00:00Au revoir, Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il a été élu maire de Nice en 2008 et espère le rester dimanche soir prochain,
00:07même si au premier tour des municipales, il est arrivé presque 13 points derrière son ennemi juré Éric Ciotti.
00:12C'est Christian Estrosi qui est l'invité d'RTL Matin en direct de sa permanence électorale de Nice.
00:16Bonjour et bienvenue sur RTL, Christian Estrosi.
00:18Bonjour.
00:19Dimanche soir, les Niçois semblent vous avoir dit Estrosi, ça suffit.
00:22Est-ce qu'après trois mandats de maire, Christian Estrosi, vous ne vous dites pas
00:25peut-être que j'ai fait le match de trop,
00:28peut-être que les Niçois ont besoin d'une respiration démocratique ?
00:31Non, absolument pas.
00:32Lorsque je vois qu'il y a 100 000 abstentionnistes dimanche soir,
00:37c'est énorme 100 000.
00:38Ce sont beaucoup de Niçois par milliers qui me disent dans les rues,
00:43tout simplement le matin, on a pris une gueule de bois au réveil.
00:48On n'imaginait pas, après tout ce que vous avez fait pendant ces 18 ans,
00:51où Nice est devenue sans doute une des villes de France
00:55reconnue comme des plus attractives, des plus transformées, des plus embellies,
00:59qui a pris des années d'avance sur d'autres en matière de mobilité,
01:04de verdissement, récompensé encore la semaine dernière par l'Union Européenne
01:09comme le plus beau verdissement de cœur de ville d'Europe.
01:13Et c'est pour cela que je suis très confiant dans ce deuxième tour
01:17et leur mobilisation.
01:19Vous avez parlé de vos supporters qui ont pris une gueule de bois au réveil.
01:23Vous l'avez eu aussi, vous, la gueule de bois au moment des résultats.
01:24Comment vous l'avez vécu ?
01:25Parce qu'on parle des politiques comme si c'était des machines,
01:28mais humainement, comment vous avez ressenti ça ?
01:31Je ne vais pas vous cacher que j'ai ressenti une déception.
01:35Avoir donné ma vie entière à ma ville,
01:38quelles qu'étaient mes activités.
01:39Lorsque j'étais sportif de haut niveau,
01:41j'avais Nice dans mon cœur.
01:44Lorsque sur tous les podiums du monde,
01:46je faisais sonner la Marseillaise.
01:47Lorsque j'étais ministre, j'avais Nice dans mon cœur.
01:50Lorsque j'étais membre du Parlement, j'avais Nice dans mon cœur.
01:53Lorsque j'étais président de la région, j'avais Nice dans mon cœur.
01:55Là, vous n'avez pas peur de plus être dans le cœur des Niçois ?
01:57J'ai sacrifié 18 ans de ma vie
02:00à ne pas me laisser entraîner vers tel ou tel autre mandat
02:05et à dire que c'est ici que je sers,
02:07et que je sers exclusivement ma ville,
02:09là où d'autres se sont cognés la tête dans tous les murs
02:12pour briguer tous les mandats,
02:13et qui aujourd'hui, 3 mois, 6 mois avant,
02:16après avoir vécu 20 ans au Parlement,
02:1918 ans à la présidence d'un conseil départemental,
02:22se disent, après tout,
02:24la ville est bonne à prendre,
02:25puisque Estrosi a tout fait.
02:26Vous visez Éric Ciotti,
02:27votre adversaire principal pour dimanche.
02:29Vous êtes trois dimanche, Éric Ciotti,
02:31vous, Christian Estrosi,
02:32et l'écologiste PSPC Juliette Chenel-Leroux.
02:35Vous en avez appelé au Front Républicain,
02:37sauf que la candidate de gauche,
02:38Juliette Chenel-Leroux,
02:39vous a dit non.
02:39Après tant d'années de banalisation d'idées racistes et xénophobes,
02:43Estrosi a tracé le sillon de l'extrême droite.
02:45Est-ce qu'il peut réellement constituer un barrage ?
02:48C'est-elle interrogée à haute voix.
02:49Qu'est-ce que vous lui répondez ?
02:50Oh, je lui réponds que quand on a 11%,
02:53et si c'était mon cas,
02:54c'est-à-dire juste un tout petit pourcent
02:57pour se maintenir au deuxième tour
02:59et qu'on a des valeurs républicaines,
03:01moi, à la seconde près,
03:02je me serai retiré.
03:04Mais puisque vous parlez de l'écologiste
03:08qui est sous la tutelle de Mme Marine Tondelier
03:11qui était hier matin sur votre chaîne...
03:14Oui, elle a dit que ce n'est pas un duel,
03:15c'est un duo Ciotti-Estrosi hier, Marine Tondelier.
03:18Oui, mais Marine Tondelier a fracassé
03:21le Front Républicain et les valeurs républicaines
03:24dont on pensait qu'elle y était attachée
03:26en devenant une alliée directe du Rassemblement National
03:30et de l'extrême droite, tout simplement.
