00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL bonsoir, William Galibert et Alexandre de Saint-Aignan.
00:08 Il est 18h19 sur RTL.
00:10 Coup de com', manipulation, enfumage.
00:13 Pour une fois, la grande distribution et les syndicats agricoles sont d'accord,
00:16 mais ils sont d'accord pour être furieux contre Emmanuel Macron.
00:20 Son grand débat prévu demain au Salon de l'agriculture Vire.
00:23 Au fiasco, les invitations sont rejetées les unes après les autres.
00:26 La tension reste très forte ce soir, tellement forte.
00:30 Et avant juste d'accueillir Laurence Marandola, qui est avec nous,
00:34 pour la Confédération paysanne, on apprend à l'instant, Thomas Dépré,
00:39 que le grand débat n'aura plus lieu.
00:42 Oui, exactement. Emmanuel Macron vient de le faire sur Twitter.
00:45 C'était déjà un parsebillet ce matin qu'il avait plaidé l'erreur
00:48 en annonçant la présence des soulèvements de la terre.
00:51 Eh bien, le président, à nouveau, prend la parole sur le réseau social.
00:54 Les syndicats agricoles ont voulu que ce salon ne soit pas un salon comme les autres.
00:58 Ils avaient voulu un débat ouvert. Ils en demandent aujourd'hui l'annulation, dont acte.
01:03 Voilà, Emmanuel Macron qui finalement, en quelque sorte, renvoie aussi
01:06 sur le dos des organisations syndicales à l'annulation de ce débat,
01:09 qu'il avait lui-même imposé.
01:11 Reste à savoir comment, finalement, va se passer cette visite du président demain.
01:15 Est-ce qu'il va se faire huer ? Est-ce qu'ils accepteront tout de même
01:18 de lui serrer la main au moment d'inaugurer demain le salon ?
01:21 On va poser la question à notre invité.
01:23 Voilà, tout à fait. Merci Thomas Dépré.
01:25 Et bonsoir, Laurence Marandola.
01:27 Bonsoir.
01:29 On vient peut-être de vous la prendre, mais je vais d'abord préciser que vous êtes
01:33 éleveuse en Ariège et que vous êtes la porte-parole de la Confédération paysanne.
01:37 Vous n'aviez pas forcément l'intention d'aller participer à ce débat avec Emmanuel Macron.
01:42 Vous avez été entendue finalement, puisque ce débat n'aura donc pas lieu du tout.
01:46 Oui, je viens de la prendre en direct, là, clairement.
01:49 Nous, on avait, à la Confédération paysanne, opposé un refus de fournir
01:54 30 agriculteurs pour participer à ce débat.
01:58 Ça, effectivement, on l'avait signalé à l'Élysée dès ce matin.
02:00 Et on avait réservé notre décision, parce qu'on voyait bien toutes ces circonvolutions,
02:06 à notre présence, à la mienne, à celle de l'autre responsable syndicaux.
02:10 On n'avait pas donné de réponse. On avait dit ni oui ni non.
02:12 On attendait de voir ce qui se passe.
02:13 Et je parle de circonvolution pour ne pas parler de mise en scène de mascarade,
02:18 au lieu de faire de la com' ce dont on a besoin, les agriculteurs,
02:24 effectivement, c'est de réponse aux problèmes de fonds qui ont été soulevés ces dernières semaines,
02:29 et de réponse aux propositions qu'on a pu faire remonter auprès du gouvernement.
02:34 Mais qu'est-ce qui vous fâchait tant dans ce débat ?
02:37 Qu'est-ce qui vous fâchait tant dans l'organisation de ce débat ?
02:39 Est-ce que vous considérez, ce soir, avoir finalement tenu une sorte de victoire,
02:43 en faisant reculer et annuler l'événement ?
02:46 Non, ce grand débat n'avait clairement pas de sens.
02:49 Ce n'est pas ce que la Confédération paysanne avait demandé.
02:53 Nous, on avait demandé une rencontre avec le Président de la République,
02:59 avec l'ensemble des partis prenant agricole, qui n'a pas eu lieu.
03:02 Il y a eu des échanges bilatéraux toutes ces dernières semaines,
03:05 mais pas d'échanges structurés avec la profession.
03:07 C'est ça qu'on demandait, et pas un grand débat.
03:10 Enfin, voilà, des grands problèmes, un grand débat, et rien derrière.
