00:00 - Vous écoutez Culture Média sur Europe 1 9h30 11h avec Thomas, il est votre invité ce matin.
00:05 - Oui je reçois ce matin le député Renaissance, Quentin Bataillon, parce que demain et après-demain à l'Assemblée Nationale
00:09 sera débattu le projet de réunion de France Télévisions et de Radio France dans une holding, une même entreprise
00:15 dès 2025 puis leur fusion l'année suivante.
00:19 Déjà est-ce que vous me confirmez que cette loi sera bien à l'ordre du jour demain parce que vous vu des grèves annoncées dans
00:24 l'audiovisuel public, il a été question de repousser l'examen de ce texte ?
00:28 - Non, nous souhaitons effectivement avancer sur cette réforme qui a été adoptée la semaine dernière en commission des affaires culturelles et de l'éducation
00:33 et qui est bien inscrite cette semaine pour la séance publique. Donc nous attendons la fin du texte
00:38 agricole pour pouvoir débuter cette réforme en séance. - Donc il y aura le temps pour l'examiner a priori ?
00:43 - C'est l'ambition, c'est l'objectif en tout cas, nous nous préparons pour l'examiner cette semaine.
00:47 - Et vous pensez que ce serait une mauvaise idée de repousser ce texte à plus tard ?
00:49 - En tout cas c'est pas notre choix effectivement, je pense qu'il faut effectivement avancer sur cette réforme, elle est importante.
00:54 Il y a après des concertations qui sont en cours et puis il y a une navette qui est attendue avec le Sénat et rappelez que cette réforme est
01:00 portée par la ministre Rachida Dati mais elle l'est aussi d'initiative parlementaire,
01:04 à la fois avec un texte sur la partie financement qui a été déposée par des députés et le texte sur la structuration,
01:10 holding puis fusion qui a été déposée par des sénateurs. - Alors vous ça fait longtemps que vous plaidez aussi pour ce regroupement de l'audiovisuel public,
01:17 cette BBC à la française disent ceux qui sont pour, ce retour à l'ORTF disent ceux qui sont contre,
01:24 mais au fond, Quentin Bataillon, à quoi ça sert de faire tout ça ?
01:29 - C'est regrouper les forces, c'est une réforme qui n'est pas là pour faire des économies mais pour au contraire additionner les forces.
01:34 Nous pensons que le statu quo n'est pas possible aujourd'hui, effectivement nous connaissons
01:38 les adversaires, c'est à la fois les plateformes, les réseaux sociaux pour l'ensemble des informations, même des désinformations,
01:44 donc nous appelons effectivement à plus de coopération à la fois sur la partie numérique, aussi sur la partie proximité
01:49 puisque les synergies sont en cours entre à la fois France Bleu, France 3, mais aussi la partie d'information.
01:54 Pensons que c'est important qu'on ait demain
01:57 un média global d'information au continu, du service public fort,
02:01 ce qui n'est pas aujourd'hui totalement le cas, et en tout cas c'est le chemin que nous voulons prendre avec cette réforme.
02:07 C'est aussi, c'est inspiré de ce qu'ont fait d'autres pays, la plupart des autres pays européens
02:12 ont fait le choix justement de rassembler les forces de leur audiovisuel, que ce soit la radio, que ce soit la télévision numérique,
02:17 c'est le chemin que nous prenons avec cette réforme. - Parce que vous parlez donc de
02:20 synergie quand même entre les services, ça veut dire quels services pourraient être regroupés demain ?
02:23 Il pourrait y avoir un service d'information unique par exemple sur tout l'audiovisuel public ? - Ça ce sera le rôle,
02:27 on ne peut pas à la fois parler de l'indépendance du visuel public et aller
02:31 dans ce niveau de détail, pour nous c'est important effectivement qu'il y ait des coopérations,
02:35 pensons qu'il y a des réseaux de proximité, des réseaux
02:38 internationaux qui doivent être utiles à l'ensemble de la maison, un service public, ensuite le choix après
02:45 l'organisation des rédactions appartiendra au futur dirigeant, la future dirigeante de cette société,
02:49 et c'est des choses qui seront aussi en concertation avec les journalistes qui y travaillent.
02:53 - Et alors en même temps vous dites que le but donc n'est pas de faire des économies, faire des synergies mais pas faire des économies ?
02:58 - Non, c'est mutualiser les forces pour justement renforcer cet audiovisuel public, nous avons une trajectoire financière
03:02 qui porte l'augmentation du budget dans les prochaines années, faire face à l'inflation, faire face aux
03:07 menaces et aux besoins en tout cas d'innovation. - Et financer ce projet peut-être parce qu'en fait dans les prochaines années ça va coûter de l'argent ?
03:14 - Il y a un alignement des salaires notamment pour ceux qui travaillent à Radio France, les avis de ceux qui sont à France Télévisions qui
03:19 est effectivement important, c'est aussi une mesure de la réforme. - Donc ceux qui sont à France Télévisions qui ont un salaire plus important
03:25 du coup ceux de Radio France, les journalistes de Radio France vont être augmentés dans les années à venir, c'est ça ce que vous nous dites ?
03:30 - Effectivement, les conventions sociales chez France Télévisions sont plus disantes par rapport à Radio France, pour prendre cet exemple là, donc la réforme passera par un
03:37 alignement
03:38 par le haut, vers le haut
03:39 des salariés de Radio France. - Alors rien que pour cet alignement, le Parisien parle d'un coût de 30 à 50 millions d'euros, vous nous confirmez ce chiffrage ?
