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  • il y a 2 ans
Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDProsWE à 9h le samedi et le dimanche

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Transcription
00:00 Bonjour à tous et bienvenue à l'heure des pros ce matin.
00:04 Et si le second tour Marine Le Pen/Edouard Philippe n'avait pas lieu ?
00:08 Le JDD révèle ce matin le top 50 des personnalités préférées des Français.
00:13 Jordan Bardella est le seul politique à y figurer.
00:16 A la 30e place, derrière lui, 57e,
00:19 Gabriel Attal qui réalise malgré tout une véritable percée.
00:22 Deux ans avant l'élection de 1965,
00:25 qui pouvait prévoir que le général de Gaulle serait en balotage avec François Mitterrand ?
00:29 Qui avait imaginé Giscard président suite au décès de Pompidou ?
00:33 Giscard paraît élu en 1981, impossible pensez-vous.
00:37 En 88, Mitterrand sera battu, ça ne fait aucun doute.
00:40 Surtout après le succès fracassant de la droite au législatif de 86.
00:44 1995, Edouard Balladur sera élu dès le premier tour.
00:48 2002, Jospin peut gagner.
00:50 2012, Strauss-Kahn sera président.
00:52 2017, ça sera le match retour Hollande-Sarkozy.
00:56 2017, toujours Alain Juppé sera président bien sûr.
00:59 2017 encore, François Fillon sera élu haut la main.
01:03 Et puis, et puis, ça ne se passe jamais comme prévu, ou presque.
01:07 Alors qui sait où s'arrêteront Jordan Bardella et Gabriel Attal ?
01:11 En attendant, ils sont les deux politiques de l'année qui s'achèvent aujourd'hui.
01:15 On en parle dans un instant avec mes invités,
01:17 mais tout de suite, c'est le rappel des titres avec Isabelle Piboulot.
01:20 Bonjour à tous.
01:23 Jusqu'à un million de personnes attendues ce soir sur les Champs-Elysées,
01:27 la circulation des véhicules sera interdite dès 16h dans un vaste secteur autour de l'avenue.
01:33 On le rappelle, les festivités du Nouvel An se dérouleront
01:36 dans un contexte de menaces terroristes très élevée en France.
01:39 Aucun débordement ne sera toléré.
01:41 90 000 policiers et gendarmes seront mobilisés sur l'ensemble du territoire,
01:46 6 000 rien qu'à Paris.
01:48 Qui dit nouvelle année dit vœux à la nation du président de la République.
01:53 L'allocution d'Emmanuel Macron sera à suivre à 20h sur CNews.
01:56 Après une année mouvementée, marquée par la difficile réforme des retraites,
02:00 la loi immigration, en passant par les émeutes urbaines de l'été,
02:04 le chef de l'État espère amorcer une relance de son quinquennat
02:07 en attendant le grand rendez-vous qu'il a promis en janvier aux Français.
02:12 Et puis, direction le nord-est de l'Amérique du Sud pour Elisabeth Borne
02:15 qui passera le Nouvel An en Guyane.
02:18 La Première ministre célébrera le réveillon auprès des forces armées
02:21 qui luttent notamment contre leur paillage illégal au programme des Demains.
02:25 La visite d'un point de contrôle fluvial et d'un village amérindien.
02:29 Il s'agit de la première visite de la chef du gouvernement dans ce département.
02:35 Merci Isabelle.
02:36 Musique.
02:37 Tu feras un signe Jules ?
02:42 Un signe ?
02:43 Un seul.
02:44 Un matin.
02:46 Puisque le JDD révèle les 50 personnalités préférées des Français
02:50 et Jean-Jacques Goldman, comme tous les ans depuis…
02:53 Septième année consécutive.
02:54 Septième année consécutive.
02:55 13 fois.
02:56 13 fois, septième année consécutive.
02:57 Qu'il est en tête.
02:58 Il se rapproche du commandant Cousteau et de l'Abbé Pierre
03:00 mais c'était une méthodologie un peu différente par le passé.
03:04 Et donc, le seul politique à figurer dans ce top 50, c'est Jordan Bardella.
03:09 Trentième, il fait une entrée fracassante, évidemment.
03:12 Emmanuel Macron et Marine Le Pen sortent du top.
03:14 Et vous l'avez dit dans votre édito assez fidèlement,
03:17 Gabriel Attal réalise aussi une percée mais il est en dehors du top 50.
03:20 Oui parce qu'il progresse quasiment de 50 places.
03:22 De la 104ème place à la 57ème.
03:24 Je salue quand même Aminel Katmi, Céline Pina, Arnaud Beneletti.
03:27 Bonjour à tous les trois.
03:29 On va évidemment s'arrêter longuement sur le volet politique de ce classement
03:34 mais on va d'abord faire le point avec Maxime Legay sur le top 5
03:39 et les chanteurs qui ont vraiment la cote auprès des Français
03:42 puisque Jean-Jacques Goldman n'est pas seul.
03:44 Sans surprise, pour la septième année d'affilée,
03:48 Jean-Jacques Goldman arrive en tête du classement.
03:51 Pour la douzième fois, il a été élu la personnalité préférée des Français.
03:55 A la deuxième position, Florent Pagny qui gagne 4 places par rapport à l'année dernière,
04:00 suivi de près par Thomas Pesquet.
04:02 Omar Sy, lui, dans le cœur des Français, arrive à la quatrième position.
04:07 A la cinquième place, Vianney qui a gagné 14 places par rapport à 2022.
04:12 Dans le classement, des nouveaux visages apparaissent également.
04:16 Antoine Dupont, le capitaine de l'équipe de France du rugby,
04:19 se trouve à la 38ème place.
04:21 Dans un contexte où les stars du football ont moins la cote,
04:23 comme Kylian Mbappé, resté au PSG après plusieurs polémiques
04:27 et un tweet controversé en hommage à Nahel,
04:29 on fait chuter le joueur à la 22ème position en perdant 18 places.
04:33 Enfin, un nouveau venu fait son apparition dans ce classement.
04:36 C'est même le seul homme politique des 50 personnalités préférées des Français.
04:41 Il s'agit de Jordan Bardella qui se hisse à la 30ème position,
04:45 juste devant Mylène Farmer.
04:48 Alors, Amin Khalid, il y a une prime aux chanteurs qui ne parlent plus,
04:52 comme Jean-Jacques Goldman.
04:54 C'est comme en politique.
04:55 Ça vaut pour les politiques.
04:56 Ça vaut pour les politiques aussi.
04:57 Enfin, Jordan Bardella visiblement est l'exception,
04:59 mais effectivement, un président n'est jamais aussi populaire
05:01 que quand il n'est plus président.
05:02 Et par contre, ce qui est intéressant du côté des personnalités,
05:04 c'était dit dans le sujet par Maxime Legrès,
05:06 Kylian Mbappé qui était quatrième l'année dernière,
05:08 quatrième juste après la finale de la Coupe du Monde,
05:11 là, il chute à la 22ème place.
05:14 Et dans le JDD, on peut lire comme explication,
05:17 le tweet qu'il avait fait, notamment, après la mort du jeune Nahel.
05:20 Notamment.
05:21 Notamment.
05:22 C'est le risque quand vous commencez à vous engager
05:25 sur ce type de communication,
05:27 parce que vous n'êtes pas un politique, en l'occurrence,
05:29 là, un footballeur, c'est soit vous communiquez sur tous les grands sujets,
05:33 soit vous ne communiquez pas.
05:34 Et donc, le silence d'un certain nombre de vedettes,
05:37 au hasard, au hasard, sur Thomas, à Crépol,
05:41 où on n'a pas eu droit au "Petit Ange, je parti trop tôt",
05:44 où on n'a pas eu droit aux larmes de M. Sy depuis Los Angeles,
05:47 et où on n'a pas eu droit...
05:49 Il reste bien classé, Omar Sy.
05:50 Et où on n'a pas eu droit au "J'ai mal à ma France",
05:53 des retraités du cinéma et du théâtre.
05:56 C'est ce deux poids deux mesures qui, à mon avis, choquent les Français,
05:59 qui se disent pourquoi ils se mobilisent pour l'un et pas pour les autres.
06:02 Céline Pinas, sur la chute de Kylian Mbappé ?
06:05 Je pense qu'effectivement...
06:10 Vous savez, il y a un proverbe qui dit "Go woke, go broke".
06:13 Autrement dit, il est difficile de prendre des positions morales
06:17 quand finalement, tout dans votre existence
06:20 est à côté de cette plaque-là.
06:23 Les footballeurs sont extrêmement bien payés,
06:26 le PSG, quand même financé par le Qatar,
06:29 lui-même financeur de mouvements terroristes.
06:33 À la fin, tout ce mélange des genres
06:36 finit par rendre les positionnements illisibles,
06:39 et quand, en plus, non content finalement de faire votre métier,
06:42 de toucher un argent qui peut être considéré comme indécent par beaucoup,
06:46 vous donner des leçons, s'ensembler,
06:49 vous-même vous soumettre à un certain nombre de contraintes,
06:52 il y a un moment où la tension finit par vous revenir au visage.
