00:00 Avant d'accueillir Marc Ferracci qui lui représente bien sûr le Bloc Central
00:05 et cette idée dont on parlait d'Emmanuel Macron de rallier tous ceux qui ne veulent pas faire les alliances,
00:11 je vous propose d'écouter François-Xavier Bellamy, il était l'invité ce matin de Pascal Praud sur Rampart.
00:16 Le vrai sujet c'est de soutenir nos candidats au premier tour et ils sont, je n'ai pas peur de le dire,
00:21 à tous les électeurs qui nous écoutent, le meilleur rempart contre la France insoumise.
00:25 Moi je suis de droite, je l'assume, je me suis engagé en politique pour reconstruire une droite
00:29 qui soit fidèle à ses valeurs, qui soit fidèle à ses combats et à ses principes.
00:33 Mais au deuxième tour, j'aurais défendu les candidats de ma famille politique,
00:37 au deuxième tour, s'ils ne sont pas représentés et que je dois choisir,
00:40 il est évident que je ferai tout pour empêcher que la France insoumise n'arrive au pouvoir dans ce pays.
00:45 C'est-à-dire que vous voteriez pour un candidat du Rassemblement National face à un candidat du Front Populaire.
00:52 Évidemment, du Front Populaire.
00:54 Quand on entend qu'Olivier Faure nous dit qu'il n'exclut pas que Jean-Luc Mélenchon puisse être Premier Ministre,
00:58 attendez, mais qu'est-ce qui se passe dans ce pays ?
01:00 - Bonsoir Marc Ferracci. - Bonsoir.
01:02 - Merci d'être avec nous dans Hors Pince-Soir, député Renaissance sortant des Français établis hors de France.
01:08 Qu'est-ce qu'il y a ? Là en l'occurrence, on a une chaîne de valeurs qui est mise en perspective par François-Xavier Bellamy
01:13 et il nous dit clairement, ce n'est pas tant le groupe LR-RN qu'il faut combattre,
01:19 c'est ce nouveau Front Populaire.
01:22 Est-ce que ce Front Populaire pour vous, c'est l'ennemi numéro un dans cette législative ?
01:26 - Moi, vous le savez, vous me connaissez, je combats à la fois l'extrême droite et l'extrême gauche.
01:31 - Au même niveau ? Le curseur est exactement au même niveau ?
01:33 - Je vais rentrer un petit peu dans le détail, dans la nuance, si vous le permettez.
01:37 Le Front Populaire est en train de s'organiser autour de la France Insoumise
01:40 qui va en être à l'évidence la force dominante puisqu'ils ont bénéficié d'une allocation de circonscription supérieure à celle des autres partis.
01:48 Ils auront plus d'élus. - 229 contre le reste pour les autres.
01:51 Ça montre bien que la France Insoumise est le centre de gravité de cette force politique qui n'est pas vraiment nouvelle
01:57 puisque c'est une sorte de nouveau baptême de la nupes.
02:02 La France Insoumise, depuis maintenant un certain nombre d'années,
02:06 a mis la fracturation de la société, le désordre, la violence au cœur de sa stratégie politique.
02:12 Et moi, je le dis de manière très claire, c'est un parti qui aujourd'hui
02:17 déstabilise nos institutions, déstabilise le corps social.
02:20 Un exemple très... parmi d'autres, lorsque nous avons été confrontés aux émeutes à l'été 2023,
02:26 les élus de la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon en particulier ont jeté de l'huile sur le feu.
02:30 Donc je pense qu'il y a un véritable danger à ce que la France Insoumise et le bloc qui se constitue autour d'elle
02:37 arrivent au pouvoir. Aujourd'hui c'est une hypothèse qui n'est pas complètement inenvisageable.
02:42 Maintenant, je vais quand même compléter mon propos.
02:44 L'extrême droite au pouvoir, c'est aussi quelque chose qui me fait peur.
02:48 Qui me fait peur pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'à chaque fois que des mouvements populistes,
02:53 des mouvements extrémistes ont arrivé au pouvoir, et en particulier quand ils étaient du côté de l'extrême droite,
02:58 avant même qu'ils ne commencent à prendre des mesures, il se passe quelque chose de très direct.
03:02 C'est qu'il y a une désinhibition dans la société.
03:04 Tous ceux qui ont des pulsions racistes, des pulsions xénophobes, des pulsions homophobes,
03:09 eh bien, pour utiliser une expression un peu triviale, ils se lâchent.
