00:00 - "Le Média sur Europe 1", 9h30, 11h tous les jours avec Thomas Hill et votre invité ce matin, Thomas.
00:05 - Et oui, je reçois ce matin Marie Drucker pour la diffusion ce soir sur France 2 à 21h du premier numéro de France, grand format.
00:11 Alors racontez-nous déjà le principe de ces soirées événementielles.
00:15 - Alors, c'est des questions qu'on se pose tous.
00:18 C'est un magazine consacré aux grandes préoccupations des Français.
00:21 Donc là, on ne peut plus dans l'actualité puisqu'il s'agit de la hausse des prix dans l'alimentation.
00:27 - Première préoccupation des Français, le pouvoir d'achat. - C'est la première, vraiment.
00:31 - Mais ça veut dire que vous pourrez faire les autres après ? Vous pourrez parler d'insécurité, d'environnement ?
00:37 Ou c'est un magazine dédié à l'économie ?
00:40 - Non, c'est un magazine dédié aux préoccupations des Français, quels qu'elles soient.
00:43 Donc j'imagine, alors là je ne prends pas date parce qu'on n'en est pas encore là,
00:49 mais qu'on peut parler évidemment de santé, de logement, de justice, bien sûr.
00:54 Mais l'idée, c'est une grande enquête, un grand reportage, suivi d'un grand débat avec tous les acteurs du secteur.
01:04 Et là, je suis même très très contente parce qu'on a réuni tout le monde,
01:08 tout le monde a accepté alors qu'on sait que c'est des sujets toujours sensibles.
01:12 Et notre objectif, et le mien aussi en plateau, c'est la pédagogie.
01:15 Parce qu'on se rend compte en fait que les gens ont du mal, y compris nous,
01:19 quand on a travaillé, c'est des mécanismes économiques et financiers extrêmement complexes.
01:24 Et l'idée était vraiment d'être pédagogique pour que tout le monde comprenne bien comment on fixe les prix,
01:31 même si après on peut discuter du fait qu'il y a des aberrations, des injustices.
01:35 Mais pourquoi il y a du trading sur les matières premières ?
01:39 Qu'est-ce qui a causé une hausse des prix aussi forte ?
01:42 C'est pour ça d'ailleurs que je voulais, je souhaitais qu'il n'y ait pas le mot "inflation" dans le titre,
01:46 qu'on soit vraiment extrêmement concret, précis et proche des gens, proche de nous.
01:50 - D'ailleurs on est tout de suite plongé dans la dure réalité,
01:53 puisque le documentaire s'ouvre sur une mère célibataire, haut de 39 ans,
01:59 qui est à Clermont-Ferrand, qui est obligée de faire les poubelles des supermarchés
02:02 pour se nourrir, pour nourrir son fils.
02:04 Et elle représente beaucoup de Français qui n'ont plus les moyens de se nourrir correctement,
02:10 c'est ce que dit le documentaire.
02:11 - Oui, je vais vous donner quelques chiffres.
02:13 Aujourd'hui il y a 9 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté.
02:16 1 Français sur 6, 1 sur 6, qui ne mange pas à sa faim.
02:20 Je vous passe les étudiants très précaires qui font parfois 1 repas par jour seulement,
02:25 les mères de famille comme Aude, il y en a une sur le plateau aussi,
02:30 qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants complètement à leur faim,
02:33 c'est en faisant 3 voire 4 repas pour les enfants petits par jour.
02:39 2/3 des Français ont dû totalement changer leurs habitudes alimentaires,
02:42 et beaucoup de Français vivent comme ça aujourd'hui.
02:47 C'est-à-dire comme on le voit dans le documentaire,
02:49 avec l'angoisse, l'anxiété permanente de l'accès à une alimentation saine et équilibrée si possible.
03:00 Parce qu'on pense toujours que c'est l'apanage des classes aisées de vouloir manger du bio,
03:03 de vouloir manger sain, de vouloir manger équilibré.
03:05 Absolument pas.
03:06 C'est-à-dire que les associations comme WRAC, vers un réseau d'achats en commun,
03:11 nourrissent à peu près 20 000 personnes par an,
03:14 et de plus en plus, dans les quartiers populaires,
03:17 tous ces gens-là veulent un accès à une alimentation plus saine et plus abordable.