03:33Hier, elle a fait voler en éclats
03:35et Mme Tondelier, comme Mme Chesnel
03:37qui est sa tête de liste ici,
03:40porterait, si, et ça ne sera pas le cas,
03:43le Rassemblement National a emporté dimanche
03:45toute leur vie politique,
03:47la responsabilité d'avoir donné
03:48la cinquième ville de France
03:50à l'extrême droite et au Rassemblement National.
03:53Et puisqu'on parle...
03:54Elle vous a aussi reproché d'être mise en examen
03:56dans six affaires,
03:57vous attaquez sur votre image.
03:58Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
03:59Je réponds à ça
04:01que la première qui aura à répondre
04:02devant les tribunaux,
04:03c'est Mme Tondelier elle-même.
04:05Vous allez porter plainte ?
04:08Naturellement, je porte plainte
04:09puisque depuis 18 ans
04:11où je dirige cette ville,
04:13je n'ai jamais été mis en examen
04:15sur quoi que ce soit.
04:16Je n'ai jamais été poursuivi.
04:19J'ai toujours géré cette ville
04:21avec transparence, intégrité,
04:24sincérité, morale.
04:26C'est Mme Tondelier
04:27qui a dépassé les bornes,
04:29qui aujourd'hui,
04:31en lançant ces accusations
04:32qui sont fausses,
04:34là où nous savons
04:35qu'il y a beaucoup d'affaires
04:37dans la dernière ligne droite
04:38au bout de 18 ans
04:39lancées par ses partenaires
04:42et ses alliés,
04:43Mme Chanel, Leroux et sa liste,
04:45simplement pour faire des signalements
04:47qui donnent toujours lieu
04:49à des ouvertures d'enquêtes préliminaires
04:51qui se terminent toujours par rien,
04:52et bien Mme Tondelier
04:54devra répondre de ses propos
04:56devant les tribunaux.
04:58C'est elle qui est aujourd'hui l'accusée.
05:00Là où je suis totalement victime
05:02de ses propos,
05:03je n'ai jamais été mis en examen
05:06de quoi que ce soit.
05:07Bon, ce qui est sûr,
05:09et vous l'avez dit,
05:09c'est que la campagne est sale
05:10et a été sale à Nice.
05:12Christian Estrosi,
05:13cette histoire...
05:13Vous venez d'en citer un exemple,
05:14d'ailleurs.
05:15Et cette histoire de tête de cochon
05:16clouée sur votre porte
05:17avec le mot juif
05:18et suite à laquelle l'enquête
05:19qui a déjà débouché
05:20sur quatre mises en examen
05:21dont un proche de votre épouse
05:22s'oriente vers
05:23une manipulation menée
05:24par des membres
05:25de votre entourage
05:26à votre insu.
05:27Chaque mot est important.
05:28Non, c'est faux ce que vous dites.
05:30C'est faux puisque ma femme
05:31a été entendue hier
05:33en tant que victime
05:34et que je suis le constitué
05:36partie civile.
05:37Absolument, je dis
05:38quatre mises en examen
05:38dont un proche de votre épouse
05:40et je parle d'une manipulation.
05:42Les enquêteurs parlent
05:43d'une manipulation
05:43menée par des membres
05:44de votre entourage
05:45à votre insu.
05:46Est-ce que vous pensez
05:47que certains de vos proches
05:47ont pu monter un stratagème
05:49pour faire de vous la victime
05:50sans vous en avertir ?
05:51Alors d'abord,
05:53ça n'est pas le procureur
05:55de la République
05:55qui dit ça.
05:56Ce sont des sources
05:58qui viennent de je ne sais où
06:00et vous reprenez
06:01ces sources
06:02qui ne sont pas avérées
06:04et qui ne sont pas fiables
06:06et qui ne sont fondées
06:06sur rien.
06:07Il y a un communiqué
06:09du procureur de la République
06:10qui dit très clairement
06:11monsieur et madame Estrosi
06:13sont victimes
06:15d'une manipulation.
06:16Nous avons eu
06:17une tentative
06:18mais monsieur Estrosi
06:18pardon,
06:19je n'ai pas dit le contraire.
06:20Je n'ai pas dit le contraire.
06:21Je vous demande
06:21si vous pensez
06:22que des personnes
06:22de votre entourage,
06:23je ne parle ni de vous
06:24ni de votre épouse,
06:25ont pu organiser ça
06:26en gros pour vous victimiser.
06:28Éric Ciotti va comparer ça
06:29au faux attentat
06:31de l'Observatoire
06:31en 59
06:32que Mitterrand
06:33avait organisé.
06:33Vous savez,
06:34lorsque
06:35on tient de tels propos,
06:37on peut s'interroger
06:39pourquoi on prononce
06:40de tels propos
06:41et dans quelle direction
06:42doivent se tourner
06:43les regards
06:45aussi pour se demander
06:46qui est à l'origine
06:47de quelque chose
06:49qui est un choc.