03:13 C'est quand même une marque de fabrique qu'on connaît à ce gouvernement.
03:16 Et je pense que c'était absolument déplacer une vraie mascarade pour l'agriculture.
03:22 Aujourd'hui, redéfinir des politiques agricoles, ça nécessitait vraiment autre chose qu'un grand débat,
03:27 ou qu'un grand oral pour le Président de la République.
03:29 Voilà, et le vrai sujet, ce dont j'aimerais parler du coup, c'est vraiment du fond.
03:33 Comment, aujourd'hui, on répond aux difficultés de l'ensemble des paysannes et des paysans dans ce pays,
03:38 avec des propositions fortes ?
03:40 On exigeait une loi d'urgence pour établir des prix planchers,
03:44 pour qu'enfin les agriculteurs puissent couvrir leurs coûts de production et se rémunérer.
03:47 Un arrêt des accords de libre-échange dans lesquels des pans entiers de l'agriculture sont sacrifiés.
03:52 Voilà, un accompagnement fort de tous les paysans,
03:55 des mesures de protection forte du foncier pour envisager l'installation.
03:59 C'est de ça qu'on a envie de parler, et ça ne peut pas se faire dans un grand débat.
04:03 Une fois que la Confédération paysanne a dit ça, on refuse pas.
04:06 Au contraire, au contraire, qu'il y ait des vrais débats démocratiques,
04:09 qui dépassent largement la sphère corporatiste du monde agricolo-agricole,
04:15 parce que les questions d'agriculture et d'alimentation sont des sujets de société.
04:21 Laurence Parandola, juste une question au sujet de ce grand débat qui est donc, je le rappelle, annulé.
04:26 Vous avez eu des contacts avec l'Elysée ces dernières heures, vous en avez parlé avec eux ?
04:30 Alors, du coup, on est vraiment en direct.
04:33 Au moment où je prenais l'antenne avec vous, j'ai un appel du conseiller de l'Elysée,
04:37 du coup, je le rappellerai tout à l'heure. Voilà exactement le timing dans lequel on est.
04:42 Vous êtes invité tout de même à échanger, non pas sous forme de grand débat,
04:47 mais sous forme à préciser peut-être un petit déjeuner,
04:50 ou d'échanger d'une manière ou d'une autre avec le Président.
04:53 Est-ce que, voilà, je vous fais en avance le message que va vous laisser sur votre répondeur le conseiller de l'Elysée,
04:58 est-ce que vous allez lui dire oui, dans un plus petit comité, pas de problème ?
05:01 C'est finalement cette mise en scène qui vous gênait plutôt ?
05:04 Est-ce que, quand même, l'idée de rencontrer le Président dans un autre format n'est pas abandonnée ce soir pour vous ?
05:09 Non, on va attendre de voir la proposition,
05:13 et peut-être que ce sera l'occasion de le rencontrer, de se redire des choses.
05:18 Mais je voudrais redire ce que j'exprimais, l'idée de débattre avec la société
05:23 de ces enjeux d'agriculture, d'alimentation.
05:25 La Confédération Paysanne en est extrêmement favorable,
05:28 mais sous un vrai format, avec du temps, pour que les choses puissent s'être exprimées,
05:33 pour qu'il y ait des réponses qui puissent être apportées,
05:35 et pas 300 personnes qui ont chacun eu la parole une minute.
05:38 C'était ça qui était scandaleux pour aborder ces questions agricoles et alimentaires
05:42 qui sont importantes absolument pour tout le monde dans notre pays,
05:45 pour les agriculteurs, pour continuer à pouvoir faire notre travail,
05:48 le faire correctement, le faire face aux enjeux climatiques,
05:51 et surtout aux enjeux économiques, de pouvoir vivre de notre travail,
05:54 et face aux citoyens, aux consommateurs, à nos voisins.
05:57 Nous, on y est extrêmement favorable.
05:59 On a aussi l'impression qu'il y a un problème un peu personnel avec le Président.
06:02 Je dis ça parce qu'on a vu Gabriel Attal dialoguer très tranquillement,
06:06 en Charente, cet après-midi, avec les syndicats agricoles.
06:10 C'est finalement la personne, la façon de faire aussi du chef de l'État
06:14 qui vous dérange profondément dans ces temps de crise agricole ?
06:18 Non, ce n'est pas une question de personne, de personnifier les difficultés.
