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00:00Le nouveau Front Populaire, l'alliance de la gauche présentera des candidats uniques dans la quasi-totalité des 577 circonscriptions françaises aux élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet prochains.
00:13La lutte contre le racisme et l'antisémitisme au cœur de ce projet. Le coordinateur de la France Insoumise promet lui un programme de rupture totale.
00:21Je vous propose d'écouter tout de suite les cadres des partis.
00:26Il s'agit en effet de proposer au pays une rupture totale avec la politique d'Emmanuel Macron pour répondre aux besoins immédiats du peuple et faire la bifurcation écologique aujourd'hui indispensable.
00:41Donc aujourd'hui, c'est soit eux, l'extrême droite, soit nous, soit nous. Et ça doit être nous. Et ça va être nous.
00:50Ça va être nous parce que je le sais depuis 4 jours. Je vois ce qui se passe. Je vois qu'on est en train d'y arriver.
00:56Depuis quelques jours, nous rencontrons dans les rues de France des femmes, des hommes qui ont peur, qui craignent pour leur liberté, pour leur sécurité.
01:05Aujourd'hui, les seuls à être en mesure de pouvoir les protéger, c'est la gauche, la gauche et les écologistes.
01:11Nous avons tous fait des pas pour converger l'un vers l'autre. Et nous avons réussi à proposer un véritable projet pour la France, un projet pour vous protéger d'abord,
01:26un projet pour permettre demain de refaire société, de vivre ensemble dans les campagnes, dans la ruralité comme dans les grandes villes.
01:36Et puis Flore Simon est avec nous du service politique. Flore, la gauche s'est donc présentée unie après d'apprents négociations.
01:43Ça a pris 4 jours, mais ils y sont parvenus. Et l'objectif principal, c'est de contrecarrer le Rassemblement national.
01:48Oui, voilà, cette union. L'objectif premier, c'était de s'unir contre la montée du Rassemblement national qui s'avère être vraiment une menace pour ces législatives dans 15 jours
01:59quand on voit les résultats des Européennes. C'est vrai que le Rassemblement national est un danger aujourd'hui réel ici, enfin un danger, en tout cas des chances de parvenir à avoir une majorité à l'Assemblée nationale.
02:12Donc cette gauche s'est unie, a même trouvé des compromis. On savait que ça allait être compliqué puisqu'on a vu pendant toute cette campagne des Européennes,
02:19notamment entre le PS de Raphaël Glucksmann et les Insoumis emmenés par Manon Aubry, que la campagne avait été assez virulente entre ces deux camps,
02:27les Insoumis ont largement attaqué d'ailleurs Raphaël Glucksmann. Bref, toujours est-il qu'ils ont trouvé des points et qu'ils ont trouvé des consensus,
02:35notamment sur l'Ukraine, puisque les Insoumis plaidaient pour un retour à table des négociations. Finalement, ce qu'il est ressorti de ces négociations,
02:43c'est que le soutien à l'Ukraine est indéfectible et qu'ils continueront à envoyer des armes. Compromis aussi trouvé sur Gaza avec le terme qui est posé,
02:53les attaques du 7 octobre sont donc des attaques terroristes et puis également des compromis, en tout cas des annonces très fortes sur un programme économique et social,
03:05avec notamment une hausse du SMIC à 1600 euros net. Donc maintenant c'est l'entrée en campagne une semaine, quatre jours pour trouver des accords
03:14et maintenant il reste quinze jours pour faire campagne à ce nouveau front populaire.
03:18Justement, cette unité affichée à laquelle est parvenue cette gauche à travers ce nouveau front populaire, ça n'arrange pas la stratégie de la majorité qui misait plutôt sur un échec ?
03:28Là, en effet, on imagine qu'Emmanuel Macron misait sur une division de la gauche, comme je vous le disais, qu'on a vu d'ailleurs au moment des élections européennes
03:37et puis surtout une division qui avait été actée après les attaques du 7 octobre, lorsque les Insoumis avaient refusé de qualifier le Hamas d'organisation terroriste.
03:45On avait vu que les partis de gauche PS, PC et Écolo s'étaient complètement désolidarisés des Insoumis.
03:51Donc évidemment, le chef de l'État misait sur cet affaiblissement à gauche.
03:55C'était donc sans compter sur cet accord qui a été trouvé en un temps record de quatre jours et pour lequel d'ailleurs, on le voyait au moment de la conférence de presse,
04:05ils avaient tous l'air assez émus finalement d'avoir réussi à se mettre d'accord sur des choses.
