00:00Et cette majorité absolue à l'Assemblée qui semble bien s'éloigner pour le Rassemblement National.
00:08On vous le disait d'ailleurs dès le début du journal et c'est le principal enseignement de notre sondage Toulouna Harris Interactive pour Challenge M6 et RTL.
00:17Après les désistements multiples, eh bien l'ERN n'obtiendrait que 190 à 220 sièges.
00:25C'est-à-dire qu'on serait très loin des 289 requis pour la majorité absolue.
00:29Bonjour Arthur Bélier. Bonjour. Et bonjour Thomas Desprez. Bonjour.
00:32Tous deux journalistes au service politique de RTL, bon ça y est les jeux sont faits ?
00:35Alors non pas tout à fait, il reste encore deux jours de campagne, quatre jours avant le scrutin et on le voit les dynamiques peuvent encore bouger très vite.
00:42D'autant on le rappelle qu'il y a 577 élections différentes, un peu moins avec les députés qui ont été élus au premier tour.
00:48Mais surtout quand on regarde les sondages publiés il y a deux ans à la même période, lors des dernières législatives, la réalité des urnes était très différente.
00:56Il y avait parfois des différences assez notables, par exemple le camp présidentiel aurait eu la majorité absolue, on a vu qu'on en était loin.
01:04Et l'ERN parfois avait moitié moins et de ce qu'ils ont eu, ils ont eu 89 députés.
01:08Et d'ailleurs c'est pour ça qu'au ERN on n'a pas hérité d'y croire à cette majorité absolue, à cette arrivée à Matignon de Jordan Bardella.
01:14Alors ça relève un peu de la méthode Coué, mais pas complètement parce qu'avec 486 candidats qualifiés au second tour, quasiment partout, on ne peut rien exclure.
01:23Même si c'est vrai que les désistements du nouveau front populaire et des candidats macronistes rendent les choses plus compliquées.
01:29Donc essayons de regarder ça simplement, ça veut dire Arthur que pour le RN, Jordan Bardella à Matignon, c'est pas perdu ?
01:38C'est pas perdu, le RN compte sur un trou dans le barrage républicain, une défaillance du front anti-RN,
01:43espérant par exemple que les électeurs de droite et du centre refusent de glisser un bulletin de gauche, un bulletin insoumis dans l'urne,
01:50ou à l'inverse que les électeurs de gauche ne se déplacent pas pour voter pour des candidats macronistes, pour des ministres du gouvernement Macron.
01:57J'étais hier dans le Loiret avec des électeurs RN et des abstentionnistes qui voient ces désistements, je cite, comme des magouilles, comme des petits arrangements.
02:05Et ce sentiment qu'on trahirait leur vote du premier tour, ça pourrait mobiliser l'électorat RN ou même des abstentionnistes.
02:12L'autre enseignement de ce sondage, c'est que derrière le Rassemblement National, aucun bloc ne se détache.
02:18Personne n'arrive à ce seuil des 289 députés.
02:21A gauche, le nouveau Front populaire semble être finalement le plus à même de rivaliser avec une fourchette entre 159 et 183 sièges.
02:30Au plus haut, c'est juste derrière le RN, mais ce n'est pas suffisant pour former un gouvernement tout seul.
02:35La coalition ensemble avec les partis de l'actuelle majorité non plus, même s'ils semblent se maintenir mieux que prévu, avec entre 110 et 135 sièges.
02:44Et puis les LR, canal historique, alors eux ne récolteraient qu'entre 30 et 50 sièges.
02:49Tout ça pour dire que tout seul, selon notre sondage, personne n'aura la majorité.
02:53Il faudra donc sans doute inventer une nouvelle grande coalition.
02:57Gabriel Attal a parlé d'une majorité plurielle en disant qu'elle pourrait aller des LR aux communistes.
03:04Encore faut-il que tout le monde s'entende.
03:06Oui, parce qu'on compte là les députés Nouveau Front Populaire comme un seul bloc.
03:10Mais Arthur, au sein même de l'Union de la Gauche, on n'est pas tout à fait d'accord sur la stratégie à adopter au soir du second tour.
03:15Oui, un globi-boulga. C'est comme ça que François Ruffin parle de cette idée d'une grande coalition, je cite, improvisée et hétéroclite.
03:21Sandrine Rousseau, l'écologiste, estime que ça reviendrait à trahir les électeurs de gauche.
03:25Mais d'autres voix chez les écolos, chez les socialistes, sont favorables à cette main tendue de Gabriel Attal à ce gouvernement d'union.
03:32Marine Tondelier, la patronne des écologistes, n'a pas fermé la porte hier soir à deux conditions.
03:37Le programme du Front Populaire et pas de Premier ministre macroniste. On n'y est donc pas encore.
03:42Et puis, il faudra voir comment se répartit la gauche à l'Assemblée. Ça va bouger.
03:45Déjà ce matin, sur RTL, François Ruffin a dit, les insoumis, c'est fini.
03:50Il ne siègera pas dans le même groupe que la France Insoumise et pourrait emmener avec lui des Alexis Corbière, des Clémentine Autain.
03:56Un nouveau groupe en vue donc, qui pourrait même attirer des socialistes, des écolos.
03:59Donc les équilibres au sein de la gauche vont bouger.
04:02Alors, on se dit que peut-être dimanche soir, on y verra plus clair, mais peut-être pas.
04:07Et du coup, lundi matin, qu'est-ce qui va se passer, Thomas ?
04:09Alors, l'option la plus probable, déjà, c'est que ce soit le grand bazar, avec une situation de blocage qui conduise à une véritable crise institutionnelle.
04:17Ça, c'est pour la version pessimiste.
04:18Si on est un peu plus optimiste, au moins pour la démocratie, on peut penser qu'Emmanuel Macron, lundi matin, va prendre son téléphone
04:25et appeler soit Jordan Bardella, parce qu'il sera arrivé en tête, soit un représentant de la gauche, pour leur proposer de former un gouvernement.
04:33Et sachant, et c'est très important, que l'enjeu, ce n'est pas tant le Premier ministre que nommerait Emmanuel Macron la semaine prochaine,
04:38mais comment réagira la nouvelle Assemblée ? Est-ce qu'immédiatement, on pourrait avoir une motion de censure déposée ?
04:43Ce qui fait dire à certains qu'une troisième voie, finalement, est possible.
04:46Celle de maintenir l'actuel gouvernement en place, Gabriel Attal, Premier ministre, encore quelques semaines,
04:51au moins pour expédier les affaires courantes et réussir à trouver une vraie majorité durable.
04:56Merci beaucoup, messieurs.
04:58On attend donc les résultats dimanche à 20h sur RTL.
05:02Et puis, sous analyse, lundi matin, pour y voir plus clair.
05:06Oui, parce que pour l'instant, tout ça est un peu nébuleux.
05:09Même si on a bien compris, grâce à vous, messieurs, les enjeux et ce qui se passe.
05:13Évidemment, vous pouvez réagir à tout cela.
05:15Au 3210, vous aurez la parole à partir de 13h.
05:18Dans un instant, direction Arras, où Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture,
05:23tente de rattraper son retard sur son adversaire du Rassemblement National.
05:27Et puis, on n'oublie pas qu'on est le 4 juillet, quand même, et que c'est l'heure des vacances.
05:32Apparemment, les Français choisissent de plus en plus tard leur destination.
05:36A tout de suite.
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