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00:02 Julia Cellier, Marion Calais et Cyprien Signy.
00:07 RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:10 RTL bonsoir, la suite avec notre invité face à l'événement maintenant, crise politique.
00:14 Vous l'avez compris, Emmanuel Macron va s'exprimer tout à l'heure à la télévision. La Macronie qui se divise depuis hier et le vote de la loi
00:21 immigration durcit. Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau démissionne. Un quart des députés de la majorité se sont
00:28 abstenus ou ont voté contre le texte de leur propre gouvernement.
00:31 En revanche pendant ce temps là, depuis 24 heures, on se félicite au Rassemblement National. Notre invité maintenant est Laure Lavallette, porte-parole des députés RN.
00:38 Bonsoir. Marine Le Pen a évoqué hier soir une victoire idéologique. Vous estimez avoir
00:43 gagné la bataille des idées ?
00:45 Sur la priorité nationale, oui. Vous savez c'était une des pierres angulaires
00:48 du Rassemblement National et même du Front National il y a déjà 30 ans. Donc voilà. Après c'est un petit texte qui ne va pas
00:56 résoudre, il faut le dire aux français,
00:57 l'enjeu migratoire auquel ils sont confrontés. Voilà c'est un texte que nous avons voté parce que fidèle à nous-mêmes, ce qui va dans le bon sens,
01:05 dans l'intérêt des français, nous le faisons. Il y avait un durcissement sur le droit du sol, le regroupement familial, sur la régularisation des clandestins
01:13 qui se fera maintenant au cas par cas, à la main du préfet, il n'y aura pas de recours possible.
01:18 Voilà ça allait dans le bon sens. On a je pense hier mis un pied dans la porte
01:24 effectivement. C'est un acte premier j'allais dire de cette lutte contre l'immigration mais il faut le dire aux français qu'il ne peut pas passer
01:31 sans une réforme constitutionnelle
01:33 qui passera par référendum parce qu'il faut que nous gravions dans le marbre de la constitution les outils politiques, juridiques, administratifs qui nous permettront
01:41 évidemment de reprendre en main vraiment cette politique migratoire.
01:43 Vous parliez à l'instant de la préférence nationale.
01:45 Le gouvernement assure qu'il n'y a pas de préférence nationale. Bon dans les faits, elle va désormais exister dans certains cas.
01:51 Qu'est ce que vous leur dites au gouvernement ? Maintenant il faut assumer la préférence nationale ?
01:54 Oui, je pense que je leur dis qu'il faut arrêter d'être mauvais joueur. Voilà, ils ont dans la commission mixte paritaire
02:00 accepté tous les renoncements qu'ils avaient fait en commission des lois. Il faut expliquer aux français, le texte est sorti du sénat.
02:05 Il n'était pas assez dur pour nous, c'est la raison pour laquelle nos sénateurs ne l'ont pas voté.
02:10 Il a été débattu quand même pendant 45 heures en commission des lois avec un ministre dont on a pu s'étonner
02:15 du comportement. Il s'était réjoui quand les sénateurs avaient expurgé le texte de l'aide médicale d'état.
02:20 Il s'est à nouveau réjoui quand la commission des lois a remis cette aide médicale d'état. Donc on avait du mal à voir et
02:25 ils n'ont d'ailleurs aucune vision, j'allais dire, en matière de politique migratoire.
02:30 Néanmoins, si vous voulez, le fait d'avoir voté cette motion de rejet a obligé le gouvernement
02:34 à revoir sa copie. Effectivement le texte qui sort de la commission mixte paritaire est bien plus dur que celui qui sortait du sénat.
02:41 Alors on sent le gouvernement très embêté parce que vous avez donc voté son texte. Elisabeth Born explique
02:47 que le texte est passé sans les voix du RN. J'imagine que vous avez vous aussi
02:52 sorti la calculette et que vous n'êtes pas d'accord avec le constat de la première ministre. Je suis surtout atterré.
02:57 Excusez-moi, je pense que ma voix vaut autant qu'un député
03:01 d'UPS, qu'un député de la majorité. Moi je suis porte-parole d'un groupe
03:05 dont Marine Le Pen a quand même fait 13 millions d'électeurs au second tour de la présidentielle. Donc ça veut dire quoi ?
03:10 Je veux dire, c'est atterrant. Ils ont pris nos voix quand on a voté l'accélération du nucléaire.
03:15 Ça ne leur a pas posé de problème au moment de la loi du pouvoir d'achat. Ça veut dire quoi ?