06:55 C'est l'arroseur arrosé.
06:56 Je vais juste rappeler Jean-Jacques Goldman, 1er,
06:58 Florent Pagny, 2e, Thomas Pesquet, 3e, Omar Sy, 4e et Vianney.
07:02 Vianney, 5e, et je mets la percée de Vianney,
07:05 qui arrive dans le top 5, avec la progression de Jean Dujardin,
07:09 qui passe 12e et qui était 31e l'année dernière.
07:13 Arnaud Bellitti, je parle de ces deux personnalités,
07:15 Vianney et Jean Dujardin, parce qu'elles osent prendre position.
07:19 Vianney a pris position après, effectivement,
07:22 cette vague d'antisémitisme qui a touché la France après le 7 octobre.
07:26 Ils ont été rares, les artistes, à prendre la parole.
07:28 Et puis Jean Dujardin a représenté la France,
07:31 que certains appellent la France-France,
07:33 lors de la cérémonie d'ouverture pour la Coupe du monde de rugby,
07:37 et ça lui a été reproché par certains médias, par certains politiques.
07:42 Et ce n'est pas la première fois que Jean Dujardin prend des risques comme ça.
07:45 Il avait dit qu'il était parrain de la BRI sur un plateau de télévision.
07:48 Le présentateur avait failli devoir être réanimé.
07:51 On peut parler positivement des policiers.
07:53 Il dit qu'il préfère manger dans une taverne plutôt que du quinoa
07:57 dans un restaurant branché à Paris.
08:01 Je trouve qu'il y a quelque chose à décrypter de ce côté-là,
08:05 de voir la chute de Kyan Mbappé et la montée de Jean Dujardin et de Vianney.
08:08 C'est très simple à décrypter.
08:10 Ça veut dire qu'il y a deux Frances, voire plusieurs Frances,
08:13 en tout cas deux Frances, qui, si ce n'est qu'elles s'affrontent,
08:17 en tout cas qui sont côte à côte,
08:19 entre une France qui est peut-être une France parfois plus médiatique,
08:22 parfois plus culturelle, plus intellectuelle,
08:26 et puis une France qui est une France populaire,
08:29 qui partage un certain nombre de valeurs,
08:32 qui sont des valeurs héritées, qui sont des valeurs propres à notre culture.
08:37 Ce classement, d'une certaine manière,
08:41 reflète aussi cette réalité-là que l'on peut objectiver ailleurs,
08:45 que l'on retrouve parfois aux élections,
08:47 que l'on retrouve dans un certain nombre d'études, d'opinions.
08:51 Rien de fondamentalement surprenant dans les enseignements
08:56 du classement de ces deux personnalités,
08:58 qui sont en phase avec une grande partie de l'opinion publique.
09:01 Ça, c'est la réalité.
09:02 Je voudrais dire quand même quelque chose,
09:04 parce qu'il faut parfois un esprit fort autour d'une table,
09:06 quand on fait tourner une table, si vous me permettez.
09:08 Moi, ce qui me surprend toujours dans ce type de classement...
09:10 - C'est vous l'esprit fort autour de la table !
09:12 - Je vais me permettre d'être l'esprit fort, c'est-à-dire celui qui...
09:14 - Avec modestie, en plus !
09:17 - Non, mais l'esprit fort, pas du tout avec modestie, croyez-le bien.
09:23 Mais en l'occurrence, finalement,
09:25 moi, ce qui me surprend toujours dans ce type de classement,
09:27 c'est que vous avez un certain nombre de figures qui n'y apparaissent pas.
09:30 Ça dit quelque chose aussi sur l'état de notre société.
09:32 Je ne vois pas de chercheurs, je ne vois pas de grands scientifiques,
09:35 je ne vois pas de grands médecins, je ne vois pas de grands écrivains,
09:38 je ne vois pas de grands intellectuels.
09:40 Donc, ça aussi, ça dit quelque chose sur l'état de la société.
09:42 Ce sont des figures, certes, tout à fait respectables.
09:45 - Vous voulez dire que les Français ne lisent plus ?
09:47 - Je ne sais pas s'ils lisent plus !
09:48 - Que les gens ne sont pas assez médiatisés ?
09:49 - Non, mais je m'étonne, si vous voulez, dans un pays qui est un grand pays scientifique,
09:51 qui est un grand pays littéraire, qui est un grand pays culturel.
09:54 - Oui, Jules a raison, il y a Thomas Pesquet.
09:56 - Oui, mais Pesquet n'est pas un scientifique, c'est un astronaute, c'est tout à fait différent.
10:00 - Vous avez dit n'importe quoi, Jules !
10:02 - Non, mais ça l'a vu.
10:03 - Il est rendu dans cette catégorie des sciences.
10:05 - Mais vous n'êtes pas à l'esprit fort !
10:06 - Vous pouvez avoir des astronautes qui sont scientifiques, là ce n'est pas le cas, Pesquet.
10:11 - C'est pas un scientif, quoi.
10:12 - Non, mais c'est une personnalité tout à fait, encore une fois, respectable,
10:18 et dont les exploits sont tout à fait à saluer, en l'occurrence.
10:22 Mais ce n'est pas un scientifique, au sens où on parle de scientifique.
10:24 Donc je trouve qu'il y a toujours cette absence dans ce type de classement qui me substitue.
10:28 - Et bien merci à Angélique pour cette intervention et votre esprit fort.
10:31 - Il nous faut trouver une Marie Curie.
10:32 - Voilà, exactement.
10:33 - Par exemple.
10:34 - Il faut trouver une nouvelle Marie Curie.
10:35 - Mais surtout qu'on a eu des prix Nobel cette année.
10:36 - Face aux enjeux de l'avenir, effectivement,
10:39 la liste des personnalités ne permet pas d'apporter ce qui s'approche.
10:42 - Vous dites effectivement qu'il n'y a pas de chercheurs, qu'il n'y a pas d'écrivains.
10:44 Il y a un seul politique, un seul dans le top 50,
10:47 et il s'agit de Jordan Bardella, l'un des plus jeunes politiques de la scène nationale,
10:51 président du premier parti d'opposition à 28 ans.
10:54 On a fait son portrait avec Maxime Legay et après on va décrypter.
10:58 Est-ce qu'il va y avoir de l'eau dans le gaz entre Jordan Bardella et Marine Le Pen ?
11:01 Est-ce qu'elle va mal vivre le succès de son poulain qui la double de plus en plus de son âge ?
11:05 - Ça se termine toujours comme ça.
11:07 - Ça se termine toujours comme ça ? Vous en savez quelque chose ?
11:09 - Il n'y a pas d'exception, oui.
11:10 - Ah oui, d'accord. Vous avez déjà été trahi ?
11:12 Tout de suite, le sujet de Maxime Legay.
11:17 Un visage connu de tous les Français et une personnalité politique qui ne cesse de monter.
11:23 Lancé par Marine Le Pen, plébiscité au sein de son parti à seulement 28 ans,
11:28 le président du Rassemblement national est aussi adoubé par la vieille garde.
11:32 Le député européen ne cesse de gravir les échelons,
11:35 au point de dépasser Marine Le Pen dans les sondages de popularité auprès des Français.
11:40 La recette Bardella, c'est un certain franc-parler.
11:43 - Monsieur Roussel, c'est bien beau de manger de la viande,
11:45 mais monsieur Roussel, il est allié à l'Assemblée nationale,
11:48 avec Europe Ecologie Les Verts au sein de la NUPES,
11:51 qui mène une guerre à nos agriculteurs, qui mène une guerre à notre agriculture.
11:55 À l'aise sur les plateaux télévisés, tout comme dans les bains de foule lors de ses déplacements,
11:59 ou encore derrière son pupitre lors d'une critique violente adressée à Emmanuel Macron.
12:04 - Monsieur le Président de la République, comment pouvez-vous prétendre,
12:07 vous prétendre aujourd'hui en rassembleur en Europe,
12:10 alors que vous aurez été jusqu'au bout le diviseur de la France ?
12:13 - Tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes de 2024,
12:17 il est crédité de 30% d'intention de vote dans les sondages,
12:20 loin devant le candidat de la majorité présidentielle.
12:23 Un succès qui serait symbolique et une manière de poursuivre une ascension politique fulgurante.
12:29 - Les ennuis commencent, Jules, pour Jordan Bardella, avec une telle notoriété.
12:35 - Vous savez, je crois qu'il a une phrase où il dit en politique,
12:38 plus on monte, moins on a d'oxygène.
12:40 Donc c'est sûr que les critiques, les conflits internes vont être assez rapidement,
12:44 pour Jordan Bardella, des problèmes.
12:46 Mais moi, j'ai mis un petit bémol sur les petites tensions qu'il va y avoir.
12:51 C'est-à-dire que Marine Le Pen sait pourquoi il est important d'avoir un numéro de fort.
