00:00 Europe un soir. 19h21, Pierre De Villeneuve.
00:04 Le désir d'union est fort, nous restituait Maëlla Sany de cette rencontre entre Marion Maréchal
00:12 qui d'une certaine manière rentre au Bercail et va revoir sa tante dans la PME Le Pen.
00:17 Je reprends les mots de Catherine Ney que j'ai entendus tout à l'heure.
00:20 Dans Punchline, voici ce que disait Marion Maréchal à l'issue de cette rencontre.
00:24 Il y a maintenant un choix qui s'offre à moi,
00:27 celui de trouver les moyens de faire intégrer les idées de reconquête à ce rassemblement
00:33 dans le cadre des conditions posées par le RN,
00:36 ou alors se contenter de laisser Reconquête partir seule.
00:41 Marion Maréchal qui rentre chez Marine Le Pen,
00:45 qui va s'exprimer tout à l'heure dans le journal de 20h de TF1.
00:48 Catherine Ney, qu'est-ce que ça signifie ce mouvement ? C'était prévisible déjà ?
00:51 Je crois d'abord qu'il y a un problème à Reconquête entre Marion Maréchal et Sarah Knafo.
00:58 Plus qu'avec Eric Zemmour.
01:01 Oui, mais Sarah Knafo a un pouvoir important dans ce petit parti.
01:09 D'ailleurs, on m'a signalé qu'hier soir, elle avait assez mal mené Marion Maréchal.
01:15 Je pense que Marion Maréchal va revenir, mais vous savez, c'est la famille Le Pen,
01:19 on se dispute, c'est un peu les familles où on s'est beaucoup divisées.
01:24 Il y a eu plusieurs feuilletons.
01:27 Là c'est le nouveau, mais je crois qu'on tombe toujours du côté où l'on penche,
01:30 et elle va revenir dans le géant familial.
01:32 Elle va être accueillie à bras ouverts par Marine Le Pen ?
01:34 Oui, parce qu'elles se sont déjà revues depuis que le Patriarche est malade,
01:37 et donc on fait quelques fêtes carillonnées chez lui, on s'est reparlés.
01:41 Paul Belin ?
01:42 Je crois que le sujet du ralliement de Marion Maréchal est un sujet...
01:45 Il y a deux sujets, il y a le sujet personnel du ralliement de Marion Maréchal,
01:48 et ensuite il y a le sujet collectif de l'avenir de Reconquête.
01:51 Et c'est ça, je pense, qui est le plus important, c'est de se dire,
01:53 comment et jusqu'à quel point, et ça on aura peut-être les réponses ce soir au 20h,
01:57 comment et jusqu'à quel point Marine Le Pen va-t-elle élargir sa base ?
02:01 Parce que là, maintenant, elle n'est plus un parti d'opposition comme les autres,
02:04 elle est un parti qui prétend engendrer l'alternance.
02:06 Et pour préparer cette alternance, il va falloir qu'il dialogue avec les Républicains,
02:11 avec, effectivement, pourquoi pas Reconquête,
02:13 peut-être avec Nicolas Dupont-Aignan de Boulafrance,
02:15 pourquoi pas avec certains souverainistes de gauche...
02:17 - Je l'ai dit, Marion Maréchal a cité Dupont-Aignan plusieurs fois.
02:20 - Elle l'a cité, mais jusqu'à maintenant, le mantra sur l'union des droites, etc.,
02:24 c'était très émourien comme discours.
02:26 Marine Le Pen n'aimait pas parler d'union des droites.
02:28 Là, elle va parler d'union, moi je pense, je prends le pari ce soir,
02:31 qu'elle ne va pas parler d'union des droites, mais qu'elle va parler d'union des Français.
02:34 Et qu'elle va essayer, dans une posture, en tout cas, je dirais peut-être,
02:37 elle va essayer de se hisser dans une posture gaullienne,
02:40 en disant, eh bien, moi je vais aller prendre le pouvoir,
02:43 nous allons y aller par les urnes, la démocratie va parler,
02:46 et pour que la démocratie puisse parler, il faut que nous soyons un rassemblement
02:49 le plus large possible. Je pense que c'est sa stratégie,
02:52 et à mon avis, d'observateur, c'est peut-être là, la meilleure stratégie à adopter,
02:56 plutôt que de se recroqueviller sur sa base...
02:59 - Je ne suis pas d'accord, je ne suis pas d'accord.
03:01 - Et vous, quand vous dites qu'elle n'aime pas parler d'union des droites,
03:04 elle a cité plusieurs fois Giorgia Meloni en disant, regardez ce qui se passe en Italie,
03:07 ils ont réussi, et chez nous, ça ne marche pas.