03:12 Ils se lâchent et ça a des conséquences qui traversent toute la société,
03:16 et ça peut d'ailleurs avoir des conséquences rétroactives de la part d'autres éléments du corps social.
03:21 Donc tout ça me fait très peur, et puis le programme du Rassemblement National,
03:24 on a l'occasion d'en reparler peut-être, me fait peur également.
03:26 Vous voyez qu'avant même que le Rassemblement National ne soit en capacité de gouverner,
03:31 ce que j'espère qu'il ne sera pas capable de faire, eh bien les marchés financiers s'affolent. Pourquoi ?
03:36 Parce que sur les marchés financiers, vous avez des gens dont le métier c'est de prêter de l'argent,
03:39 et en particulier de prêter de l'argent à notre pays, à la France.
03:42 Et qui s'interrogent en permanence sur la question de savoir si la France saura rembourser cet argent.
03:46 Souvent les gens nous disent "vous avez 3000 milliards d'euros de dettes, c'est terrible".
03:50 - 3000 ? - Sauf que, moi j'ai enseigné l'économie pendant quelques années,
03:54 ce qui est important c'est la capacité à rembourser, qui dépend de la dette évidemment,
03:58 mais aussi de la croissance, aussi de la capacité à créer des richesses.
04:00 Ce qui fait peur dans le programme du Rassemblement National, c'est d'abord qu'il est très coûteux,
04:03 100 milliards d'euros par an de déficit supplémentaire,
04:06 c'est le chiffrage de l'Institut Montaigne, qui est un institut indépendant,
04:09 et puis c'est aussi que c'est absolument pas un programme qui va créer de la richesse et créer de la croissance.
04:13 Donc, il y a à la fois des effets de court terme, qui me préoccupent beaucoup sur les tensions qui peuvent traverser le corps social,
04:18 et puis il y a ce qui adviendrait si on devait mettre en oeuvre ce programme.
04:22 Mais, je le dis et je le redis, du côté de la France Insoumise,
04:25 la Gabgi est à tous les étages aussi, si on mettait en oeuvre leur programme économique.
04:28 - On va écouter le Président de la République justement parler de ce que vous venez de dire.
04:32 - Il n'y a pas plus sain et plus démocratique que de demander au peuple de voter.
04:36 Je suis surpris moi de vos questions qui parlent de cuisine, de position, de perception.
04:42 Vous ne croyez pas qu'il faut parler plutôt des programmes ?
04:44 Vous ne croyez pas qu'il faut dire que ce qui affaiblirait la France,
04:47 c'est d'avoir un gouvernement en effet qui n'a pas de programme de finances publiques,
04:51 une incapacité à gouverner et beaucoup d'incohérence sur ces sujets ?
04:54 C'est dans ce détail des questions qu'il faut rentrer.
04:56 Si on dit c'est historique, et ça l'est, à ce moment-là, de quoi s'agit-il ?
05:01 Qui propose quoi pour la France, pour gouverner ?
05:03 C'est ça la seule question qui vaille sur les 17 jours qui viennent.
05:06 - Emmanuel Macron qui a également dimanche dit "je l'ai pris pour moi" sur le score et sur la dissolution.
05:12 Est-ce qu'il y a une forme de "méa culpa" ?
05:15 - C'est possible.
05:16 - Qu'on ne t'en passe ouvre par la voix du Président.
05:18 - C'est possible, ça n'est pas une mauvaise chose.
05:20 Vous savez quand vous avez 40% des voix qui se portent vers l'extrême droite et 50% vers les extrêmes,
05:25 puisque la France insoumise a fait à peu près 10%,
05:27 et que vous êtes au pouvoir depuis 7 ans,
05:29 et moi je fais partie de la majorité, je suis député depuis 2 ans,
05:31 mais avant j'étais conseiller ministériel,
05:33 et bien vous avez besoin de vous regarder dans la glace, c'est évident.
05:36 - Jules Thorez.
05:37 - Moi j'ai une question monsieur le député, vous êtes député des Français établisseurs de France,
05:40 notamment en Suisse,
05:41 est-ce que la réponse n'aurait pas été plutôt sur la question du référendum qui est très pratiqué ensuite,
05:46 plutôt que de dissoudre et de créer finalement l'une des plus grandes crises politiques qu'on ait vécues ces 50 dernières années ?
05:51 Est-ce qu'il n'aurait pas fallu consulter le peuple sur une question essentielle qui intéresse les Français ?
