnaire.
06:58Est-ce que vous avez été consulté pour son élaboration ?
07:02Qu'est-ce qui, selon vous, devrait te figurer ?
07:07On a été consulté, on parlait de prédation,
07:11des dégâts liés au loup et le loup.
07:14Si les éleveurs de moutons de bois rencontreraient sur le salon,
07:17nous parlerons tous de la difficulté d'élever,
07:20quand il y a ce prédateur qui est autour,
07:23les problèmes d'eau, de stockage de l'eau.
07:27Je le disais en début d'interview,
07:30nous, tous les agriculteurs dans le monde,
07:32depuis l'Antiquité,
07:34stockent l'eau pour irriguer leur culture quand il le faut.
07:39On n'avance pas assez vite sur ce dossier.
07:42Cela fait 30 ans qu'il n'y a pas eu de grands ouvrages.
07:45Les quelques grands ouvrages,
07:46tel que celui de Saint-Solid, pour citer celui-là,
07:49n'a pas le droit aujourd'hui de pomper de l'eau dans les rivières
07:52pour des raisons juridiques,
07:55c'est complètement aberrant.
07:57Merci beaucoup, Arnold Puech d'Alissac en duplex
08:00du Salon de l'agriculture.
08:03Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions ce matin.
08:06Président de l'Organisation mondiale des agriculteurs.
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