00:00 Bonsoir, Vincent Parizeau, Isabelle Choquet.
00:03 Isabelle, on va maintenant recevoir un invité pour tout comprendre.
00:06 Tout comprendre à l'obligation d'adressage.
00:08 Alors dit comme ça, c'est un peu abstrait, mais c'est très simple.
00:10 Jusqu'ici, dans les petites communes, moins de 2000 habitants, il y avait parfois des lieux dits,
00:14 des rues sans nom, des maisons derrière la fontaine après le carrefour du Chakilouche.
00:18 Pas très pratique pour la poste, le livreur de pizzas ou les pompiers.
00:22 Mais c'est fini, à partir de demain, chaque habitation doit être clairement localisée,
00:27 avec un nom de rue et un numéro. 1 800 000 français vont ainsi changer d'adresse.
00:32 Comme Pierre, qui habite à Passavant-sur-Lyon, c'est dans le Maine-et-Loire.
00:35 Plus précisément...
00:37 On devrait entendre normalement, Pierre...
00:42 Pierre avec Mathieu Lopinot.
00:45 Alors Pierre, on ne l'entendra pas, malheureusement...
00:48 C'est... Bah écoutez, tant pis.
00:51 Alors nous sommes avec Anthony Guérou, le représentant de l'association des maires de France.
00:55 Bonsoir Anthony Guérou.
00:57 Bonsoir.
00:59 Merci beaucoup d'être avec nous.
01:01 Maire de Saint-Auban-Routeau, en Seine-Maritime.
01:04 Alors on ne l'a pas entendu, malheureusement, mais on sent bien que pour certains, dans certains villages,
01:10 c'est une page qui se tourne.
01:13 Alors, c'est pas une page qui se tourne tout à fait, parce que de toute façon les lieux dits restent.
01:18 C'est des lieux dits qui existent toujours, et c'est un changement,
01:22 parce qu'il va falloir qu'on s'habitue à une nouvelle adresse.
01:24 Une majorité des communes ont déjà ces adresses,
01:27 mais là c'est une nouvelle façon de les nommer,
01:31 et surtout de les mettre dans un site web qui s'appelle "Base-adresse locale",
01:38 donc "adresse.data.gouv.fr",
01:41 qui permettra à chacun et chacune de nous, mais surtout les entreprises aussi,
01:46 de connaître les adresses avec précision.
01:49 Donc c'est un changement important pour les livraisons,
01:52 pour se faire livrer la fibre aussi,
01:54 et surtout les secours, les pompiers.
01:58 - Mais quand je disais que c'est une page qui se tourne,
02:01 c'est aussi qu'il y a des noms traditionnels, presque historiques,
02:06 qui vont devoir passer à la trappe pour laisser la place à quelque chose
02:10 de beaucoup plus classique et institutionnel.
02:13 - Pas forcément.
02:15 C'est à chaque mairie de s'organiser pour pouvoir nommer les voies,
02:20 en concertation avec les habitants,
02:22 pour pouvoir justement que ces lieux restent des lieux importants.
02:26 J'ai des lieux dits dans ma commune,
02:28 qui sont des lieux dits et qui datent de la Révolution ou même bien avant.
02:32 - Et qui vont garder leur nom ?
02:34 - Complètement.
02:35 Alors ça va être la rue du Fourrachaud au lieu du lieu dit du Fourrachaud,
02:39 mais le lieu dit du Fourrachaud, sur les cartes,
02:42 existera toujours et la rue existera.
02:45 Donc non, on garde le nom.
02:47 En plus, on a un petit patois local, le Cochoy, qui existe.
02:55 Ce n'est pas forcément la plus connue des langues,
02:58 mais les noms restent en Cochoy et ça fait plaisir.
03:01 On n'a pas forcément la rue du Général de Gaulle
03:04 ou la place François Mitterrand, mais on peut garder les noms.
03:08 - On peut.
03:09 - C'est une possibilité et c'est à la mairie de le décider.
03:13 - On est à J-1, il y a encore beaucoup de communes qui n'ont pas fait la démarche ?
03:17 - Oui.
03:18 - C'est vrai ?
03:19 - Il y a eu un gros progrès.
03:21 J'ai le site devant moi, on est à 20 104 communes couvertes,
03:25 donc sur les 35 071 communes.
03:28 - Il en manque encore 15 000 environ.
03:30 - Il y a des sanctions pour les communes retardataires ?
03:33 - Non, c'est le travail de l'AMF.
