00:00 Dimitri Pablenko. L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers. Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07 Alors la crise des retraites et la feuille de route des 100 jours, nous l'on fait un peu oublier mais
00:11 Emmanuel Macron avait demandé après le compte rendu de la convention citoyenne
00:14 pour la fin de la vie, un projet de loi sur le sujet. Avant la fin de l'été il a confié le dossier à Agnès Firmin-Le Baudot
00:21 donc c'est la ministre chargée des professions de santé, elle est chargée d'un travail de co-construction
00:27 et de législative, apparemment ça tanque pas mal. Oui il faut dire que vu du balcon des évidences progressistes
00:32 l'euthanasie ça paraît toujours très simple mais dès que l'on s'approche du sujet c'est à dire des êtres humains concernés
00:38 ça devient insoluble. A chaque étape de cette histoire le président de la république et le gouvernement se heurtent à des réalités concrètes
00:45 et ces réalités ce sont les soignants qui les mettent en avant.
00:47 Ça avait commencé à la fin de l'été dernier quand lors d'une réception à l'Elysée Emmanuel Macron avait dit à Aline Renaud qui milite depuis
00:53 longtemps pour l'euthanasie
00:54 c'est le moment de le faire alors nous le ferons. De nombreux soignants s'étaient
00:58 immédiatement étonnés et on les comprend que l'on puisse annoncer en même temps un débat et le résultat du débat.
01:04 Six mois plus tard alors que la convention citoyenne menait ses travaux, treize organisations
01:08 représentant 800 000 soignants signaient un texte pour rejeter cette pratique, je voulais guillemer,
01:13 incompatible avec les métiers du soin et aujourd'hui encore c'est ce que révèle Agnès Leclerc dans le Figaro,
01:18 les soignants sont prêts à claquer la porte parce que leurs inquiétudes ne sont jamais prises en compte
01:23 comme si le projet de loi était ficelé depuis le premier jour,
01:25 comme si tout le reste n'était qu'une apparence de consultation et de délibération, une sorte de co-construction bidon de
01:32 démocratie Potemkin. - Mais quelles sont les lignes rouges dont parlent ces soignants ? - C'est d'abord un principe,
01:37 donner la mort ne peut être considéré comme un soin, un principe dont la conséquence pratique
01:43 est de ne pas inscrire le droit à l'aide active à mourir dans le code de la santé publique.
01:48 Pourtant dans l'avant projet de loi c'est le cas, l'euthanasie et le suicide assisté seraient dans le code de la santé publique
01:53 et cela vaut tout simplement dire que l'exception deviendrait la norme.
01:58 C'est ce qu'explique très bien le professeur d'éthique hollandais Théaubeur. Théaubeur était favorable à la légalisation de l'euthanasie dans son pays
02:06 et aujourd'hui il le regrette, il nous dit que le nombre de décès par euthanasie aux Pays-Bas s'élève à 15%
02:12 et que ce chiffre ne cesse de grimper et Théaubeur nous prévient
02:17 dans une société où l'aide à mourir est un élément de santé publique, les personnes sont
02:23 inévitablement confrontées à l'un des choix les plus déshumanisant qui soit et ce choix c'est le suivant
02:28 est-ce que je veux continuer à vivre ou est-ce que je veux mettre fin à ma vie ?
02:33 - Question abyssale mais politiquement Vincent, est-ce qu'Emmanuel Macron peut profiter de ce projet de loi pour dégager une majorité ?
02:39 - Alors on l'a vu on est au bord de la rupture avec les soignants et dans l'opinion les choses
02:44 sont beaucoup moins simples que le disent certains sondages. Avec le Covid et le scandale dans les EHPAD en arrière-plan
02:50 la crainte d'une pratique froidement administrative de la fin de vie est bien réelle. Au gouvernement
02:56 on a au moins déjà deux ministres concernés qui sont hostiles à cette réforme.
02:59 Le ministre de la Santé François Braun d'abord et c'est pas rien, pour marquer son opposition
03:05 François Braun s'apprête à se rendre dans un centre de soins palliatifs à Antibes, la ville de Jean Léonetti
03:12 opposant farouche à toute évolution de sa loi. Et puis maintenant c'est Jean-Christophe Combes, le ministre de la solidarité des personnes handicapées qui dans le Figaro
03:20 s'inquiète des conséquences d'une telle loi pour les personnes vulnérables.
03:24 Dans la majorité François Bayrou, pilier central du macronisme,
03:28 alerte lui en disant "ne faisons pas un service public pour donner la mort". Donc soignants hostiles,
03:34 opinions fragiles,
03:36 gouvernement divisé. Sur ce sujet de la fin de vie, Emmanuel Macron a donc tout intérêt à prendre son temps et le plus longtemps possible.
03:43 Merci Vincent Trémolet de Villers, l'édito politique sur Europe 1. A la une du Figaro ce matin, le mirage de la semaine de quatre jours au travail.
03:51 Ça pousse à gauche très fort sur le sujet mais ça freine aussi très fort en face du côté des chefs d'entreprise.
03:56 Très bon début de journée avec Europe 1.
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