12:56 Elle n'en a jamais eu, que ce soit Bruno Gollni.
12:58 - Le problème, c'est qu'il est en train de devenir un numéro.
13:00 - Florian Philippot.
13:01 Et de l'autre côté, c'est là pour répondre à votre intermède,
13:04 Jordan Bardella sait ce qu'il lui doit.
13:06 C'est-à-dire que le succès de Jordan Bardella...
13:09 - Emmanuel Macron le savait aussi à François Hollande.
13:11 - Le fait que sa liste soit autour des 30%,
13:14 le fait qu'il soit la seule personnalité,
13:17 réside en grande partie dans la stratégie de Marine Le Pen depuis 10 ans,
13:21 de normalisation, qu'il incarne magnifiquement.
13:24 Il plaît à une certaine droite, il ne porte pas le nom Le Pen,
13:31 il n'est pas ennuyé par les affaires judiciaires du RN.
13:34 C'est lui qui, aux rencontres de Saint-Denis,
13:37 représente le RN assez bien, assez fidèlement.
13:41 Mais je ne crois pas, pour l'instant, qu'on soit vraiment dans cette séquence-là,
13:46 du dauphin qui trahit sa trône.
13:49 - Il est donc 30e, Jordan Bardella.
13:51 Marine Le Pen sort du top 50 et 61e.
13:55 61e ?
13:56 - 61e, absolument.
13:57 - Vous n'étiez pas sûr ?
13:59 - Je ne suis pas sûr.
14:00 - On va vérifier tout de suite.
14:01 Allez, 61e.
14:02 - Elle ne sera pas dans ce top-là.
14:04 - Emmanuel Macron et Marine Le Pen sortent du top.
14:07 - Voilà, vous voyez, 61e Marine Le Pen.
14:09 Amine, vous disiez que ça se termine toujours comme ça en politique.
14:13 - Écoutez, pendant que Jules parlait, j'essayais de trouver un exemple
14:18 où, à ce niveau-là, évidemment, deux personnalités aient pu se partager la fiche
14:25 sans qu'il y ait de tensions entre elles.
14:28 Je n'ai pas trouvé d'exemple.
14:31 J'ai toujours un moment.
14:33 Jules a raison.
14:34 Quand le numéro 2 reste à sa place et sert loyalement et fidèlement le ou la numéro 1,
14:39 ça ne pose pas de problème.
14:41 Mais dès lors qu'il commence à y avoir le moindre petit doute
14:43 sur les intentions des uns ou des autres,
14:45 et souvent les doutes ne sont pas alimentés par les principaux protagonistes,
14:48 c'est les entourages qui commencent à créer des problèmes,
14:50 les fidèles des uns et des autres qui vont commencer à s'embrouiller.
14:54 Donc je vois mal, alors peut-être qu'ils vont me faire démentir,
15:00 mais je vois mal comment ce couple politique peut durer
15:04 jusqu'à la prochaine élection présidentielle sans qu'il n'y ait de tensions.
15:08 - Arnaud Benéti ?
15:09 - Je ne sais pas.
15:10 - Je ne sais pas si vous avez le souvenir d'un exemple qui est duré comme ça longtemps.
15:14 - On se souvient d'Edouard Balladur et de Jacques Chirac.
15:18 Edouard Balladur devenant Premier ministre
15:21 et finalement se voyant pousser des ailes et se présentant à l'élection présidentielle.
15:25 Je ne sais pas comment il faut l'interpréter.
15:27 Ce qui est sûr c'est que Bardella aujourd'hui,
15:31 il y a quelque chose de très intéressant avec Bardella,
15:33 c'est qu'il est très jeune et qu'il a une très grande maîtrise aujourd'hui,
15:37 j'allais dire, de son métier et de sa fonction.
15:41 Est-ce que ça peut créer des problèmes à Marine Le Pen ?
15:44 Il est évident que ça en crée déjà puisque nous sommes en train d'en parler d'une certaine manière.
15:49 Est-ce qu'on est en train d'anticiper des tensions qui pour l'instant ne paraissent pas,
15:53 en tout cas existantes au sein du Rassemblement National ?
15:55 C'est possible.
15:57 Ce qui est sûr c'est que, si vous voulez,
15:59 Bardella, il incarne la nouvelle génération du Rassemblement National.
16:02 Il incarne une génération qui ne porte pas le nom de Le Pen qui plus est.
16:06 Ce qui est un avantage d'une certaine manière aujourd'hui encore.
16:10 - Je le disais sans citer précisément ce qui allait se passer,
16:13 Marine Le Pen a un procès effectivement pour les assistants parlementaires du RN au Parlement européen.
16:18 Elle a une épée de Damoclès au-dessus de la tête
16:20 puisque certains lui prédisent potentiellement une peine pour la rendre...
16:24 - Elle peut risquer l'inéligibilité.
16:26 - Voilà, dans ce cas-là, en plus, Jordan Bardella, parce que cette affaire ne le concerne pas.
16:29 D'ailleurs, quand vous lui posez la question dans les médias, il aime le rappeler...
16:32 - C'est l'une des sept personnalités au RN qui n'est pas concernée par cette affaire.
16:34 - Voilà, il aime le rappeler qu'il n'est pas concerné par cette affaire.
16:36 Donc évidemment, après, si dans ce cas-là, une autoroute pourrait s'ouvrir, à lui c'est une pina.
16:39 - Oui, mais auquel cas il n'y a pas de trahison.
16:41 - Oui, dans ce cas-là.
16:43 - Au contraire, ça prouve plutôt la dynamique et la vitalité d'un parti.
16:46 - Vous ne croyez pas à la trahison non plus ?
16:48 - Écoutez, ce que je pense, c'est que vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué,
16:52 quel que soit le domaine, ce n'est jamais une bonne idée.
16:55 Or, aujourd'hui, il y a des objectifs qui sont très précis au RN.
16:58 La normalisation et montrer que définitivement, le plafond de verre a explosé.
17:03 Pour ça, mettre en scène une rivalité interne
17:06 qui les rendrait exactement semblables aux partis dont ils veulent se débarquer
17:11 serait la pire idée du monde.
17:13 Et ce qu'on voit aujourd'hui, il n'y a qu'à voir comment ils arrivent à tenir leurs 88 députés.
17:18 C'est qu'il y a une forme de sang-froid au RN
17:20 que vous ne retrouvez actuellement dans aucun parti.
17:23 Moi, je ne sais pas comment ils font pour tenir ces 88 personnes.
17:26 - Et deux choses.
17:27 - La chose la plus dure dans la vie, c'est de faire fermer sa bouche à quelqu'un et à un politique,
17:32 surtout quand vous avez des objectifs précis.
17:34 - Il y a une jurisprudence. Il y a Bruno Maigret, évidemment, qui a tenté la trahison.
17:38 - Ça veut dire qu'ils ont compris la plus grande leçon de la politique
17:41 qui est qu'on dépasse ses ambitions personnelles et ses querelles internes
17:45 par l'objectif poursuivi en commun. Et ça, ils arrivent à le faire.
17:49 - La plupart du temps, le numéro 2 et le numéro 1 sont dans les mêmes tranches d'âge.
17:52 On parlait de Baladur et Chirac, ils sont dans les mêmes tranches d'âge.
17:54 Là, il y a quand même un immense écart générationnel.
17:57 À Jordan Bardet, là, de tempérer son ambition.
18:01 Et deuxième chose, dans ces histoires, on a souvent tendance à sous-estimer Marine Le Pen.
18:07 - Le calme des vieilles troupes.
18:10 - C'est exactement ça, c'est le calme des vieilles troupes.
18:12 Depuis 10 ans, elle mène la barque du RN assez bien.
18:16 C'est la seule personne qui monte.
18:18 La stratégie payante de l'Assemblée nationale commence à porter ses fruits.
18:23 Quand je vous disais tout à l'heure que le succès de Jordan Bardet,
18:25 il réside aussi dans la stratégie de Marine Le Pen.
18:27 On le voit, l'avancée incroyable depuis juin 2022.
18:30 Le fait que Marine Le Pen piège tous ses adversaires,
18:33 qu'elle est assez inséissable par la Macronie.
18:36 - C'est elle, effectivement, le vote sur la loi immigration.
18:38 Parce que matin même, Jordan Bardet, là, dit "on va jamais voter ça"
18:41 parce qu'il y a la régularisation par le préfet.
18:43 Et l'après-midi, Marine Le Pen dit "on va le voter".
18:45 - Absolument, et à la fin, c'est quand même Marine Le Pen qui tranche.
18:47 Je le rappelle, ne jamais la sous-estimer.
18:50 Beaucoup de gens, moi-même peut-être y compris,
18:52 l'avons sous-estimée pendant la campagne présidentielle.
18:54 Elle a montré qu'elle avait des ressources
18:58 et qu'elle était bien accrochée à son siège.
19:01 - Je vous donne la parole dans un instant, Arnaud Benedi,
19:02 mais il faut s'arrêter, effectivement, sur cette prime à la jeunesse.
