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  • il y a 1 jour
Médecin généraliste en milieu rural, enseignant et désormais président du Collège de la Médecine Générale, le Dr Cyril Bègue partage sa vision d’une discipline fragilisée mais essentielle. Entre engagement quotidien auprès des patients et manque de reconnaissance, il appelle à redonner du sens et des perspectives à la médecine générale.

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Transcription
00:00La médecine générale, elle est tiraillée entre à la fois le bonheur de prendre en charge nos patients
00:05et ce sentiment de défiance qu'on peut percevoir des parlementaires, du gouvernement et des institutions.
00:16C'est une fédération de structures avec quatre composantes.
00:20Une composante professionnelle qui réunit les syndicats représentatifs,
00:23une composante scientifique qui regroupe les structures qui font vivre le débat scientifique au sein de la médecine générale,
00:32une composante académique qui représente l'université
00:35et une composante associative et professionnelle qui réunit à la fois des organismes de formation, des associations et des syndicats.
00:47C'est également le Conseil national professionnel de la discipline
00:51et donc on est le représentant de la discipline vis-à-vis des institutions.
00:55On a vocation à faire vivre le débat scientifique au sein de la discipline.
01:01On propose régulièrement déjà des outils, des outils pratiques à destination des médecins généralistes
01:06pour leur faciliter la vie au quotidien.
01:08Je pense à des kits sur la prise en charge de la violence, la prise en charge des addictions.
01:13Et puis on a un outil numérique qui est EBM France, qui est une base de connaissances qui est utilisable en consultation.
01:21Je suis médecin généraliste avant tout, j'ai la passion de ce métier.
01:27Cette passion, elle m'a conduit d'abord à l'université.
01:30Je suis maître de conférence à Angers et puis à m'engager pour la discipline.
01:38Je tiens à garder une activité clinique dans ma maison de santé ou dans un village à 3 000 habitants,
01:45en milieu rural, à plus de 30 minutes du premier hôpital.
01:48Parce que ça me nourrit, ça nourrit mes enseignements et ma recherche à la faculté.
01:54Un de mes dada en recherche, c'est la question de la santé au travail,
01:57qui est un sujet éminemment professionnel, scientifique et politique.
02:01Je crois que c'est vraiment important pour représenter la discipline d'avoir les mains dans le combuit.
02:07De montrer que les médecins généralistes, ils sont tous les jours avec les autres professionnels de soins primaires
02:16et en collaboration avec les autres médecins au service des patients.
02:22Réenchanter la médecine générale pour que les médecins leur donnaient envie d'être médecin généraliste.
02:28Et pour ça, il faut qu'on puisse se projeter, qu'on voit que les décideurs aient une vision pour notre profession.
02:33On a un outil important qui a été élaboré dans le mandat précédent,
02:38c'est le référentiel métier, qui permet d'établir les besoins,
02:42de faire un bilan de ce qui se passe actuellement,
02:45de dire ce que c'est la médecine générale et de se projeter sur les nouveaux défis.
02:49Ils sont ceux du numérique, ils sont ceux de la démographie médicale,
02:52de la pluriprofessionnalité, de l'évolution des compétences des différents métiers
02:56qui gravitent autour du patient et donc autour de la médecine générale.
03:00Il y a une vraie réalité, plus de 90% des gens ont un médecin traitant.
03:07D'un autre côté, ça veut dire qu'il y en a qui n'en ont pas
03:08et donc effectivement, il faut qu'on puisse réfléchir à cette organisation.
03:13On voit qu'il y a beaucoup d'évolution ces dernières années,
03:16elles se font sans concertation.
03:17Notamment la question de l'évolution des métiers,
03:19l'évolution des compétences des autres professions.
03:22C'est difficile à accepter, à que ça devienne réelle sur le terrain.
03:26Et donc, vraiment, moi je plaide pour qu'on puisse échanger avec les autres professions,
03:31en collaboration avec les institutions et les pouvoirs publics.
03:36Et puis, dernier point, et on le voit avec les mouvements de ces derniers jours,
03:41il y a de la colère, il y a du désespoir,
03:44il y a ce sentiment d'être vraiment blessé dans son identité professionnelle.
03:50Quand le médecin généraliste apparaît dans un projet de loi contre la fraude,
03:53c'est mon identité, le matin, je ne viens pas pour frauder,
03:56je viens pour accompagner les patients.
03:58Dans une société où les choses ne sont pas toujours faciles,
04:01où il y a des questions de problèmes de conditions de travail,
04:04de santé mentale qui explosent,
04:05je suis le réceptacle d'une montée des arrêts de travail.
04:08Et j'accompagne le mieux les patients, effectivement, dans un système contraint.
04:11Il faut qu'on puisse discuter comment améliorer le système.
04:14On ne dit pas qu'on fait tout parfaitement.
04:16Il faut qu'on se fasse confiance collectivement.
04:19La médecine générale, elle est tiraillée entre à la fois le bonheur de prendre en charge nos patients
04:24et ce sentiment de défiance qu'on peut percevoir des parlementaires, du gouvernement et des institutions.
04:32C'est une année formative.
04:34C'est une année pour permettre aux étudiants, aux internes,
04:37d'acquérir encore davantage de compétences,
04:40être au quotidien pendant un an, dans le même cabinet ou dans le même territoire,
04:45pour pouvoir prendre en charge des patients en longue course,
04:49se rendre compte de ce que c'est vraiment la question du suivi,
04:51pouvoir ensuite se projeter sur un exercice le plus rapidement possible,
04:55qui soit encadré, sécurisé.
04:58Mais il faut au plus vite que tout soit finalisé
05:02pour que le département de médecine générale puisse finaliser les recrutements de maîtres de stage
05:07et pour que, voilà, quand on est étudiant en troisième année là
05:11et qu'on ne sait toujours pas exactement à quelle sauce on va être mangé en novembre,
05:17ça peut être extrêmement difficile.
05:21Aux étudiants, faites de la médecine générale,
05:24qu'on prend les incertitudes qui pèsent sur la discipline,
05:27mais il faut qu'on se fasse confiance collectivement
05:30pour être capable d'avoir une discipline forte
05:33et donc engagez-vous dans cette discipline.
05:36Et donc, aux médecins, vous vous engagez déjà sur le terrain,
05:39auprès de vos patients,
05:40eh bien, peut-être, allez voir sur le site du Collège de la médecine générale
05:44les structures.
05:45Moi, je suis sûr qu'il y a une structure qui pourrait vous correspondre.
05:47Si vous engagez dans ces structures,
05:49ça permet aussi de renforcer ces structures,
05:51de renforcer le Collège de la médecine générale,
05:53de renforcer la discipline vis-à-vis des institutions.
05:58J'ai envie de vous redire, réenchantons la médecine générale.
06:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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