00:00 [Générique]
00:12 Les expatriés, vous connaissez évidemment ce terme, j'ai fait de l'expat et on va en parler avec Alix Carnot.
00:18 Bonjour Alix.
00:19 Bonjour Arnaud.
00:20 Ravie de vous accueillir, directrice générale d'Expat Communications et vous avez un baromètre
00:25 qui permet d'avoir une photographie de la situation des expatriés.
00:29 Je dirais presque sociologique et puis je dirais sur le plan du marché.
00:33 D'abord, ce baromètre il nous dit une chose, c'est qu'il y a un resserrement quand même des contrats d'expat
00:38 et que de plus en plus on prend du contrat local.
00:41 Donc il y a moins d'expatriés, ça vous le confirmez ?
00:43 Je ne le dirais pas comme ça.
00:45 On a de plus en plus de contrats locaux, ce qui fait qu'au final la part de ceux qui sont en contrat d'expatriation
00:51 dans le total diminue, mais c'est parce que la part totale diminue.
00:55 Les contrats d'expat d'entreprise, ils ont diminué depuis les années 90, ils se tassent.
01:03 Il y a évidemment une grosse baisse avec le Covid et pour l'instant ça reprend pas mal.
01:07 Je précise Alix, quand vous dites les contrats locaux, c'est-à-dire que ce n'est pas les contrats d'expat
01:11 où on emmenait la famille, l'école était payée, tout était payé,
01:15 et payé avec le salaire français de Total, L'Oréal et j'en passe.
01:19 Non, on vous dit vous allez partir au Mexique, mais en contrat local.
01:24 Il y a un continuum.
01:26 C'est plus fragile.
01:28 Bien sûr, mais il y a toujours le contrat full expat avec tous les avantages dans les très grosses entreprises
01:32 ou les plus petites, et puis après il y a des contrats où on se dit
01:36 bon ben là, soit c'est peut-être pas la peine de mettre un expat,
01:40 soit en fait de plus en plus c'est les gens qui veulent partir en expatriation.
01:45 Pour plein de raisons, on pourra reparler, mais si c'est eux qui veulent partir,
01:49 pourquoi les accompagner comme quelqu'un à qui on leur est demandé ?
01:53 Et puis il y en a, c'est pas très clair, c'est un peu, il aimerait bien partir,
01:56 l'entreprise en a besoin aussi, donc on va faire un système mixte,
01:59 qu'on va appeler le local plus, avec certains des avantages du contrat d'expat,
02:03 mais pas tous. Donc voilà, il y a plein, plein, plein de types de contrats.
02:08 Il y a plusieurs sujets soulevés dans le baromètre.
02:11 Une inflation de la charge mentale, et puis on parlera aussi des enjeux de scolarité
02:15 et des enjeux écologiques, parce qu'il y a évidemment chaque pays a ses enjeux,
02:18 on l'a vu dans la crise agricole.
02:20 Mais d'abord, la charge mentale, c'est quoi ? Comment elle se manifeste ?
02:23 Alors, la charge mentale, on a regardé au départ, parce qu'on travaille beaucoup
02:27 sur les écarts de perception entre les hommes et les femmes en expatriation.
02:30 Quand on parle femme au boulot, femme machin, on a souvent tendance à regarder
02:35 la charge mentale, donc on s'est dit, on va regarder ce que ça donne.
02:38 Et bien, surprise, ceux qui ont la plus grosse charge mentale en expatriation,
02:42 c'est pas une question d'homme ou de femme, c'est une question de collaborateur
02:45 ou de conjoint. Tout le monde a une charge mentale qui augmente en expatriation.
02:49 C'est normal. Si vous êtes à cheval sur deux pays, la complexité augmente.
02:53 - L'intégration, l'arrivée... - Les papiers...
02:56 Donc même ceux qui partent à la retraite en expat disent "ma charge mentale a augmenté"
03:01 alors qu'ils sont retraités, mais parce qu'il y a un niveau de complexité qui est élevé.
03:04 Jusqu'ici, c'est logique. Mais ceux pour qui la charge mentale est vraiment la plus forte,
03:09 et on est deux points au-dessus des autres sur une échelle de 1 à 10,
03:12 donc c'est beaucoup, c'est ceux qui sont les collaborateurs.
03:15 Pourquoi ? Parce qu'ils ont une charge mentale liée au job qui est puissante.
03:19 Un expat, on parlait de contrat local, le contrat d'expat, ça coûte cher.
03:23 - Il faut qu'il ait des résultats. - Il faut qu'il soit performant dès le premier jour.
03:27 - Parce qu'il sait tout de suite qu'il coûte cher, lui. - Exactement.
03:29 Et on le lui rappelle souvent, de toute façon, c'est des gens impliqués, ils le savent d'eux-mêmes.
03:33 Sauf qu'ils arrivent dans un environnement où ils ne comprennent rien.
03:36 Souvent, ils ne comprennent pas la langue, c'est complexe, c'est loin de chez eux.
03:39 - Donc c'est un choc. - Ils sont attendus, ils sont à l'œil de Moscou.
03:42 - Et en même temps, il y a une obligation à performer rapidement. - Évidemment.