03:09 - Elle préfère parler des patriotes de droite, de gauche, de nulle part...
03:12 - Imaginons le résultat du 7 juillet au soir,
03:16 si le Rassemblement National, disons, devient le parti le plus important,
03:22 je ne sais pas s'il sera majoritaire, disons qu'il sera le parti le plus important, incontournable.
03:28 Il y aura des places à prendre, et à partir de là,
03:32 même une structure comme celle de Reconquête,
03:34 je pense que Marine Le Pen sera capable d'oublier les mots,
03:37 et les formules un peu désagréables, peut-être, que Zemmour a eues lors de la présidentielle,
03:43 notamment, pour dire, "Ministre, peut-être, il y aura des places à prendre."
03:49 - Mais Reconquête n'est pas forcément la cible, je dirais, de ces places à prendre.
03:52 L'ouverture, elle va plutôt se faire à gauche de Marine Le Pen,
03:54 plutôt par la droite républicaine, plutôt par la gauche,
03:56 - Mais il parle aussi avec des républicains.
03:58 - Il parle aussi avec des républicains.
04:00 - Mais je pense que c'est plutôt les républicains qui seront, je dirais, attirés à Gadier Le Pen.
04:03 - Parce que là, le président a fait partie dans une chose, d'ailleurs, qui n'est sûrement pas contrôlée.
04:08 Ce qui va se passer, c'est que, ce qui est sûr, le parti le plus important,
04:12 ce sera le Rassemblement National.
04:14 Plus de 200, 240, majorité absolue, on n'en sait rien.
04:17 Mais s'il n'a pas la majorité absolue, ça veut dire qu'il y a un nouveau blocage.
04:22 C'est-à-dire qu'il ne peut rien faire, qu'il va retrouver des oppositions.
04:25 Et donc, si on ne peut rien faire, s'il ne peut rien faire,
04:28 là, on arrive presque à une crise de régime.
04:31 Parce que pendant un an, on ne peut pas redissoudre.
04:34 Donc, si on ne peut rien faire pendant un an.
04:37 Donc là, toute l'habileté de Marine Le Pen, ça va essayer de parler,
04:43 de faire des coalitions au nom de la France, et non pas du Rassemblement National.
04:49 On verra si elle sait le faire.
04:50 Parce que longtemps, sa philosophie, c'était surtout pas d'alliance avec la droite républicaine qu'elle détestait.
04:55 Mais là, maintenant, elle prend une autre ampleur.
04:57 - C'était réciproque.
04:58 - Oui, la droite républicaine dont vous parlez, c'est-à-dire les Républicains,
05:02 est-ce que ça ne va pas imploser, comme l'a expliqué tout à l'heure Alexandre Chauveau dans le journal ?
05:06 Il va y avoir une scission, il y en a ceux qui vont aller plutôt,
05:09 comme l'ont fait déjà Gérald Darmanin et Bruno Le Maire,
05:12 dans le camp du Président, et d'autres qui vont aller vers le RN.
05:15 C'est une réalité.
05:16 Jean-Claude Godin, qu'on a enterré il y a encore quelques semaines ici sur Europe 1,
05:20 racontait, et on a retrouvé grâce à Sylvain Denis et aux archives,
05:25 des archives d'Europe 1, qu'il disait que Jean-Claude Godin disait lui-même
05:29 "J'ai été élu avec des voix RN".
05:31 Et d'ailleurs, ça n'était pas un problème pour lui.
05:36 - Mais à l'époque c'était un problème pour le RPR.
05:39 Il avait été désavoué d'aller chercher cette alliance.
05:42 Il y avait eu le Président de l'ONU, je crois à l'époque, Charles Millon,
05:45 qui avait fait une alliance avec le Front National,
05:47 Jean-Pierre Soissons, il y avait plusieurs comme ça élus.
05:50 Là, probablement que la jurisprudence va changer.
05:52 Après, quant à la moisson des derniers LR qui seraient compatibles avec le macronisme,
05:56 moi je crois qu'il y en a déjà la plupart qui sont partis.
05:59 Eric Verve, il est parti, on parlait de Bruno Le Maire et du ministre de l'Intérieur,
06:04 ils sont partis.
06:05 Moi je crois qu'il reste à LR ceux qui ne veulent plus de cette alliance.
06:08 Et Eric Ciotti l'a dit assez bien.
06:09 Alors est-ce que des profils comme Valéry Pécresse ou comme Xavier Bertrand
06:13 vont s'allier avec le RN ?