03:35 Lorsqu'on a travaillé avec la NCT, la FNCCR, etc.,
03:40 avec le gouvernement, pour éviter d'avoir des sanctions,
03:43 puisqu'on sait que c'est un travail de longue haleine,
03:46 de travailler sur les adresses.
03:47 La concertation, ça prend du temps pour qu'elle soit efficace.
03:50 Et puis, c'est pour longtemps.
03:53 Aujourd'hui, l'obligation, c'est de mettre sur le site adressedata.gouv.fr
03:59 les adresses.
04:01 Et donc, il faudra les remettre à jour.
04:03 Aujourd'hui, quand je mets à jour une adresse dans mon village,
04:06 j'envoie un arrêté.
04:07 Je l'envoie 13 courriers différents, au SAMU, au service des eaux, aux pompiers, etc.
04:12 - C'est ça, mais c'est les personnes concernées qui vont devoir faire ça ?
04:15 Toutes les démarches, appeler ou écrire des courriers à leur banque,
04:19 leur assurance, leur opérateur, etc. ?
04:22 - Alors, il y a deux axes.
04:24 La création de l'adresse quand on n'a pas encore d'adresse.
04:27 La mairie fournit un arrêté de numéro d'otage.
04:30 Et ça, tous les concessionnaires vont pouvoir se brancher
04:34 sur la base d'adresse nationale pour pouvoir les récupérer.
04:37 Mais c'est vrai que pour les banques, etc.,
04:39 il va falloir qu'on explique à notre banquier que notre adresse change
04:44 et qu'il faut changer l'adresse.
04:46 Pour les entreprises, c'est la même chose.
04:48 Il y a le SIRET qui va changer, puisque le SIRET est lié à l'adresse.
04:53 Par contre, l'État et les différentes associations ont réussi à négocier
04:58 pour que ce changement de SIRET soit gratuit.
05:01 - Vous avez beaucoup d'appels de maires qui sont confrontés à des difficultés ?
05:07 Vous avez beaucoup de questionnements éventuellement ?
05:10 - Oui, oui. Alors, je ne suis pas tout seul, heureusement.
05:13 On a la NCT qui est là et la MF qui répond.
05:16 - Et pourquoi c'est compliqué alors, pour eux ?
05:19 - Pour eux, parce qu'en fait, beaucoup de communes ne l'ont pas fait en amont.
05:23 C'est-à-dire que créer des adresses,
05:25 il y a tout un tas dans mon département en Seine-Maritime,
05:28 il y a eu une démarche de fait il y a quelques années, une dizaine d'années,
05:31 pour fabriquer des adresses.
05:35 Et donc, les communes se sont organisées pour le faire.
05:38 Là, aujourd'hui, la démarche, l'obligation, c'est de mettre sur le site web.
05:42 Et donc, évidemment, celles qui n'ont pas pu le faire doivent se dépêcher de le faire.
05:47 Mais ceci dit, comme il n'y a pas de sanctions, ça peut attendre le 2 ou le 3.
05:50 Ça ira, je veux dire.
05:52 On est à J-1, mais voilà, il n'y a pas urgence.
05:56 - Et pour terminer, très rapidement, c'était vraiment indispensable, cette réforme ?
05:59 C'était plus adapté au monde moderne, si on peut dire ? Le vieux système ?
06:03 - Oui, aujourd'hui, on peut parler des adresses pour la fibre ou les livraisons de colis,
06:09 qui sont un problème, mais qui ne sont pas vitales.
06:11 Par contre, on peut sauver des vies pour les services de secours,
06:16 le SAMU, les pompiers.
06:18 Gagner une minute pour un SAMU lors d'une crise cardiaque, c'est indispensable.
06:23 Et je pense qu'on ne peut pas s'en passer.
06:25 - Merci !
06:26 Et voilà, ça s'appelle aussi la modernisation de la vie.
06:32 Merci Anthony Guéroux, représentant de l'Association des maires de France,
06:35 sur cette question de la dénomination de "tout".
06:41 - L'obligation d'adressage, c'est le terme.
06:43 - Oui, l'obligation d'adressage pour toutes les rues, ruelles,
06:47 que l'on peut trouver dans nos bourgades.
06:49 Dîner de 18h46, et on va partir en région.
06:52 Jusqu'à 19h, on refait nos régions dans RTL Bonsoir.
06:57 Vincent Parizeau, Isabelle Choquet.
06:59 - On remarquait, on y était bien, déjà, en région.
07:01 Mais là, c'est notre quart d'heure de curiosité et de gourmandise.
07:06 - Avec d'abord un retraité très actif.
07:08 On sait que les sociétés de transport scolaire ont du mal à recruter.
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