00:00 il faut toujours se réjouir d'une action contre les trafiquants de drogue,
00:04 donc on peut se féliciter de cette action.
00:06 Ce qui est sûr, c'est qu'il faut tenir dans la durée, c'est ce que vient de dire Guillaume,
00:11 il faut saturer le terrain pendant au moins trois semaines, un mois, à deux policiers
00:15 pour repousser ce point de deal et espérer qu'il soit fermé,
00:21 ce qui ne veut pas dire d'ailleurs qu'il ne va pas se déporter ailleurs.
00:24 En tout cas, c'est une opération, on en a fait des dizaines d'opérations de ce type dans les dernières années,
00:33 on appelait ça opération coup de poing, donc on passait.
00:36 Ce qui me gêne un peu, si vous voulez, dans cette affaire-là,
00:41 c'est qu'on s'est focalisé sur les dealers, mais on n'applique pas tout à fait la loi de 70,
00:46 c'est-à-dire qu'on n'a pas du tout penché sur les toxicomanes,
00:52 donc la loi de 70, je vous rappelle qu'elle est bipartite,
00:56 elle est à la fois axée sur le trafic de stupéfiants et sur les soins des consommateurs.
01:02 On ne parle absolument pas de lutte contre le blanchiment d'argent,
01:05 donc je pense qu'on est dans un coup qui est intéressant,
01:10 on a effectivement eu des bons résultats, mais d'abord, un, il faut s'inscrire dans la durée,
01:15 et deux, il faut peut-être revenir aux fondamentaux de la lutte contre la drogue
01:19 au sens large du terme, sur le territoire français, voire à l'international.
01:23 C'est plutôt encourageant que de voir un gouvernement qui se remet en route
01:31 et qui remet sur le haut du spectre la lutte contre la drogue comme étant une priorité.
01:37 Ce qu'il faut aussi, c'est que la constance politique existe.
01:40 On a trop vu des politiques en sinus oïs.
01:43 – Justement, vous qui avez été préfet de police à Marseille,
01:45 est-ce qu'au moment où vous étiez en fonction,
01:47 vous auriez aimé que ce type d'opération soit mis en place ?
01:52 – On en faisait, on n'en faisait pas aussi massive.
01:55 – Parce que tout le monde nous parle d'une opération inédite.
01:57 – Bien sûr, parce qu'il y a 4000 personnes sur le terrain, enfin 4000 mobilisées.
02:01 – Ça change la donne, les moyens.
02:03 – Ce n'est pas 4000 ensemble, ça va tourner.
02:06 Mais évidemment que c'est spectaculaire et que c'est efficace,
02:09 on ne peut pas le dire le contraire, ils ont fait des saisies,
02:12 ils ont fait des arrestations, mais encore une fois,
02:15 il faut rester dans la pérennisation et ce n'est pas dit
02:19 que la police française puisse tenir la distance,
02:22 d'autant plus qu'il n'y a pas que Marseille,
02:24 où il y a des plans de drogue, il y a d'autres villes.
02:26 Donc si on veut multiplier ce type d'action sur l'ensemble du territoire,
02:30 ça va être très coûteux et on ne règle rien au fond.
02:34 – Le gouvernement ne devrait pas dire "on reste trois semaines",
02:37 mais en fait on reste à durer indéterminé, avec les mêmes moyens,
02:40 sauf que vous ce que vous dites, c'est qu'on n'a pas forcément les moyens de le faire.
02:43 – Ça va être très dur de mobiliser, alors sur Marseille,
02:46 on peut peut-être y arriver plus longtemps, mais si on commence
02:49 à vouloir étendre la méthode sur l'ensemble des autres cités de France,
02:54 je crains quand même qu'on n'ait pas assez de monde.
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