04:11Le grand absent quand même de cette conférence de presse, c'est Raphaël Glucksmann, qui a a priori œuvré à ce programme.
04:19Toujours est-il qu'il n'était pas là.
04:21Alors le gouvernement, lui, il espère quand même récupérer les électeurs qui aujourd'hui auront peut-être des hésitations à voter,
04:28puisqu'on sait que Jean-Luc Mélenchon est clivant.
04:31Donc il y aura peut-être des électeurs de gauche qui auront du mal à voter pour ce nouveau front populaire, étant donné la présence des Insoumis.
04:38Et là-dessus, Gabriel Attal et Renaissance, enfin Gabriel Attal dans les Hauts-de-Seine et le parti Renaissance,
04:43espèrent récupérer des électeurs venus de la gauche qui n'auraient pas envie de voter pour ce nouveau front populaire.
04:51D'ailleurs, il y aurait, selon plusieurs sources, des candidats de la majorité, des candidats de la gauche et de la droite,
04:58qui se rallieraient ou trouveront des accords avec Renaissance dans certaines circonscriptions.
05:04Et Gauthier Reminski est aussi à nos côtés.
05:07Gauthier, pour ces éléments, on imagine que le président de la République, même s'il prend part à ce sommet du G7 en Italie,
05:14est très attentif aux dernières déclarations et à ce qui se passe, notamment à ce programme dévoilé.
05:20Est-ce que depuis l'étranger, il apparaît aux yeux de ses pairs comme affaibli au regard de ce qui se passe dans notre pays ?
05:27Oui, parce que ce que vient de déclare Flore, c'est quand même entre nous du calcul à 3 euros 6 sous.
05:33Parce que ce que fait la Macronie, comme on dit, qui consiste à espérer qu'une partie de LFI se désolidarise,
05:41moi je veux bien, mais tout ça, est-ce que ça prend en compte la réalité de la menace du Rassemblement National ?
05:49Non. Pareil à LFI. Vous avez bien vu que la première des choses qui s'est déroulée, c'était de trouver un candidat au poste de Premier Ministre.
05:58Mais est-ce que c'est ça, la réalité des faits ? Non. Non.
06:02Alors, sur la politique étrangère, on dit qu'on a trouvé un compromis.
06:05Moi, je pense que c'est une manière, effectivement, de mettre une union en route, et puis en disant, on verra bien plus tard.
06:11Mais n'oublions pas non plus que cette même gauche, qui est là aujourd'hui, a crié au loup.
06:17Est-ce qu'elle l'a fait depuis, allez, on va dire au moins 30 ans, parce que 40 ans, c'est le début de l'essor du Front National.
06:24Mais enfin, ces organisations, par exemple, je pense aux partis socialistes et aux partis communistes,
06:29qui ont déserté les territoires où ils étaient, non seulement favoris, mais où ils avaient une sorte de, comment dire, de force.
06:37Ils étaient une force de socialisation pour les gens qui étaient dans la précarité, qui étaient dans le désespoir, etc.
06:43Tout ça s'est reculé au profit du Rassemblement National ou du Front National, qui n'en demandait pas tant.
06:49Et aujourd'hui, tout d'un coup, on crie au loup.
06:51Bon, j'essaie de répondre à votre question.
06:53Oui, il est affaibli, bien sûr, parce que ce qui a sidéré les autres, c'est qu'ils n'étaient pas obligés de dissoudre que la chose.
07:00Bien sûr, il fallait reconnaître la réalité par rapport au Rassemblement National.
07:05Regardez Olaf Scholz, qui est en très grande difficulté, puisque sa coalition, les différents partenaires de sa coalition,
07:11en ont pris plein la figure aussi aux européennes.
07:14Est-ce que c'est une raison pour céder ?
07:16Là aussi, du côté de chez Emmanuel Macron, il y a eu des calculs qui sont technocratiques,
07:21en disant que si on affaiblit les autres, on peut penser qu'eux.
07:24Mais tout ça n'est pas en liaison avec la réalité.
07:27Et donc, il est affaibli pour ça, notamment aussi par rapport à l'Ukraine et au Proche-Orient,
07:32parce que comment, maintenant, dire ou prétendre que la France a une voie prépondérante,
07:37une voie sensée, une voie raisonnable, alors que vous avez un Président qui est...
