00:00 -Gendarmes mobilisés, trois semaines d'opération.
00:02 Est-ce que c'est de la communication ou une opération nécessaire selon vous ?
00:05 Les deux éventuellement d'ailleurs.
00:07 -Bonsoir M. Calviros.
00:09 C'est une opération sans doute nécessaire pour le chef de l'État
00:11 qui a bien besoin de quelques images positives.
00:15 Le pauvre lui qui va de catastrophe en catastrophe
00:18 du salon de l'agriculture jusqu'au salon de l'Élysée.
00:20 Il enchaîne les échecs donc il a manifestement besoin de redorer son image.
00:24 Mais je crains que ça ne suffise pas.
00:26 Vous savez le trafic aujourd'hui à la cité de la Castellane,
00:29 la seule cité de la Castellane, a été interrompue pour 24 heures.
00:32 D'ailleurs il y a eu un message sur les réseaux WhatsApp
00:36 des fournisseurs, des trafiquants qui se sont excusés auprès de leur clientèle
00:40 parce qu'ils ont été embêtés plus que d'habitude par la police.
00:43 Mais le trafic annonce-t-il reprendra dès demain.
00:47 Sachant quand même que lorsqu'il n'y a pas de point statique,
00:50 il y a le Uber Cheat qui fonctionne à plein régime à Marseille
00:53 et comme dans d'autres grandes cités de notre beau pays.
00:58 - Pardonnez-moi, 4 000 policiers...
01:00 Je vous interromps, j'ai bien compris votre première intervention.
01:03 4 000 policiers aujourd'hui actifs sur le terrain,
01:05 vous dites que ça ne change pas la situation ?
01:07 - Non, moi je rends hommage à la police,
01:09 aux policiers de terrain qui font un travail extraordinaire
01:11 et qui arrêtent beaucoup de dealers, de vendeurs, de gaiters,
01:18 qui arrêtent aussi des nourrices.
01:20 Puis on apprend qu'il y a quelques jours que des têtes de réseaux sont tombées,
01:24 ils étaient réfugiés dans leur pays d'origine.
01:26 Le problème c'est qu'ils vivent de l'océan avec une petite cuillère
01:30 et même quand ils se servent de cette petite cuillère,
01:32 je dirais que ça revient puisque la justice ne fait pas son travail.
01:36 C'est moins un problème de police que de justice.
01:40 Les trafiquants sont arrêtés mais ils retournent sur le terrain assez vite
01:45 car vous le savez sans doute,
01:48 50% des petites mains du trafic à Marseille, ce sont des clandestins
01:53 et les vendeurs eux sont étrangers ou beaucoup d'origine étrangère.
01:56 Il n'y a aucune politique d'immigration uniquement en direction du trafic de sup
02:02 qui a été enclenchée.
02:03 Donc ça revient, incessamment ça revient.
02:05 Je tire mon chapeau à la police qui ne se décourage pas.
02:10 – Stéphane Raviez, vous ne pouvez pas reprocher au président de la République,
02:13 même pour des raisons politiques et d'opposition
02:15 que par ailleurs on peut très bien comprendre,
02:17 mais en gros d'essayer d'être actif en cette journée aujourd'hui à Marseille, non ?
02:22 – Et de s'impliquer personnellement.
02:26 – Oui, il est venu s'impliquer quelques heures sous l'œil des caméras
02:28 mais c'est un travail de longue haleine.
02:30 Moi ça fait 20 ans que je dénonce ce phénomène à Marseille et on m'a rionné.
02:34 La vérité c'est qu'aujourd'hui il réagit parce qu'il y a 4 magistrats marseillais
02:39 qui ont été auditionnés par le Sénat et qui ont tenu le même constat que le mien,
02:45 que moi je tiens depuis des années, avec des mots choisis.
02:47 Vous savez quand ils vous font savoir que même lorsqu'ils sont en prison,
02:51 les trafiquants continuent à organiser leur trafic
02:54 et même à décider de faire abattre tel ou tel concurrent,
03:00 eh bien on voit bien, ils ont résumé ça par cette formule,
03:04 la mexicanisation des prisons françaises.
03:08 C'est une excellente formule que je dénonce depuis longtemps.
03:11 Bon mais aujourd'hui le chef de l'État a peut-être pris confiance de l'urgence d'agir
03:16 mais il est bien tard, il n'est jamais trop tard pour bien faire
03:20 mais je pense que les moyens ne sont toujours pas là,
03:23 ni en amont pour les douanes qui ont besoin d'effectifs supplémentaires,
03:31 les expulsions qui doivent être immédiates et massives
03:34 lorsque les trafiquants sont étrangers, voire même clandestins,
03:37 et je vous l'ai dit, ils sont nombreux dans ce trafic.
03:39 Et puis lorsqu'ils sont français, ils doivent être évidemment incarcérés
03:44 dans des prisons qui doivent empêcher ces trafiquants
03:50 de continuer à gérer leur trafic.
03:53 Et de tout ça, eh bien on en est encore bien loin.
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