00:00 - L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers. - Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07 - Bonjour Vincent. - Vincent, le Conseil constitutionnel a donc censuré les apports de la droite à la loi immigration.
00:11 C'est le point final d'un processus législatif à rebondissement. Ça aura duré deux ans. Vincent, qui a gagné, qui a perdu ?
00:18 - Personne n'a gagné Dimitri et la France a perdu. Hier nous avons appris qu'en 2023, jamais l'immigration n'avait été aussi importante dans notre pays.
00:27 Plus de 320 000 titres de séjour délivrés, sans compter les demandes d'asile encore non traitées et les clandestins.
00:33 Eric Ciotti avance le nombre impressionnant d'un demi-million de nouveaux immigrés en un an.
00:38 Et face à cette réalité impressionnante qui exigerait de la haute politique, nous avons le tableau navrant de la loi d'Armanin du sopte.
00:46 Nous avons sous les yeux la duplicité du chef de l'État qui, de sa main droite, a soutenu les apports de LR et de sa main gauche a supplié le Conseil constitutionnel de les effacer.
00:55 L'opération droitisation d'Emmanuel Macron est morte hier et pire encore, les Français ont compris qu'à part du petit cynisme tactique, ils ne feraient plus rien.
01:04 Nous avons la demi-habileté du ministre de l'Intérieur qui ose se féliciter de la conclusion d'un processus où de majorités contraires en commission paritaire, il aura à ciel ouvert dit tout et le contraire de tout.
01:15 Nous avons la naïveté des Républicains et du RN qui se retrouvent gros gens comme devant.
01:20 Ils ont cru être constructifs et ils n'ont été que les idiots utiles des déconstructeurs. Donc oui, tout le monde a perdu.
01:26 En fait, il n'y a que Clément Beaune qui n'aimait pas cette loi de droite et Éric Zemmour qui l'a trouvé pire que rien, qui doivent se féliciter aujourd'hui d'avoir vu juste.
01:34 Mais prédire l'échec, ce ne sera jamais aussi satisfaisant qu'obtenir une victoire.
01:38 - Vous faites le tour des politiques, Vincent, mais ce sont les juges du Conseil constitutionnel qui ont mis le point final.
01:43 - Ah, les juges du Conseil constitutionnel, M. Fabius, M. Juppé et leur cortège d'échecs politiques et de défaites électorales.
01:51 Ils s'autoproclament protecteurs de l'état de droit, partons, et ils ne protègent rien d'autre que les positions du politiquement correct.
02:01 Et qu'on ne parle pas de droit, puisqu'ils se sont contentés d'évacuer les cavaliers législatifs.
02:05 Vous savez, un cavalier législatif, c'est une disposition sans lien avec le projet de loi.
02:09 Donc on sait désormais que le délit de séjour irrégulier, le regroupement familial ou la déchéance de nationalité n'ont pas de lien avec un projet de loi sur l'immigration.
02:18 On marche sur la tête, dirait fort justement nos agriculteurs.
02:22 Ces juges ne semblent pas comprendre qu'avec leurs décisions, ils affaiblissent les pouvoirs publics
02:28 et qu'ils pavent méthodiquement l'autoroute des populistes qu'ils prétendent combattre.
02:33 On les appelle les sages, mais ce qu'ils font au regard de la situation de la France, c'est complètement fou.
02:38 - Bon, mais maintenant la loi va être appliquée. Qu'est-ce qu'elle va changer concrètement ?
02:42 - Absolument rien. Après deux ans d'un feuilleton politique minuscule au regard des enjeux,
02:47 c'est le retour à la caisse départ, une loi faussement ferme, une loi vraiment faible.
02:51 Tous les protagonistes savent que la politique migratoire en France ne bougera pas d'un iota,
02:56 que nos frontières resteront des passoires, que nous entendrons la litanie des crimes commis par des étrangers sous OQTF,
03:02 que le désarmement constitutionnel transformera tous les discours d'autorité en simulacres.
03:07 En vérité, notre pays est coincé dans une dangereuse impasse démocratique,
03:11 la souveraineté du peuple tente désespérément de se débattre entre les normes supérieures et l'entrelaque des cinq cours de justice,
03:17 et pourtant trois Français sur quatre veulent que l'on renforce vigoureusement la maîtrise de nos frontières.
03:22 Les sages l'empêchent, et ceux qui nous gouvernent refusent d'organiser un référendum.
03:27 Il n'y a donc plus qu'une question, Dimitri. La volonté majoritaire doit-elle s'arrêter là où commence celle des juges ?
03:34 De Gaulle nous a donné la réponse. En France, disait le général, la meilleure cour suprême, c'est le peuple.
03:40 L'édito politique sur Europe 1. Merci Vincent Trémolet de Villers.
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