06:50Quand on rentre
06:51à 23h
06:51avec son épouse
06:53et que l'on voit ça
06:54sur le portail d'entrée
06:56de son immeuble
06:57et que l'on sait
06:59notre engagement
07:00contre le racisme,
07:03l'antisémitisme
07:04et toute forme
07:05de discrimination,
07:06je peux vous dire
07:07que le choc
07:08est extrêmement violent.
07:09Ça veut dire quoi ?
07:09Vous pensez que le coup
07:10peut venir du camp d'en face
07:11de chez Éric Ciotti ?
07:12Moi, je ne désigne personne.
07:14Il y a une enquête
07:15qui est en cours.
07:16Je fais confiance
07:16à la justice
07:17et je vous demande
07:18d'accorder
07:19la même confiance
07:21à la justice
07:22qui dira les choses
07:23et cette vérité
07:24pourrait surprendre
07:25beaucoup de monde
07:26lorsqu'elle éclatera
07:27au grand jour.
07:29Il y a toujours
07:29des gens,
07:30et j'ai peur,
07:31qui sont dans la nature
07:32et qui ne sont pas interpellés
07:34au moment où je vous parle.
07:35Il y a un individu
07:37qui a été relâché,
07:38certes sous contrôle judiciaire,
07:41mais qui est un ancien
07:43de l'ADST
07:44et qui a appartenu
07:46à des réseaux identitaires,
07:48à des réseaux
07:49d'extrême droite.
07:50Vous craignez
07:50pour votre sécurité,
07:51Christian Espozzi ?
07:52Non, je ne crains jamais
07:54pour ma propre sécurité,
07:55peu importe.
07:56Vous savez,
07:56avec toutes les menaces
07:58de mort que j'ai connues
07:59pendant ces 18 ans
08:01pour garantir
08:02la sécurité
08:02des Niçoises
08:03et des Niçois,
08:04mon devoir,
08:05c'est de ne pas avoir peur.
08:07C'est d'avoir peur
08:07pour Nice.
08:08C'est d'avoir peur
08:09pour les Niçois,
08:10c'est de devoir
08:11les protéger.
08:12Mais oui,
08:12j'ai des craintes
08:13pour ma famille,
08:14pour mon entourage
08:15et de cela,
08:16je ne m'en cache pas.
08:17Christian Espozzi,
08:18est-ce qu'Éric Ciotti
08:19a réussi finalement
08:20l'union des droites
08:22qu'appelle de ses voeux
08:22Jordan Bardella ?
08:23Est-ce que ce n'est pas
08:24ce à quoi on est en train
08:25d'assister aujourd'hui
08:26à Nice ?
08:27Nous le dirons dimanche soir
08:29mais c'est parce que
08:31j'appelle à un électrochoc,
08:32c'est parce que je suis sûr
08:33que les seules 15 000 voix,
08:35vous savez,
08:35ce n'est pas grand-chose,
08:37quand vous avez
08:37100 000 abstentionnistes,
08:39que vous avez une gauche
08:40qui trahit ses électeurs
08:42et qui me disent eux-mêmes,
08:44on a voté au premier tour
08:45à gauche,
08:46on se sent tellement trahi
08:47par ceux pour lesquels
08:49nous avons voté
08:50et qui ne respectent pas
08:51les valeurs républicaines,
08:53ça plus ça,
08:5415 000 voix,
08:55ce n'est pas grand-chose
08:56à remonter.
08:56J'ai été candidat
08:57contre Marion Maréchal-Le Pen
08:59pour empêcher celle-ci
09:00de prendre la région
09:02en 2015,
09:03j'avais près de 300 000 voix
09:06de retard au premier tour,
09:08j'ai remonté 300 000 voix
09:09alors que personne n'y croyait.
09:11Et dites-vous une chose,
09:12c'est que 15 000 voix à Nice
09:14avec l'électrochoc
09:15que nous sommes en train
09:16de lancer
09:17et cet élan que je sens
09:18dans les rues
09:19depuis lundi matin
09:20où je ne lâche pas
09:21un pouce de terrain,
09:22je suis convaincu
09:24que nous allons aller
09:24beaucoup plus loin
09:26pour que Nice
09:27puisse encore rayonner
09:28et ne pas plonger
09:29dans un précipice.
09:30Vous savez,
09:31j'ai des contrats signés
09:32pour que de grandes écoles
09:33s'installent
09:34dès lundi matin
09:36à Nice.
09:37Elles ne s'installeront pas,
09:38si nous ne l'emporterons pas,
09:39nous perdrons des milliers
09:41d'emplois dans cette ville
09:42et cette ville
09:43plongera dans l'ombre
09:44là où nous nous avons mis
09:45dans la lumière.
09:46Merci.
09:47Merci beaucoup Christian Soury
09:48d'avoir été en direct.
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