00:00 Est-ce que vous vous êtes entraînés ? Est-ce que vous vous appréhendez ?
00:06 On est très entraînés, on n'appréhende pas du tout, on est très contents d'être là.
00:10 Je ne me suis pas particulièrement entraîné parce que justement je vais utiliser un vélo électrique.
00:17 Mon vélo est là-bas et je roule régulièrement donc ça devrait aller.
00:23 Honnêtement il n'y a plus rien qui me fait peur, je ne pensais pas monter sur un vélo il y a un mois,
00:29 je ne pensais pas être là ce matin. On va voir comment ça se passe mais effectivement ça va être spectaculaire.
00:34 Pour les amateurs de cyclisme vous avez peut-être reconnu juste derrière moi le Mont Ventoux,
00:44 la mythique étape du Tour de France qui va aujourd'hui être gravie par un peloton bien particulier
00:50 composé d'urologues, de patients, de chercheurs pour lutter contre le cancer de la prostate.
00:57 Alors quel rapport ? On va voir.
01:00 On monte le Ventoux, 15 km d'ascension, 15 km.
01:09 Et on s'arrête au Mont Serrin, on va donc prendre le parcours dans l'autre sens.
01:13 C'est une journée exceptionnelle, l'ascension du Ventoux en vélo avec Bernard Hinault
01:25 et qui effectivement est une course dédiée à une campagne contre le cancer de la prostate.
01:32 Alors on fait de la prévention, vous avez eu l'exemple aujourd'hui d'une prostate gonflable géante,
01:39 c'est une prostate qu'on balade un peu partout en France, qu'on met dans les hôpitaux, dans les cliniques
01:43 et ça permet de libérer la parole. En fait ce qu'on observe c'est que les gens qui viennent à l'hôpital,
01:46 le cancer de la prostate c'est un tabou et le fait d'avoir finalement ce lieu où on peut discuter librement
01:51 avec les professionnels de santé de la prostate et des pathologies qui sont associées,
01:55 ça permet justement de mieux échanger, de mieux comprendre sa maladie et puis finalement
01:59 de mieux savoir aussi comment on va pouvoir être soigné lorsque ça nous arrive.
02:02 Une prostate gonflable qui s'est envolée d'ailleurs.
02:05 Alors la prostate n'était pas conçue pour des vents tels que ceux qu'on a aujourd'hui.
02:09 On a 80 km/h de vent à Bédouin, je crois qu'il y a 140 km/h en haut du Mont Ventoux.
02:15 Donc clairement c'était un test, je pense qu'on va rester sur des espaces plus abrités à l'avenir.
02:19 Nous avons des tests complémentaires.
02:21 Ça permet également de lever des fonds avec l'association des patients et donc de plus en plus
02:27 c'est important d'associer les patients à la prise en charge de toutes les pathologies
02:32 et donc en l'occurrence c'est un partenariat aussi avec la NAMACAP.
02:35 Un chèque de 2500 euros !
02:38 Pourquoi le vélo ? Pour deux raisons. D'abord parce que le vélo c'est souvent le sport de nos patients.
02:46 L'Urologue s'occupe de l'homme et à partir de 40, 50, 60 ans finalement les sportifs se mettent plutôt à faire du vélo.
02:55 Ceux qui ont toujours fait du vélo font du vélo.
02:57 Donc on retrouve beaucoup de gens qui ont à la fois des problèmes de prostate et des problèmes de vélo.
03:02 Donc ça concerne ça.
03:03 Et puis le deuxième point c'est toute l'importance de l'activité physique, l'importance du sport.
03:10 Puisqu'on sait que le sport c'est quelque chose qui est important pour diminuer l'hypertension, le poids, le diabète, etc.
03:16 Mais il y a aussi un rôle qui est positif pour le cancer, quel que soit le stade du cancer.
03:21 Mais même aussi à des stades précoces où on voit que les gens qui ont une activité physique régulière
03:26 vivent mieux le cancer, assument mieux les traitements et finalement s'en sortent peut-être mieux que les autres.
03:31 1, 2, 3, c'est parti !
03:36 Ça va bien ?
03:57 Ça va bien, ça va bien. La madeleine on l'a eu en travers mais là on va se refaire. On va envoyer.