05:55 - Vous avez raison, mais j'ai envie de vous envoyer une question tout de suite.
05:58 C'est sur quelle question justement on aurait consulté le peuple ?
06:00 En Suisse, il y a effectivement cette culture du référendum, on appelle ça des "votations",
06:04 - Des questions de pouvoir d'achat, des questions de sécurité, des questions qui intéressent les Français.
06:07 - 3 ou 4 fois par an, sur des enjeux nationaux, fédéraux, on fait voter les Suisses.
06:10 Il y en a eu un encore il y a quelques jours.
06:12 Je pense que ce système de vote très régulier n'est pas forcément transposable immédiatement chez nous,
06:17 ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas se diriger vers ce système,
06:20 mais il faut quand même une forme de maturité,
06:24 par exemple s'intéresser de manière très assidue aux programmes des candidats, aux argumentaires,
06:28 ça n'est pas forcément aujourd'hui quelque chose qu'on peut facilement mettre en oeuvre.
06:32 Mais pour aller dans votre sens, il y a peut-être des questions qui auraient mérité d'être mises au référendum,
06:36 mais on pouvait aussi envisager de donner plus de poids à la démocratie au niveau local.
06:40 Vous savez qu'il existe des référendums au niveau local en France.
06:43 Le problème c'est qu'ils n'ont qu'une valeur consultative.
06:45 Et quand un référendum consultatif n'est pas suivi,
06:49 et on a un exemple tous en tête, c'est Notre-Dame-des-Landes, vous vous en souvenez ?
06:52 On fait un référendum, les gens autour de Nantes votent pour l'aéroport,
06:55 et à la fin, on ne fait pas l'aéroport.
06:57 Et ça, ça crée de la défiance.
06:58 Donc je suis d'accord pour aller dans ce genre de direction,
07:00 mais il faut savoir quelles questions poser, et quel format adopter.
07:03 - Georges Fenech, une dernière question pour Marc Ferracci.
07:05 - Moi je pense comme Jules, franchement, cette dissolution,
07:09 annoncée alors même que les résultats des élections européennes n'étaient pas encore consolidés,
07:15 à 21h01, dans une précipitation et dans une dramatisation,
07:21 qui n'était pas nécessaire.
07:24 Je pense qu'il aurait fallu peut-être prendre un peu de temps et de réflexion.
07:28 Et là, le président de la République nous oblige, nous tous citoyens,
07:32 à aller voter, et des candidats à présenter leur candidature,
07:36 dans des conditions physiquement intenables.
07:39 Dimanche, il faut déposer les candidatures, lundi il faut déjà aller...
07:42 - Les réponses de Marc Ferracci, Georges.
07:43 - Les imprimeurs n'ont même pas de papier pour imprimer les bulletins.
07:47 Donc vous allez créer un chaos dans les discours européens.
07:50 - Excusez-nous Georges, le temps nous manque.
07:51 Marc Ferracci a joué, très rapidement.
07:53 - Oui.
07:54 - Ça n'est pas intenable, et j'en suis le témoin, puisque je suis concerné par l'élection.
07:57 C'est très serré, mais on va y arriver, et je pense que tous les candidats vont y arriver.
08:01 Il n'y aura pas de rupture démocratique sur l'accès aux matières électorales, et ainsi de suite.
08:04 J'en suis convaincu.
08:05 Maintenant, sur le timing de l'annonce.
08:07 Je me pose toujours la question de l'alternative.
08:09 Attends un jour, une semaine, des mois, certains disaient "dissolvons",
08:13 "dissolvons l'Assemblée Nationale", mais "dissolvons à la rentrée".
08:16 Quel aurait été le sens de cela ?
08:18 Eh bien, on aurait été dans une situation qui était très incertaine.
08:22 Là, aujourd'hui, il y a un choc, et je pense qu'à un choc, il faut répondre par une autre forme de choc.
08:28 Je conçois, et je l'ai vécu avec mes équipes, que c'est quelque chose de très brutal.
08:32 - Et le choc, vous êtes en train de le faire.
08:34 - Et ce choc mène à une forme de recomposition, qui est déjà un premier résultat de cette dissolution.
08:40 Vous admettrez que la recomposition aurait pu se passer il y a des mois,
08:43 elle aurait pu se passer dans des mois, et elle se passe maintenant, parce qu'il y a eu cette annonce.
08:46 - Merci beaucoup Marc Ferracci d'avoir été avec nous sur Europe 1.
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