00:00Et alors j'ai la chance de recevoir ce matin une grande musicienne, une grande violoniste et chanteuse
00:05Catherine Lara, bonjour !
00:07Merci beaucoup d'être là, il paraît que vous adorez la radio Catherine.
00:11Oui, je préfère la radio à la télé moi, parce que j'aime bien cette espèce d'intimité quelque part
00:18j'aime... j'ai fait de la radio
00:20Vous allez dire que vous avez une voix de radio ?
00:22Europe 2 à l'époque, je faisais une émission qui s'appelait Pleine Lune
00:26Toutes les nuits de Pleine Lune, j'invitais tous mes copains, on se marrait toute la nuit, c'est génial
00:32mais j'adore la radio, j'ai toujours aimé la radio.
00:34On est ravis de faire de la radio avec vous ce matin, on va parler de votre spectacle
00:38on va adresser d'abord votre portrait sonore, des petits sons pour mieux vous connaître, voici le premier
00:56Vous reconnaissez ça ou pas ?
00:58Oui !
00:59Le concerto d'Albinoni par les musiciens de Paris, l'orchestre de chante que vous avez créé
01:04après votre sortie du conservatoire de Paris et après avoir raflé nombre de prix
01:08à l'époque, vous vous appelez d'ailleurs encore Catherine Baudet
01:11Lara c'est le nom de jeune fille, de votre grand-mère maternelle
01:17qui était elle d'origine espagnole
01:20et vous commencez le violon très très jeune, je crois, dès l'âge de 5 ans, c'est ça ?
01:234 ans, entre 4 et 5 ans
01:26J'avais pris le violon de mon père et je trouvais que c'était un instrument déjà qui me fascinait
01:31Il était joueur de violon lui-même ?
01:33Il était médecin déjà, lui, au départ, il soignait, il apportait du bien-être aux autres
01:38et puis avec son violon aussi, il m'a appris en tous les cas à vibrer
01:43et à recevoir cet instrument comme un instrument d'émotion, qui donne beaucoup d'émotion
01:49Il paraît que vous avez l'oreille absolue Catherine Lara, c'est vrai ?
01:51Je ne sais pas
01:52Vous ne savez pas ?
01:53J'ai une bonne oreille en tous les cas
01:56Il y a une manière de vérifier qu'on a l'oreille absolue
01:58Et déjà pour commencer le violon à 4 ans, vous aviez déjà une sacrée oreille, j'imagine ?
02:02Après peut-être qu'elle faisait très mal aux oreilles de tout le monde
02:04J'aimais surtout la musique, au-delà de l'oreille absolue
02:10J'ai toujours adoré la musique, ça a été ma passion toute petite petite
02:14Allez, une autre musique maintenant, écoutez ça
02:20Magique, originelle, dans son rythme essentiel
02:24Je m'envoie le ventre de la mer
02:26Vos gardes pour vous jeter dans un monde esséché
02:31Qui n'est fait que de terre
02:34Où je n'ai jamais
02:38Su ce qu'il faut faire
02:41Mère de François Zardi, François Zardi que vous avez rencontré avant même de chanter Catherine Lara
02:48Vous avez orchestré « Les Cordes » sur La Question, l'un de ses plus beaux albums
02:52Vous avez dit un jour qu'elle était un mythe pour vous. Qu'est-ce qui l'a rendé si attachante pour vous Françoise Hardy ?
03:00J'ai rarement rencontré une personne aussi droite, aussi directe,
03:09aussi honnête,
03:13intellectuellement,
03:14philosophiquement. C'était une femme extraordinaire, c'est une amitié de 50 ans. Il y a très longtemps que j'aime Françoise et c'est bien triste de la voir.
03:23J'ai eu la chance de travailler avec elle, on a écrit des chansons. Elle est la première personne à m'avoir proposé de faire un album.
03:30Et puis en parallèle j'ai rencontré
03:35Denise Glazer qui m'a présenté CBS. Elle m'a dit que ce serait mieux pour toi d'être chez Columbia,
03:41mais sache que je suis là s'il y a besoin de quoi que ce soit. Elle a été vraiment adorable.
03:45Et vous l'avez accompagnée et puis vous avez accompagné aussi d'autres chanteurs, Catherine Larraque, Maxime Le Forestier, Nougarrot,
03:53ou Nana Mouskouri, et puis vous avez fini par vous mettre à chanter vous-même.
04:15C'est une de vos chansons signées Luc Flamand.
04:25Je connaissais déjà la couleur quelque part.
04:27Le message est assez clair.
04:29Vous me recevez.
04:31Sauf que ce qui est très fort, c'est qu'on est en 1983.
04:35Une chanson où vous dites justement être libre d'aimer un homme ou une femme en 83, c'était complètement avant-gardiste.
04:40Personne n'osait dire ce genre de choses.
04:42Oui.
04:43C'était assez courageux quand même de votre part.
04:44Ce n'est pas courageux, c'est ma nature.
04:46C'est juste que je ne me sens pas de raconter des bobards ou de mentir.
04:50Je préfère être aimé pour moi comme je suis.
04:54Et puis je ne suis pas dans un tiroir aussi coincé que celui-là.
04:57On dit toujours qu'on met les gens dans un tiroir, ils sont hémos, ils sont hétéros.
05:03Moi je suis tout ça à la fois.
05:05Je suis amoureuse de quelqu'un et il se trouve que ça fait 30 ans que je vis avec la même femme, parce que c'est une femme.
05:12Voilà, c'est de l'amour juste.
05:14Heureusement qu'il n'y avait pas les réseaux sociaux à l'époque quand même.
05:16Parce que j'imagine que ça n'a pas dû être si simple que ça à l'époque.
05:20Ce n'était pas simple, mais bon, les réseaux sociaux, vous savez ça.
05:23Il y a à boire, à manger.
05:24On vous l'a reproché cette chanson ?
05:26Non, pas du tout.
05:28On ne m'a jamais rien reproché parce que je ne me suis jamais planqué.
05:32Vous savez, il n'y a que les gens qui se cachent, qui finalement font en sorte quelque part d'être recherchés.
05:40Moi, je ne me suis jamais caché et au fond, ça a été une bonne façon de vivre en liberté.
05:46On se souvient tous de votre fameuse punchline, votre fulgurance même en 86 face à Michel Denisot dans Mon Zénith à moi,
05:52quand il vous demande qu'est-ce que vous regardez en premier chez un homme, vous répondez ?
05:55Sa femme.
06:00C'est tout génial.
06:01Et puis deux ans après, vous sortez votre tube Éternel.
06:05On va terminer avec lui évidemment.
06:10On a tous déjà chanté cette chanson plus ou moins bien.
06:18Malheureusement moins bien.
06:21On va continuer à parler avec vous de ce spectacle Identité que vous produisez avec la compagnie Kumo.
06:29C'est en tournée dans toute la France, on en parle dans deux minutes sur Europe.
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