19:05 Parce qu'il n'est pas le seul, Jordan Bardella.
19:07 Alors, il n'est pas dans le top 50, mais il fait quand même une percée.
19:09 Et c'est le deuxième politique après Bardella.
19:11 C'est Gabriel Attal, qui est 57e.
19:14 Et lui aussi, qui a vécu une année très riche.
19:17 Est-ce qu'on peut dire que, selon vous, Bardella et Attal
19:20 sont les deux hommes politiques de l'année ?
19:22 - Je ne sais pas.
19:24 Mais il faut se méfier des effets d'optique.
19:27 C'est-à-dire qu'on a l'expérience de Macron,
19:29 qui a été élu président très jeune.
19:32 Puisque ça a été le président le plus jeune que la France ait élu
19:35 depuis la Ve République et même de toute l'histoire des présidents de la République.
19:38 - Et Gabriel Attal est le plus jeune ministre jamais nommé
19:41 quand il arrive secrétaire d'État au ministère de l'Éducation nationale
19:44 avec Jean-Michel Blanquer.
19:45 - Je suis d'accord.
19:46 - Et le plus jeune ministre de l'Éducation nationale.
19:47 - Je suis d'accord.
19:48 La réalité, c'est qu'il ne faut pas penser que c'est totalement
19:51 ou que c'est automatiquement duplicable.
19:53 Ce n'est pas parce qu'on a vécu cette expérience Macron
19:55 que ça va se reproduire déjà.
19:57 Ça, c'est un premier élément.
19:58 Deuxième élément, moi je crois quand même fortement
20:00 à la question de la maturation.
20:02 C'est-à-dire quand même, pour fabriquer un président de la République,
20:05 sauf circonstances exceptionnelles,
20:07 et quand même Macron a bénéficié en son temps
20:09 de circonstances tout à fait exceptionnelles
20:11 lors de la campagne de 2017,
20:13 eh bien, il faut malgré tout,
20:15 passer par un certain nombre d'étapes.
20:17 Et là, je pense que, en effet, je rejoins ce que vous dites,
20:19 c'est-à-dire que Marine Le Pen a fait preuve,
20:22 d'une certaine manière, d'une très grande résilience
20:25 et d'une très grande capacité, finalement,
20:28 à montrer qu'elle était en mesure
20:31 de progresser au moins dans un certain nombre
20:34 de choix stratégiques et de choix tactiques.
20:36 Et je pense que, sur le plan politique, c'est extrêmement important.
20:38 Et puis, surtout, ce qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui,
20:40 la grande force de Marine Le Pen,
20:42 et c'est le paradoxe, venant d'où elle vient,
20:44 c'est que c'est un personnage politique
20:46 qui devient très rassurant pour un grand nombre de Français.
20:48 Quand le système politique...
20:50 - Jean-Luc Mélenchon fait plus peur aujourd'hui que Marine Le Pen.
20:52 - Mais j'allais dire, elle est plus rassurante qu'Emmanuel Macron.
20:55 Je veux dire, parce que les changements de pied d'Emmanuel Macron
20:57 sont extrêmement perturbants pour une grande partie de l'opinion publique.
21:00 Elle, elle suit sa ligne, et de ce point de vue-là,
21:02 je crois qu'elle a progressé.
21:04 - Je veux qu'on voit le portrait de Gabriel Attal,
21:06 parce qu'effectivement, depuis qu'il est ministre de l'Éducation nationale,
21:08 on l'avait déjà vu en porte-parole du gouvernement
21:11 pendant la période Covid, qui n'était pas une période facile,
21:13 où il avait été même chose plutôt bon.
21:15 Et là, effectivement, il arrive tel un bulldozer
21:17 en rupture totale avec son prédécesseur.
21:20 Et donc, je vous propose de vous rafraîchir la mémoire
21:23 sur les nombreuses prises de position et les nombreuses décisions
21:25 de Gabriel Attal depuis qu'il est ministre de l'Éducation nationale
21:28 avec Maxime Legay.
21:30 - Dans la galaxie de la Macronie,
21:32 il est une étoile qui n'en finit plus de briller.
21:35 Gabriel Attal, inconnu des Français en 2017,
21:38 est désormais une figure incontournable du gouvernement.
21:42 - Je ne reculerai devant rien pour mieux prévenir.
21:46 Je ne reculerai devant rien pour que la peur change de camp.
21:49 Je ne reculerai devant rien pour que la honte change de camp.
21:53 - Propulsé au ministère de l'Éducation nationale
21:55 à seulement 34 ans, l'ancien membre du Parti socialiste
21:59 a été le phénomène politique de la rentrée.
22:02 Interdiction de la baïa à l'école, exclusion des harceleurs,
22:05 fin du tabou sur le redoublement, le style Attal détonne
22:09 et rencontre un franc succès, au point de passer récemment
22:12 dans un sondage devant Édouard Philippe,
22:14 le favori pour la présidentielle de 2027.
22:17 Aisance orale, appétence pour le débat,
22:20 le plus jeune ministre de la Ve République n'hésite pas
22:23 à rendre coup pour coup à ses adversaires.
22:25 - Vous nous avez accusé de vouloir cramer la caisse,
22:27 mais vous voulez faire sauter la banque.
22:29 Et c'est les Français qui paieraient avec des impôts,
22:32 ce que vous promettez.
22:34 - L'ambitieux Gabriel Attal se verrait bien briguer
22:36 la mairie de Paris pour 2026, avant peut-être
22:39 d'embrasser un destin national.
22:42 - L'ambitieux Gabriel Attal se verra bien briguer
22:44 la mairie de Paris pour 2026, avant peut-être
22:46 d'embrasser un destin national.
22:48 Amine El Khatami, au même moment, on a deux personnalités
22:51 politiques de la même génération.
22:54 L'un est en train de doubler Édouard Philippe,
22:57 favori pour représenter le camp macronien
23:01 à la prochaine présidentielle.
23:03 L'autre est en train de doubler Marine Le Pen
23:05 dans les sondages, favori pour représenter son camp
23:07 à la prochaine présidentielle.
23:09 - Est-ce que le duel Édouard Philippe/Marine Le Pen
23:14 aura-t-il lieu ? Et est-ce que vous trouvez que,
23:16 comme le dit le sujet, le style Attal détonne ?
23:21 - Alors, plusieurs choses.
23:23 Qu'il y ait un vent de fraîcheur chez les deux, d'ailleurs,
23:26 et quoi qu'on pense de ce qu'ils peuvent raconter
23:29 sur le fond, en dépit des accords ou des désaccords
23:31 qu'on peut avoir avec eux, ils ont sur la forme,
23:34 ils apportent un vent de fraîcheur qui est incontestable.
23:37 Je vois, par exemple, le compte TikTok de Jordan Bardella,
23:42 il y a 10 ans, tout ça n'existait pas.
23:44 Aujourd'hui, il y a une communication
23:46 qui est très maîtrisée sur... - 1 000 000 d'abonnés.
23:48 - Voilà. Donc, il y a un certain nombre de jeunes
23:51 qui ne savent même pas que Jordan Bardella
23:53 est au Rassemblement national, mais qui connaissent
23:55 Jordan Bardella parce qu'ils l'ont vu sur TikTok.
23:58 Donc, Attal et Bardella apportent évidemment,
24:00 incontestablement, une nouveauté, un vent de fraîcheur.
24:05 Je tempère ce propos par le simple rappel évident
24:10 que, et vous l'avez un peu dit tout à l'heure,
24:12 3 ou 4 ans avant l'élection, le scénario
24:14 qui était présenté aux Français ne s'est jamais tenu en réalité.
24:18 - Hormis le dernier, Marine Le Pen et Emmanuel Macron
24:20 sur le long tour, c'était écrit depuis longtemps.
24:22 - Oui, d'accord. Mais lorsque vous reprenez
24:25 dans la quasi-totalité des cas de figure,
24:27 à chaque fois qu'on a eu un emballement médiatique,
24:30 parce que ça ressemble quand même à un emballement médiatique,
24:32 souvenez-vous le nombre de "une" sur "et si c'était elle,
24:35 et si c'était lui", avec la grande photo
24:37 de l'un ou de l'autre.
24:39 Voilà, j'appelle un... Pardon ?
24:42 - On est très loin, en plus.
24:43 - Et on est très loin.
24:44 - Mais à force de tous les mettre en "une",
24:45 on finira par avoir raison.
24:46 - Il y en a bien un qui s'attendra.
24:48 - Forcément, vous n'auriez pas mis en "une"
24:51 Emmanuel Macron en 2012 ou en 2013.
24:53 - Et vous, vous l'auriez fait.
24:54 - Pas du tout certain, pas du tout certain.
24:56 - Je me souviens bien du livre d'un célèbre
24:58 journaliste français qui avait écrit un livre
25:01 sur la présidentielle de 2007, un an avant,
25:03 et qui n'avait pas mis Ségolène Royal dans son livre.