03:19 En fait, ils sont de mauvais joueurs. Ils ont bien vu, vous le disiez tout à l'heure, qu'un quart de la majorité
03:24 affrondait. Un quart n'était pas d'accord avec ce texte. La majorité sort fracturée. Gérald Darmanin sera évidemment
03:31 considérablement affaibli. Ça fait un an et demi qu'il tractionne pour ce texte. Il a été l'arlésienne. Est-ce qu'il venait
03:36 en hémicycle ou pas ?
03:38 Bon ben voilà, c'est un fiasco. Je pense que c'est surtout les Français qui ont gagné.
03:42 Ce qui est assez particulier, c'est cet aveu du gouvernement depuis maintenant
03:45 quelques heures qui nous explique qu'une partie du texte n'est peut-être pas constitutionnelle.
03:49 Donc qu'une partie du texte risque d'être retoquée. Je pense aux quotas migratoires, aux cautions pour les étudiants étrangers.
03:55 Est-ce que finalement vous ne vous êtes pas fait un peu avoir au Rassemblement national ?
03:59 Parce qu'on a l'impression que le gouvernement maintenant compte sur la censure du Conseil constitutionnel pour assouplir le texte.
04:04 Je ne sais pas, ça ne vous fait pas... Enfin, c'est plutôt étonnant, non ?
04:07 Car un gouvernement comme stratégiste, c'est quand même assez original.
04:10 Donc il compte sur le fait d'avoir fait voter par ses propres députés des mesures inconstitutionnelles.
04:16 On est quand même parlementaires, on est censés faire une loi qui va pouvoir être appliquée.
04:19 C'est en ça que je vous dis, je me pose la question sur la volonté politique au final de ce gouvernement
04:24 de véritablement reprendre en main cette matière migratoire.
04:27 Vous avez l'impression qu'il navigue le gouvernement ?
04:29 Qu'il ne sait pas où le voir en termes de politique migratoire ?
04:32 Il ne navigue plus, je pense qu'il dérive. Il faut dire aux Français de quoi on parle.
04:36 L'immigration en France, c'est 500 000 immigrés qui rentrent de façon légale.
04:40 C'est la ville de Toulouse qui rentre sous le gouvernement de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur.
04:45 Il y a 320 000 premiers titres de séjour par an, 136 000 demandes d'asile.
04:49 Il y a entre 400 000 et 900 000 clandestins.
04:51 Et les Français ont très bien compris que cette immigration faisait peser des défis politiques,
04:56 économiques, sociaux et sécuritaires aussi sur leur vie.
05:00 Il est temps de les résoudre.
05:01 Voilà, moi je pense que ce n'est pas ceux qui nous ont mis dans cette situation migratoire
05:05 qui vont nous en sortir.
05:06 Néanmoins, voilà, on a mis, je pense, un pied dans la porte.
05:10 Et en même temps, il y a des secteurs aujourd'hui qui réclament de l'immigration.
05:13 D'après l'INSEE par exemple, un chiffre, 61% des aides à domicile en Ile-de-France sont des étrangers.
05:19 50% des cuisiniers.
05:20 Vous ne craignez pas une pénurie de main-d'œuvre avec les exercices ?
05:22 Non mais ça pose une vraie question.
05:24 Et je pense que compter sur l'immigration pour ces métiers-là,
05:27 je pense que c'est la France qui a baissé les bras.
05:29 Moi, je pense que si on a une vision pour la France, il faut réaugmenter les salaires.
05:33 Les travailleurs qui nous écoutent, ils ont besoin de main-d'œuvre aujourd'hui.
05:35 Pourquoi il faut arriver à re-rendre attractifs ces métiers ?
05:37 C'est la raison pour laquelle au Rassemblement National,
05:39 nous voulions augmenter de 10% tous les salaires dans l'entreprise
05:42 jusqu'à 3 fois le SMIC, de façon exonérée de charges,
05:45 pour que ce soit gagnant-gagnant à la fois pour l'entreprise et pour le salarié.
05:48 Vous savez, moi j'habite Toulon, je vois bien quand les étudiants viennent travailler,
05:51 faire la plonge dans un resto.
05:53 S'ils passent les deux tiers de leur salaire dans un logement, ce n'est pas possible.
05:56 Il faut évidemment mettre des facilités au logement.
06:00 Je pense que le problème, il est vraiment global.
06:02 Et d'ailleurs, je vais vous dire, le MEDEF a été bien silencieux.
06:04 Il n'a parlé que la veille,
06:06 enfin même pendant la commission paritaire, parce qu'il a dû avoir un bon coup de pression.
06:09 Mais le MEDEF, la CPME disait, il faut d'abord essayer de ramener les Français au travail.
06:14 Il y a 5 millions de chômeurs en France.
06:16 Moi, je préfère arriver à mettre des conditions
06:19 pour que ces gens-là puissent repartir travailler dans des conditions dignes,
06:21 que de faire appel à une immigration qui fait baisser, je le rappelle,
06:24 évidemment par le bas des salaires.