06:14 Ça par contre, je ne crois pas.
06:15 Donc eux, ils vont essayer peut-être de poser autre chose.
06:17 - Ça pose une question quand même.
06:18 Ils avaient un candidat potentiel et ils l'ont toujours, qui était Laurent Wauquiez.
06:21 Est-ce que la stratégie pour lui, ça le regarde, va consister...
06:25 Il faut quand même incarner quelque part un espoir.
06:27 - Non mais Wauquiez, son cheval est mort.
06:29 - Non mais ça, cher ami, vous pensez ce que vous voulez sur Wauquiez.
06:32 Moi je pense qu'il incarnait possiblement, potentiellement,
06:36 une chance pour la droite républicaine de réexister véritablement avec un vrai programme.
06:41 - Oui mais sans cheval, ça va être difficile.
06:43 - Pour ça, il faut qu'effectivement, il ne tue pas le cheval ou qu'il remonte dessus, je n'en sais rien.
06:46 - C'est terrible.
06:47 - Il a une peau d'âne, si je puis dire.
06:49 - Je me demande ce qu'il est en train de...
06:51 Voilà, il a fait un communiqué ce matin, ça ne va pas suffire.
06:54 - Il est tellement prudent.
06:56 - J'aime beaucoup les points de vue, mon cher.
06:59 - Vous parliez d'Eric Wörth, écoutez ce qu'il disait ce matin avec Dimitri Pavlenko sur Europe.
07:04 - Le président a choisi probablement une solution, certes aventureuse, mais qui a le mérite d'être claire.
07:10 À partir du moment où il y a quand même un raz-de-marée de l'extrême droite,
07:15 c'est évidemment un score sans appel, il faut reconquérir de la légitimité.
07:19 Sinon, c'est l'impasse.
07:20 En réalité, on a une pression de LR qui dit "on va déposer des mots sans censure",
07:25 une pression d'un petit groupe qui s'appelle Lyot et qui dit la même chose.
07:29 Un budget qui arrive à partir du mois de septembre,
07:32 il n'y a plus la capacité de réformer dans des conditions acceptables,
07:36 et la France ne peut pas attendre.
07:38 Donc l'éclaircissement suprême, c'est par la voie de l'élection et du peuple.
07:43 - En bon ministre du budget, il s'intéresse au budget, notamment.
07:46 - Oui, mais il faut bien voir aussi que les LR menaçaient le président d'un dépôt de motion de censure.
07:53 Mais ils l'annonçaient six mois avant, mais ils avaient calculé qu'avec les Jeux Olympiques,
07:58 ça serait bien pour le budget puisqu'il n'y avait pas de loi rectificative du budget.
08:02 Mais quand vous voulez gifler quelqu'un, vous ne lui dites pas "je te giflerai dans six mois".
08:06 Donc pour le président, qui voyait qu'il y aurait un mauvais coup à la rentrée,
08:11 et que vu les résultats, il a préféré une cohabitation maintenant qu'attendre d'être obligé de dissoudre.
08:20 Il a anticipé un échec annoncé.
08:24 Il y a toujours ces conseillers qui disent "mais c'est jouable, on peut refaire une majorité à gauche".
08:33 Alors ça, moi j'ai de la peine à y croire, mais vous savez, les conseillers annoncent toujours que ça va bien se passer.
08:40 C'était la même chose avec Chirac.
08:42 - Voilà, c'est ce que j'allais dire. Ça me rappelle beaucoup 1997, où on a offert le pouvoir à l'opposition.
08:47 - Voilà, où on croyait... Alors qu'à l'époque, Chirac avait tout.
08:51 Il avait la majorité, le Sénat, les régions, les départements et les plus grandes villes de France.
08:56 Et parce qu'il ne voulait pas se séparer de Juppé, qui était très impopulaire, on a imaginé ça.
09:01 Et vraiment, Villepin lui avait vendu l'idée que là, Néron,
09:05 c'était la Chirac qui pure, qui allait revenir et que le nouvel élan, ça serait de renommer Juppé.
09:11 - Comment est-ce qu'il a pu croire ça ?
09:13 - Ça, on se le demande encore. - Mais parce que c'était...
09:15 - Peut-être avec des mauvais conseils ?
09:17 - Oui, mais quand il y a eu la réunion des députés à qui on disait "vous allez vous représenter",
09:21 mais il y avait de la joie... - Ils étaient tous... c'était pas le cas ce coup-ci ?
09:24 - Oui, c'était pas le cas ce coup-ci. - Non, il y a de l'inquiétude et il y a de l'interrogation.