25:06 - Oui, c'est vrai que c'était une surprise aussi,
25:07 Ségolène Royal.
25:08 - Voilà, donc...
25:09 - Peu de gens l'avaient vue gagner la primaire de la gauche.
25:10 - Bien sûr.
25:11 - On continue d'en parler.
25:12 Dans un instant, on marque une courte pub.
25:13 On va parler de la place de Jean-Luc Mélenchon.
25:15 Alors, c'est pas fabuleux du tout,
25:16 mais ça reste le premier homme à gauche,
25:18 et on reviendra sur cette année de tension,
25:21 les voeux du président.
25:22 Est-ce que vous les attendez ce soir,
25:23 les voeux du président ?
25:24 Pas sûr.
25:25 À tout de suite.
25:27 On continue à décrypter le top 50 du VD,
25:30 juste après le rappel des titres d'Isabelle Piboulot.
25:33 - La circulation des trains Eurostar reprend aujourd'hui.
25:37 Le trafic avait été interrompu hier
25:39 après l'inondation de deux tunnels
25:41 dans le sud de l'Angleterre,
25:42 laissant en gare près de 30 000 voyageurs
25:45 à la veille du Nouvel An.
25:46 La compagnie ferroviaire appelle ses clients
25:48 à se rendre sur son site Internet
25:50 pour connaître les indemnités auxquelles ils peuvent prétendre.
25:53 Kim Jong-un menace une nouvelle fois à Séoul de frappes nucléaires.
25:57 Le dirigeant nord-coréen a ordonné l'accélération
26:00 des préparatifs militaires en vue d'une guerre
26:03 qui peut être déclenchée à tout moment.
26:05 Il a par ailleurs annoncé le lancement
26:07 de trois nouveaux satellites espions en 2024,
26:10 la construction de drones
26:11 et le développement de capacités de guerre électroniques.
26:14 Et puis la Russie a lancé à l'aube
26:16 de nouvelles attaques contre l'Ukraine.
26:18 Moscou avait promis une riposte
26:20 au lendemain de la frappe imputée à Kiev
26:23 qui a fait 22 morts dans la ville de Belgorod.
26:26 Des bâtiments du centre-ville de Kharkiv
26:28 ont été endommagés sans faire de victimes.
26:31 L'Ukraine dit avoir abattu 21 des 49 drones
26:34 lancés vers son territoire.
26:36 Merci Isabelle.
26:37 Je disais qu'on allait continuer à décrypter le top 50
26:39 mais Jules, on va descendre beaucoup plus bas.
26:41 On va descendre à la 88e place
26:43 parce qu'il faut attendre la 88e place
26:45 pour trouver une personnalité de gauche.
26:47 À savoir Jean-Luc Mélenchon.
26:50 Alors il est bas, il perd des places par rapport à l'an dernier
26:53 mais il reste la première personnalité de gauche.
26:57 Oui, puis à titre de comparaison par exemple
26:59 on pourrait dire qu'Elisabeth Borne n'est seulement que 93e
27:02 mais en effet Jean-Luc Mélenchon est 88e,
27:05 il perd un certain nombre de places.
27:07 Et bon, ce n'est pas très étonnant.
27:09 Il a eu une année un peu compliquée,
27:11 une année faite essentiellement de polémiques.
27:14 Je ne sais pas si pour lui la liste compliquée
27:16 peut-être qu'il la juge réussie.
27:18 Peut-être que politiquement c'est une année réussie,
27:20 en tout cas en termes de popularité c'est une année qui ne l'est pas.
27:22 Alors, je vais faire un lien parce que cette année a été marquée
27:25 par de nombreuses violences, les émeutes, la réforme des retraites
27:28 et à chaque fois il y a eu une ambiguïté
27:31 ou plus qu'une ambiguïté, une responsabilité politique
27:34 de Jean-Luc Mélenchon qui a refusé d'appeler au calme
27:37 pendant les émeutes, qui au moment de la réforme des retraites
27:40 pareil, ne dénonçait pas les casseurs.
27:43 Voilà, n'a jamais dénoncé les casseurs.
27:46 Vous me trouvez prudent, Amine.
27:48 C'est une prudence qui me surprend, monsieur le Prêtre.
27:51 Il n'y a pas eu d'ambiguïté, ils ont pris par fait et cause
27:55 pour les émeutiers pendant les émeutes.
27:57 Ils ont même tenté d'aller les rexprimer politiquement à Nanterre.
28:00 Et bien sûr, ils ont dit qu'ils refusaient d'appeler au calme
28:05 et madame Dufour, Alma Dufour, qui est députée de la France Insoumise
28:09 a même dit "la faim justifie les moyens".
28:12 La faim, la demande de justice pour Nahel, justifie les moyens,
28:17 les saccages des biens publics, des biens privés,
28:22 des élus dont on a pour chasser les enfants et les femmes dans les maisons.
28:26 Je pense à monsieur Jean Brun.
28:28 Ce n'est pas de l'ambiguïté.
28:30 Ils ont pris fait et cause pour les émeutiers.
28:33 Et on pourrait appliquer le même schéma à ce qui s'est passé
28:36 après le 7 octobre, où on parle de mouvements de résistance,
28:39 où on refuse de qualifier les exactions du Hamas de terroristes,
28:43 où on invite madame Abou Daka, qui est la patronne de l'organisation...
28:47 - Ah mais Amin, ils n'ont aucun lien avec le FPLP.
28:49 - Oui, oui, ils ne connaissent pas.
28:51 - Ils ne connaissent pas, ils ne savent pas ce que c'est.
28:53 - L'organisation qui a kidnappé le petit Kfir et le petit Ariel et leur maman,
28:57 sa fondatrice était attendue à l'hôtel de la C, à l'invitation de madame Soudé.
29:02 - Alors on rappelle...
29:03 - Ce n'est pas de l'ambiguïté. Ils ont pris parti.
29:05 - Front de libération de la Palestine, organisation comme le Hamas,
29:08 catégorisée par l'Union Européenne de terroristes.
29:12 Et effectivement, une de leurs députées, Ercia Soudé,
29:15 qui n'en est pas à sa première polémique,
29:18 qui se surpasse, a voulu l'inviter,
29:23 avant qu'Yelbran Pivet n'en ne l'empêche.
29:27 Alors je vous propose qu'on regarde justement un récapitulatif sur ces violences,
29:31 et ensuite, Céline, je vous donne la parole sur la responsabilité
29:34 de la France insoumise dans ces violences.
29:36 Le sujet est signé Adrien Spiteri.
29:38 - Des policiers pris pour cible, un immeuble incendié
29:47 et des commerces dégradés par des manifestants radicaux.
29:51 Ces scènes de chaos se sont répétées encore et encore
29:55 du mois de janvier au mois de juin 2023.
29:58 Conséquence d'une forte opposition à la réforme des retraites.
30:03 À ce moment, le gouvernement et le président cristallisent le mécontentement.
30:08 Le 15 mai, le petit-neveu de Brigitte Macron est même agressé à Amiens.
30:13 - En tant que concle, je considère ces actions comme absolument inacceptables.
30:20 En tant que président de la République, elles sont inqualifiables.
30:23 Quelques semaines auparavant, à Sainte-Sauline, dans les Deux-Sèvres,
30:29 un tout autre sujet va être à l'origine d'affrontements d'une rare violence.
30:33 Des milliers de personnes opposées au projet de méga-bassines
30:37 participent à une manifestation interdite.
30:39 Rapidement, la situation dégénère.
30:42 Des véhicules de gendarmerie prennent feu.
30:45 Une soixantaine de gendarmes et 200 manifestants sont blessés ce jour-là.
30:50 Le 27 juin, alors que la page des retraites est tournée,
30:56 le tir de ce policier et la mort de Nael vont provoquer l'embrasement.
31:01 De Paris à Marseille, en passant par Strasbourg,
31:14 des émeutiers, parfois très jeunes, pillent, vandalisent des commerces,
31:19 dégradent du mobilier urbain et s'en prennent aux forces de l'ordre.
31:25 Parfois même aux élus comme à Lailerose,
31:27 dans la nuit du 1er au 2 juillet, à bord d'une voiture-bélier,
31:31 des individus attaquent le domicile du maire.
31:34 En 2023, les agressions envers les élus ont augmenté de 15%
31:39 selon une étude du Cevipof.
31:41 -Céline Pinard, peu importe l'événement qu'on prend,
31:45 les émeutes, la réforme des retraites, Sainte-Soline,
31:48 où il y avait des députés LFI et écolos,
31:51 il y a une responsabilité politique de la France insoumise
31:55 dans le climat de violence, tout conflictualisé.
31:58 Ça a été théorisé par Jean-Luc Mélenchon et ça a été perçu à l'Elysée.
32:03 Je me souviens même, Edouard Philippe avait parlé
32:05 d'un Hugo Chavez sur la méthode Hugo Chavez au Venezuela.
32:09 -Parce que c'est une ligne politique et elle a le mérite de la clarté
32:13 à défaut d'autre chose.