06:26 - Mais ce texte, il provoque aussi un émoi chez les ONG.
06:29 Les évêques de France ont également réagi il y a quelques minutes.
06:32 Il y a un argument de la part des associations,
06:35 c'est restreindre les allocations familiales pour des sans-papiers.
06:37 C'est simplement empêcher des enfants de manger.
06:40 Qu'est-ce que vous leur répondez ?
06:41 - Non mais moi, je leur réponds qu'en France, on vient quand on est invité.
06:46 Et on ne peut pas avoir une prime à l'illégalité.
06:48 C'était un peu ça aussi, la régularisation des clandestins en tension.
06:52 Bien sûr qu'on a tous un petit cœur qui ébaille.
06:54 On a envie que personne ne dorme dans la rue.
06:57 Néanmoins, d'autres pays du monde, comme le Canada, comme la Suisse,
07:00 réservent leurs allocations aux nationaux.
07:03 Parce qu'il faut que la nationalité vous donne plus de droits que si vous n'en avez pas.
07:07 C'est en ça que nous disons qu'on ne peut plus accueillir de clandestins.
07:10 Parce que vous voyez bien comment ça se passe.
07:12 Ça donne une précarité absolument terrible.
07:14 Vous savez, moi, je me suis beaucoup opposée à ce que l'Océan Viking arrive sur notre Cité à Toulon.
07:19 Donc j'ai vraiment vécu ça de près.
07:21 Mais une fois qu'il était là, je me suis beaucoup inquiétée du sort des 50 enfants
07:25 qui étaient placés en centre social à Toulon.
07:28 En 48 heures, ils avaient tous disparu.
07:30 On a laissé dans la nature des enfants de 11 à 18 ans qui, m'a-t-on dit, voulaient aller en Suède.
07:35 Moi, j'étais inquiète. La mère de famille que je suis ne peut pas se résoudre.
07:38 Est-ce qu'un enfant qui vient d'Afrique, de Libye, à 11 ans, soit seul, démuni dans la rue,
07:45 aux mains de proxénètes ? Ça n'est pas possible.
07:47 La meilleure façon que ça n'arrive pas, c'est d'empêcher que ces gens-là viennent sur notre sol.
07:50 Emmanuel Macron va prendre la parole dans un peu plus d'une demi-heure maintenant,
07:53 alors que sa majorité est en train de se disloquer.
07:56 Vous lui demandez encore de dissoudre l'Assemblée nationale ?
07:58 Je lui demande de revenir au peuple.
08:00 Il y a plusieurs façons de faire. Il peut démissionner aussi.
08:03 Il aurait pu faire un référendum, qui est vraiment appelé à 72% des Français
08:07 qui aimeraient un référendum sur cette position migratoire.
08:10 En France, sous la Vème République, la cour suprême, c'est le peuple.
08:13 Après, je suis un peu étonnée quand j'en ai entendu Sacha Houllier ce matin sur l'antenne.
08:18 Je ne sais pas si c'est chez vous.
08:19 C'est ici, à votre place.
08:21 Je suis un peu étonnée quand il dit que, finalement, la phrase exacte, c'est quoi ?
08:25 Toutes les revendications populaires ne sont pas bonnes à prendre, en gros.
08:28 Ils ont quand même une démocratie à géométrie variable.
08:31 Moi, je pense qu'il faut écouter le peuple français,
08:33 qui veut qu'on reprenne ces défis migratoires en main.
08:37 Mais bon, dissoudre, effectivement, ce serait dangereux pour la majorité,
08:41 vu que je pense qu'il aurait une minorité encore plus importante.
08:45 Mais il va falloir quand même, je pense, trouver une situation de crise.
08:47 Jordan Barrelo lui a proposé d'être son premier ministre.
08:50 J'avoue que je plébiscite assez cette solution.
08:52 Merci Laure Lavallette pour ta parole des députés RN.
08:55 Notre invité face à l'événement en pleine crise politique,
08:58 donc pour la majorité, avant la prise de parole présidentielle,
09:01 prévue dans un peu plus d'une demi-heure.
09:03 RTL, bonsoir. La suite, c'est dans quelques secondes, avec votre RTL Inside.
09:07 RTL vous emmène chez Miss France, de retour chez elle, dans son village, dans le Nord.
09:12 Avec un accueil de rock stars et puis une nouvelle viso-conférence.
09:16 Le programme du soir avec notre humoriste belge, juste après ça, tout de suite.
09:20 À plus tard.
09:22 RTL Bonsoir. Jusqu'à 20h.
09:25 [SILENCE]
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