04:04 C'était un peu un apéro là.
04:06 Ouais, préparez bien la purée.
04:08 On a toujours envie de se battre pour la prostate ?
04:12 Bien sûr, évidemment.
04:14 C'est la course, on va se faire un combat ?
04:17 Là nous sommes à une course.
04:35 300 participants ont fait la montée.
04:39 Bien sûr des urologues mais aussi des patients, mais aussi leur famille et aussi d'autres médecins.
04:44 On est à mi-course, on n'est pas au bout mais le plus dur est fait.
04:47 Est-ce qu'aujourd'hui vous considérez que le cancer de la prostate est encore tabou en France ?
04:52 Alors le cancer de prostate est en effet tabou.
04:55 Pour la plupart des gens c'est une maladie qui touche des hommes âgés.
04:58 Et il faut donc maintenant, à travers cette campagne grand public, que chacun prenne conscience
05:03 qu'il a éventuellement un risque puisque un homme de 15 ans peut avoir un cancer.
05:08 Puisque un homme sur 7 pourra être atteint au cours de sa vie.
05:11 Quand on a un cancer de prostate au début, c'est le seul moment où on peut en être guéri.
05:16 On a les moyens de le détecter tôt par une simple prise de sang qui s'appelle le PSA.
05:21 Et il faut le faire à partir de 50 ans parce qu'effectivement,
05:25 c'est une maladie qui est insidieuse car elle est silencieuse au début.
05:29 C'était quand la dernière fois que vous avez gravi le Mont Ventoux ?
05:35 Vous ne l'avez jamais fait pendant le Tour ? C'était presque inédit pour vous ?
05:38 Non, je l'avais fait dans le Dauphiné, du même côté d'ailleurs, puisqu'on arrivait à Vignon.
05:42 Autrement je l'ai monté plusieurs fois, mais c'était toujours en voiture avec un aisseau
05:45 quand on était sur le Tour de France.
05:47 C'est un col mythique, c'est le Mont Chauve comme on dit.
05:51 Il n'y a rien là-haut, il n'y a que du vent très souvent, ou il fait très froid.
05:55 Et c'était le cas un peu aujourd'hui où on a eu beaucoup de vent dans l'ascension.
06:00 Moi j'ai un vélo à 6 sens électrique parce que je pense que j'ai bien donné dans toute ma carrière
06:04 où je me suis bien battu.
06:06 Et là je n'ai plus envie de me faire énormément mal.
06:09 Mais ce n'est pas parce qu'on a un vélo à 6 sens électrique qu'il ne faut pas pédaler.
06:12 Il faut quand même pédaler et puis on met la tension au minimum,
06:16 ce qui permet de travailler quand même.
06:20 [Musique]
06:49 Est-ce que vous pensez que ce genre d'événement peut vraiment avoir un impact auprès du grand public ?
06:54 Alors je ne sais pas si ça a un impact au grand public,
06:56 mais tous ceux qui étaient là se trouvent plus ou moins concernés.
07:00 Soit ce sont des spécialistes de cette maladie,
07:02 soit ce sont des gens qui ont été malades et qui ont été soignés.
07:05 Il y a des jeunes qui étaient aussi dans le vélo et peut-être qu'eux vont communiquer
07:10 en allant voir leur grand-père, en allant voir leur père en disant
07:13 "Papa, j'ai entendu des choses, peut-être que je vais me faire mal".
07:17 "J'ai entendu des choses, peut-être que tu te fasses dépister pour voir si tu n'as pas un petit souci".
07:23 Rien que ça, c'est déjà très important.
07:25 Après, pour faire une communication au niveau national,
07:29 il faudrait avoir la force de la télévision et de l'État,
07:33 parce que finalement il n'y a que l'État qui peut se payer ça,
07:36 pour dire aux gens "Dépistez-vous".
07:38 C'est un cancer, il ne faut pas l'oublier.
07:40 C'est comme le cancer du sein, comme les ovaires pour une femme,
07:43 mais pour les hommes c'est la prostate malheureusement.
07:45 Il est rentré, le grand, il est rentré, c'est ton pote.
07:49 [Musique]
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