00:00 [Musique]
00:04 Allez, on part quelques minutes sur la Lune grâce à mon premier invité, Benoît Fevelay. Bonjour.
00:09 Bonjour.
00:10 Alors, vous êtes le directeur du projet Sanctuary on the Moon.
00:13 C'est une mission qui vise à transporter notre patrimoine humain sur la surface de la Lune, tout ça dans une capsule.
00:21 Cette capsule, elle va être envoyée dans le cadre de la mission Artemis de la NASA.
00:25 D'abord, pourquoi ce projet puisque vous en êtes à l'initiative, Benoît ?
00:28 Eh bien, parce que l'espace m'a toujours fait rêver et puis qu'ancien ingénieur et journaliste, j'ai conjugué mes deux passions,
00:38 à savoir la passion pour l'exploration spatiale et puis le fait de raconter des histoires.
00:43 À qui vous allez raconter des histoires sur la Lune, Benoît ?
00:46 Justement, je pense qu'en sanctuarisant des connaissances de l'art, mais aussi des génomes pour toujours sur la Lune,
00:54 on s'adresse non seulement à nos descendants dans un très très très très très lointain futur,
00:58 mais aussi à nous aujourd'hui, à nous autres humains aujourd'hui.
01:02 Et on pense que le spatial est un vecteur génial pour pouvoir communiquer ce genre de thématique.
01:11 Et qu'est-ce qu'on va embarquer comme information ?
01:13 Alors, je vous l'ai dit, Sanctuary va s'articuler autour d'un triptyque, ce que l'on est avec des génomes,
01:21 ce que l'on sait avec de la science et ce que l'on fait avec de l'art.
01:24 Donc on va y inclure notamment le patrimoine mondial de l'humanité.
01:27 Et notre patrimoine génétique aussi.
01:29 Exactement. Donc sur la première partie du triptyque, vous avez deux génomes qui ont été tirés en double aveugle,
01:34 donc tirés au hasard parmi la population canadienne, et donc qui ont été intégrés in extenso sur quatre disques.
01:41 D'accord, patrimoine donc laédit scientifique et puis culturel.
01:44 Il y a des artistes qui sont impliqués dans le projet.
01:46 Et puis oui, alors aujourd'hui je ne peux encore trop rien dire, parce qu'il y a encore des choses qui sont confidentielles,
01:53 mais voilà, donc l'UNESCO, qui est quand même la maison de tous les artistes, des créateurs, qui s'est joué en projet.
02:00 Donc c'est la première fois en 46 ans que et l'UNESCO et la NASA participent à un tel type de projet dans l'espace.
02:06 La dernière fois c'était le disque qui avait été envoyé sur les sons de voyageurs en 77.
02:09 Et donc oui, oui, c'est une première et cocorico, le projet est français.
02:13 Bravo. Alors parlez-nous un peu de cette capsule. Elle va être fabriquée en quoi, comment, par qui ?
02:20 Alors on a des disques de saphir. C'est une technologie qui était au départ militaire,
02:26 et qui était disponible au commissariat à l'énergie atomique à Grenoble,
02:30 et puis qui a été rendue à la vie civile, si je puis m'exprimer ainsi.
02:35 Et donc c'est des disques de saphir sur lesquels on peut en coder, on peut graver entre 3,4 et 7 milliards de pixels par disque.
02:44 Des disques, il y en aura 24. Alors là, montrez-le, vous en avez apporté un exemplaire.
02:48 Exactement, donc ça c'est un disque science, dont la thématique est l'espace. Donc on y a assemblé...
02:53 Donc c'est un mini-cd ?
02:55 Ben oui et non, ça fait à peu près la taille d'un cd, mais les informations qu'on trouve dessus peuvent être lues à l'œil,
03:01 à l'œil nu, et/ou avec une loupe. D'accord.
03:04 Donc ce qui prémunit le découvreur de l'objet...
03:09 La nécessité d'avoir un support physique.
03:11 Exactement, exactement.
03:12 Ça c'est la complexité.
03:13 Exactement.
03:14 Ok, alors cette capsule, elle pèsera 1,4 kg quand même ?
03:19 Oui, ce qui en fait une masse assez conséquente posée sur la surface de la Lune,
03:24 et donc choisie par la NASA, et on est très heureux qu'elle nous ait alloué cette masse, cette quantité de masse,
03:33 et puis ça sera 2 fois 1,4 kg parce qu'il y a toujours...
03:36 On aura un autre lancement en backup, donc en secours, si jamais le premier lancement venait à échouer.
03:41 D'accord. Vous avez cité des partenaires prestigieux autour de ce projet, peut-être les relister ensemble,
03:47 donc l'UNESCO, le CNES, le CEA, l'INRIA, le Centre des sciences du génome de la Colombie-Britannique au Canada,
03:54 tout ça sous le haut patronage d'Emmanuel Macron, le président de la République française.
03:59 Pourtant, vous m'avez dit en préparant cette émission qu'il manquait encore des fonds.
04:03 Eh bien oui, on aimerait faire en sorte d'avoir un...
04:08 Là, pour le moment, on a un projet qui est exceptionnel, mais on aimerait en faire un projet historique.
04:14 Et comme je vous l'ai dit, c'est de pouvoir réaliser une œuvre qui puisse être déposée sur le sol de la Lune
04:20 pour nos descendants dans un très lointain futur, mais aussi pouvoir en exploiter les contenus sur Terre.
04:24 Donc à travers une sorte d'écosystème d'événements qu'on pourrait recréer,
04:29 avec des expositions qui pourraient être créées en France à l'étranger,
04:33 des concerts diffusés en live stream sur les réseaux sociaux,
04:36 parce qu'on va mettre entre 6 et 8 heures d'audio sur un disque, et puis des conférences.
04:43 - Ça serait une sorte d'exposition universelle à l'ère du numérique.
04:47 - Exactement. Et puis on pense aussi qu'il y a un côté incroyablement fédérateur,
04:51 parce que sur les disques Génome, par exemple,
04:56 la différence de génome entre le vôtre et celui d'une péruvienne ou d'une éthiopienne est de l'ordre de 0,1%.
05:02 Donc ce qui fait que visuellement vous ne voyez rien, il n'y a aucune différence.
05:06 Donc ce côté, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.
05:11 - Super. Donc vous cherchez des fonds publics, privés également j'imagine ?
05:15 Pourquoi pas les particuliers qui peuvent...
05:17 - Un peu les deux, pourquoi pas. Aujourd'hui, on a assis la légitimité du projet
05:23 avec des partenariats avec des institutions et des organisations que vous avez citées.
05:28 Mais aussi, on va chercher des fonds auprès de France 2030 par exemple,
05:32 auprès des régions, mais aussi avec certaines sociétés privées
05:37 avec lesquelles on aimerait pouvoir développer des partenariats autour de la musique,
05:40 autour de l'art par exemple.
05:43 On voudrait faire aussi une curation d'art qui s'étale du paléolithique jusqu'à l'art contemporain
05:47 sur tous les continents et qui emmènerait une espèce de best-of sur la Lune
05:51 mais qu'on pourrait aussi exploiter sur Terre.
05:53 - Merci beaucoup Benoît Fevelet. Je vous rappelle le nom de la mission,
05:57 Sanctuary on the Moon. Merci beaucoup.
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