03:47 - C'est l'analyse de l'inspection générale
03:49 effectivement des finances et le souhait effectivement de l'augmentation du budget dans les prochaines années, c'est que
03:53 cet alignement ne coûte pas au programme, ne coûte pas à la qualité de l'information et c'est pour ça que nous parlons
03:59 d'augmentation encore de la trajectoire budgétaire. - Mais coûte du coup aux contribuables pour le coup ?
04:03 - Écoutez, je pense que le contribuable a besoin d'un audiovisuel public fort
04:07 et c'est ce que nous souhaitons faire avec cette réforme, pour ne pas avoir un audiovisuel public où voilà les audiences malheureusement parfois
04:12 même si elles sont importantes, vieillissent, donc ça veut dire qu'il faut qu'on fasse appel à
04:16 nouvelles technologies pour parler à ces nouveaux publics et ensuite on a des enjeux extrêmement forts de proximité, d'international,
04:23 d'info en continu et nous pensons que regrouper les forces pourra permettre toujours une qualité supérieure
04:28 d'information et de services pour nos concitoyens. - Vous avez évoqué vous le remplacement de France 24 par France Info
04:34 mais alors ça a priori ça ne se fera pas puisque le gouvernement a finalement décidé d'exclure France 24 de la réforme
04:40 donc en fait ça n'est pas tout l'audiovisuel public qui va être réuni dans une seule maison ?
04:44 - La réforme qui était adoptée en commission effectivement c'est à la fois Radio France, Lina et France Télévisions. Moi je continue de penser que
04:49 France Média Monde doit être dans cette réforme non pas pour les remplacer mais pour que leur réseau et leur expertise
04:55 sur les sujets internationaux puissent être utiles à l'ensemble en fait de la maison, du réseau public. Je pense qu'effectivement leur réseau, leur expertise doit
05:02 permettre à chacun une meilleure information sur l'international. Donc je porterai moi encore en séance un amendement pour que
05:08 France Média Monde soit bien compris dans cette réforme.
05:11 - Et à terme vous souhaitez la disparition de France 24 ?
05:15 - Non non il faut qu'il y ait plus de coopération entre les rédactions mais le lien entre France Info et France 24 existe déjà puisque
05:21 France 24 est diffusée sur France Info le soir. Donc le but est d'aller plus loin pour au contraire renforcer
05:27 ces deux entités mais cette réforme elle vient pas effacer, elle vient pas masquer des marques ou
05:32 des maisons, des identités, des antennes ou des chaînes. Au contraire le but c'est de les renforcer en les alliant.
05:36 - On a reçu une question pour vous d'auditeurs sur le hashtag #Europe1.
05:39 - Oui c'est Estelle qui demande ce que ça va changer pour les téléspectateurs et pour les auditeurs de la radio.
05:43 - C'est s'adapter aux usages et c'est toujours améliorer la qualité de l'information, l'ensemble des liens entre ces différentes maisons.
05:51 C'est permettre à nos publics de pouvoir peser notamment vis-à-vis de toute la désinformation sur les réseaux sociaux, peser vis-à-vis des plateformes.
05:58 C'est pour tous ceux qui appellent justement à une meilleure cohérence des finances publiques, justement mettre en lien les forces et aussi aller dans ce sens-là.
06:06 Le but effectivement c'est la qualité d'écoute, la qualité de
06:08 visionnage pour l'ensemble de nos téléspectateurs.
06:12 - Mais c'est vrai qu'on a du mal à comprendre l'urgence qu'il y a à faire absolument ce projet. Apparemment vous voulez avancer très vite, que ça se fasse là,
06:18 dès l'an prochain. En quoi il y avait vraiment urgence ?
06:21 - C'est une réforme qui finalement est portée,
06:25 appelée par le Parlement depuis plus de dix ans. Si on reprend les rapports, notamment en 2015, le LEU, Gatolin au Sénat, c'était déjà en fait
06:31 les mêmes projets, la même concertation. Donc nous nous souhaitons effectivement avancer, nous pensons qu'il est urgent aujourd'hui de renforcer notre audiovisuel public.
06:38 - Vous parliez d'un coût de 30 à 50 millions d'euros et en même temps vous voulez faire des économies, en même temps les journalistes
06:43 de la radio seront alignés à ceux de la télévision.
06:46 Est-ce que ça veut dire que pour aligner tout ça, il va y avoir plus de pubs
06:50 sur l'audiovisuel public ? Est-ce que vous allez récupérer de l'argent comme ça ?
06:53 - Non, parce que nous savons qu'il y a un équilibre qui n'est pas simple vis-à-vis de la publicité avec notamment les radios privées telles que Europe 1.
06:59 Donc le souhait c'est plutôt le statu quo. Le statu quo c'est effectivement ne pas enlever des ressources
07:03 publicitaires ou du visuel public parce qu'ils en ont aussi besoin et c'est aussi une forme
07:07 d'indépendance dans leur financement. C'est rester pour français télévision sur la règle des horaires,
07:13 fin de la pub à 20h, fin des parrainages à 21h15, ça ne changerait pas.
07:17 Et ensuite pour Radio France, garder le système du plafonnement tel qu'il existe déjà
07:22 aujourd'hui et qui permet justement l'équilibre avec les radios privées, donc faites partie.
07:26 - Restez avec nous Quentin Bataillon pour suivre l'actualité des médias dans un instant.
07:30 - Oui, le journal des médias de Julien Pichenay arrive dans un instant sur Europe 1 et ce matin on va parler de Fort Boyard.
07:34 Les rôles de passe-partout et de passe-murailles vont évoluer cet été. On vous en dit plus dans un instant sur Europe 1. A tout de suite.
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