03:23 Et la question que vous posez ce soir, c'est à qui profite la hausse de ces prix de l'alimentation qui est gagnant ?
03:28 Le documentaire explore plusieurs pistes, le Covid, la guerre en Ukraine bien sûr,
03:31 qui a fait monter le cours de certaines matières premières,
03:34 mais le doc pointe du doigt aussi les spéculateurs qui profitent de ce type de crise.
03:39 Oui, alors c'est très compliqué et c'est même difficile à appréhender et à accepter,
03:46 parce que ce qu'on appelle le trading, la spéculation sur les matières premières,
03:52 ça n'est pas nouveau, ça existe depuis des siècles.
03:54 Ce sont des hommes et des femmes derrière des ordinateurs,
03:57 plutôt des hommes d'ailleurs, quand on va dans le reportage,
04:00 qui sont derrière des ordinateurs et qui font grimper, vendre, achèter des matières premières,
04:08 dont ils se fichent plus ou moins, dont ils ne verront jamais la couleur,
04:11 et donc ça fait monter comme ça les cours artificiellement.
04:15 Donc ça aussi c'est difficile à comprendre et à admettre pour les consommateurs.
04:19 C'est vrai que c'est très pédagogique, on comprend très très bien dans ce doc.
04:23 Alors le doc, il est suivi d'un débat que vous animerez Marie Drucker,
04:26 dans lequel vous essayez de vous projeter un peu vers l'avenir,
04:29 en vous demandant quand est-ce que les prix vont vraiment baisser,
04:32 et vous serez notamment avec Bruno Le Maire en plateau, le ministre de l'économie ?
04:35 Le ministre de l'économie et des finances, Thierry Cotillard, patron de la grande distribution,
04:39 patron des mousquetaires, vous savez c'est un marché, bricomarché, netto.
04:44 Je tiens à préciser d'ailleurs, je le dirai dans l'émission,
04:47 que nous avons appelé, invité tous les patrons de la grande distribution,
04:51 et tout le monde nous a dit non, sauf lui, lui il a été le premier.
04:54 Alors forcément lui il a une position un peu particulière,
04:57 ils sont industriels aussi, lui-même est fils d'agriculteur, petit-fils d'agriculteur,
05:02 et j'ai le sentiment qu'il a une volonté assez...
05:07 Après, vous répondre là maintenant, il faut voir l'émission,
05:09 à qui profite la hausse des prix, il n'y a pas une seule réponse en fait.
05:13 Oui bien sûr, bien sûr.
05:14 Et c'est un retour un peu à l'actu pour vous Marie-Hedre Claire ?
05:17 Un petit peu.
05:18 Vous aviez lâché la rédaction de France 2, c'était en 2016 je crois,
05:21 pour vous consacrer au documentaire, vous y revenez petit à petit,
05:25 vous avez envie de revenir vers l'actualité ?
05:27 En fait je ne me pose pas du tout la question dans ces termes,
05:30 quand Nicolas Daniel m'a proposé...
05:32 Le patron des magazines de France 2.
05:34 Le patron des magazines de France 2, de France Télé,
05:36 m'a proposé cette émission,
05:40 d'abord il sait très bien que j'ai lâché l'actualité,
05:43 que je ne suis plus journaliste d'actualité stricto sensu,
05:47 et donc il sait très bien ce qu'il faisait.
05:49 Je pense que j'ai aujourd'hui un regard davantage de citoyenne,
05:53 j'avais le sentiment d'ailleurs, c'était intéressant,
05:55 j'ai le sentiment de me mettre davantage,
05:58 d'être là davantage en porte-parole des téléspectateurs qu'avant,
06:01 et ça c'est assez intéressant,
06:04 avec peut-être une plus grande liberté,
06:07 ce qui est sûr c'est que je n'aborde pas le sujet,
06:12 les sujets de la même façon qu'il y a 7 ans.
06:14 France Grand Format, enquête sur la hausse des prix,
06:17 c'est ce soir à 21h10 sur France 2,
06:19 enquête qui sera donc suivie d'un débat.
06:22 Restez avec nous pour commenter l'actualité des médias, Marie-Luca.
06:24 Oui, puisque le journal des médias de Julien Pichenay
06:26 Dichenay arrive dans un instant sur Orlando.
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