32:15 Autrement dit, c'est la stratégie de la tension.
32:18 Pour Jean-Luc Mélenchon et la LFI, la démocratie est en crise.
32:22 La France est fracturée dans des camps
32:25 qui sont possiblement irréconciliables.
32:27 Et eux, ils doivent choisir un camp et un discours politique.
32:31 Quant à la prise de pouvoir, aujourd'hui,
32:34 toutes options sont ouvertes.
32:36 Autrement dit, la prise de pouvoir par la déstabilisation politique
32:39 est une option qui ne choque pas du tout Jean-Luc Mélenchon.
32:43 Mais c'est normal, il vient d'une très vieille gauche
32:47 qui pensait d'ailleurs que si vous améliorez la condition de vie
32:51 des ouvriers, par exemple, vous reculez le moment
32:54 de l'avènement de la révolution.
32:56 Ils sont dans un rêve révolutionnaire,
32:58 ils sont dans un rêve de violence,
33:00 ils sont même dans un rêve d'épuration,
33:02 puisque tout le but du jeu est de délégitimer l'Etat
33:05 et même de délégitimer la société telle qu'elle est aujourd'hui
33:08 en en faisant une société raciste,
33:10 une société de la brutalité,
33:12 une société de la violence policière,
33:14 dans lesquelles rétablir la justice,
33:17 c'est éliminer les ennemis, voire les éliminer physiquement.
33:20 On est dans un état d'esprit, en tout cas une mentalité,
33:24 qui est effectivement très violente,
33:26 qui est dangereuse et que les Français...
33:28 - Les éliminer physiquement, vous voulez dire quoi par là ?
33:30 - Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a jamais de projet de société
33:34 qui vous est présenté.
33:35 Jamais la LFI ne dit "voilà la société, comment je l'imagine".
33:39 En fait, ce qu'ils vous disent, c'est "il y a des ennemis
33:42 et si on élimine les ennemis, s'ils ne sont plus là,
33:45 si on élimine les méchants,
33:47 à ce moment-là, la société merveilleuse va jaillir d'elle-même".
33:51 C'est l'histoire des gens de main qui sont...
33:52 - Je le rappelais, il y a la 6e République.
33:54 Il y a le modèle de la 6e République.
33:55 - Si elles ont quand même...
33:56 - Ils ont quand même un projet.
33:58 - Ah, ça c'est sûr.
33:59 - Mais le projet n'est jamais dit.
34:02 Le projet, c'est toujours "on va virer les méchants
34:05 et vous allez voir, tout va s'améliorer".
34:07 - Et ça, ça va même en interne.
34:08 Regardez Raquel Garrido, elle a osé critiquer une fois
34:11 Jean-Luc Mélenchon.
34:12 - Le problème, c'est que ça crée...
34:13 - Elle a pris trois mois de suspension de son poste d'oratrice,
34:15 autant qu'Adrien Quatennens.
34:16 - Mais vaut mieux gifler sa femme qu'agiter sa femme.
34:18 - Je voudrais juste finir sur la violence physique.
34:20 En fait, ils appellent leur comportement,
34:23 fini par déclencher la haine et la violence dans les rues.
34:26 Et on le voit, par exemple, dans le fait que les militants
34:29 s'en prennent physiquement aux forces de l'ordre.
34:31 Autrement dit, il y a un débouché physique
34:33 à cet appel à la violence.
34:35 Et c'est là où ça devient dangereux.
34:37 Et c'est là où le faire de la part de quelqu'un
34:41 qui est candidat à la présidence de la République,
34:43 c'est quand même...
34:45 On a rarement vu ça aujourd'hui.
34:48 Moi, je trouve qu'il y a là-dedans un événement...
34:51 - C'est inédit.
34:52 - C'est assez vrai, mais politiquement,
34:53 je n'ai pas l'impression que ça bouge.
34:55 Nous, au JDD, on a fait un sondage en cas de dissolution
34:59 il y a deux semaines.
35:00 La NUPES conserve à peu près le score qu'elle a fait
35:03 en juin 2022.
35:05 Dans les baromètres, en effet, Jean-Luc Mélenchon
35:07 perd en popularité.
35:08 Mais dans les sondages, il est quand même assez haut.
35:11 Il conserve son image.
35:14 - Il y a un désert à gauche.
35:15 - Il y a un désert à gauche, donc on parle de dissension.
35:18 Vous savez, Jean-Luc Mélenchon a théorisé, en effet,
35:21 cette stratégie de la conflictualisation.
35:23 Mais en plus, le problème, c'est qu'il n'a jamais été
35:25 aussi loin des cercles de pouvoir.
35:27 Donc, il n'est plus à l'Assemblée.
35:29 Il fait de moins en moins de plateau.
35:30 Sauf qu'il a fait 140 enfants.
35:32 Maintenant, la NUPES, il y a 140 députés
35:35 et qui bordélisent.
35:36 Donc, eux, ils ne sont pas dans la conflictualisation,
35:38 mais dans la bordélisation.
35:39 On l'a vu pendant les retraites.
35:41 - Les 140 sont en accord avec le père.
35:43 - Non, non, non.
35:44 - Les 140 sont en accord avec le père.
35:45 - Voilà, on en a fait 75.
35:47 - Voilà.
35:48 - Mais bon, parce que la NUPES, c'est 140 députés.
35:51 Mais donc, voilà, il n'a jamais été aussi loin du pouvoir.
35:55 Et il ne l'a jamais autant influencé
35:58 par ses prises de position et par toutes les polémiques
36:01 qu'on a vues.
36:02 - La stratégie à l'Assemblée nationale de la bordélisation,
36:04 pour reprendre le terme de Gérald Darmanin, c'était lui.
36:06 Mais d'ailleurs, François Ruffin s'était opposé
36:08 à cette stratégie de bordélisation.
36:09 - Absolument, absolument.
36:10 Mais elle est magnifiquement orchestrée par Mathilde Panot,
36:12 qui fait magnifiquement ce que lui a inculqué le Gérald.
36:14 - Et sur le Hamas, il y a la ligne aussi.
36:15 - Beaucoup de modération et de retenue, en toutes circonstances.
36:18 - Non, mais, Jules a raison.
36:21 La vérité, c'est qu'il y a un socle électoral dans le pays
36:25 qui reste sensible à tout ça,
36:27 qui est sensible à l'ambiguïté sur l'antisémitisme,
36:31 qui est sensible à l'importation du conflit israélo-palestinien,
36:34 qui est sensible à tous les discours indigénistes et racialistes
36:37 sur les violences policières, le racisme d'État,
36:40 le passé colonial de la France.
36:41 Donc, que dans les banlieues de Seine-Saint-Denis,
36:46 du Val d'Oise ou du Val de Marne,
36:48 des députés de la France insoumise tenant ce discours-là
36:53 puissent, sur fond de niveau d'abstention très important,
36:58 séduire un électorat qui leur permet d'être réélu, c'est évident.
37:01 - C'est le pari de l'islamo-gauchisme.
37:03 - Mais Mme Obono a été réélu brillamment.
37:06 Et je fais le pari que Mme Pannot, M. Boyard
37:09 et même Mme Soudé, sans doute,
37:12 seront sans doute réélus la prochaine fois.
37:15 Mais de là à l'objectif de la politique, c'est de gouverner quand même.
37:19 A la fin des fins, ça reste quand même l'objectif ultime,
37:21 c'est de changer la vie des gens pour prendre un slogan
37:23 que M. Mélenchon a bien connu.
37:25 Là, on n'y est pas pour le coup.
37:27 - Vous parliez de Daniel Obono qui qualifie le Hamas de mouvement...
37:29 - De résistance.
37:31 - On verra si elle est condamnée pour apologie du terrorisme
37:34 puisque Gérald Darmanin avait saisi la justice.
37:36 Je vous donne juste la parole dans un instant.
37:37 Je veux montrer parce qu'on a retracé l'année,
37:39 une année de tensions et de violences.
37:41 Ça va peut-être se terminer de la même manière.
37:43 Puisque ce soir, aux Champs-Elysées,
37:46 au moment du feu d'artifice, vous avez des militants d'urgence palestine
37:50 qui travaillent, disent qu'ils sont des militants pro-palestiniens.
37:53 Mais quand vous creusez un peu, c'est plutôt des militants pro-Hamas.
37:56 Vous voyez, soutien à la résistance.
37:58 Donc là, on serait vraisemblablement dans de l'apologie du terrorisme.
38:01 Vouloir manifester...
38:03 Alors, je rappelle que toute manifestation est interdite le 31 décembre.
38:06 Qui plus est sur les Champs-Elysées,
38:08 qui plus est au moment du feu d'artifice,
38:10 où vous avez un million de personnes qui sont attendues, des familles.
38:12 Donc évidemment, ce n'est pas le moment de venir faire une manifestation
38:15 et une manifestation pro-Palestine.
38:17 Donc on va voir ce qui va se passer parce que, évidemment, c'est interdit.
