00:00 Culture Média 9h11 sur Europe 1, Thomas Hill avec votre invitée ce matin.
00:04 Oui, je reçois ce matin celle qui est et restera Miss France 2000,
00:07 - Sobhia Roland. - Je suis plutôt une archive aujourd'hui.
00:09 Pas du tout, pas du tout.
00:11 Je vous invite à aller sur europe1.fr pour constater que Sonia Roland
00:14 est toujours la plus belle de nos Miss.
00:16 - C'est la plus belle. - C'est assez exceptionnel.
00:18 Et d'ailleurs je me suis demandé pourquoi vous n'avez pas incarné votre propre rôle ?
00:22 Parce que visiblement vous en avez encore toutes les qualités.
00:25 Non mais c'est vrai, vous y avez pensé ça ou pas ?
00:27 Non mais attendez, à 40 ans c'est pas possible.
00:30 J'étais pas du tout crédible dans le rôle de la gamine de 18 ans.
00:32 Ah oui ?
00:33 Non, non. Et puis Esther Roland, mon actrice, est juste formidable.
00:37 - Elle est magnifique. - Elle est pleine d'émotions, elle est intuitive.
00:41 J'ai trouvé, je pense, l'actrice parfaite pour ce personnage.
00:45 Ça s'appelle "Un destin inattendu", c'est ce soir sur France 2.
00:48 Et alors c'est aussi le portrait d'une époque que vous dressez.
00:50 Vous êtes la première Miss France ayant des origines africaines
00:54 et vous montrez que ça n'était pas évident pour tout le monde.
00:56 Est-ce que, comme dans la fiction par exemple, votre mère a reçu des lettres anonymes ?
01:00 Ah oui, oui, des lettres de discrément, oui.
01:04 Elle a reçu des choses vraiment très désagréables.
01:06 Alors pendant et après mon élection de Miss France,
01:10 je pense que ça s'est même multiplié tout de suite après mon couronnement de Miss France.
01:16 Et vous-même vous avez reçu des lettres ?
01:19 Moi, Madame de Fontenay à l'époque était outrée.
01:22 Elle ne comprenait pas que des fans, en plus de Miss France,
01:24 lui écrivaient des lettres en disant qu'il fallait me destituer,
01:28 que les armes allaient parler.
01:30 Nous, à l'époque, on avait le choix de mettre en lumière ou pas ces gens-là.
01:35 Donc on avait décidé du contraire de justement leur faire un peu la nique
01:40 en allant sur les plateaux sourire.
01:44 Enfin, sans évoquer ce problème-là, on l'a fait plus tard.
01:48 C'est vrai qu'avec les réseaux sociaux aujourd'hui, on en aurait déjà parlé.
01:53 Mais moi, je l'ai vécu avec des gens peut-être un peu plus courageux
01:56 puisqu'ils envoyaient des lettres et ils n'étaient pas anonymes.
01:59 Ils assumaient pleinement leur complot.
02:02 Même entre les Miss, on se rend compte que les rapports sont compliqués.
02:05 Ça, j'avoue qu'on amène du mal à croire que ce soit aussi violent entre vous.
02:08 Ça se passe vraiment comme vous le décrivez, avec des coups bas,
02:12 de la pure méchanceté parfois ?
02:14 Oui, ça peut arriver.
02:14 Bon, moi, je n'ai pas vécu ce truc-là parce que, en fait, pour être honnête,
02:18 je pense que j'étais tellement outsider pour ces femmes-là que je n'étais pas du tout...
02:23 - Personne ne croyait en vous ? - Ah non, mais...
02:24 Alors, non, et pourtant, j'avais quand même eu le prix de la camaraderie.
02:28 Si je n'avais pas été Miss France, j'aurais eu ce prix-là de mes camarades.
02:33 Non, mais en fait, c'est vrai que ça peut tirer parfois à balles réelles.
02:36 C'est clair que tout est un peu exacerbé.