07:42Alors, bien sûr, qui dit « je serai toujours là », même si le Front National de Rassemblement National est au pouvoir.
07:47Mais enfin, quelle marge de manœuvre ? Quelle possibilité ?
07:49Et affaibli au point que, justement, Jordan Bardella estime que, désormais, son principal adversaire, ce n'est plus le corps présidentiel,
07:56mais le nouveau Front Populaire.
07:58Je vous propose également d'écouter Marine Le Pen, qui s'est exprimée tout à l'heure, et on se reparle.
08:10Nous sommes dans un très bon état d'esprit, vous l'imaginez.
08:15Nous avons la possibilité de gagner cette élection, de faire un gouvernement de calme et de sérénité.
08:23Il faut sortir la France de l'ornière.
08:26Et face à un bloc extrêmement inquiétant, qui est celui de la Nupes 2, qui est pire que la Nupes 1,
08:33eh bien, moi, j'appelle tous les Français à se mobiliser, à venir nous aider pour le pays,
08:40pour envoyer une équipe qui va faire gagner 3 ans à la France.
08:45Voilà. Donc Marine Le Pen relativement sereine.
08:48Gauthier, on parlait tout à l'heure du président affaibli.
08:51Il n'est pas le seul au regard de la montée des extrêmes un peu partout en Europe.
08:55Oui, j'ai cité Olaf Scholz, il y en a d'autres.
08:58Il y a eu à l'Est un résultat qui était contraire à l'environnement, c'est le résultat polonais,
09:03qui est plutôt favorable à ceux qui sont revenus au pouvoir en octobre dernier.
09:07Et pour le reste, vous avez par exemple une Georgia Meloni,
09:10qui est totalement, comment dirais-je, qui est ravie,
09:14parce que son mouvement arrive à capitaliser ce qu'elle a fait,
09:19finalement, de manière très habile, très subtile et insidieuse,
09:23c'est-à-dire que petit à petit, l'empreinte ultra-droitiste de Georgia Meloni prend le pas,
09:28tout en étant, officiellement et par rapport aux partenaires, totalement démocratique,
09:32et même en ayant pris la casquette de l'une de celles qui défend l'Ukraine.
09:36Mais vous voyez bien que derrière, de l'autre côté, ce sont des pouvoirs qui sont affaiblis,
09:41et d'une manière assez certaine, regardons quand même la réalité,
09:45ce sont des pouvoirs qui sont affaiblis parce qu'ils ont nié l'importance du phénomène Front National-Rassemblement National.
09:51Toujours, encore une fois, en faisant des calculs d'apothicaires,
09:55en disant, souvenez-vous même de François Mitterrand,
09:57qui avait favorisé le Front National pour mettre en difficulté la droite habituelle qui revenait au pouvoir.
10:03Là aussi, calcul, alors là, ce n'était pas l'euro, c'était à 3 francs 6 sous.
10:07Bon, voilà, tout simplement, ça veut dire que, de la même manière,
10:11Emmanuel Macron, qui se pense, lui, comme étant un démiurge,
10:15un deus ex machina qui, à lui seul, peut empêcher,
10:18c'est ce qu'il avait dit en 2017, il avait dit,
10:20avec moi, il n'y aura pas de progression du Rassemblement National.
10:24Et bien, il est grougeant comme de vent, pourquoi ?
10:26Parce que, de ce fait, il a simplement dédié ou transmis à ses associés, à son parti,
10:33le choix, enfin, pas le choix, la nécessité de combattre le Rassemblement National,
10:38sauf qu'ils ne l'ont pas fait.
10:39Et pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron ne supporte pas,
10:41il n'aurait pas supporté qu'il y ait, dans son parti, l'émergence de personnalités.
10:45Résultat des courses, aujourd'hui, il se présente comme étant le rempart,
10:48et c'est vrai qu'en restant président de la République,
10:50il sera un rempart contre certaines lois,
10:52mais enfin, ça ne résout pas le problème.
10:54Vous voyez, le raisonnement institutionnel,
10:56le raisonnement simplement mathématique ou arithmétique,
10:59est quelque chose qui mène à la situation que nous connaissons aujourd'hui,
11:03et ce, encore une fois, depuis des décennies.
11:06Merci beaucoup, Gauthier, Gauthier Rabinski et Flore Simon.
11:09Merci pour cette analyse, voilà ce qu'on peut dire pour l'heure.
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