38:19 - Le président de la République française, le préfet de police, Amine...
38:22 - Pardon, Gauthier Elbrecht, votre étonnement m'étonne, si je puis me permettre.
38:25 - Il est un peu ironique.
38:28 - Eric Coquerel, qui n'est pas n'importe qui.
38:31 Il est président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
38:35 Saint de son écharpe tricolore, il est allé manifester
38:38 dans une manifestation interdite par le préfet de police
38:41 et interdite par un tribunal administratif.
38:44 Et à côté de M. Coquerel, avec Mme Traoré,
38:47 il y avait l'écologiste de Paris, Mme Rousseau, M. Porte
38:53 et une dizaine de députés avec leur écharpe
38:56 à une manifestation interdite par un tribunal et un préfet de police.
38:59 Que voulez-vous qu'il y ait de plus après ça ?
39:01 - Mais oui, mais ils le font souvent.
39:03 Que ce soit sur cette thématique-là ou à Sainte-Seline.
39:06 Mais là, je ne parle même pas des députés LFI.
39:08 Je me dis, est-ce qu'on verra ces militants pro-Hamas
39:12 sur les Champs-Élysées ce soir ?
39:14 Parce que ça m'étonnerait qu'ils restent chez eux
39:16 et qu'ils acceptent la décision de Laurent Nunez et de Gérard Darmanin.
39:19 - Pour les vœux du président.
39:20 - Oui, qu'ils écoutent gentiment à 20h.
39:22 On va en parler dans 5 secondes.
39:23 Les vœux du président de la République.
39:25 - Ils ont des mots d'ordre politiques qui étaient quand même très forts
39:28 puisqu'il y a des références à l'intifada qui ont été lancées.
39:31 Il y a un appel à la libération à l'intérieur de la France.
39:34 Donc on se demande qui doit être libéré à l'intérieur de la France.
39:37 Les discours politiques sont extrêmement dangereux et ambigus.
39:40 - Alors, Céline, on n'a pas encore entendu Arnaud Benénytti là-dessus.
39:43 Donc on a brossé le portrait de l'année.
39:46 Même pas de dérapage, parce que c'est une stratégie politique
39:49 de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.
39:51 - Vous savez, moi je pense que Jean-Luc Mélenchon revient à ses anciennes amours
39:55 qui étaient le trotskisme.
39:57 C'est sa culture trotskiste qui réapparaît.
39:59 Ça arrive souvent chez des hommes politiques
40:01 qu'ils reviennent finalement à leur passion de jeunesse
40:05 lorsqu'ils sont en fin de course.
40:07 Non, mais la question est de savoir quelle est la stratégie qui le suit.
40:10 Il y a deux possibilités.
40:11 La première stratégie, en effet, c'est la stratégie gauchiste.
40:14 C'est-à-dire qu'il sort du cadre démocratique
40:16 et que c'est une stratégie d'avant-garde qu'on connaît bien à gauche,
40:21 à l'extrême-gauche, c'est-à-dire une stratégie insurrectionnelle.
40:24 Donc on va en permanence souffler sur les braises
40:28 pour créer un climat qui soit un climat de rupture
40:31 et qui permette à un moment donné à une force politique d'ultra-gauche
40:36 de pouvoir l'emporter et renverser le pouvoir.
40:39 Cette stratégie me paraît quand même, malgré tout,
40:41 dans l'état de la démocratie française, je sais qu'elle est abîmée,
40:43 mais enfin assez risquée quand même de la part de Jean-Loup Mélenchon.
40:47 Deuxième stratégie, c'est la stratégie électorale.
40:48 Ça a été dit mille fois.
40:49 C'est-à-dire qu'il renforce, et vous l'avez déjà dit,
40:51 c'est-à-dire qu'il renforce son cœur électoral
40:54 et il se dit que de toute façon, dans un deuxième tour,
40:57 il arrivera en tête à gauche, il faut se qualifier pour le second tour
41:01 et qu'il bénéficierait ensuite d'un vote utile.
41:03 Moi, ça me paraît...
41:04 Les deux hypothèses me paraissent à ce stade très improbables.
41:07 Il fait une campagne de premier tour.
41:09 Au second tour, il ne peut pas rassembler avec un discours aussi long.
41:12 En écornant autant son image, il prend le risque,
41:14 et c'est aussi un des paris de certains lieux de Comte-Marie-de-Le Pen,
41:17 c'est d'être face à Jean-Luc Mélenchon.
41:19 Mitterrand disait toujours qu'il faut rassembler son camp au premier tour.
41:24 Mitterrand rassemblait quand même très largement,
41:26 alors que lui, il est sur le plus petit niveau militaire qu'on a.
41:28 Il le clife son camp.
41:29 Si son plan, c'est la NUPES, il le clife.
41:31 C'est devenu le pire ennemi de la NUPES.
41:33 Vous avez prévu ce soir à 20h, avant une flûte de champagne,
41:37 avec évidemment modération, d'écouter le président de la République.
41:40 Amine, est-ce que vous allez écouter le président de la République ce soir ?
41:43 Non, ce n'est pas prévu à ce stade.
41:46 Céline ?
41:47 Oui, c'est le métier.
41:49 Jules ? Là, vous êtes journaliste politique, vous ne pouvez pas me répondre moi.
41:51 Je commenterai les vœux du président sur Europe 1.
41:54 Ah oui ? À ce point-là ?
41:56 Oui.
41:57 Blobloblo.
41:58 Il y en a qui travaillent.
41:59 Arnaud Bénédicte.
42:00 Je regarde régulièrement les vœux des présidents, quels qu'ils soient.
42:02 Vous êtes sans doute les seuls.
42:04 Non, je rigole, vous ne pouvez pas être seuls.
42:05 Mais disons qu'on a été dans la rue tendre le micro aux Français,
42:08 et ils n'attendent pas ça avec une impatience incroyable,
42:12 les vœux du président de la République.
42:13 Vous allez le voir, vous allez vous détonner.
42:14 Ils sont lucides, les Français, c'est bien.
42:16 Moi, je peux vous les faire, les vœux du président.
42:18 Oh, ils ne sont pas lucides.
42:19 Je peux vous les faire.
42:20 Nous avons traversé une année difficile,
42:23 mais nous avons tenu bon ensemble.
42:25 Nous avons dépassé des lois ambitieuses,
42:28 réformes des retraites, lois sur l'immigration,
42:30 malgré la situation que vous nous avez donnée à l'Assemblée nationale,
42:33 qui est une majorité relative.
42:35 Car c'était votre souhait, très cher compatriote.
42:37 Et maintenant, nous allons maintenir le cap.
42:40 Nous allons continuer.
42:41 Voilà, on l'a mis en boîte.
42:42 On a les éléments de langage.
42:45 On regarde ce qu'en pensent les Français avec Laura Lestrade,
42:47 Kylian Sallé et Éloi Rochebrun qui sont allés les rencontrer.
42:50 Vieille tradition, depuis le début de la Ve République,
42:54 le président donne rendez-vous aux Français à 20h.
42:56 Alors ce soir, serez-vous devant votre télévision
42:59 pour écouter Emmanuel Macron ?
43:00 Il ne m'intéresse pas.
43:02 Nous avons un président qui ne préside pas,
43:05 qui est totalement, disons, dans les nuages.
43:09 Probablement que je regarderai les vœux du président.
43:13 Tout dépend de notre programme de dernière minute.
43:15 Je les écoute juste qu'avec une oreille,
43:17 parce que c'est surtout mes parents qui mettent les infos
43:20 et il s'avère qu'il y a les vœux du président.
43:22 Mais généralement, je m'en fiche.
43:23 Dans un contexte international tendu,
43:25 et avec un pouvoir d'achat des Français en berne,
43:28 Emmanuel Macron est attendu sur plusieurs sujets.
43:30 Moi je pense que c'est la place de la France dans l'Europe,
43:34 dans les conflits actuels, comment on se situe,
43:37 et puis effectivement tout ce qui nous concerne,
43:39 c'est-à-dire la sécurité.
43:40 C'est un peu les difficultés au quotidien,
43:42 toute la partie sur l'inflation, sur l'emploi, etc.
43:45 Surtout qu'il aborde la paix, ça me paraît très important.
43:52 Tous les ans, les Français sont nombreux à suivre les vœux du président.
43:55 Un record a été atteint l'année dernière,
43:58 avec plus de 10 millions de téléspectateurs.
44:00 Record l'année dernière, comme quoi !
44:03 Il y en a qui peuvent l'écouter que d'une oreille,
44:07 en préparant le repas du soir, etc.
44:09 Comme le disait cette dame.
44:10 Comme certains téléspectateurs qui vous regardent sans vous écouter.
44:13 Alors là, vous allez partir très rapidement.
44:15 Il reste cinq minutes d'émission, vous allez partir avant la fin.
44:17 Le tac, il est bien envoyé !
44:18 On m'a dit qu'ils cripaient juste le son quand c'était vos interventions,
44:21 mais qu'ils écoutaient les autres sans aucun problème, ne vous inquiétez pas.