02:39 C'est un concours où il y a énormément de pression sur les épaules de certaines
02:43 parce qu'elles viennent de régions très fortes où on mise vachement sur elles.
02:46 D'autres, c'est des pressions familiales.
02:48 Tout dépend des enjeux, mais parfois, oui, ça peut être très violent.
02:52 Après, je parle aussi de sororité dans ce film.
02:55 Oui, il y a un peu de solidarité entre certaines.
02:59 Il y en a quand même à la fin. On le sent quand même qu'elles sont...
03:02 Mais même la manière dont les Miss sont traitées par les organisateurs
03:05 qui cherchent à les faire entrer un peu dans le moule Miss France,
03:08 elles ne sont pas appelées par leur prénom, par exemple, mais par leur région.
03:11 Ça se passe vraiment comme ça.
03:12 Alors vraiment, j'essaie de dédramatiser dans ce film au moins certaines choses.
03:18 Par exemple, les écharpes, c'est normal parce que nous, on est 48 candidates.
03:22 Ou alors il aurait fallu avoir un badge avec notre prénom.
03:25 Je pense que pour retenir nos noms en trois semaines,
03:27 ce n'était pas évident pour toute l'équipe.
03:28 Donc c'est Bourgogne vient ici, pays de la loi.
03:31 Mais nous aussi, on s'appelait entre nous par les écharpes.
03:34 Moi, j'avais Midi-Pi, Poitou, c'était Poite-Poite, c'était Bourgogne, c'était Bourbourg.
03:40 Non, mais ça devenait un peu un jeu.
03:45 Et puis, au milieu de toute cette ambiance, on retrouve Clémentine Scellarié,
03:48 qui joue le rôle du bras droit de Geneviève de Fontenay.
03:51 Oui, qui existe, Madame Leblanc.
03:52 C'est ça, une Geneviève de Fontenay, d'ailleurs, qui est absente de votre fiction
03:56 parce qu'en fait, vous ne l'avez pas beaucoup vue avant votre élection, Sonia.
03:58 C'est-à-dire qu'en tant que candidate, elle, elle mettait un point d'honneur
04:01 à ne pas être trop proche de nous parce que par souci de transparence, on va dire.
04:06 Et du coup, on avait beaucoup à faire à notre chaperone, Madame Leblanc,
04:09 qui était un personnage en couleur aussi.
04:12 Oui, Clémentine Scellarié est formidable dans la série.
04:15 Oui, et puis c'est drôle parce qu'elle ne m'a pas posé énormément de questions
04:17 sur ce personnage.
04:18 D'ailleurs, je ne suis même pas certaine qu'elle savait qu'elle existait.
04:21 J'ai dû lui dire quand même, mais c'est fou parce que et Thierry Godard,
04:25 qui joue mon père,
04:27 Matha Gabin aussi, qui joue ma mère, elle, c'était vraiment...
04:30 Même au casting, tout de suite, j'ai pleuré quand j'ai reçu sa tape.
04:34 Je me suis dit "c'est elle", quoi.
04:36 Mais ils ont tous été très justes.
04:38 Alors peut-être que le scénario était...
04:40 Il y avait suffisamment de descriptions et puis ce sont des gens hyper instinctifs,
04:44 intuitifs, je ne sais pas.
04:46 Et puis c'est des monstres de travail aussi.
04:50 Et alors vous, vous faites une très, très brève apparition dans le téléfilm.
04:53 Un petit moment, il faut vraiment avoir l'œil.
04:55 À un moment, on voit passer une femme de chambre.
04:57 Mais ça, c'est mon équipe.
04:58 Ils m'ont tous obligée à le faire.
05:00 Je ne voulais vraiment pas le faire.
05:01 Je n'avais pas que ça à faire en vrai.
05:02 Mais bon, tout le monde m'a demandé de le faire.
05:05 J'ai joué la réceptionniste d'un hôtel.
05:07 Cédric Clapiche, ils le font tous, des caméos.
05:09 Donc pourquoi pas vous ?
05:10 C'est vrai.