06:23 Ce qui nous dérange, c'est la méthode,
06:26 et c'est l'application sans relâche d'une politique qui écrase les paysans.
06:33 C'est ça qui nous dérange à la Confédération Paysanne.
06:35 C'est ces politiques successives, alors il y en a eu bien avant Emmanuel Macron,
06:38 mais qui se poursuivent aujourd'hui,
06:40 des politiques économiques, des politiques publiques sur l'agriculture,
06:43 qui abandonnent, qui écrasent des pans entiers de l'agriculture.
06:46 Je veux parler de l'élevage, des fruits et légumes.
06:49 Ce sont des secteurs qui sont très peu soutenus par la puissance publique,
06:53 et c'est ça qu'on pointe du doigt aujourd'hui.
06:55 C'est vraiment la méthode et les politiques, la fiscalité agricole,
06:59 qui sont extrêmement délétères, qui broient, qui détruisent des fermes tous les jours.
07:03 Il y a 200 fermes qui disparaissent chaque semaine en France.
07:06 C'est de ça qu'on parle, ce n'est pas une question de personne,
07:08 c'est bien une question de politique.
07:11 Pour mener ce combat, est-ce qu'il faut s'attendre à des actions,
07:14 cette semaine, de votre part, de votre syndicat,
07:17 dans le salon de l'agriculture ou autour du salon de l'agriculture ?
07:20 On vous a vu, vous aussi, vous y étiez bloqué, le siège de Lactalis,
07:24 mercredi en Mayenne. Est-ce que d'autres choses sont dans les tuyaux pour les jours qui viennent ?
07:29 Bien sûr, on avait annoncé qu'on était mobilisés avant le salon,
07:33 pendant le salon, après le salon.
07:35 Il y a eu cette action très forte, mercredi, à Lactalis,
07:39 justement pour être au cœur du réacteur des mécanismes d'entreprise
07:45 qui détruisent des paysans, un numéro un mondial
07:49 qui refuse de payer un prix qui permet aux éleveurs de vivre de leur travail.
07:53 On aura une action dans la semaine du salon sur le même sujet, exactement,
07:57 et on décidera ensuite comment poursuivre cette mobilisation
08:00 pour enfin obtenir des réponses aux propositions qui sont faites.
08:04 Parce qu'en fait, des propositions pour que les agriculteurs vivent de leur travail,
08:08 elles existent, les alternatives, elles existent.
08:10 C'est juste qu'il faut que les politiques puissent changer assez radicalement
08:14 pour accompagner tous ces agriculteurs.
08:16 Merci beaucoup, merci infiniment Laurence Marandola.
08:19 Vous êtes porte-parole de la Confédération paysanne.
08:22 L'info du soir, on l'a vécue, on l'a appris en direct pendant cette interview.
08:26 Le grand débat agriculture prévu et voulu par Emmanuel Macron n'aura pas lieu.
08:32 Le président espère le remplacer par une rencontre avec les syndicats,
08:36 et vous l'avez entendu, cette rencontre n'est pas encore certaine.
08:38 En tout cas, la Confédération paysanne n'a pour l'instant pas dit oui.
08:42 Bien sûr, on vous fait vivre tout ce qui est en train de bouger en ce moment même,
08:47 avec cette annulation, cette débâcle de l'événement voulu par le président.
08:51 Et puis dès demain matin, au Champs-du-Coc, on sera en direct du Salon de l'agriculture
08:54 avec nos reporteurs, nos envoyés spéciaux, avec les acteurs du monde agricole
08:58 pour cette journée tellement particulière.
09:00 Elle est déjà en temps normal, mais là, elle s'annonce totalement imprévisible.
09:05 Ce qui est prévisible par contre, c'est la suite de notre programme dans RTL Bonsoir,
09:09 avec dans un instant notre invitée pour tout comprendre.
09:11 Tout comprendre à la Tour Eiffel, un ennemi mortel, la guette, c'est la rouille.
09:15 Est-ce qu'elle est en danger, cette Tour Eiffel, fermée depuis 5 jours pour cause de grève ?
09:19 Un amoureux, un spécialiste du monument, notre ami Samuel Goldschmidt, avec nous dans un instant.
09:24 Et on voit ça juste après, une petite pause, à tout de suite.
09:27 William Galibert, Alexandre de Saint-Aignan.
09:30 RTL BOND
09:32 [SILENCE]
Commentaires