09:28 - Ça veut dire, Jean-Claude Dessier, qu'il y a plus de clairvoyance aujourd'hui qu'à l'époque ?
09:31 - Je n'en suis pas sûr. - Non, mais en tout cas, que la dissolution...
09:34 - Honnêtement, quand on voit ce qu'ils ont fait sur les migrations,
09:37 en gros, je dirais presque, de manière un peu caricaturale, j'en conviens, pas grand-chose, voire rien,
09:42 pas de prison nouvelle, incapacité pour les magistrats de prendre des décisions de sanctions un peu exemplaires,
09:48 c'est le foutoir. Tous les jours. Maintenant, le couteau est devenu l'outil qui inquiète beaucoup les Français.
09:54 Il y a quand même quelque chose que je souligne, alors peut-être que je me raconte des histoires,
09:59 quand Mardela a parlé tout à l'heure, après la réunion avec Marion Maréchal,
10:03 il a parlé "je présenterai aux Français, nous allons présenter aux Français un texte, programme, mais de cohabitation".
10:12 Est-ce l'annonce déjà qu'on va raboter, oublier, mettre de côté ou autre un texte qui aurait l'accord du Président de la République ?
10:24 Il a devancé le Président de la République en annonçant la dissolution, en disant "après les Européennes, si j'arrive premier, je demanderai une dissolution".
10:33 Mais il l'a obtenu ! Mais c'est un geste extrêmement fort !
10:37 Non mais il faut être collerant avec Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'on ne peut pas lui reprocher aujourd'hui une dissolution
10:41 qu'à peu près tout le monde lui aurait demandé s'il ne l'avait pas faite.
10:44 C'est-à-dire que là il est suit une défaite cuisante, et donc les commentateurs comme nous,
10:51 probablement qu'on dirait à l'heure qu'il est, s'il ne l'avait pas fait, il essaie d'enjamber l'élection,
10:55 ce n'est pas juste, il aurait dû prononcer la dissolution.
10:57 Moi, c'est ce que j'aurais dit !
10:58 Écoutez, Emmanuel Macron, il parle des élections européennes, il a gagné 8,9 mois, il n'avait pas d'importance.
11:04 Vous avez entendu ce qu'a dit l'ex-présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown, en disant "il y avait une coalition à faire, il y avait d'autres solutions".
11:12 Ça n'aurait pas marché ! De toute façon, c'était reculer pour mieux sauter.
11:18 C'est-à-dire que la motion de censure qui aurait été déposée à l'issue du budget par les Républicains,
11:23 aurait de toute façon renversé le gouvernement.
11:25 Le président de la République précède les choses, ce qui lui permet de dire "regardez, je suis gaulliste".
11:29 Sauf que s'il avait été vraiment gaulliste,
11:32 - Vous êtes sûr de ça, Paul Melland ? - Personne ne comprend rien à ce que vous avez dit !
11:35 - Qu'est-ce que ça veut dire, être gaulliste aujourd'hui, Paul Melland ?
11:37 - Être gaulliste, c'est redonner le pouvoir au peuple.
11:39 - Vous êtes d'accord avec ça ? - Ma définition est simple.
11:42 - Ça veut dire quoi être gaulliste ?
11:44 - Dans les conditions où vous n'êtes pas battu d'avance,
11:46 dans les conditions où vous n'offrez pas à l'opposition,
11:48 le RN, c'est pas rien quand même.
11:50 Regardez la Bourse, comment elle s'est comportée aujourd'hui.
11:52 - Regardez le gaulliste, c'est 1,25%.
11:54 - Mais si c'était vraiment gaulliste, il aurait mis aussi ses députés dans la balance.
11:56 - Soyez galant, soyez galant.
11:58 - En plus, elle est en pourpre, elle est belle comme tout.
12:01 - Chirac avait fait une dissolution de convenance,
12:04 et là, je pense qu'il y a chez Macron, un peu une dissolution d'amertume.
12:09 Parce que jusqu'il y a encore 15 jours, il disait, il était persuadé que Mme Ayer
12:13 allait être près de 22% et trouver ses conseillers,
12:15 les gens qui venaient lui dire qu'il était pessimiste.
12:17 Et lui pensait que plus il parlait, plus il parlait d'Europe,
12:20 plus les gens raisonnables en France allaient comprendre son message.
12:24 Et là, il s'est aperçu qu'il n'écoutait pas ce qu'on lui disait,
12:28 que c'était très dangereux, et là, pouf, il s'est dit, il faut que...
12:32 Voilà, ils veulent, les Français veulent, et ben, je suis démocrate, chiche.
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