05:11 Et alors, parce que vous, vous êtes aussi comédienne.
05:13 Vous incarnez la capitaine de police, Mélissa Saint-Rose, dans la série "Tropiques criminels".
05:18 La saison 4, elle s'est terminée en juin dernier.
05:20 Il y aura une saison 5 ?
05:21 Il y a une saison 5 qui arrive bientôt, très bientôt sur nos écrans, sur France 2.
05:25 Et puis je repars en tournage pour la saison 6 à partir du mois d'avril.
05:31 Donc oui, c'est une super aventure.
05:33 Donc six saisons, on n'attendait pas autant.
05:35 Mais ça a fidélisé un public.
05:37 On est super heureuse, Béatrice Delapoula et moi.
05:39 Et là, ce n'est pas la première fois que vous passez derrière la caméra,
05:42 mais c'est la première fois que vous faites une fiction.
05:44 C'est vers ça que vous voulez vous diriger petit à petit ?
05:47 Vous avez d'autres projets en tête, d'autres fictions en tête ?
05:49 Ah oui, oui, j'ai d'autres projets en tête.
05:51 Des documentaires aussi, parce que j'adore l'exercice du doc.
05:54 Et non, en fait, j'ai plein de projets en tête.
05:57 Mais j'aime jouer, j'aime réaliser.
06:01 Et puis je pense aussi que les deux m'aident beaucoup en tant qu'actrice.
06:05 Par exemple, j'ai un petit peu...
06:07 Enfin, je doute beaucoup moins depuis que je réalise,
06:11 parce que je me rends compte que ce qui se passe derrière la caméra,
06:15 c'est aussi flippant que quand on est acteur.
06:18 Donc finalement, les deux, je me sens bien...
06:22 Enfin, je n'arrive même pas à trouver mes mots, en fait.
06:24 Je me trouve...
06:26 Oui, ça nourrit l'un, nourrit l'autre.
06:28 Oui, l'un nourrit l'autre, exactement.
06:29 Et est-ce que vous êtes en flip aussi sur les résultats ?
06:32 Non, en fait, je vous parle depuis tout à l'heure,
06:33 mais moi, je suis en super flip, en fait.
06:35 Parce que ce soir, mon film va être diffusé, il s'invite chez les gens.
06:39 Il va être vu par des millions de gens.
06:41 Je ne dors pas depuis deux jours.
06:42 Non, mais c'est énorme.
06:43 Ces six ans de travail que je porte avec mon associé Amanda Herzberg,
06:47 avec mon coproducteur Harold Valentin et Simon Trouillot.
06:51 Et puis une chaîne qui m'a fait confiance.
06:54 Donc, évidemment, on est...
06:55 Il y a un enjeu.
06:56 Bah ouais, et puis il y a du monde qui vous suit.
06:58 Il y a votre équipe aussi.
06:59 On a fait un film, un 90 minutes en 21 jours.
07:03 Je pense que les gens du métier savent ce que ça veut dire.
07:05 Oui, c'est clair.
07:06 Mais le public ne peut pas comprendre que ça demande un investissement énorme.
07:10 C'est un travail colossal.
07:13 Donc, on vous croise les doigts pour les résultats.
07:15 Et donc, le résultat, j'en suis très, très fière.
07:17 Mais si en plus, il y a le public ce soir, alors...
07:19 Eh bien, écoutez, on verra ça demain matin à 9h02 avec Julien Pichnay.
07:24 9h04.
07:24 Aïe, aïe, aïe, aïe.
07:25 J'écoute ça.
07:26 On t'embrasse les doigts pour vous.
07:27 En tout cas, ça me fait un destin inattendu, Sonia Roland,
07:29 pour rester encore un petit peu avec nous.
07:30 Parce que dans un instant, ce sera le journal des médias.
07:32 Oui, le journal des médias de Julien Pichnay.
07:34 On reviendra d'ailleurs dans un instant sur ce cambriolage raté
07:37 chez un très célèbre animateur télé.
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