44:23 En fait, c'est quelque chose de protocolaire.
44:25 On n'en attend pas non plus quelque chose d'extraordinaire.
44:28 C'est un rite.
44:29 Vous allez voir qu'il va faire un autosatisfait.
44:31 L'année dernière, il avait mis l'accent sur la réforme de la retraite.
44:33 La réforme de la retraite a été adoptée.
44:35 Vous connaissez beaucoup de présidents qui se présentent.
44:38 Non, qui se flagellent, non.
44:39 Il n'y en a pas.
44:40 Mais là, à la différence, il y a quand même une crise politique
44:44 qui vient d'éclater juste avant la trêve hivernale.
44:48 Et en fait, elle n'existe pas pour Emmanuel Macron.
44:51 C'est l'art perpétuel de tout minimiser.
44:54 Il n'y a pas de crise politique.
44:55 À l'Élysée, on balaie complètement ce qu'on appelle le rétrospectif.
44:59 On considère que le rétrospectif a été fait sur France 5 dans cet avou
45:04 il y a deux semaines par le président dans une interview.
45:07 Il est resté quoi cette interview ? Gérard Depardieu ?
45:08 Oui, il est revenu sur toute l'année.
45:09 Gérard Depardieu.
45:10 C'était l'objectif d'ailleurs.
45:11 Donc là, évidemment, il va évoquer les enjeux qui viennent,
45:14 c'est-à-dire les Jeux Olympiques, l'Euro,
45:18 le 80e anniversaire du débarquement en Normandie.
45:22 Mais il parlera évidemment de Cap, mais il ne précisera pas sa pensée
45:27 étant donné qu'en janvier, il y a un grand rendez-vous avec la nation.
45:29 Ah oui, alors c'est bien.
45:30 Je sais ce que c'est le grand rendez-vous, c'est juste après nous
45:33 et c'est Michel Monfray qui est reçu par Sonia Mamanou.
45:35 Mais le grand rendez-vous avec la nation.
45:37 Alors, il a donné un indice, c'est peut-être inaperçu dans cet avou,
45:41 il a dit que ça pouvait concerner l'école.
45:43 Enfin, que ça devait concerner l'école, sauf s'il change d'avis.
45:46 C'est pareil, quand il fait le Cap des 100 jours,
45:48 à la fin des 100 jours, il ne se passe rien.
45:50 Une initiative d'ampleur.
45:51 C'est une réunion avec 10 chaises à Saint-Denis la première fois,
45:55 avec 5 chaises la deuxième fois parce qu'il est boycotté
45:57 par la moitié des partis lors de la deuxième réunion.
45:59 Donc, à chaque fois, il y a des effets d'annonce.
46:02 En fait, ça fait pchit parce que ça ne se passe rien.
46:04 En 2018, il fait une itinérance mémorielle, puis il y a les Gilets jaunes.
46:07 Après les Gilets jaunes, il fait le fameux grand débat national.
46:09 Après la présidentielle de 2022, il lance le fameux Conseil national
46:13 de la Réformation. Ensuite, il fait les 100 jours.
46:16 Ensuite, il fait l'initiative politique d'ampleur.
46:18 Et là, on a un grand...
46:19 Amine, ça ne va rien donner ?
46:22 Oui, tout ça est assez désespérant, pardon, mais c'est des artifices de communication.
46:26 Vous jouez bien la désespérance, la désepoir.
46:28 Oui, mais c'est à l'imitation, comme vous.
46:31 Non, mais tout ça n'a pas de sens parce que les Français ont voté.
46:38 Ils ont choisi Emmanuel Macron, ils l'ont choisi pour gouverner,
46:41 pas pour faire des grandes messes tous les deux mois.
46:44 Ils semblent manifestement aimer s'écouter parler,
46:47 et donc ils organisent à chaque fois des rendez-vous où ils s'écoutent parler.
46:50 Donc, bon, tout ça n'a plus beaucoup de sens.
46:54 Arnaud ?
46:55 Vous savez, la difficulté pour Emmanuel Macron, c'est de savoir
46:57 comment il peut tenir comme ça jusqu'en 2027,
47:00 c'est-à-dire sans majorité à l'Assemblée nationale,
47:03 avec un pays qui doute sur sa capacité aujourd'hui à relancer ce second mandat.
47:09 Alors, il souffre finalement du syndrome que la plupart des présidents de la République
47:12 qui ont été réélus ont traversé, Mitterrand, même De Gaulle, Chirac également.
47:18 Sauf que la différence fondamentale, c'est que lui, il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
47:21 Et ça, c'est le point essentiel.
47:23 Donc, moi, je me pose toujours la question, d'ailleurs,
47:26 je ne sais pas comment il fait pour arriver jusqu'en 2027 avec une Assemblée nationale
47:30 telle qu'elle est composée aujourd'hui.
47:32 Elle a 10 août, il y aura un suicide politique parce que dans le Bremer,
47:35 le Bremer va être fermé.
47:37 Voilà, vous avez une percée du RN.
47:38 Soit il veut dépasser la crise démocratique, soit il veut la prolonger.
47:41 Mais est-ce que 10 août, ce ne serait pas la renforcer la crise démocratique,
47:44 l'aggraver la crise démocratique ?
47:45 Mais le problème, il est le produit de la crise démocratique, Emmanuel Macron.
47:48 Il n'y aurait pas eu de crise démocratique, Emmanuel Macron n'aurait jamais été élu.
47:51 Donc, il a intérêt à prolonger cette crise démocratique.
47:54 Alors, il nous reste deux minutes pour, évidemment, vous souhaiter le meilleur pour l'année à venir.
47:59 Et celui qui l'a très bien fait, qui a bien résumé ce qu'était le passage à une bonne année,
48:03 ne partez pas tout de suite, Arnaud Benélletti.
48:04 Je vous vois en train de partir.
48:05 C'est Édouard Baer avec le talent qu'on lui connaît.
48:07 Donc, je voulais terminer sur une note de bonne humeur avec lui, qui souhaite la bonne année.
48:14 À minuit, à minuit, c'est-à-dire à 0h le lendemain, entre le 31 décembre et le 1er janvier.
48:19 Est-ce qu'il te semble si loin qu'il est maintenant ?
48:21 Quelqu'un va s'avancer vers toi avec cette haleine particulière qu'on appelle haleine de réveillon.
48:24 Quelqu'un que tu ne connais pas, qui ne te veut ni bien ni mal, a priori.
48:27 Et droit dans les yeux, il va oser un "bonne année, bonne année".
48:30 Qu'est-ce qu'il veut dire par "bonne année" ?
48:31 Il ferait mieux d'aller se cacher, d'aller se coucher.
48:33 Non, il t'a dit "bonne année", il ne se rend pas compte de qui tu es, d'où tu viens, où tu vas.
48:36 Et pourtant, "bonne année", est-ce qu'il est sincère ? Est-ce un automatisme ?
48:39 Est-ce qu'il appuie sur un bouton, comme il dirait "bonne Pâques" en avril ?
48:42 "Bonne année", comme on dit "bon anniversaire" à quelqu'un qui est juste en train de vieillir, comme les autres.
48:47 "Bonne année", est-ce qu'il faut y croire ?
48:49 Est-ce qu'il y a un complot de gens, ce soir-là, et qui pourrait continuer, les jours d'après ?
48:53 Un complot de gens, pour nous, en notre faveur.
48:56 De même qu'il y a la parano qui nous fait voir partout la peur, l'horreur, les menteurs.
49:00 Il y a la pronoya, soyons pronoyaques, soyons convaincus qu'il y a un complot de gens,
49:06 qui nous veulent du bien, et qui sont même capables de nous dire, au milieu des catastrophes, des guerres, du froid, de tout,
49:12 de nous dire "bonne année".
49:14 "Bonne année".
49:16 "Bonne année", Jules.
49:17 "Bonne année", mon cher Gautier.
49:18 Tout le meilleur pour l'année à venir.
49:20 Et on va essayer.
49:21 "Bonne année", Amine.
49:22 "Bonne année", Gautier.
49:23 "Bonne année", Céline.
49:24 "Bonne année".
49:25 "Bonne année", Arnaud.
49:26 "Bonne année", à vous.
49:27 "Bonne année", à tous. Très heureux de vous avoir présenté cette émission ce matin.
49:30 Merci pour votre fidélité.
49:33 Évidemment, vous êtes de plus en plus nombreux, vous le savez, à regarder CNews tous les jours.
49:37 On vous souhaite une excellente année, une très belle année, un très beau réveillon.
49:41 Écoutez, le président, si vous le pouvez à 20h, peut-être qu'il y aura une surprise.
49:44 On n'est jamais à l'abri.
49:45 Et dans un instant, c'est donc Sonia Mabrouk qui reçoit, dans le Grand Rendez-Vous sur CNews et Europe 1,
49:50 le philosophe Michel Onfray.
49:52 [SILENCE]
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