00:00 Françaises, Français, vous avez eu ce jour à voter pour les élections européennes,
00:06 en métropole, dans nos outre-mer, comme à l'étranger.
00:09 Le principal enseignement est clair, ce n'est pas un bon résultat pour les partis qui défendent l'Europe,
00:16 dont celui de la majorité présidentielle.
00:19 Les partis d'extrême droite, qui ces dernières années se sont opposés à tant d'avancées permises par notre Europe,
00:26 qu'il s'agisse de la relance économique, de la protection commune de nos frontières,
00:31 du soutien à nos agriculteurs, du soutien à l'Ukraine, ces partis progressent partout sur le continent.
00:37 En France, leurs représentants atteignent près de 40% des suffrages exprimés.
00:44 Pour moi, qui ai toujours considéré qu'une Europe unie, forte, indépendante, est bonne pour la France,
00:51 c'est une situation à laquelle je ne peux me résoudre.
00:55 La montée des nationalistes, des démagogues, est un danger pour notre nation,
01:01 mais aussi pour notre Europe, pour la place de la France en Europe et dans le monde.
01:07 Et je le dis alors même que nous venons de célébrer avec le monde entier le débarquement en Normandie,
01:14 et alors même que dans quelques semaines nous aurons à accueillir le monde pour les Jeux olympiques et paralympiques.
01:20 Oui, l'extrême droite est à la fois l'appauvrissement des Français et le déclassement de notre pays.
01:27 Je ne saurais donc, à l'issue de cette journée, faire comme si de rien n'était.
01:33 A cette situation s'ajoute une fièvre qui s'est emparée ces dernières années du débat public et parlementaire dans notre pays.
01:41 Un désordre qui, je le sais, vous inquiète, parfois vous choque, et auquel je n'entends rien céder.
01:49 Or aujourd'hui, les défis qui se présentent à nous, qu'il s'agisse des dangers extérieurs, du dérèglement climatique et de ses conséquences,
01:57 ou des menaces à notre propre cohésion, ces défis exigent la clarté dans nos débats, l'ambition pour le pays et le respect pour chaque Français.
02:10 C'est pourquoi, après avoir procédé aux consultations prévues à l'article 12 de notre Constitution,
02:19 j'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.
02:26 Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale.
02:31 Je signerai dans quelques instants le décret de convocation des élections législatives qui se tiendront le 30 juin pour le premier tour et le 7 juillet pour le second.
02:43 Cette décision est grave, lourde, mais c'est avant tout un acte de confiance.
02:51 Confiance en vous, mes chers compatriotes, en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures.
03:01 Confiance en notre démocratie.
03:05 Que la parole soit donnée au peuple souverain, rien n'est plus républicain.
03:10 Cela vaut mieux que tous les arrangements, toutes les solutions précaires.
03:15 C'est un temps de clarification indispensable.
03:19 Confiance en la France, qui face à la rudesse des temps sait toujours s'unir et résister pour dessiner l'avenir et non se replier ou céder à toutes les démagogies.
03:31 Dans les prochains jours, je dirai l'orientation que je crois juste pour la nation.
03:36 J'ai entendu votre message, vos préoccupations, et je ne les laisserai pas sans réponse.
03:44 Et vous me connaissez le goût de l'avenir, celui du dépassement de la fédération. Continuerons de nourrir ce projet.
03:51 Mais en ce moment de vérité démocratique, et alors même que je suis le seul responsable politique à n'avoir aucune échéance électorale personnelle en 2027,
04:03 soyez certains d'une chose, ma seule ambition est d'être utile à notre pays que j'aime tant, ma seule vocation est de vous servir.
04:15 Je sais pouvoir compter sur vous pour aller massivement voter les 30 juin et 7 juillet prochains.
04:21 La France a besoin d'une majorité claire pour agir dans la sérénité et la concorde.
04:28 Être français et toujours se hisser à la hauteur des temps quand il l'exige.
04:34 Connaître le prix du vote et le goût de la liberté. Agir, quelles que soient les circonstances, en responsabilité.
04:41 C'est au fond choisir d'écrire l'histoire plutôt que de la subir.
04:46 C'est maintenant. Vive la République, vive la France.
04:52 [Musique]
04:56 [Musique entraînante diminuant jusqu'au silence]
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