03:45 Ça, c'est au boulot. Mais à la maison, ils sont celui ou celle pour qui la famille est partie.
03:51 - Et donc là aussi... - Le coupable.
03:53 Quand ça se passe mal, c'est le coupable. "Tu nous as fait partir à l'autre bout du monde sur ce truc."
03:56 Généralement, ils ont des familles qui sont bien, qui leur disent pas ça.
03:59 - Non, mais je veux dire, il y a... - Mais eux-mêmes se le mettent. - Bah oui.
04:01 On en voit, et ces Robocop, vous savez, ils ont les épaules qui remontent du sol.
04:04 - Il y a tellement de stress qu'ils en peuvent plus. - C'est tellement ça.
04:07 Donc c'est un point de vigilance.
04:09 - Le paradoxe de la scolarité, des enjeux écologiques.
04:11 Alors la scolarité, ça, c'est un point qu'on traite à chaque fois qu'on parle d'expat.
04:14 Mais vous évoquiez la culpabilité de celui qui a embarqué toute la famille.
04:17 Mais il faut que ça suive, derrière. Il faut que l'école, elle, soit au niveau.
04:20 Ça, c'est un enjeu, ça.
04:22 - Ça, c'est un enjeu. Alors déjà, on a un petit écart de perception qui est rigolo.
04:25 C'est que selon les pères, ça va beaucoup mieux que selon les mères.
04:28 On a quand même... - La maman est plus inquiète sur la qualité de l'école ?
04:31 - Elle est... Je sais pas très bien si elle est plus exigeante, si elle est plus impliquée.
04:35 C'est possible aussi. - Possible.
04:37 - Ou si elle a pas la même façon de dire ce qui est positif ou pas.
04:40 Tout le monde, évidemment, veut la meilleure école pour ses enfants.
04:44 Ça, c'est le postulat de base.
04:46 Est-ce qu'on choisit l'école locale, l'école française ou l'école internationale ?
04:51 Il y a les trois systèmes en expat.
04:53 - C'est au choix du collaborateur ou c'est l'entreprise ? Parce qu'il y a des coûts, quand même, derrière tout ça.
04:57 - Alors, il y a d'abord un enjeu de disponibilité.
04:59 Si vous êtes dans une petite ville, il y a peut-être pas d'école française.
05:01 - C'est vrai. - Ou du moins, d'école internationale.
05:03 Après, il y a un enjeu financier.
05:05 L'école française, ça coûte entre 10 000 euros par an minimum et ça va jusqu'à 30 dans certaines destinations.
05:12 Donc, est-ce qu'il y a prise en charge par l'entreprise ou pas ?
05:14 Est-ce qu'on est un local plus, en contrat d'expat, ou un pur local ?
05:17 - Ça bloque. - Maintenant, il peut y avoir des bourses.
05:19 - Ça bloque certainement parce qu'en fait, dans l'école locale, il faut parler la langue du pays.
05:23 Donc, c'est très compliqué pour l'enfant.
05:25 - Oui, et l'idée que les enfants sont des éponges...
05:27 Moi, j'ai été expat avec quatre enfants. Ils sont pas tous.
05:30 Je crois que vous allez parler neurodiversité après.
05:33 Ils sont pas tous pareils, les enfants.
05:35 Et l'idée de "Allez, mon chéri, tu vas parler japonais dans 15 jours",
05:39 ils y arrivent pas tous, loin de là.
05:41 Et puis, ça dépend si on est là pour 10 ans, auquel cas ça vaut le coup,
05:44 ou si on déménage tous les deux 3 ans.
05:46 Quelqu'un ne peut pas imposer ça aux enfants.
05:48 Ce qui est sûr, c'est qu'après, en termes de satisfaction,
05:51 il y a un écart entre le groupe "école internationale, école française avec des bons résultats de satisfaction"
05:57 et l'école locale où c'est un peu moins bon.
05:59 - Merci, Alix Carnot. On peut le voir où, ce baromètre ? Sur votre site ?
06:02 - Vous pouvez le voir sur le site expatcommunications.com, dans la rubrique "baromètre".
06:06 - "Baromètre", "photographie de la situation de l'expatriation avec l'augmentation",
06:10 c'est ce qui ressort, "des contrats locaux". On est bien d'accord ?
06:13 - Absolument. - Je l'ai bien dit, là ?
06:15 - Tout à fait. - Merci, Alix Carnot.
06:17 Directrice générale d'Expat Communications, merci de nous avoir rendu visite.
06:20 - Directrice associée. - Directrice associée ?
06:22 - C'est presque, c'est possible. - Mais c'est presque ça !
06:24 - C'est mieux ! Ça veut dire qu'on dirige à deux, c'est clair.
06:26 - Et vous dirigez, donc, fondatrice ? - Même pas, repreneuse.
06:29 - Repreneuse. On saura tout. Merci, Alix, d'être venue nous rendre visite.
06:32 Justement, on s'intéresse, et vous nous avez fait le lancement d'ailleurs de notre débat,
06:36 à la dyslexie, à la neurodiversité. Qu'est-ce que c'est exactement ?
06:39 On en parle avec nos invités, deux experts de ce sujet.
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